BUCKINGHAM (GEORGES VILLIERS
niHlll DU ROM, DUC DB ),
QUATRIÈME FILS DE GEORGES VILLIERS , SEIGNEUR DE BROORESRT, ET DE MARIE DE BEAUMONT DE GRANFIELD, COMTESSE DE BUC- KINGHAM.
( N* 2490. ) M,h Robebt, d'apès un portrait de U
collection du cliâtcau de Beauregard.
Né à Brookesby, dans le comté de Leicester, le 20 août 1692. — Marié, en 1620, à Catherine Manners, fille unique de François Manners, duc de Rutland. — Mort le a3 août 1628.
Ce seigneur eut la destinée assez rare d'être successivement le favori de deux monarques. Il était dans tout l'éclat de la jeunesse, paré des grâces de l'esprit et du corps, lorsque Jacques Ier, qui était dégoûté de son favori Somerset, le fit entrer à la cour avec le titre d'échanson, dissimulant ce honteux caprice par une déférence apparente pour le désir de la reine son épouse (1 6 1 3 ). Georges Vil liers en moins de deux ans monta aux plus hautes dignités : il fut créé marquis et puis duc de Buckingham , devint le premier ministre du roi et le dispensateur suprême de ses faveurs. Flattant les ignobles faiblesses de Jacques Ier, il employa tous les moyens pour satisfaire la cupidité de ce prince et la
sienne propre; et, secondé par la criminelle connivence du chancelier Bacon , il établit arbitrairement des taxes iniques, vendit les privilèges, se joua avec la convocation et la dissolution des parlements, et alla jusqu'à jeter son pays dans la guerre , sans autre intérêt que celui de son orgueil et de son ambition. Envoyé à Madrid pour traiter le mariage du prince de Galles avec l'infante Marie, sœur de Philippe IV, il fit échouer cette négociation par son insolence, et se vengea de son échec en armant l'Angleterre contre l'Espagne (162 3). L'année suivante on le vit, chargé de demander à Louis XIII la main de la princesse Henriette-Marie pour le fils de Jacques Ier, ne faire de cette autre ambassade qu'une occasion et qu'un prétexte pour étaler aux yeux de la cour de France ses audacieuses galanteries avec la reine Anne d'Autriche. Aussi puissant après l'avènement de Charles V qu'il l'avait été auparavant ( 16a 5), il contribua beaucoup à engager ce malheureux monarque dans la voie funeste au bout de laquelle devait se dresser pour lui l'échafaud. Louis XIII et Richelieu, animés contre Ruckingham dune commune haine, ne lui permirent pas de revenir à Paris pour y reparler à la reine de son amour : ce fut le signal d'une déclaration de guerre de la Grande-Bretagne à la France ( 16* a 7). L'insolent favori se flattait de tromper la nation anglaise sur les motifs de cette guerre, en se faisant le champion des huguenots français alors en armes contre la cour. Mais la défaite que son impéritie fit essuyer aux armes britanniques dans son expédition de file de Ré ajouta les ressen-
timents de l'orgueil national quelle avait humilié à la haine universelle dont il était déjà l'objet. Il venait d'arriver à Portsmoutb pour hâter les préparatifs d'une nouvelle attaque contre la France (i 628), lorsqu'il fut assassiné par un de ces fanatiques qui se donnent pour mission de venger par le crime les griefs de leur pays. Buckinghain n'était âgé que de trente-six ans.