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mobile, ‘6 mouval ‘6 vos émi se picion Ÿ ‘ cœur sil ‘ deteste ‘< toute à ‘ susdite ou afin ‘6 autorise ‘6 connais noncera ‘ l’Ordin et je pi toutes | Office ; ‘ mes pa ‘ Dieu :
‘ peines constit ‘6 et pror ‘ me soi ‘ nes pi
« Mo ‘“ et me ‘propre ‘“ abjurt ‘ couve
s el h'r'sies,
na sententiam, declaramus te “ancto Officio
, et eum non moveri.....
0 pris, corde es, maledicas MC. Sc.) ition absolue le rien publier de nénitence sept Spaumes ut trois ans ; plaisir du ttre solennel.
oique ce soit
d'Ascoli, de glio, Gypsius
juration que signer. Je 28 posthumes l'astronomie ar les piècts air de Rome, l4 l’en em.
ileï de Floonnellement ntissimes et universelle malice hé.
et sacrés ins, je jure mt, et que roit, prêche apostolique juridique.
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RE een een ne ner SR DR 0 Te PP PR LU
‘ ment enjoint d'abandonner entièrement la fausse opinion ‘ qui tient que le soleil est le centre du monde et qu’il est
4 ‘ immobile ; que la terre n’est pas le centre et qu’elle se 4‘ meut ; et comme je ne pou ais la tenir, ni la défendre, 104 credideris M‘ ni l’enseigner d’une manière quelconque, de vuix ou par 4‘ écrit, après qu’il m'avait été déclaré que la susdite
“ doctrine était contraire à la sainte Ecriture ; et comme ‘ malgré cela j’ai écrit et fait imprimer un livre dans ‘ lequel je traite cette doctrine condamnée, en apportant “ des raisons d’une grande efficacité en faveur de cette
4 ‘‘ doctrine sans y joiudre aucune solution; pourquoi j'ai ‘été jugé véhémentement suspect d’hérésie pour avoir } *‘ tenu et cru que le soleil était le centre du monde et im-
“ mobile, et que la terre n’était pas le centre et qu’elle se ‘ mouvait; c’est pourquoi, voulant effacer des esprits de ‘ vos éminences et de tout chrétien catholique cette sus-
LL ‘‘ picion véhémente conçue contre moi avec raison, d’un
‘ cœur sincère et d’une foi non feinte, j’abjure, maudis et “ déteste les susdites erreurs et hérésies, et gén ralement “ toute autre erreur quelconque et secte contraire à la
‘ susdite sainte Eglise ; et je jure qu’à l'avenir, je ne dirai ‘“ ou affirmerai, de vive voix ou par écrit, rien qui puisse ‘ autoriser contre moi de semblables soupçons : et si je ‘ connais quelqu’héritique ou suspect d’hérésie, je le dé-
‘ noncerai à ce Saint Office, ou à l’Inquisition, ou à L « Ordinaire du lieu dans lequel je serai. Je jure en outre,
‘ et je promets que je remplirai et observerai pleinement ‘* toutes les pénitences qui me seront imposées par ce Saint “* Office ; que s’il w’arrive d’aller contre quelques unes de ‘‘ mes paroles, promesses, protestations eb serments, ce que ‘ Dieu veuille bien détourner, je me soumets à toutes ““ peines et supplices qui, par les saints canons et autres “ constitutions générales et particulières, ont été statués ‘ et promulgués contre de tels délinquants. Ainsi Dieu me soit en aide, et ses Saints Evangiles que je touche de ‘ mes propres mains.
‘ Moi, Galileo Galile', susdit, j'ai abjuré, juré, promis, et me suis obligé comme ci-dessus, en foi de quoi, de ma ‘ propre main, j’ai souscrit le présent chirographe de mon abjuration, et l’ai récité mot-à-mot, à Rome, dans le couvent de la Minerve, ce 22 juin 1633.
Eee
‘€ Moi, Galileo Galileï, j'ai abjuré comme dessus, de ma |
‘6 propre main.” Examinons un peu, maintenant, cet incroyable document,
cet imp rissable monument de fanatisme, cette preuve |
péremptoire d’une persécution odieuse, qui doit marquer d’un stigmate indélébile, dit M. Arago, le tribunal au nom duquel la sentence a été rendue, et les juges qui y apposerent leur nm.
La premicre chose qui frappe, en lisant cette déplorable pièce, c’est la profonde humiliation personnelle, c’est la poignante dégradation morale infligée à l’une des plus fortes intelligences aui aient existé ; c’est l'obligation dans laquelle on plaça lPimimortel vicillard de souscrire, d’attester avec les formes les plus respectables que lon put employer, un parjure formel ; car Galilte, après vingt ans de profondes études, en était arrivé à une certitude invincible que le systéme de Copernic était l’expression de la verité scientifique. : Il croyait au mouvement de la terre avec la même force de conviction, la même steurité de conscience que nous y croyons tous. Eh bien! c’est ce fait évident, avéré pour lui, par suite de ses démonstrations et de ses découvertes astronomiques ; c’est cette vérité mathématique dont il ne doutait pas plus que de sa propre existence, qu’on lui fait déclarer, la main sur l'Evangile, être une doctrine fausse, contraire aux livres sacres ; être enfin une hérésie formelle qu’il déclare détester et maudüe !!
