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INVENTION DU THERMOMÈTRE

dans ses commentaires sur la médecine de Galien, publiés en 1612.

En fin, Porta décrit, dans ses Pneumatiques, publiées en 1600, un thermoscope identique avec celui que Castelli vit fonctionner, en 1602, entre les mains de Galilée.

Il est à remarquer que les thermomètres décrits ou mentionnés par Bacon, Robert Fludd, Drebell, Paul Sarpi, Sanctorius et Porta, ne sont autre chose que l’instrument dont la nature et les usages ont été si clairement expliqués par Castelli, d’après les expériences de son inventeur Galilée, c’est-à-dire un thermoscope à air et à eau ; que ces auteurs ont parlé de cet instrument comme d’une chose connue et en usage dans leur temps, et qu’aucun d’eux ne s’en est attribué l’invention, pas même Sanctorius qui, pourtant, dès 1603, s’est proclamé l’inventeur du pulsilogium, dont l’idée première appartenait à Galilée, et qui a de nouveau, en 1612, maintenu cette prétention en ce qui concerne cet instrument, sans l’étendre jusqu’au thermomètre, dont il se déclara purement et simplement en possession.

C’est le grand-duc Ferdinand II qui, vers 1646, transforma en véritable thermomètre le thermoscope, dont un instrument de Héron a pu suggérer l’idée, que Galilée avait certainement inventé dès avant 1602, et que Sagredo avait perfectionné par divers essais, jusqu’à un point très-voisin du but, puisqu’en

1615 il parle d’un thermomètre dont il avait fermé l’orifice.

Ferdinand réduisit le diamètre du réservoir, y introduisit de l’esprit-de-vin coloré, et en ferma hermétiquement l’orifice, après en avoir chassé l’air, et construisit ainsi le thermomètre dont il fit usage dans ses expériences à l’Académie del Cimento.

Restaient à déterminer exactement des points fixes pour les deux extrêmes de l’échelle, l’eau bouillante et la glace, ce qui fut l’œuvre de Robert Boyle et de Halley.

Invention du télescope. — La part que Galilée s’est faite à lui- même dans l’invention du télescope, est celle que l’histoire doit lui attribuer.

Lorsque la nécessité de se défendre contre ses détracteurs, lui mit la plume à la main en mars 1610, et donna naissance à son chef-d’œuvre de polémique, Il saggiatore , il eut h décliner la reconnaissance que lui voulait imposer le père Grassi, pour avoir soutenu, contrairement aux accusations de l’envie, que le télescope était, sinon son enfant, au moins son élève.

« Quelle part me revient dans l’invention du » télescope, et pourquoi ai-je pu raisonnablement » l’appeler mon fils? C’est ce que j’ai dès longtemps » démontré dans mon Courrier céleste , en racontant » comment parvint à Venise, où je me trouvais, la

» nouvelle qu’un Hollandais avait présenté au comte » Maurice de Nassau, une lunette, au moyen de » laquelle on voyait les choses éloignées aussi par- » faitement que si elles étaient tout à fait proches, » sans autre explication. Avec ce simple renseigne- » ment je retournai à Padoue, où je demeurais alors, » et je me mis à réfléchir sur le problème. J’en trouvai » la solution dans la première nuit qui suivit mon » retour, et le lendemain je fabriquai l’instrument, » et j’en rendis compte à ces mêmes amis de Venise » avec qui, le jour précédent, j’avais eu upe conver- » sation à ce sujet.

» Je m’appliquai immédiatement à en fabriquer » un plus parfait, que j’emportai, six jours après, à » Venise, où son exhibition, non interrompue pendant » plus d’un mois, émerveilla la plupart des princi- » paux personnages de la république, non sans me » causer une extrême fatigue.

» Enfin, d’après le conseil d’un de mes plus aflec- » tionnés patrons , je présentai mon instrument en » plein sénat, au doge, dont l’admiration et l’estime » sont attestées par les lettres ducales que je pos- » sède, et qui attestent la magnificence du prince » par la récompense donnée à l’invention, la confir- /> mation de mon titre de professeur à l’école de Pa- » doue, avec un traitement double de celui qui m’était » assigné par le passé, et trois fois plus élevé que le » traitement attribué à aucun de mes prédécesseurs.

» Ces faits, monsieur Sarsi, ne se sont point passés » dans un bois, ou dans un désert; ils se sont passés » à Venise, où, si vous- y aviez été, vous ne m’auriez » pas ainsi réduit au rôle de simple précepteur.

