BRISSON (BARNABÉ
ATOCAT CKXÉEAL KT «ésiDIUT À HOITIKB AC PARLEMENT DE PARU,
FILS DE FRANÇOIS BRISSON, LIEUTENANT AU SIEGE ROVAL DE FOXTENAY-LE-COMTE.
(N* 2166.) Ancienne collection de la Sorbonne.
Né à Fontenay-le-Comte , en 1 53 1 . — Mort le 1 5 novembre i5gi.
Barnabe Brisson fut un magistrat plus estimé pour son savoir que pour son caractère. Henri ITT le nomma, en 1 5y5 , avocat général, et en 1 583 , président à mortier au parlement de Paris. Ce monarque lui confia , en outre, d'importantes négociations. Mais, lorsque la journée des Barricades eut amené le triomphe de la Ligue dans la capitale, le courage de Brisson fut mis à des épreuves qu'il n'était point en état de soutenir. Il ne sut point accompagner Achille de Harlay sous les verrous de la Bastille, ni obéir même aux ordres du Roi, qui enjoignait à son parlement de se rendre à Tours (février 1589). Après s'être mis en garde par une protestation secrète contre les dangers de sa conduite publique, Brisson accepta des chefs de la Ligue les fonctions de premier président, et les exerça jusque vers la fin de l'année 1591. Tel était alors dans Paris le déchaînement du fanatisme populaire , qu'il était impossible au parlement de la Ligue de le suivre jusqu'au bout dans ses fureurs. Le parti des Politiques co mmença à dominer
dans cette compagnie, et, quelque circonspect, quelque timide qu'il fût dans toutes ses démarches, Brisson encourut le soupçon de trahir la cause de la sainte Union pour celle du Béarnais. En l'absence du duc de Mayenne, c'étaient les Seize qui gouvernaient : aussitôt se forme dans leur sein un comité des Dix, chargé de briser par la violence la sourde opposition du parlement, et, le 1 5 novembre , Brisson est arrêté avec deux autres magistrats. On lui lit un arrêt qui le condamne à être pendu et étranglé comme fauteur d'hérésie , ennemi et traître à la ville, et cet arrêt est le jour même exécuté. La mort de Brisson, suivant de Thou, fut une perte plus grande pour la république des lettres que pour l'état.