Voyons, soyons de bon compte ; mettons de côte toute idée préconçue, tout préjugé en faveur d’un ordre, d’une classe ; examinons la question strictement en elle-même : vit-on jamais torture morale plus cruelle, plus atroce, que celle qu’eut à subir cette illustre victime de l'esprit de persécution ? Voyez-le, cet homme chargé de gloire, un des quatre ou cinq plus grands génies qui aient existé, dit M. Arago ; voyez-le, ce bon vieillard de 70 ans, agenouillé, pieds nus, en chemise, comme les plus vils criminels, comme les parricides, les assassins, les voleurs ; entendez-le proclamer que d’une foi non feinle il abhorre une opinion qu’il sait être vraie, une opinion que, le premier d’entre les hommes, il a démontr e être vraie! ! Et ce n’est pas tout. On force ce grand homme, un des cœurs les plus généreux qui aient existé, à promettre de se faire, quoi !
Espion ! espion du Saint Office: on lui fait déclarer qu’il
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dénoncera à l’official du lieu où il sera toute personne qu’il
ns 98 mue
suspectera d’hérésie !
Quel tribunal a jamais su avilir ses victimes à ce degré 1 Par quels terribles moyens a-t-on amené là cet esprit si indépendant, cette volonté si ferme ? Que s'est-il donc passé pendant ces quinze jours où l’histoire le perd de vue ; pendant ces quinze jours où il s’est trouvé seul avec sa conscience, avec le fanatisme ? L’a-t-on torturé ? Ah ! les Juquisiteurs seuls le savent! Rien ne l’établit directement et d’une manière absolue ; mais tout l’indique, l’établit à peu près certainement. ÿ
De graves autorités l’on nié ; des ennemis ardents de la Cour de Rome ne l’ont pas cru, je le dis franchement : mais le code de l’Inquisition est là ; mais il y a des faits recueilli: par les chroniqueurs, des phrases échappées à des contemporains ; il y a des inductions tirées des habitudes de procédure du Saint Office ; il y a des rapprochements, des circonstances accessoires ; et tout cela réuni me paraît mettre hors de doute, le fait qu’il a été vraiment soumis à la question.
D'abord, toutes les procédures du Saint Office étaient strictement secrètes. Voilà pourquoi on en est réduit aux inductions sur ce fait important. Mais, par cela inême, ceux qui nient que Galilee ait ‘té torturé, n’ont jamais rien apporté de positif au soutien de ieur dénégation. Ils font exactement ce que je fais, 1ls tirent des inductions. Eh bien ! voyons un peu ce que ces inductions valent.
L'un, M. de Maistre, par exemple, se fonde, pour nier que la torture ait été donnée, sur la cl mence bien connue du tribunal ! ! La clémence de l’Inquisition ! qui, d’après ses propres statistiques, trouvait un innocent sur deux mille accusés !! L'autre, de ce que, dans Pinformation, le mot de torture n’est pas même prononcé.—comme si l’Inquisition avait jamais dit le mot pour faire la chose ; et d’ailleurs, je prouverai qu’elle l’a dit, ce mot, ou l’équivalent !—Celui-ci, du peu de probabilité qu’il y a que l’on ait traité avec barbarie, un homme de 70 ans, malade, et surtout remarquable par ses hautes qualités et son gé- TARA .—comme si l’âge, le génie, et même la vertu la plus pure, avaient jamais trouvé grâce devant le Saint Ofice ! !—Celui-là, enfin, du silence obstinément gardé par
Galilée lui-même, qui n’a jamais voulu dire ce qui s'était passé ......—comme si ce silence-là même n’équivalait pas à une quasi-certitude.
Voilà tout ce que j'ai pu trouver au soutien de la prétention que Galilée n’a pas été torturé.
Eh bien! voici maintenant sur quoi je me fonde pour croire qu’il a été vraiment soumis à la question.
D'abord il fallait qu’on prévit de terribles secrets dans cette affaire, puisqu'Urbain VIIL avait exigé de Niccolini, que toutes ses dépêches au Grand-Duc fussent écrites de sa propre main, et lui avait même défendu, sous peine d’excommuication, de révéler à qui que ce füt, à la seule exception du Grand-Duc, ce qu’il pourrait apprendre sur le procëés. On peut avoir la preuve de ces singuliers détails en consultant la ccrrespondance de l'Ambassadeur.
En second lieu, on sait par Delambre, qui avait eu dans les mains les pièces originales du procès, que toute la procèdure était comp'ète, sruf l’interrogatoire. Or, dans les habitudes de procédure de l’[nquisition, c’est précisément Pinterrogatoire qui fait foi de l’anplication de la torture. Cest l’interrogatoire seulement qui eût fourni la preuve certaine si Galilée avait été torturé ou non; car dans les interrogatoires des prévenus, non seulement on décrit toujours, dans leurs plus menus détails, les moyens employés pour les faire parler, mais on consigne invariablement, ou on exprime autant que faire se peut, les supplications, les plaintes, les sanglots, les cris, les exclamations, les hurlements que la douleur leur arrache. Cela peut paraître incroyable, mais cela est vrai. Je cite une procédure. Je prends au hazard,
En 1705, une femme de Novare fut accuse pardevant le Saint Office d’avoir épousé régulièrement une autre femme. L’accusée avouait le délit; mais on voulait savoir quelle avait pu être son intention. Or, du moment que les Inquisiteurs avaient concu le plus léger doute sur l'intention réelle d’un accusé, ils étaient obligés, par leur code, de decréter le Æigoureux examen, formule usitée pour signifier la torture et quil’impliquait nécessairement. On le décréta donc contre cette femme, et voici un extrait de son interrogatoire. (Elle n’avait rien dit de positif sur son intention.)
