‹ GalileeChapitre 28 sur 42 · CHAPITRE II · texte numérisé non relu

CHAPITRE II

La valeur des preuves astronomiques contenues dans le Prodrome de Kepler, et les encouragements de ce grand astronome, avaient sans doute puissamment concouru, dans le passé, à fortifier Galilée dans ses convictions coperniciennes et dans ses desseins de publication d’un ouvrage capital sur la cosmologie.

Mais ce n’est qu’à dater de ses découvertes de 1610, 1 611 et 1 61*2, éclatantes confirmations de la vérité du système de Copernic, qu’il se trouva personnellement intéressé au triomphe d’une doctrine qu’il se sentait désormais en état de justifier par de nouvelles et plus puissantes démonstrations.

Faire prévaloir la vérité au moyen de ses propres découvertes dans la plus grandiose des questions

176 DIALOGUE SUR LES SYSTÈMES DU MONDE, cosmologiques, renverser du même coup l’astronomie de Ptolémée et la physique d’Aristote, et consacrer la victoire de la véritable philosophie des sciences naturelles sur le péripatétisme, c’était une œuvre qui devait nécessairement tenter Galilée, qu’il était dans sa destinée d’accomplir et à laquelle il se dévoua jusqu’au risque du martyre.

Cette situation de Galilée a été, à beaucoup d’égards , parfaitement appréciée par M. Biot , dans le complément à la biographie de ce grand homme , qu’il a publié sous ce titre : La vérité sur le procès de Galilée.

« Il sentait et signalait , avec un sentiment de » triomphe, tout ce que ces phénomènes incontes- » tables , la circulation de Vénus autour du soleil » prouvée par ses phases , et la rotation de ce grand » corps sur lui-même prouvée par le mouvement, le » transport et la périodicité des retours de quelques » taches distinctes observées sur son disque , don- » naient de force au système de Copernic et de vrai- » semblance à la rotation diurne de la terre. Il étalait » sans ménagements ces conséquences dans des lettres » devenues bientôt publiques et qui étaient lues avec » avidité. »

Une lettre du 12 mai 1612, adressée par Galilée au prince Cesi à Rome, contenait ce passage:

« Quant aux taches solaires, je conclus en défmi- » tive, et je me crois en mesure de démontrer rigou-

» reusement, qu’elles sont contiguës à la surface du » corps du soleil, où elles s’engendrent et se dissol- » vent incessamment, à peu près comme les nuages » autour de la terre; et qu’elles sont circulai rement » emportées par ce même soleil, qui tourne sur lui- » même dans l’intervalle d’un mois lunaire, par une » révolution semblable à celle des autres planètes, » c’est-à-dire d'occident en orient, autour des pôles » de l’écliptique. Je soupçonne que cette nouveauté » pourrait bien signaler les funérailles ou plutôt le » jugement dernier de la pseudo-philosophie , des » signes s’étant déjà montrés dans les étoiles, la lune » et le soleil ; et je m’attends à voir sortir du péripa- » tétisme quelque grand effort pour le maintien de » l’immutabilité des cieux. »

« C’était, dit M. Biot, ce que les par tisans des an- » ciennes doctrines voyaient tout aussi bien que lui, » avec plus de frayeur ; et après avoir crié, soutenu, » autant qu’ils l’avaient pu, que les observations de » Galilée étaient fausses, ils s’étaient réfugiés à dire » ef à prétendre que l’idée de supposer la terre en » mouvement et le soleil immobile est contraire au » texte de l’Ecriture, conséquemment hérétique et » inadmissible catholiquement.