» Grâce à Dieu, la plupart de ces seigneurs, qui » ont une parfaite connaissance de tout cela, vivent » encore, et vous pourrez, près d’eux, vous mieux » informer.

Mais peut-être, dira-t-on, qu’il n’est pas d’un » médiocre secours pour une découverte et pour » la solution d’un problème, d’être en quelque sorte » à l’avance informé de la vérité de la conclusion, et » assuré qu’on ne cherchera pas l’impossible ; et » prétendra-t-on que l’information et la certitude de » l’existence d’une telle lunette, m’avaient aidé au » point que, sans cela, je ne l’aurais pas inventée? » A cela, je réponds par une distinction. Le secours » que m’a donné l’information a consisté à susciter » en moi la volonté d’y appliquer ma pensée ; et sans » cela, il est possible que je n’y eusse jamais songé. » Mais qu’une telle information ait pu faciliter l’in— » vention, cela, je le nie. Et je dis plus : trouver la » solution d’un problème défini, pour la pensée et » pour les termes, exige plus de génie que d’en » résoudre un indéfini. Car, dans ce dernier cas, le » hasard peut avoir la plus grande part, tandis que, » dans le premier, tout est l’œuvre du raisonnement.

» Ainsi nous sommes certains que le Hollandais,

» premier inventeur du télescope, était un simple » lunetier qui, maniant au hasard diverses espèces » de verres, se prit à regarder en même temps au » travers de deux verres, l’un convexe et l’autre » concave, placés à diverses distances de l’œil, vit et » observa l’effet qui en résultait, et trouva ainsi » l’instrument.

» Mais moi, sur la simple information de l’effet » obtenu, j’ai découvert le même instrument par la » voie du raisonnement. Et parce que ce raisonne- » ment fut chose assez facile, je tiens à le faire » connaître, afin que, reproduit à l’occasion, il » puisse, par sa simplicité même, rendre le fait plus » croyable pour ceux qui, comme Sarsi, tiendraient » à diminuer quel qu’il soit mon mérite.

» Voici donc mon raisonnement :

» L’artifice de l’instrument dépend ou d’un verre » ou de plusieurs. 11 ne peut dépendre d’un seul, » parce que ce verre serait ou convexe, c’est-à-dire » plus épais au milieu, ou concave, c’est-à-dire plus » mince au milieu, ou enfin à surfaces parallèles. '

» Cette dernière forme n’augmente ni ne diminue les » objets visibles ; la concave les rapetisse, la convexe » les accroît, mais les montre troubles et indistincts ; » un seul verre ne peut donc pas produire l'effet.

» Passant ensuite à la combinaison de deux verres, » et sachant que le verre à surfaces parallèles ne » change rien, j’en conclus que l’effet ne pourrait

» dépendre de l'accouplement de cette espèce de » verre, avec l’une ou l’autre des deux autres espèces. » D’où je me restreignis à expérimenter ce que pro- » duirait l’association de ces deux autres espèces, » c’est-à-dire du convexe et du concave, et je vis » comment en résultait l’effet cherché.

» Telle fut la marche de ma découverte dans » laquelle je ne fus, en aucune sorte, aidé par l’opi- » nion préconçue de la vérité de la conclusion à » obtenir.

» Si Sarsi, ou d’autres, estiment que la certitude » d’une conclusion soit d’un grand secours pour » trouver le moyen d’en réaliser l’effet, qu’ils s’as- » surent, en consultant 1 histoire, qu’Ârchitas avait » fabriqué une colombe volante, qu’Àrchimède » avait un miroir qui brûlait les objets à de très- » grandes distances, et d’admirables machines; que » d’autres ont allumé des feux perpétuels, et inventé » cent autres merveilles. En appliquant à ces don- » nées le raisonnement, ils pourront, sans grande » fatigue, avec un immense honneur et non moins » de profit, retrouver la construction de toutes ces » machines; et, s’ils n’y réussissaient pas, au moins » retireraient-ils de leurs tentatives un autre avantage, » celui d’apprendre que la connaissance préalable de » la véritéd’un effet, ne facilite pas autant qu’ilsl’ima- » ginent la découverte des moyens de le produire. »

En demandant si « l’on doit en croire Galilée sur sa

INVENTION DU TÉLESCOPE, simple parole » , Montucla a exprimé, sans droit et sans nécessité, un doute injurieux sur le caractère d’un grand homme qui a donné, dans toute sa vie, de sa loyauté et de sa sincérité, les preuves les plus éclatantes.

Après l’appel fait par Galilée aux témoins de ce qui s’était passé à Venise, en 1609, nul n’a osé élever la voix pour le démentir.