‘6 Alors les susdits seigneurs, (les Inquisiteurs,) après
“ avoir Tr ‘ pouval & tant fe
Ex re
6 Jaquell & Ahi!.
‘ gneurs ‘ ricorde & tirer ri ‘“ qu’on & bras (ce ‘6 étaient ‘6 qu’on Vous de la vi ments de ressembl nutieuse Or, d le sénat4 interrogi les pièce avait qu hains, © Galilée et bien l’interrc public?
Mais ‘ nuisq ‘6 Galil ‘ simp croyant Eh | prouve littsra ‘6 avoi 6 avot 6 era 6< par ‘tu!
Pui
} ce qui s'était e n’équivalait
ien de la pré-
ne fonde pour ion.
s secrets dans de Niccolini, sent écrites de u, Sous peine füt, à la seule prendre sur le ruliers détails adeur, avait eu dans toute la pro Or, dans les précisément e la torture.
‘ni la preuve Car dans leg n décrit touens employés blement, ou lications, les 8, les hurleeut paraître océdure. Je
pardevant le utre femme.
ivoir quelle 1e les Inqui-
l'intention ode, de désignifier la 1 le décréta de son inson inten-
Irs,) après
| « avoir répété la protestation précédente (que l’accus‘e ne
‘# pouvait imputer la torture qu’à elle-même), et y persis- “ tant fermement, ordonnérent qu’elle fût élevée en haut : ‘ laquelle étant ainsi suspendue, se mit à crier, disant :
“ Ahi!.... mon Dieu !....héla:!....ah!.... \ essei- “ gneurs, ayez pitié de moi! ... Sainte Marie!.... Misé-
“ ricorde !.... oh!.... oh!.... et comme on n’en put “ tirer rien autre chose, les susdits seigneurs ordonnérent “ qu'on la détachat, qu’on lui remit les articulations des “ bras (car dans le supplice de Ia corde, le coude et l’épaule ‘ étaient invariablement disloqués,) qu’on la réhabillât et ‘ qu’on la reconduisit en prison.”
Vous le voyez, rien n’est omis des cris et des exelamations de la victime: l’Inquisition tenait note même des hurlements de la douleur. Eh bien !'tous les interrogatoires +e ressemblent. Avec la torture, t ujours la répétition minutieuse des supplications et des sanglots de la victime.
Or, des centaines de procédures ont été examinées par le sénateur Neili, par M. Libri, et par d’autres ; jamais les interrogatoires ne manquaient. Pourquoi manque-t-il dans les pièces du procès de Galilée ? Probablement parce qu’on avait quelque chose à cacher ! De tout temps on a crié à la bains, à la calomnie, contre ceux qui ont maintenu que Galilée avait été torturé. On avait un moyen bien simple et bien certain de les confondre ! On n'avait qu’à publier l'interrogatoire ! Pourquoi donc ne l’a-t-on jamais rendu public?
Mais, me disait quelqu'un, ces jours derniers même : nuisqu’il v’existe pas d’interrogatoire, cela prouve que “ Galilée n’a pas été interrogé,—la conséquence est bien ‘“ simple!” Kt mon interlocuteur me regardzit fixement, croyant m'avoir pulvérisé par sa conséquence.
Eh bien ! il y a eu un iuterrogatoire ; la procédure le prouve. La sentence contient la phrase suivante : (je copie littéralement !) Considérant que tu nous a semblé ne pas avoir dit entièrement la vérité sur ton intention, nous ‘ avons jugé nécessaire d’en venir contre toi au ; igoureux
“examen, dans lequel (sans préjudice des choses confessées “ par toi, et déduites contre toi, touchant la dite intention.) ‘€ tu as répondu catholiquement.”
Puisque Galilée a répondu, il y a done eu un interroga-
toire.... etun Rigoureur examen, puisque la sentence le porte.
Vis maintenant ce que c’est que le ZXigoureux examen.
Nous le trouvons clairement défini dans l’Arsenal Sacré, qui est le code de procédure du Saint Office, au titre—De la mani re d'interroger les coupables dans la torture.
“ Le prévenu ayant nié les délits qui lui sont attribués, ‘et ces délits n’étant pas pleinement prouvés, si, dans le ‘ terme assigné pour ses défenses, il n’a deduit aucune “ chose à sa décharge, il est nécessaire, pour tirer de lui “ Ja vérité, d’en venir contre lui au /igoureur examen, (ce ‘“ sont les paroles mêmes du jugement de Galilée,) la “ torture ayant été précisément inventée pour suplléer au ‘ défaut de témoignages — et cela ne répugne nullement ‘à la mansuétude ou à la bénignité ecclésiastique; au ‘ contraire, quand les indices sont légitimes, suffisants, “ clairs et concluants dans leur genre, l’Inquisiteur peut “ et doit le faire sans aucun blâme, afin que les coupables, ‘ en confessant leur délit, se convertissent à Dieu, et par le moyen du châtiment, sauvent leur âme... .??
(Arsenal Sacr , ou pratique de l'office de la Sainte Inquisition, édition de Rome, 1730, page 263.)
Qu'on fasse attention à cette phrase: /l est n ‘cessaire d'en venir au ligoureux examen, la torlure ayant t pr cis ment invent e pour, elc., elc.... N’est-il pas évident que Aigoureux examen et lorlure découlert nécessairement lun de l’autre, sont inséparables ; que le Rigoureux examen veut précisément dire : examen au moyen de la lorture ?
Eh bien ! comme je tiens, daas cette circonstance-ci, à être inattaquable, je vais, au risque de devenir eunuyeux, citer d’autres passages de l’Arsenal Sacr , pour d montrer péremptoirement que le Rigoureux examen n’admellail pas Pabsence de la torture.