» Par malheur, Galilée eut l’imprudence de leur » fournir des armes contre lui-même en les suivant » sur ce terrain. Dans les années 1613, 161 à et 1615,

» il écrivit à ses amis de Rome plusieurs lettres, et il

» adressa à la grande duchesse de Toscane, Christine » de Lorraine, une dissertation en forme pour établir » théologiquement, par les témoignages des Pères, » qu’il ne faut pas faire intervenir témérairement les » textes de l’Écriture sainte dans la décision desques- » tions purement naturelles qui peuvent se décider » par l’observation et l’expérience. En vain le cardinal » Maffeo Barberini, qui fut depuis le pape Urbain VIII, » et le cardinal Bellarmino lui faisaient dire que, s’il » voulait se borner à présenter ses doctrines au titre » de spéculations mathématiques, on avait l’espérance » qu’il ne serait pas inquiété; Il ne put se résoudre à » cette prudence , et ses ennemis profitèrent habile- » ment de l’avantage qu’il leur offrait. »

L’accusation d’imprudence, qui est devenue un lieu commun dans les biographies de Galilée, ne pèserait pas assez sur sa mémoire pour qu’il fût désirable de chercher à l’en disculper. Le danger volontairement couru pour un but louable n’est, à tout prendre, qu’un titre de gloire môme dans la défaite.

Mais dans cette circonstance décisive où, la théologie intervenant en faveur du péripatétisme contre la philosophie nouvelle, Galilée crut devoir continuer le combat, sa conduite a été l’occasion d’imputations fâcheuses pour son caractère, et d’affirmations contraires à la vérité, auxquelles l’impartialité de l’histoire doit opposer des appréciations plus équitables et plus exactes.

SITUATION DE GALILÉE. — SA CONDUITE. 179 Depuis qu’en 1651, dans son Almagestum novum, le jésuite lliccioli, rendant compte du procès de Galilée, dont il livrait pour la première fois à la publicité les pièces principales, a insisté sur l’importance qu’on avait dû attacher au côté théologique de la question, et a signalé, comme un des principaux motifs de la condamnation, l’intérêt qu’avait l’Eglise à réprimer une liberté de discussion qui tendait à sortir des limites de la science pure, ce que cette appréciation avait de profondément vrai n’a échappé à aucun des historiens qui se sont occupés de Galilée. Mais la plupart d’entre eux, en s’appropriant cette remarque d’un auteur qui se constituait le défenseur de l'équité du jugement et l’adversaire de la doctrine de Copernic, se sont plus ou moins volontairement associés à son intention, en ne trouvant qu’un motif de blâme pour Galilée , dans ce fait de l’union étroite du procès à la question de la liberté d’examen philosophique. - . • . ••• : » ■ "

Pour ceux qui étaient décidés à défendre à tout prix l’inquisition, il fallait bien trouver des torts à Galilée. Abusant des appréciations de l’ambassadeur Guicciardini sur les intempérances de zèle par lesquelles, selon son jugement, Galilée se compromettait, ainsi que ses protecteurs, au moment même où la congrégation de l’Index se disposait à censurer l’ouvrage de Copernic et à condamner son système, ils ont essayé d’intervertir les rôles en accusant

Galilée d’avoir spontanément et volontairement changé en question religieuse une question astronomique. Ainsi Mallet du Pan a affirmé que Galilée avait toute permission de traiter la question du mouvement de la terre en astronome et eu physicien, pourvu qu’il n’y fît point intervenir la Bible (1).

L’abbé Bergier, dans l’article Sciences de Y Encyclopédie méthodique , publié en 1790, prétend que depuis un siècle on en impose au public sur le fait des motifs de la condamnation de Galilée.

« Ce philosophe , dit- il , ne fut point persécuté » comme bon astronome, mais comme un mauvais » théologien , pour avoir voulu se mêler d’expliquer » la Bible. Ses découvertes lui suscitèrent sans doute » des ennemis jaloux ; mais c’est son entêtement à » vouloir concilier la Bible avec Copernic qui lui » donna des juges, et sa pétulance seule fut la cause « de ses chagrins.

