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qui empêchent l’autorité ecclésiastique d'avouer en quelque sorte son erreur en faisant grâce à un innocent condamné. Telle est la parole la plus amère que nous trouvions contre Urbain VIII et contre l’inquisition dans les lettres de Galilée.
Une autre accusation imaginée contre Galilée un siècle après sa mort, et qui a obtenu depuis lors un succès incroyable, fut insérée, comme la précédente, en 1784 dans le Mercure de France, par ce même citoyen de Genève fixé à Paris, par le journaliste protestant Mallet du Pan, agent de l'aristocratie en Europe, plus tard éditeur des Considérations de Joseph de Maistre sur la révolution française, et intermédiaire entre les royalistes français et les rois coalisés contre la France : de même que la précédente, cette accusation a été répétée, avec des variantes, par une foule de dupes, par exemple, par Bérault-Bercastel, par Feller, par Bergier, et depuis par M. Henrion, par M. Charles Barthélemy, parM.Madden, par beaucoup d’autres catholiques, et même par Monseigneur Marini *, qui aurait dû savoir le contraire. D’après celte accusation, au lieu de se contenter, pour le système de Copernic et le sien, de la tolérance, que personne, ose-t-on dire, ne lui aurait refusée, Galilée a voulu exiger que le pape et le saint office déclarassent ce système fondé sur la Bible; ou bien, suivant une variante de la même accusation, il a voulu faire proclamer ce système comme article de foi. Ce conte, ridiculement invraisemblable et contredit de point en point par tous les faits authentiques que nous avons exposés, se fonde uniquement sur une citation mensongère , que Mallet du Pan, le proies-
‘ P. 51, 70, 94, et Errori e correiioni.
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tant impartial, a osé faire et qu’il a donnée comme tirée d’une dépêche adressée de Rome à Florence par l’ambassadeur Guicciardini le 4 mars 1616. Cette dépêche existe; elle est bien authentique; elle est d’un homme malveillant pour Galilée, comme nous l’avons montré en l’analysant; Tiraboschi lui a accordé plus de confiance, qu’elle n’en mérite; mais il n’y a pas vu et elle ne contient pas un mot de ce que Mallet du Pan a imaginé : elle contient la preuve du contraire. Dans la lettre authentique, ce que Guicciardini redoute, c’est l’attachement dangereux de Galilée pour une opinion purement scientifique, mais que les congrégations romaines ne veulent pas tolérer. Pour effrayer le grand-duc et pour l’engager à rappeler Galilée de Rome à Florence, il fait un tableau peu flatté de la cour de Paul V, de l’esprit d’hostilité contre les sciences et les lettres qui y règne suivant lui, et de l’intolérance des moines, qu’il représente comme tout-puissants à Rome. 11 montre les haines redoutables des ennemis de Galilée, et il inquiète le grand-duc sur l’imprudence prétendue de ce savant, tout occupé, dit-il, de son syslème astronomique, au milieu de tant de périls pour lui et de difficultés diplomatiques dont il peut devenir l’occasion pour son protecteur. Mallet du Pan s’est bien gardé de citer fidèlement cette lettre. Bergier, accusé par MM. Parchappe et Frédéric Morin d’avoir été faussaire, a eu seulement le malheur et le tort de copier la fausse citation sans la vérifier.
Il serait trop long de passer ici en revue tous les mensonges de Mallet du Pan 1 ; mais il est nécessaire de nous inscrire
* Voyez notre Notice bibliogr n° XXI.