On lit à la page 282 au chapitre: Manire de continuer ou r p ler les lourments : “ Il convient quelquefois, à cause “ de l’atrocité du délit.... ou d’autres importantes con- ‘ sidérations, de répéter ou continuer la torture : dans ce “ cas, les juges devront, à la fin du premier examen rigou- ‘ reur, faire ajouter, par le Notaire, cette clause, Animo “ tamen.... qui marque dans les juges la volonté de ‘6 continuer la dite torture... .”?
On lit “ qu’il si ‘ disant & pitié |.
(Vous cite ici !
prévoit !
entend .) (els cé Si ti “ rigour( ‘ persis ‘6 suit. - Page ‘ pas TE eyasil ‘ peut ê ‘6 est n€ ‘ (toujo “ de lu & J’avoil ‘6 ture.” Eh bi la tortu formellc N'est obligé Où :
n’est P tage di parlé | A Sa sen À Jrigrou HO dûlè les mé À Na 4 Galilé sur 80 : qu'ils 4 bien!
g’éler
que la sentence le Ligoureux
Arsenal Sacré, au titre— De L lorture, sont attribués, és, si, dans lo éduit aucune w tirer de lui T'examen, (ce Galilée,) la ur supléer au gne nullement ‘siastique ; au es, suffisants, juisiteur peut les coupables, ieu, et par LE
a Sainte In-
sl n ‘cessaire yant 1 pr pas évident cessairement reux examen t lorlure ?
stance-ci, à ” Cunuyeux, rd montrer lmellait pas
e continuer OIS, à cause antes con- > : dans ce nen rigouse, Animo olonté de
On lit à la page 285.... “ Alors les jnges ordonnent ‘ qu’il soit suspendu à la corde, lequel se met à crier “ disant : Ahi!.... mon Dieu!.... O Sainte Marie !.... “ pitié !.... ou bien il garde le silence.”
(Vous le voyez, tout est là, Ce n’est que le code que je eite ici! Eh ben! le code exprime les cris parce qu’il les prévoit! La procédure exprime les cris parce qu’elle les entend.)
‘ Cela fait on l’interroge comme il suit :
“ Sitout ce qu’il a avoué dans son premier examen “ rigoureux est vrai.... si, dans la lorture, le prévenu “ persiste dans la négative, on terminera l’examen comme ant"
Page 283—< Souvent il arrive que le prévenu ne veut ‘ pas répondre avec précision ; mas il le fait en termes ‘ evasifs: je ne sais ... je ne me souviens pas.... cela ‘ peut étre. ..... je ne crois pas...... Dans ce cas il ‘6 est nécessaire d’en venir contre lui au / igoureux examen ‘ (toujours la formule du jugement de Galilée) pour tirer ‘ de lui une réponse précise, satisfaisante. . .... Après l'avoir fait suspendre, on l’interrogera dans sa tor- FEture à
Eh bien ! voyons : peut-on raisonnablement prétendre que la torture ne suit pas une conséquence implicite, directes formelle, nécessaire, de l’examen rigoureux ?
N’est-il pas de toute évidence que Pune est le corollaire obligé de l’autre ?
On dit que dans la sentence de Galilée, le mot torture n’est pas même prononcé .:.... Mais il ne l’est pas davantage dans la sentence de cette femme de Novare dont j’ai parlé ! La pauvre femme n’en a pas moins été torturée. Sa sentence, comme celle de Galilée, ne porte que les mots J'igoureux examen. Ellea été torturée : Galilée a donc dû lêtre aussi, puisque les deux sentences sont exactement les mêmes.
\'ais il y a plus. D’après le texte de la sentence de Galilée, il est évident que les Inquisiteurs le soupçonnaient sur son intention. Il ne pouvait en étre autrement puisqu’ils le déclarent véhémentement suspect d’hérésie. Eh bien ! du moment que le soupçon sur l’iatention du prévenu s'élevait dans l'esprit des Inquisiteurs, ils n’étaient plus
libres, d’après leur infernal ecûe, ils n'étaient plus libres |
d’épargner la question au prévenu.
Voyez aux pages 267, 268, 270, de l’Arsenal Sacré, au titre : Manière d'examiner, dans la torture, sur l'intention seulement.
Dans ce cas, (celui où ils doutent de l’intention du prévenu,) les seigneurs Inquisiteurs décrètent qu’il soit mis à la torture -ur l’intention et la croyance. . . ... Et ‘ ils ordonnent que le prévenu soit conduit au lieu du ‘ tourment, qu’il soit mis à nu, attaché, appliqué à la 66 G0YA6 : : 7 Et à la page 266— Si le prévenu confesse ‘je délit dans les tourments, on devra imm diatement ‘€ l’interroger, en continuant la dite torture, sur l’intention ‘6 et la croyance ; et l’exumen se terminera par la signature ‘ du notaire...... rs
Comment pourrait-on douter, après ces nombreuses citations, que Galilée ait r'ellement souffert la torture ? Il n’y a pas de milieu, ou il faut admettre qu’il a été torturé, ou il faut avouer que les Inquisiteurs ont violé les devoirs que leur imposait le code inquisitorial, et qu’ils ont dérogé à toutes les habitudes de procédure du Saint Office. Eh bien ! qu’on produise donc un seul cas où ils aient dérogé, par indulgence, à la procédure ordinairement suivie !