Et les témoignages de l’histoire, en ce qui concerne l’invention du télescope, loin de diminuer la part que s’est attribuée Galilée, l’ont plutôt agrandie.

Le fait de l’invention d’une lunette d’approche en Hollande, en tant que point de départ de l’invention qu’en fit Galilée en 1609, est incontestable.

Les recherches qui ont été faites pour préciser le nom de l’inventeur et la date de l’invention, n’ont abouti, en définitive, .qu’à prouver que cette découverte avait été due au hasard; qu’elle avait eu pour auteur un lunetier, Zacharie Janson, de Middleburgh, ou Henri Lipperken, de la même ville, ou Jacques Metins, d’Alkmaer; que l’époque de la découverte se rapproche très-près de l’année 1609, et que l’instrument, simple objet de curiosité, n’a commencé à être connu qu’à la suite de sa présentation au comte de Nassau, qui le premier l’aurait considéré comme susceptible d’applications utiles dans la guerre.

L’instrument qui fut présenté au comte Maurice, et ceux qui furent fabriqués par d’autres que Galilée,

54 VIE, DÉCOUVERTES ET TRAVAUX DE GALILÉE, soit avant soit après 1609, étaient fort imparfaits.

Daniel Antonini écrivait' de Flandre à Galilée, en avril et septembre 1611, qu’on ne savait pas construire en ce pays des télescopes propres à grandir cinq fois les objets, et que les lunettes fabriquées par le premier inventeur Hollandais étaient imparfaites et ne pouvaient servir à rien.

C’est à Galilée que durent s’adresser, pour obtenir des télescopes qui permissent de voir dans le ciel ce qu’il y avait découvert, les princes, les grands seigneurs, les astronomes, et ce même cardinal Borghèse qui, dès 1609, aurait eu en sa possession une lunette hollandaise (1).

En 1 637, on n’était pas encore capable, en Hollande, de fabriquer des télescopes qui permissent de voir les satellites de Jupiter.

Pendant vingt-huit ans, Galilée dut fabriquer, ou faire fabriquer, sous sa direction, les seuls télescopes propres aux observations astronomiques.

Ce n’est qu’en 1637 que François Fontana, de Naples, commença à construire des télescopes comparables àceux de Galilée, et à employer pour la construction de cet instrument é système de verres qui constitue le télescope, dont Kepler avait donné la théorie , et que le jésuite Scheiner avait le premier réalisé (2).

(1) Venturi.

(2) Nelli.

L’idée de la possibilité d’obtenir au moyen de verres grossissants des effets analogues à ceux qui ont été fournis par le télescope, se retrouve plus ou moins nettement exprimée dans divers écrits antérieurs à

Roger Bacon (1), dans son Traité des prodiges de l'art et de la nature , parle de verres au moyen desquels on peut lire de très-petites lettres à une incroyable distance (2).

L ’ Homocentrica de Frascator (3)' contient ce passage : « En regardant au travers de deux verres, dont »l’un est superposé à l’autre, on voit toutes choses » beaucoup plus grandes et plus rapprochées (A). »

Porta a connu les propriétés des verres convexes et des verres concaves et, dans ses essais pour obtenir des effets de vue à distance, a pu s’approcher assez de la combinaison de verres d’où est né le télescope, pour qu’on puisse comprendre le regret amer qu’il dut éprouver d’avoir manqué cette découverte, et même excuser ses efforts infructueux pour se l’approprier. Dans sa Magie naturelle , publiée en 1589, il indique plusieurs moyens de voir rapprochés , au moyen de lentilles de cristal, les objets éloignés; par

(1) Mort en 1300.

(2) Drinkwater, p. 22.

(3) Mort en 1 553.

(4) Frac, § II, c. 8.

56 VIE, DÉCOUVERTES ET TRAVAUX DE GALILÉE, exemple de lire une lettre à la distance de vingt pas ; et, à ce sujet, il exprime l’opinion qu’en multipliant les verres on pourrait parvenir à distinguer la plus petite lettre à une distance de cent pas.

Il indique un autre moyen non moins parfait de voir à distance, dans lequel il a prétendu qu’on devait reconnaître la découverte par lui faite du télescope, mais qui ne s’applique évidemment qu’à des lunettes destinées à combattre la myopie et la presbytie.