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en faux contre trois de ses assertions, trop répétées après lui, par exemple par Mgr Marini, qui pouvait si facilement en constater la fausseté, et par M. Biot, à qui elles avaient été insinuées à Rome, en 1825, par le P. Olivieri : 1“ il n’est pas vrai que Galilée ait été condamné comme mauvais théologien et non comme bon astronome ; 2° il n’est pas vrai que ce soit Galilée qui ait porté témérairement et volontairement la question dusvstème du monde sur le terrain lliéologique, comme l’astronome Lalande *, les copistes de Mallet du Pan déjà nommés, et de plus sir Brewster, M. dé Falloux, l’historien italien M. Cesare Caiilù*, Joseph de Maistre, M. l’abbé Rohrbacher, M. Valson, M Barthélémy* et beaucoup d’autres l’ont répété; 5° il n’est pas vrai qu’avant sa condamnation Galilée ail fait imprimer aucun écrit dans lequel des textes de l’Écriture sainte soient interprétés en faveur de son système, comme Brucker, Montucla et les copistes de Mallet du Pan l’ont affirmé. Sur le premier point, les pièces officielles sout là pour prouver que c’est bien expressément le vrai système du monde lui-même, et non une opinion théologique ajoutée à ce système, que la congrégation de l’index a condamné en 1 6 ; que c’est bien expressément pour ce même système que l’inquisition romaine a condamné Galilée et son livre en 1055, et que c'est bien celte même vérité aslromonique qu’en 1055 Galilée, suivant une formule rédigée et imposée par ce tribunal ecclésiastique, a été forcé d’abjurer comme une hérésie. Voilà ce que M. l’abbé Bouix a parfaitement établi ; Joseph de Maistre en était déjà convenu,
* Voyage en Italie, 2° éd., t. III, p. 83 (1780, 0 vol. in-12). — 3 Jlist. des Italiens, Irad. fr., t. IX, p. 4M. — * Voyez noire Notice bibliogr., n°* XXI, XXVI, XXXVII, XL, LXI, LXII, etc.
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et l’adhésion de Mgr Marini à l’assertion contraire de Mallet du Pan est inexcusable. Sur le second point, nous n’avons qu’à rappeler ce que nous avons prouvé : Galilée aurait voulu que la question du sysième du inonde restât purement scientifique ; c’était ainsi qu’il l’avait présentée en 161 5 dans lerecueil imprimé de ses Lettres sur les taches solaires ; c’est cette doctrine purement scientifique, exprimée dans ce recueil, qui a été attaquée si violemment, d’un côté parles péripaliciens, adversaires de Galilée, d’un outre côté, à leur instigation, par certains prédicateurs et théologiens, ses accusateurs, ses dénonciateurs; ce sont eux qui, pour le perdre, ont porté malgré lui la question sur le terrain théologique dès le commencement de leurs attaques; ce sont eux qui, malgré scs protestations et ses résistances, l’ont forcé à les suivre dans celte discussion théologique, qu’il aurait voulu pouvoir éviter ; ce sont eux qui, par leurs accusations publiques d’hérésie et leurs citations de textes sacrés à l'appui, l’ont mis, de 1615 à 1616, dans l’alternative de se défendre sur ce terrain périlleux, ou bien de se reconnaître hérétique et condamnable comme tel devant l’inquisition, devant laquelle un procès contre lui commentait secrètement dès le 5 février 1615. En leur répondant, il n’a donc pas donné follement dans un piège, comme Delambre, sir Brewster, M. Philarèle Chasles, M. Valson et autres l’ont prétendu : il n’a fait qu’obéir à la nécessité qu’on lui avait faite. A celte époque, il ne fut pas condamné; mais on lui interdit de soutenir de quelque manière que ce fût le système de Copernic. Du reste, nous avons constaté que ni les accusateurs de Galilée, ni ses juges, ne lui ont fait un crime spécial d’avoir essayé à cette époque de montrer, pour sa
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défense, la conciliation de son système avec les textes sacrés cités contre lui : on blâmait ses interprétations, parce qu’on les croyait fausses ; on ne blâmait pas celles des péripatéticiens ses adversaires, parce qu'on les croyait vraies. Sur le dernier point, nous répétons que ces interprétations bibliques, demandées à Galilée, de 1615 à 1616, non-seulement par la grande-duchesse Christine de Lorraine et par le P. Castelli, mais par le cardinal Bellarmino, parle P. jésuite Griemberger et par Mgr Dini, n’avaient été données par lui que dans des pièces manuscrites et confidentielles, savoir : dans sa lettre du 21 décembre 1613 au P. Castelli, dans sa lettre de 1615 à la grande-duchesse Christine, et dans ses lettres du 16 février et du 23 mars 1 61 5 1 à Mgr Dini. Jamais, depuis 1616 jusqu’à son procès de 1632 et 1633, il n’était revenu sur celte question théologique. Jamais ces interprétations bibliques de Galilée n’avaient été imprimées avant la condamnation prononcée contre lui en 1635 : elles ne se trouvent ni dans ses Lettres sur les taches solaires, ni dans son Essayeur, ni dans son Dialogue sur les systèmes du monde. Montucla, répétant une erreur de Brucker, que M. Henri on a reproduite en 1 aggravant *, veut que ces interprétations bibliques aient été publiées en 1631 dans un ouvrage apparemment anonyme et furtif, dit-il, dont il donne le titre latin. Ce titre est celui sous lequel le texte et la traduction latine de la lettre de Galilée à la grande-duchesse furent imprimés à Strasbourg, non pas en 1651, mais en 1636, trois ans après la condamnation de Galilée.