Les [nquisiteurs ont eu des doutes sur les intentions de Gahlée ; ils le constatent dans la sentence : le code inquisitorial les oblige, dans ce cas, de décréter la tortures ils
constatent, dans le jugement, que vu leurs doutes sur l’intention de Galil'e, ils onf eu recours au rigoureux examen contre lui; ces mots sont la forme invariable dans laquelle la torture est décrétée; aucune procédure n’en a jamais indiqu d'autre : va-t-on conclure de lout cela qu’il n’a pas diétre tortur’ ? Le bon sens, la logique, le raisonnement, l'évidence n’existent-ils plus quand il s’agit du Saiut Office ?
Non, il faut admettre l'évidence ! Il faut savoir reconnaître la vérité, quand elle brille comme le soleil! Il faut savoir admettre un tort n’importe où on l’aperçoit ; savoir avouer une faute, n’importe qui l’a commise !
Galilée a dû être torturé, puisqu'il était violemment soupçonné d’hérésie, et que les Inquisiteurs doutaient de son intention ; il l’a certainement été, puisque la sentence porte que l’on «& eu recours contre lui au rigoureux examen.
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Voir reconeil! Il faut Oit ; savoir
violemment üutaient de la sentence Ax examen,
D D uag opt
Et puis, une remarque, en passant. Qu'est-ce que c'est que l’abjuration de Galilée ? C’est la renonciation à une royance sincère, profonde, invincible chez lui, parce qu’elle tait le résultat de ses études, de ses méditations, de ses observations astronomiques, de son expérience personnelle, en un mot; c’est la déclaration que ce qu’il sait être vrai, il le proclame faux ; c’est l’admission que ce qu’il voit de
ses yeux, il ne le voit pas ; c’est l’affirmation, en quelque Hsorte, que le soleil ne luit pas. Eh bien ! à première vue,
mettaut de côté pour un instant toutes les preuves que je 4 donne, est-il probable qu’un esprit de cette portée, qu’un
caractère de cette trempe, qu’un homme qui a toujours fait preuve d’une si grande indépendance personnelle, d’une si haute élévation de sentiments, est-il probable, est-il croya-
ble que sans la plus terrible pression morale, que sans la
plus barbare co rcition physique, il aurait consenti à abjurer sa conviction la plus intime, la plus chère ? Cela n’est pas dans la nature.
Après son abjuration, Galilée croyait au mouvement de la terre tout aussi fermement, tout ausssi sincérement qu’avant, car la persécution n’a jamais changé les convictions intimes de qui que ce soit, et ce n’étaient certainement pas les raisonnements des Inquisiteur: qui avaient pu lui démontrer la fausseté de sa doctrine ! Eh bien ! peut-on croire qu'on lui ait arraché cette négation d’une doctrine qu’il n’abjuiait pas intérieurement sans avoir eu recours aux plus terribles moyens dont le Saint-Office pût disposer? Evidemment non !
On a dû le traitér avec indulgence, dit-on, vu son grand âge, ses qualités personnelles... .... Misère et ineptie que tout cela!
En vérité, il faut bien peu connaître le Saint Office ; il faut ign rer bien profondément toute l’histoire du 15€ et du 16€ siècle pour exprimer cette pensée !
D’abord je ne vois pas pourquoi, quand on humiliait si inhumainement le génie, quand on torturait si bruta!ement la conscience, je ne vois pas, dis-je, pourquoi on aurait été si humain, si indulgent pour le corps. Je ne sache pas que le Saint Office ait jamais reculé devant une douleur à faire subir, devant un supplice à infliger !
Et puis, Galilée est-il donc le seul homme, illustre par son génie, sur lequel la terrible main du Saint Office se soit
ment illustres!
Jérôme de Prague, brulé vif! Savonarole, brulé vif! Etienne Dolet, brulé vif! Pierre Leclerc, brulé à petit feu ! Anne Dubourg, ce savant et vertueux magistrat, étranglé, puis brulé ! Vanini, torturé, et pendu après avoir eu la langüe coupée, et brulé après avoir été pendu ! Campanella, appliqué sept fois à la question en 24 heures ! Pallavicini, trahi et décapité! Palearius, torturé et pendu ! Marc Antoine Dominis, torturé et empoisonné dans sa prison ! Sarpi, poignardé en pleine rue! Giordano Bruno, torturé et brulé vif! Oliva, torturé avec tant de cruauté, qu’il s’élança par une fenêtre et se tua, pour éviter un second examen rigoureux ! Pierre Centeno, devenu fou par la crainte d’une seconde torture ! Dominique de Roxas, brulé vif! Losada, brulé vif! les trois Cazalla, brulés ; Gonzalez, brulé avec ses deux sœurs qui l’avaient caché dans leur maison ! Marie de Bourgogne, emprisonnte à 85 ans, torturée à 90 et tuée par la torture ! Jeanne Bohorques, morte pendant sa torture et reconnue innocente !!
J’ai dit que la vertu la plus pure ne trouvait pas grâce devant l’Inquisition. Elle a persécuté le bienheureux Jean d’'Avila, l’apôtre de l’Andalousie! Elle a persécuté Ste. Thérèse, St. Jean de Ribcra, Louis de Grenade, l’Evêque Barthélemi de Las Casas, ce sublime défenseur des Indiens, André Cuesta, Evêque de Léon, le savant Montanus ! Elle a mis en jugement St. Jean de Dieu, St. Joseph Ca'azanz ! Elle a emprisonné St. Jean de la Croix, Louis de Léon ! Elle a détenu 18 ans en prison Barthélemi Carranza, Archevêque de Tolède, un des hommes les plus vertueux et les plus savonts qu’ait produit l'Espagne ! Enfin je n’en finirais pas si je voulais énumérer tous les personnages célèbres, soit par leur savoir, soit par leur génie, soit par leur vertu, qu’elle a persécutés, torturés ou brulés ! Et c’est là le tribunal de la clémence duquel on veut arguer !!