» Le cardinal del Monte et divers membres du saint- » office lui tracèrent le cercle de prudence dans lequel » il devait se renfermer, mais son ardeur et sa vanité » l’emportèrent. Il exigea , dit Guicciardini, dans ses » dépêches du h mars 1616, que le jiape et le saint- » office déclarassent le système de Copernic fondé » sur la Bible (2). »

(1) Mercure de France, février cl mars 1785. — Delambrc , p. xxix.

(2) Ibid., p. 477.

Cette affirmation de Bergier a la même portée que celle du jésuite Feller, suivant qui Galilée, pour fortifier son système, « allait jusqu’à prétendre qu’il » était tiré de la Genèse et voulait en faire un dogme » ; çt celle de l’historien Henrion, qui accuse l’astronome toscan d’avoir inondé Rome d’écrits dans lesquels il s’efforcait d’ériger son système en dogme.

M gr Marini qui, en 1850, a repris pour son compte la même accusation (1 ) , n’a pas hésité à l’appuyer sur la citation de Bergier, tout en reconnaissant que cet écrivain a donné à la lettre de Guicciardini un sens plus étendu que celui quelle contient.

Pour effacer une citation fausse de quelques lignes, il est devenu indispensable de citer entièrement toute une longue dépêche.

La reproduction de ce document ne permettra pas seulement de juger jusqu’à quel point certains biographes sont capables de faire violence au texte des pièces historiques qu’ils invoquent ; elle rétablira , dans ses véritables termes et dans son véritable esprit, cette accusation d’excès de zèle et d’imprudence, tant de fois reproduite depuis qu’un diplomate , peu bienveillant pour Galilée, la formulait pourtant de manière à en faire sortir surtout la condamnation de ses adversaires.

(1) Marini, note, page I.

Lettre de Pierre Guicciardini, ambassadeur de Toscane , au grand-duc.

« Rome, 4 mars 1616.

» Galilée a tenu plus de compte de son opinion que » de celle de ses amis. Le cardinal del Monte , moi- » même autant que je l’ai pu et plusieurs cardinaux » du saint-olfice, nous lui avons conseillé de s’apai- » ser et de ne pas passionner cette affaire ; et s’il » tenait à maintenir cette opinion, de la soutenir pai- » siblement sans tant d’efforts pour entraîner les » autres à la partager. Chacun de nous craignait que » son voyage à Rome ne lui fût préjudiciable et nui- » sible, et qu’il n’y parvînt, en définitive, moins à se » justifier et à triompher de ses émules qu’à s’attirer » quelque affront*

» Galilée, se persuadant qu’on ne prenait pas assez » à cœur son intérêt et ses désirs, après avoir lassé » de ses sollicitations un grand nombre de cardinaux,

» mit enfin tout son espoir dans le crédit du cardinal » Orsino, dont la protection lui fut assurée par une » lettre de chaude recommandation sollicitée et ob- » tenue de Votre Altesse.

« Dans le Consistoire de mercredi, le cardinal parla » au pape en faveur de Galilée. Je ne sais s’il le fit avec » mesure et prudence. Le pape lui répondit que c’était » bien, et qu’il eût à conseiller à Galilée d’abandonner

» cette opinion. Orsino, dans sa réplique, indisposa -) le pape, qui, coupant court à l’entretien, lui dit qu’il » renverrait l’ affaire aux cardinaux du saint-office. » Après le départ d’Orsino, Sa Sainteté fit appeler » Bellarmin. Le résultat de la conférence fut qu’ils » décidèrent que l’opinion de Galilée était erronée et y hérétique.

» Je suis informé qu’avant-liier on a réuni une con- 3» grégation pour lui faire prononcer une déclaration » dans ce sens : Copernic et les autres auteurs'qui ont » écrit sur ce sujet seront amendés, corrigés ou » prohibés.