1 II, 6-64. Ces lettres sont de 1615, et non de 1614. Comparez VI, 205, 211, et XV, Correzioni. — 1 Vovez notre Notice bibliogr., n°‘ XIII et
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C’est seulement sept ans après sa mort, en 1649, à Lyon, que sa lettre au P. Castelli et sa première lettre à Mgr Dini sur le même sujet ont été imprimées en latin, par les soins ,de Névré, à la suite d’une apologie de Gassendi; c’est seulement en 1813 que le texte italien de la lettre au P. Castelli a été publié pour la première fois par Poggiali, et c’est seulement en 1776 que le texte italien des deux lettres à Mgr Dini a été publié par Morelli 1 . Ce que l’inquisition avait défendu à Galilée en 1616, c’était de soutenir de quelque manière que ce fût le mouvement de la terre ; ce dont elle le punissait en 1633, c’était d’avoir enfreint cette défense en 1632 par la publication d’un ouvrage où il n’y a ni discussions théologiques ni interprétations de textes sacrés, mais où se trouvent enseignés les mouvements diurne et annuel de la terre et l’immobilité du soleil, hérésies prétendues qu’en 1633 elle le forçait d’abjurer.
Voilà les faits, qu’aucun mensonge traditionnel n’empêchera d’exister avec leurs preuves. L’Église catholique ne peut rien gagner à être défendue par des faussetés : ce n’est pas elle qu’on défend ainsi, puisque ce n’est pas elle qui a condamné Galilée et le système de Copernic ; ce qu’on défend ainsi, ce sont les erreurs d’hommes faillibles, qui l’ont compromise sans le vouloir, et pour lesquels il ne faut pas continuer de la compromettre. Nous avons vu, de plus, avec quelle insigne maladresse on calomnie Urbain VIII et les inquisiteurs romains de 1633, en croyant les défendre : on ne veut pas avouer qu’ils se sont trompés, et l’on fait croire qu’ils ont commis une iniquité volontaire. Ce qui vaut le
1 Voyez M. Allièri, XV, Bibliogr. Galil., p. XLVIH.
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mieux en tout et pour tous, c’est tout simplement la vérité, toute la vérité, rien que la vérité. Continuons donc de la dire.