Après avoir parcouru ce martyrologe de la science, est-il si étonnant, parait-il si impossible que Galilée ait été torturé ?
—Enfiu, dit-on, Galilée s’est toujours obstinément refusé à dévoiler les faits de son procès !
— Eh !'mais c’est précisément en faveur de la thèse que
appesantie ? Mait on compte par douzaines les savants qu’il a torturés ; on compte par centaines ses victimes réelle.
» goutiens avait d ne l’a pa Non seul roces, mai défendu d’e u un non, ible, ‘ sa colora ses que)que q e devine $ 4 L’Inquis le ne rien Binples s19 eur détent on plaisir déjà passé nvie d’essi faire cette L'est qu’il Enfin, À quisition, f° nous SOY 4 tombé € Uiemps, bien 1 N'est-il dtent bien ] {moires du dd'une bert fparavant !
dhabituelle À Hh biet toutes ces A témoigna.
N d'autre co AETE TO à J'aidi 4 dire, san:
4 des preu\ È N'y Am Ÿ personne H La co
es savants qu’il
victimes réelle.
ole, brulé vif!
ulé à petit feu !
trat, étranglé, és avoir eu la l Campanella, 5 ! ! Pallavicini, Au ! Marc pes prison ! Sarpi, orturé et brulé il s s’élança par xamen rigoucrainte d’une vif! Losada, YÆ brulé avec aaison ! Marie à 90 et tuée lant sa torture
ait pas grâce heureux Jean ersécuté Ste.
de, l'Evéque des Indiens, ntanus ! Elle )h Ca'azanz !
us de Léon !
arranza, Ar.
vertueux et nfin je n’en personnages le, soit par és ! Et c’est ruer !!
jence, est-il lée ait été
ment refusé
thèse que
ss UE des
soutiens que cela prouve ! Galilée a tu quelque chose 1 y avait done quelque chose à taire. Ah ! ce silence obstiné ne l’a pas gardé sans de bien graves raisons !
Non seulement Galilée ne voulait rien révéler sur son roces, mais Niccolini lui ayant demandé si on lui avait éfendu d’en parler, il ne put pas même tirer de lui un oui u un non, et la figure de Galilée resta strictement impasible, ‘ sauf,” dit Niccolini, “ une légère rougeur qui colora ses joues, ce qui me fit juger qu’il devait y avoir queque chose.” Que pouvait être ce quelque chôse ? On e devine sans peine !
1 L’Inquisition avait l’habitude de faire jurer à ses victimes Îe ne rien réveler, soit par écrit, soit en paroles, soit par imples signes, de tout ce qui avait pu leur arriver pendant eur détention ; le tout sous peine emprisonnement sous on plaisir dans les prisons secrètes. Or, ceux qui avaient léjà passé par les prisons ordinaires n’avaient, certes, nulle Puvie d'essayer les autres ! Eh bien ! Galilée a dû, lui aussi, faire cette promesse ; et la preuve qu’il l’a vraiment faite, ’est qu’il l’a tenue !
Enfin, Niccolini, qui Pa reçu au sortir des mains de l’Tnjuisition, écrit à son gouvernement : Dieu veuille que #* nous soyions à temps, car il me semble bien affligé, bien 4° tombé et bien brisé.” Que signifient ces mots, étre à lemps, bien bris ?
4 N'est-il pas raisonnable de conjecturer qu'ils se rappordtent bien plutôt au corps qu’à l'esprit ? D'ailleurs les méfmoires du temps prouvent qu’après son procès il souffrait d’une hernie, LM me dont il ne se plaignait pas auparavant! Or, la hernie Ctait une conséquence presque habituelle du supplice de la corde.
Eh bien! de toutes ces citations, de tous ces faits, de itoutes ces analogies, de toutes ces co ncidences, de tou: ces témoignages, de toutes ces présomptions, peut-on tirer d'autre conclusion que celle-ci : GALILEE A VRAIMENT «ETE TORTURE !
Jai dit que je je tirais des inductions ! Ne pruvais-je pas dire, sans m’exposer à être taxé de légèreté, que j’apportais 4 des preuves concluantes, décisives !
N'y a-t-il pas mille faits historiques moins appuyés dont 4 personne ne songe à douter ?
4 La condamnation de Galilée fut transmise avec toute
ms 49 me
l'importance et l’apparât d’une pièce diplomatique à touteil
les cours et à toutes les universités de l’Europe.
Quant à Galil:e lui-même, on lui fit grâce des prisonsk du Saint Office, et on le relégua dans les Jardins de laÿ Trinité du Mont ; puis on lui permit d’aller à Sienne, chez#
l’Archevêque Piccolomini, où il passa cinq mois ; enfin, on
lui permit de se réfugier dans une maison de campagne àf
Arcctri, près de Florence. C’est là qu’il vit la fin de so emprisonnement et de sa vie.
Feller prétend. qu’à Arcetri, il vécut comme &! voulut. C’est une grossière erreur, démentie par les écrivains duM temps et surtout par le sénateur Ncili ; démentie de nosk jours par Monsieur Arago ; démentie par Galilée lui-mêmef qui, dans ses lettres, parle souvent de sa prison d’Arcetri 4
(della mia carcere d'Arcetri) ; et démentie enfin par les do-M tions,
se DES \ M ce 17: 1
On peut encore voir à Florence, où on# ! abju la conserve, la réponse qui lui fut faite quand il demanda & "© 1 ‘ siècles
cuments officiels.
la permission de recevoir ses amis et d’aller à la ville.