« Les lentilles concaves font voir très-distinctement » les objets éloignés, et les convexes les objets rappro- » chés ; on peut en approprier l’usage aux dispositions » de la vue. Avec le verre concave on voit les objets » petits, mais très-distincts ; avec le convexe on voit » les objets rapprochés plus grands, mais confus. Si » l’on sait convenablement disposer (1) l’un et l’autre, » on peut voir clairs et distincts les objets aussi bien » rapprochés qu’éloignés. J’ai rendu à beaucoup de » mes amis, qui ne pouvaient distinguer les objets » éloignés et qui voyaient confusément les objets rap- » prochés,le service de les rendre aptes à les voir tous » d’une manière parfaite. »

La théorie du télescope n’était contenue qu’en germe dans les Spéculations dioptriques de Porta.

(1) Dans le texte latin componere ; dans la traduction italienne (1011) accomodare.

Elle n’était pas complètement en la possession de Galilée lui-même, qui n’a obtenu qu’ empiriquement les conditions de distance à réaliser dans les verres pour obtenir les effets désirables.

C’est Kepler qui a démontré la théorie du télescope et qui a invqpté le télescope à verres convexes, renversant les objets, qui a remplacé, en se perfectionnant, la lunette de Galilée, et est devenu le télescope astronomique.

Mais Kepler a lui- même rendu justice à Galilée. A l’époque des découvertes de l’astronome toscan, Kepler avait connaissance de ce que Porta avait écrit sur la propriété de rapprocher les objets qui appartient à la combinaison des verres concaves avec les verres convexes. Il était disposé à considérer comme une des applications des vues de Porta, la construction de quelques lunettes bilenticulaires , faites en vue de gagner de l’argent par quelque industriel des provinces belges. Si lui-même, bien qu’en possession de la théorie de ces combinaisons de verres, par lui démontrée dans un de ses ouvrages, avait renoncé à tenter l’exécution d’un instrument approprié à l’observation du ciel, c’est qu’il croyait que la densité et la coloration de l’air ne permettraient pas de distinguer de petits détails de forme à de si grandes distances. En introduisant dans la préface de son édition du Nuncius sydereus de Galilée , 19 avril 1610, ces considérations sur les origines du

58 VIE, DÉCOUVERTES ET TRAVAUX DE GALILÉE, télescope, Kepler se défend de l’intention de déprimer en aucune sorte la gloire de l’inventeur, quel qu’il ait pu être. « Je sais, dit-il, combien il y a de » différence entre les conjectures rationnelles et l'ex- » périence des yeux , entre les dissertations de Ptolé- » niée sur les antipodes et la découverte d’un nouveau » monde par Colomb, et aussi entre les tubes bilenti- » culaires qui se colportent partout et ton instru- » ment, Galilée, au moyen duquel tu as percé la pro- » fondeur des deux. Ce que j’ai voulu , c’est donner » aux incrédules confiance dans ton instrument. » Et il rend hommage à l’infatigable habileté de Galilée qui, rejetant toute défiance et allant tout droit au témoignage des yeux, a mis à nu le soleil de la vérité, a pour jamais fait évanouir les fantômes d’hésitation nés de la nuit, et démontré, en le faisant, ce qu’il était possible de faire.

Kepler n’aurait pas admis l’exactitude de cette réflexion faite par Descartes au début de sa Dioptrique : « Mais à la honte de nos sciences, cette invention si admirable n’a premièrement été trouvée que »par l’expérience et la fortune (1). »

Dans la découverte du télescope, il y a eu pour la science et pour Galilée une belle part de gloire.

Il appartenait à un maître illustre dans les sciences de s’élever au-dessus de toutes ces petitesses de riva-

(1) Monlucla, p. 230.

lités personnelles ou nationales, en rendant en ces termes à Galilée la justice qui lui est due :

« Après tant et de si admirables découvertes, on a » droit de s’étonner que l’on ait voulu contester à » Galilée l’invention du télescope, avec lequel il les a » faites, comme si, en pareil cas, l’inventeur n’était » pas celui qui, guidé par des règles certaines et par » de grandes vues, a su tirer des merveilles de ce que » le hasard avait jeté brut en d’inhabiles mains. Si » celui qui, en Hollande, joignit par hasard des verres » d’inégale courbure, fut réellement l’inventeur du » télescope, pourquoi donc ne le tourna-t-il pas vers » le ciel, la plus belle et la plus sublime application ') de’ cet instrument ? Pourquoi laissa-t-il à Galilée le » bonheur et la gloire de renverser, aux yeux de tous, » les préjugés antiques, de consolider par des preuves » évidentes l’édifice de Copernic, et d’agrandir les » espaces célestes au delà de tout ce que pouvait sup- » poser l’imagination (1). »

Invention du microscope. — Vers la même époque, Galilée fut conduit, par ses recherches sur les propriétés des verres convexes et concaves, à l’invention du microscope dont, suivant le témoignage de Viviani, il se servit pour étudier la composition et la structure des corps et notamment des organes des

(1) Biol, Biographie universelle, 1816.