Nous ne sommes pas au bout des accusations contre Galilée. Suivant une opinion soutenue en 1841 dans un recueil catholique d’Allemagne, dans le tome VII des Feuilles historiques et politiques de Philipps et Gœrres, reproduite avec peu de changements par M. de Reurnont, approuvée par M. Àlzog dans son Histoire (le l'Église, et adoptée dans le Dictionnaire encyclopédique de la théologie catholique publié à Fribourg l , le tort de Copernic et de Galilée avait été de compromettre l’astronomie, en donnant comme démontrée une hypothèse qui ne pouvait pas l’être encore, qui avait contre elle François Bacon et Tycho Brahe, et qui, venue trop tôt, ne pouvait être que dangeureuse pour la science et inquiétante pour la religion : tel aurait été, suivant l’auteur de l’article, le motif très-sage des condamnations prononcées en 1616 contre le livre de Copernic et en 1635 contre le livre et la personne de Galilée désobéissant. M. l’abbé Bouix a eu bien raison de repousser cette assertion étrange, doublement contredite par les pièces authentiques et par l’histoire de la science. Les pièces prouvent que les congrégations romaines, qui ne sont pas infaillibles, ont condamné le nouveau système du monde, non pas comme trop peu démontré, mais expressément comme faux et tout à fait contraire à l'Écriture sainte; le texte de la sentence de 1653 dit expressément que Galilée serait coupable, lors même qu’il n’aurait présenté son système que
' Voyez notre SuLce bibliogr., n° XXXVI
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comme probable, puisqu’une opinion ne peut en aucune façon être probable, lorsqu’elle a été déclarée et définie contraire à la sainte Ecriture. Or, tel a été déclaré le nouveau système du monde en 1616 et en 1633 par les congrégations romaines ; mais ni l’Église ni aucun pape n’a jamais confirmé ces décisions. Quant à l’histoire de la science, elle nous montrera que ce système, mis dans tout son jour par Galilée, et promptement propagé malgré les décrets des congrégations romaines, malgré l’ingénieuse, mais vaine hypothèse de Tycho Brahe, et malgré l’hypothèse absurde de Bacon, est très-loin d’avoir nui à la science, telle qu’elle existait au dix-septième siècle, et que c’est précisément la condamnation du nouveau système du monde qui a compromis la religion.
Un protestant anglais, un physicien distingué, qui, faisant profession d’admirer beaucoup le génie de Galilée, aurait dû rendre justice à ses efforts pour le triomphe des vérités do la ïcience, au lieu de répéter et d’amplifier encorecer aines calomnies de ses ennemis, sir David Brewsler, c>t : me que Galilée avait tort d’attaquer si vigoureusement, en astronomie et en physique, les préjugés et l’ignorance pédantesque des péripatéliciens de son temps : suivant le savant historien des Martyrs de la science , au lieu de vouloir substituer brusquement sa méthode à celle des pèripaléticiens, qui avait le droit de possess'on, Galilée aurait du se borner à tâcher d’obtenir par grâce une petite place pour sa nouvelle méthode, et laisser la transition s’opérer peu à peu après lui; par cette prudence, il aurait échappé à la persécution. Tel est le conseil peu héroïque que sir Brewster lui aurait donné. Mais, à ce compte, Galilée n’aurait pas
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du publier ses Lettres sur les taches solaires eu 1615, ni son Essayeur en 1625, ni son Dialogue sur les systèmes du monde en 1652, ni ses Dialogues sur les sciences nouvelles en 1658. Mais alors, par le même respect pour les droits acquis du péripatétisme, Bacon n’aurait pas dû publier en 1620 le Novum organum scientiarum , ni Descartes en 1657 le Discours <le la méthode , et en 1641 les Méditations. Enfin-, Boileau n’aurait pas dû publier son Arrêt burlesque. Qui sait? Protégées par le parlement de Paris, dont un arrêt, en 1624, menaçait de mort les novateurs, par la Sorbonne, dont une décision avait provoqué cet arrêt, par les universités d’Italie, par les jésuites, par les dominicains et par les congrégations romaines, l’astronomie et la physique des péripatéticiens auraient pu continuer leur règne et imposer silence à la science véritable. L’avéncment de la méthode nouvelle, qui, comme nous le verrons, est bien celle de Galilée, et n’est ni celle de Descartes ni celle de Bacon pour les sciences physiques, aurait été manqué, et le progrès de la science aurait pu être retardé d’un siècle ou deux ; mais Galilée aurait pu vivre en paix, il ne l’a pas voulu, et c’est ce qui fait sa gloire. Il ne craignait pas la lutte avec les péripatéticiens, parce qu’il avait pour lui la force des raisons et l’habileté à les faire valoir. Il craignait davantage l’inquisition ; mais il pouvait espérer avec vraisemblance, d’après tous les antécédents d'Urbain VIII jusqu’en 1651, que sous son pontificat les péripatéticiens ne réussiraient pas à tourner l’inquisition contre un livre dûment approuvé, et à gagner ce pape lui-même à l'intolérance la plus rigoureuse en matière d’astronomie. Désarmé devant ce danger, contre lequel la science, la raison et l’é-
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loquence ne pouvaient rien, il recula en abjurant ; mais son œuvre était accomplie, elle était indestructible, et il le savait bien.