Cette réponse porte l’injonction de s’abstenir désormais de toute demande, sous peine d’être renvoyé dans les pri- 4 Etait-ce là vivre comme 1 voulait ? |
sons de l’Inquisition.
Il ne peut voir ses amis, ni sortir de sa maison, sans per- » mission ; et ce n’est pas li être en prison, d’après les admirateurs du saint office! ! Il ne fut jamais emprisonné, w disent-ils, ni a ant ni après sa sentence let, en disant cela, ils savent qu’ils jouent sur les mots ; et ils profitent de ce
que Galilée n’était pas (après sa sentence) dans les prisons
même de PInquisition, pour affirmer audacieusement qu’il «
ne fut jamais emprisonné ; comme si un homme qui est
privé de sa liberté personnelle, de la faculté d’aller et # venir comme bon lui semble, de l2 jouissance de recevoir 4
ses amis en tout temps, n’était pas en prison, füt-il dans un palais! Voilà pour l’emprisonnement après la sentence.
Quant à l’emprisonnement avant la sentence, que l’on nie #
parce que le certificat du ge lier n’est pas produit, en quelque sorte, il est indubitable qu’il a réellement &té infligé : car j'ai démontré que Galilée avait été soumis à la question ; or, on n’a pu le soumettre à la question que dans les prisons même, dans la chambre des tourments. (In loco tormentie)
Cette réponse sans nom qu’on lui a faite, on la lui a expédiée le jour même de la mort de sa fille, dont la çom-
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fpagnie et les soins adoucissaient un peu ses malheurs ! ML’Inquisition savait appliquer la torture à l’âme avec autant d'effet qu’au corps ! Ù er à Sienne, cheM Tous les auteurs s’accordent à dire que son procès l’avait [ Mois ; enfin, onfivieilli de vingt ans et qu’à Arcetri il était accabl: d'in irde Campagne älfmil s. Il est à regretter qu’ils ne nous aient pas laissé it la fin de son@quelques détails sur ces infirmités, car ces détails eussent ‘pu fournir la preuve certaine de l'application de la quesomme 2 voulut. tion.
les écrivains dut En 1637 il eut le malheur de perdre la vue. Voici comlémentie de nos ment le noble martyr s'exprime à ce sujet, dans une lettre alilée lui-même f à Diodati, en date du 2 janvier 1638 : prison d’Arcetri lt ‘ Ce Ciel, ce monde, cet univers, que par mes observaenfin par les do. M ‘ tions, et mes évidentes démonstrations (voyez combien lorence, où on À “ l’abjuration était r elle), j’ai aggrandi cent et cent mille and i! demanda M “ fois au-delà de ce qu’avaient cru les savants de tous les "à la ville, 4 “ siècles passés, sont maintenant si restremnts, si diminués tenir désormais M ‘ pour moi, qu’ils ne s’étendent pas au-delà de l’espace yé dans les pri. # ‘ occupé par ma personne.” mme 1! voulait ? ‘ La mélancolie me ronge,” dit-il un peu plus loin, ‘“ une
aÏson, sans per. À immense tristesse m'accable.?”
après les admi. Et, en effet, quels ne devaient pas être le chagrin, la us emprisonné, M tristesse, l’abattement qu'ont dû produire chez ce grand en disant cela, 4 homme la barbarie et l’acharnement de ses perstceuteurs ! profitent de ce ? Quelles colères intimes n’ont pas dû se faire jour, dans cet lans les prisons À esprit qui connaissait sa force et auquel on interdisait d’en leusement qu’il à faire usage !
1omme qui est à Néanmoins il y avait tant de puissance dans cette intelulté d’aller et M ligence hors ligne, tant de vitalité dans ce génie, tant de ice de recevoir M pouvoir, de réaction dans cette nature d’élite, que c’est penmn, füt-il dans dant les neuf années qu’il passa à Arcetri, qu’il composa s la sentence. ses meilleurs ouvrages, et en particulier ces ZMscours el que l’on nie d monstralions math maliques que Lagrange disait ne poudut, en quel. # voir venir que d’un génie extraordinaire.
it été infligé: Que n’eût pas fait ce génie si, au lieu de l’humilier, de mis à la ques- le séquestrer, de lui fermer son domaine, l’enseignement et n que dans les la presse, on lui eut laissé toute latitude, toute liberté d’acnts, (In loco tion ; si on l’eut applaudi pour ses découvertes, honoré pour ses travaux, encouragé dans ses recherches ?
“ C’est du temps de sa réclusion à Arcetri,” dit M.
Arago, ‘“ que datent les plus profondes publications de “ Galilée. La perte de la vue semblait avoir augmenté la
, on la lui a dont la çom-
DE
& pénétration intellectuelle, la puissance d’abstraction 4 “ ce génie immortel. Nous n’en finirions pas si nous vo 6 lions citer toutes ses remarques fines et marquées au coil 6 de la plus grande sagacité sur diverses questions dclici ‘tes d'astronomie. Ce puissant esprit cclaircissait quef ‘ quefois d’un mot les questions pendantes à son époque ‘6 ou bien, avec son regard d’aigle, il plongeait dans lav® ‘6 mir de la science.