» Je crois que Galilée n’aura rien à souffrir dans sa » personne, parce qu’il aura la prudence de vouloir » et de penser ce que veut et pense la sainte Eglise. » Mais il s’enflamme dans ses opinions et il est inté- » rieurement animé d’une passion qu’il n’a ni la force » ni la prudence de vaincre : ce qui rend très-dan- » gereux pour lui ce ciel de Rome, surtout dans un » temps où le souverain du lieu, qui abhorre les » belles-lettres et les beaux esprits, ne peut souffrir » ces nouveautés ni toutes ces subtilités. Chacun » cherche à s’assimiler au maître par la pensée et par » les actes ; aussi ceux qni savent quelque chose, ou » qui ont quelque désir d’apprendre, pour peu qu’ils » aient de sagesse, manifestent tout le contraire, en » vue d’éviter de devenir suspects ou de tomber

dans quelque disgrâce.

» Il y a ici des moines et d’autres gens qui veulent » du mal à Galilée et qui le persécutent.

» Il est dans une disposition qui ne convient nul- » lement à ce pays ; il pourrait se jeter lui et d’autres » dans de fâcheux embarras. Je ne vois pas pour » quelle raison il est venu ici, ni ce qu’il peut gagner » à y rester.

» La maison de Votre Altesse ne sait que trop bien » ce qu’en semblable occasion, dans le temps passé, » elle a eu de labeurs et de succès auprès de la sainte » Eglise, à propos des personnes ou des choses dont 3» se mêle la sainte Inquisition. Se jeter dans de tels » embarras et courir de tels risques, sans un motif h grave d’utilité et sans autres chances qu’un grand b dommage, c’est ce que je ne puis admettre. Si on » l’entreprenait seulement pour donner satisfaction à » Galilée, il est évident qu’il est sous l’influence de » la passion et qu’il ne peut, dans sa propre cause, » juger sainement ce qu’il conviendrait de faire. Aussi, » comme cela est déjà arrivé, il sera déçu dans ses » espérances, et il attirera le danger sur lui-même et » sur quiconque seconderait ses vues ou se laisserait » persuader de faire ce qu’ il désire.

» Gette affaire est aujourd’hui à la cour un sujet > de scandale et d’horreur; et si le cardinal, en arri- » vaut ici, ne se montre pas, en bon ecclésiastique, » disposé à approuver les délibérations de l’Église et » à seconder la volonté du pape et d’une congréga-

SITUATION DE GALILÉE. — SA CONDUITE. 185 • ï tion telle que celle du saint-office, qui est le fonde- » ment et la base delà religion, et la plus importante S) de Rome, il perdra beaucoup de son crédit et sera » très-mal goûté. Quant aux réunions dans les anti- » chambres et les cercles, où l’on se passionne, où » l’on discute, où l’on fait étalage de ses opinions » principalement sur les matières astronomiques et » philosophiques, il y faut renoncer; car, comme je » l’ai dit, le pape leur est si hostile que chacun s’ef- » force à se faire grossier et ignorant. Tous les lettrés » qui se présenteraient ici seraient, je n’ose dire ab- » soluraent nuisibles, mais certainement peu utiles et » dangereux; et ce qu’ils pourraient faire de mieux,

» ce serait de ne laisser voir leurs aptitudes littéraires » que le moins possible et avec la plus extrême dis—

» crétion.

» Et si Galilée attend ici l’arrivée du cardinal et le » mêle tant soit peu à ces affaires, cela déplaira beau - » coup; il est véhément et passionné dans son idée » fixe, au point qu’il est difficile de lui échapper » quand on le laisse approcher. Et, comme il s’agit » d’une cause et d’une chose qui ne sont pas matière » à plaisanterie, et qui peuvent, la prudence de Votre » Altesse le comprendra facilement, devenir, si ce » n’est déjà fait, très-graves et en soi et par les con- )> séquences; et comme en fait la personne est ici » dans la maison de Votre Altesse et de monseigneur » le cardinal, c’est-à-dire de notoriété publique sous