60 VIE, DÉCOUVERTES ET TRAVAUX DE GALILÉE, insectes qui, dans leur petitesse, révèlent la grandeur de Dieu et la merveilleuse puissance de la nature (1). Une inscription de Viviani sur sa maison consacre le fait et précise une date en mentionnant le don fait par Galilée au roi de Pologne d’un microscope en 1612 (2) .

Un n’a pas manqué de contester aussi à Galilée cette invention.

Francesco Fontana, de Naples, dans un ouvrage publié en 1646, s’est attribué l’honneur d’avoir construit, dès 1618, un microscope.

Huygens, dans son Traité de dioplrique , publié en 1678, déclare avoir entendu dire à plusieurs personnes que Drebbel avait fabriqué à Londres des microscopes, dès l’année 1621 .

Le témoignage de Viviani, qui rapporte à une époque voisine l’une de l’autre l’invention par Galilée du télescope et du microscope, ne peut laisser aucun doute sur l’antériorité des droits de Galilée au mérite du premier inventeur du microscope.

Ce témoignage est confirmé par plusieurs documents écrits.

Le 23 septembre 1624, Galilée écrivait au prince Gesi :

« J’envoie à Votre Excellence une petite lunette »pour voir de près les petits objets; j’espère qu’elle

(1) lïe de Galilée, par Viviani, t. XV, p. 342.

(2) Nclli, p. 272.

» trouvera comme moi, à s’en servir, intérêt et plaisir.

» J’ai tardé à la lui envoyer, parce que je n’ai pu » tout d’abord l’amener à perfection, à raison de la » difficulté de trouver le moyen de travailler parfaite- » ment le cristal. L’objet se fixe sur le cercle mobile » qui est situé à la base et qui se meut de manière à » faire voir l’objet tout entier, un seul regard ne pou- » vant en embrasser qu’une petite partie. Et comme » la distance entre la lentille et l’objet doit être exlrê- » mement précise pour regarder les objets qui ont du » relief, il est indispensable de rapprocher ou d’éloi— » gner le verre suivant les parties à examiner, ce que » rend possible la mobilité du petit tube sur le pied. » On doit s’en servir par un temps très-serein, et » mieux encore sous la lumière du soleil, en cherchant » à éclairer l’objet le mieux possible. J’ai examiné avec » la plus grande admiration une infinité d’animaux, » parmi lesquels la puce est horrible, le cousin et la » teigne sont très-beaux. J’ai pu constater comment )) la mouche et les autres petits animaux peuvent » cheminer dans tous les sens sur les vitres. Votre » Excellence aura un vaste champ de nombreuses ob- » servations, dont je serais heureux de connaître par » elle les plus heureux résultats.

» En somme, c’est un moyen de contempler l’infinie » grandeur de la nature et les merveilles de délica- » tesse et de soin qu’elle apporte dans ses œuvres. » En remerciant Galilée de cet envoi, le prince Cesi

62 VIE, DÉCOUVERTES ET TRAVAUX DE GALILÉE, s’exprima de manière à prouver que, pour lui, l’instrument était une nouvelle invention de Galilée (1) .

Il en fut de même pour d’autres personnes à qui Galilée envoya, durant cette même année 162 h, des microscopes : pour Bartolomeo Imperiali , qui juge l’instrument aussi admirable que toutes ses autres inventions (2) ; pour Bartolomeo Balbi, qui lui avait demandé une petite lunette de sa nouvelle invention (3).

Il faut donc reconnaître qu’à Galilée appartient réellement l’invention du premier microscope, et de plus le mérite de l’avoir le premier appliqué à l’étude de l’organisation des petits animaux.

S’il laissa à d’autres la tâche de développer ces recherches, qui ont pris plus tard une place si importante dans la science, c’est qu’il fut détourné de ces merveilles du monde microscopique par le spectacle grandiose qu’ouvrit à son regard l’application qu’il fit du télescope à la contemplation du ciel.

(1) Lettre du 26 octobre 1624 : Da lui nuovamenln compito.

(2) Lettre du 5 septembre 1G24 : Siccome sono tutli isuoi rilrovamenli.

(3) Lettre du 5 octobre 1624 : Piccolo occhialino délia nuova invcnzionc.

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