Pour pouvoir enseigner son système astronomique sans exposer sa vie et sa liberté, il aurait fallu que Galilée quittât l’Italie, ou du moins qu’il restât sur le territoire de Venise. Dans toute l’Europe, d’ardents adversaires combattaient les novateurs en général et les coperniciens en particulier; mais le pouvoir civil ne prêtait pas main-forte à ces haines d’école. En Angleterre, Bacon était en sûreté comme philosophe novateur; ce fut comme chancelier trop peu scrupuleux qu’il fut condamné, tandis que Galilée, plus heureux, souffrit pour une grande et noble cause. En Allemagne aussi, même en Autriche, le pouvoir était assez tolérant en matière d'astronomie. Quand, en 1620, Kepler eut à lutter contre la justice protestante du Wurtemberg, son pays, ce fut pour la défense de sa mère dans un de ces innombrables procès de sorcellerie qui ont fait, au seizième siècle et au dix-septième, beaucoup plus de victimes dans les pays protestants, surtout en Angleterre sous Henri VIII et sous Élisabeth, que dans les pays catholiques 1 . En 1594, à l’âge de vingt-deux ans, après avoir suivi quelque temps les leçons de l’astronome Alæstlin, Kepler avait quitté le Wurtemberg pour aller enseigner l’astronomie dans les Étals autrichiens; mais c’était parce que, malgré ses talents reconnus, l’université protestante de Tübingen ne l’avait pas jugé apte au ministère évangélique. En 1597, professeur depuis trois ans
1 Voxez sir Walter Scott, l.etters on demonotogy and wichcraft; Lingard, Histoire d’ Angleterre, etc.
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àGrætz,il envoyait à Galilée son premier ouvrage, publié l’année précédente, et dans lequel il se prononçait pour le système de Copernic. Dans sa lettre de remercîments, Galilée se déclarait copernicien, mais effrayé de la répulsion que ce système rencontrait en Italie. Dans une lettre du 13 octobre 1597 *, Kepler proposait à Galilée de lui faciliter les moyens de faire imprimer en Allemagne des ouvrages en faveur de sa doctrine astronomique. Quant à lui -même, Kepler se plaignait seulement du mauvais vouloir, des clameurs et de l’isolement qu’il trouvait autour de lui à cause de cette même doctrine. Après six années paisibles, Kepler fut spolié et banni de Grætz en 1600; mais ce fut comme protestant. 11 vécut misérablement à Prague, puis à Linz, et mourut de même, en 1631, à Ratisbonne; mais ce fut comme créancier des empereurs d’Allemagne Rodolphe II, Mathias et Ferdinand II, qui, manquant d'argent et peu contents des prédictions astrologiques qu’ils lui demandaient, ne lui payaient pas ses appointements. Kepler ne fut persécuté comme copernicien ni en Wurtemberg ni en Autriche.
En France, Descartes, sincèrement catholique comme Galilée, hardi et quelquefois téméraire en spéculation, se montra plus craintif et moins avisé dans la pratique que le bon et savant prêtre provençal Gassendi, ami de Galilée et copernicien comme lui. Descartes se retira en Hollande, sous le prétexte qu 'il faisait trop chaud pour lui en France, mais probablement pour être à l’abri de l’intolérance, alors plus menaçante que terrible, du parlement de Paris et de la Sor-