» leur sauvegarde et leur protection, j’ai cru qu’il » était de mon devoir de rendre compte à Votre » Altesse de ce qui s’est fait et de ce qu’on pense à ce » sujet (1). »

Il est facile de comprendre que les défenseurs de l’Inquisition se soient soigneusement abstenus d’emprunter à Guichardin ce curieux tableau de la cour de Rome, sous le pontificat de Paul V, au moment où Galilée repoussait de son mieux, pour Copernic et pour lui-même, l’accusation d’hérésie. Il est même permis de s’étonner qu’ils aient pu se décider à en détacher quelques traits du portrait de Galilée, au risque d’appeler les regards sur ce qu’ils avaient tant d’intérêt à cacher.

Mais comment qualifier l’audace de Bergier, qui semble extraire textuellement de la dépêche de Guichardin la preuve que Galilée aurait élevé la prétention insensée d’imposer comme article de foi une doctrine astronomique? Et que penser de l'assurance avec laquelle M* r Marini reproduit jusqu’à satiété cette imputation dans sa récente défense de l’Inquisition, en s’appuyant, pour la justifier, sur une citation que lui-même reconnaît inexacte ?

« L’Église ne pouvait demeurer indifférente à » ces innovations, tendant à trouver dans la Bible » une doctrine qui, sous la forme où on la dévelop-

(1) Venturi, p. 267. — Oper. di Galii., t. VI, p. 227.

SITUATION DE GALILÉE. — SA CONDUITE. 187 >> pait, était contraire au sens des saintes Écritures, » et que néanmoins Galilée voulait faire proclamer » comme un article de foi (1),

)) Ce qui a exposé Galilée aux dommages qu’il a » soufferts, c’est sa volonté de concilier les nouvelles » théories coperniciennes avec la Bible, et sa con- » duite vis-à-vis de l’Inquisition, qui n’a été qu’un » tissu d’incohérences, et, je le dis avec peine, de » mauvaise foi et de manquement à ses engage- » menls (2).

» Le3 décrets de la congrégation romaine n’étaient a pas dirigés contre l’hypothèse copernicienne, mais » contre l’abus que faisait Galilée de l’Écriture pour » démontrer que cette théorie était une vérité abso- » lue, conforme au sens même de l’Écriture, dont il » voulait, au dire de Feller et de beaucoup d’autres, » faire un dogme » (3) .

Si Tiraboschi, qui s’était abstenu de toute parole de blâme pour Galilée dans son Histoire littéraire de l'Italie, a eu le tort de reprendre en sous-œuvre la défense de la cour romaine dans une dissertation académique, et d’invoquer, lui aussi, la dépêche de Guicciardini , au moins les passages qu’il a cités étaient-ils exacts, et l’induction qu’il en a tirée n’avait

(1) Marino-Marini, Disc, prélimin., p. 5.

(2) Ibid., p. 50.

(3) Ibid., p. 5 II.

elle rien de forcé. « Si Galilée, a-t-il dit, avait un » peu modéré son langage, peut-être n’aurait-il pas » été exposé aux rigueurs qu’il dut plus tard subir, » et les cardinaux dont parle Guicciardini ne l’au- » raient nullement inquiété s’il s’était contenté de » soutenir son opinion dans le particulier (1). »

Et il n’a pas songé à y trouver un prétexte pour dénaturer la vérité. Au début de sa dissertation, il lui rend cet hommage :

« Que Galilée ait été cité devant le tribunal de » l’Inquisition romaine pour avoir soutenu le système » de Copernic, qu’il y ait été retenu pendant quel- » que temps, qu’il ait été pour cela condamné, et que » l’opinion par lui enseignée ait été par ce tribunal » proscrite en tant qu’hérétique, c’est ce qui est » connu de tout le monde* et ce dont il n’est permis » à personne de douter (*2) . »

(1) Storia lit ter.

(2) Ibid.

Page 1