‘ Ainsi il disait que les mouvements des étoiles, mieu “ observés, ajouteraient aux preuves qu’il avait données d & mouvement de la terre : cette prédicti n s’est réaliséel ‘6 C'est dans ses ouvrages que l’on trouve la première idé@ ) ‘ de la méthode moderne de déterminer la parallaxe an ‘ nuelle des étoiles. L'espace compris entre Saturne et 1. ‘6 étoiles,” dit-il quelque part, “ doit contenir des plane ro à ‘6 encore ï .visibles. Les déce- vertes d’Uranus ct de Neptu ‘ ne, 200 ans après sa mo:., sont venues confirmer cettis ‘ remarquable prévision.”
‘ On sait assez généralement,” dit M. Libri, “ quëf ‘6 Galilée a inventé le thermomêtre, le compas de propor-# “ tion et le microscope ; que sur une vague indication il 4 ‘ deviné et perfectionné “le télescope, et qu’armé de cal
pi puissant instrument, qu’il dirigea le premier vers lé
cé
Fe
gnes et la libration de la lune. On sait aussi qu aprés avoir découvert l’isochronisme des oscillations du pen-#
se dynamique en donnant la thévrie &e la chute des corps, CA
et appliqué le principe des vitesses virtuelles au calculf des eïtets des machines. Maïs on sait moins que Galiléelé s'était occupé de toutes les branches de la philosophiell naturelle ; qu’il avait composé des traités spéciaux surb l'optique, sur le choc des corps, sur le magnétisme, sur le mouvement des animaux, et que si ces ouvrages ont ‘6 péri, on en retrouve la substance dans ses autres écrits... F
‘ Dans les mathétiques appliquées, dans la physique, # ‘6 Gali 6e a fait une foule de remarques ingénieuses dont on ! egsaierait en vain de faire l’énumération. Ici c'est un *
ç por
‘ ches su ‘ sans l’é ‘ des cor ‘ croit P ‘ appréc je laquell ‘ sur le “€ que.
desin ‘6 par la ‘ Enfin ‘6 prosat4 :. Rep ‘ son 66 juste.’ Galilë
| vastes,
1 jouit vus.
Eh bi { pas d’av
1 le génie
quemme
Ciel, il a découvert les satellites de Jupiter, les phase des con: de Vénus, les taches ct la rotation du soleil. les monta-i
ci aussi v aule, il appliqua cette remarque à la mesure du temps et# Lomme à la musique, comme il à appliqué les observations des LE bücher: “ satellites de J'upiter à la détermination des longitudes ent ,n AI mer ; qu’il a posé les bases de L'Ay drostatique, créé la}
de force sorte, ( de la p Pen ne put T1 les comm blier, arriva Office Holla
mis Eds
‘ procédé pour déterminer le poids de l’air ; là des rechers pas si nous vou" ches sur la chaleur rayonnante, qui, dit-il, traverse l’air coifé sans l’échauffer et est différente de la lumière ; plus loin, questions délicf® des considérations sur la vitesse de la lumière dont il ne Cclaircissait quelf® croit pas la propagation instantanée. La méthode pour tes à son époquelfi ‘ apprécier la cohési n des corps, l’observation à l’aide de ngeait dans lave‘ laquelle il détermine les rapports des vibrations, ses idées 4‘ sur le magnétisme terrestre, sont bien dignes de remares étoiles, mieu‘ que. Il a aussi fait de longues recherches sur le calcul avait données di“ da indivisibles, sur le calcul des probabilités ; sur la force n s’est réalisée@** par laquelle les corps agissent les uns sur les autres. e la première ide" Enfin sous le rapport du ‘style, Galilée est un des meilleurs la parallaxe an‘ prosateurs ot des plus illustres écrivains de l’Italie. Ses tre Saturne et le M‘° dissertations sont d’une clarté, d’une lucidité inconnue à tenir des plancte@* son époque, et le raisonnement y est toujours simple et anus ct de Neptu ‘ juste.”
$s confirmer cett} Galilée est donc incontestablement un des génies les plus 4 vastes, une des intelligences les plus sublimes que le monde M, Libri, “ quel ait vus.
ompas de propor@ Eh bien ! le plus grand crime de l’Inquisition, ce n’est M indication il 2 pas d’avoir torturé le corps, c’est d'avoir essayé à étouffer i qu'armé de cd] Je génie ; c’est d’avoir muré la pensée ; c’est d’avoir consépremier vers le quemment nui au progrès de la science, à la dissémination
upiter, les phasct® des connaissances utiles, des travaux philosophiques.
Fe Quel est le savant qui n’a pas dû être effrayé du traiteilletions du péu A men fait à Galilée 1 Est-il raisonnable de croire qu’une esure du temps eff 25 violente perséeution n’a pu avoir aucun effet sur les observation: del hommes qui s occupaient de recherches scientifiques ? Les des Jongitudes enli büchers allumés partout, en Italie, en Espagne,en F rance, statique, ercé Jul © Allemagne, en Hollande, ne devaient-ils pas avoir l’effet chute des corps. de forcer les intelligences d He se dissimuler en quelque tuelles au caleuil sorte, de se faire petites pour n’être pas aperçues des sbires 1oins que Galilécl de la pensée ? | À.
le la philosophiel Pendant out le temps de sa réclusion à Arcetri, Galilée tés spéciaux sur 2€ put, comme de raison, publier aucun de ses ouvrages, magnétisme, su: IL l’essaya bien à deux ou trois reprises différentes, mais es ouvrages ont@ (mme sa sentence portait la défense formeile de rien pu- 8 autres écrits... à blier, sil envoyait un manuscrit quelque part, de suite ns la physique, À arrivait une défense de limprimer, de la part du Saint- Office. Il réussit néanmoins, en 1638, à faire passer en
énieuses dont on % n. ci c’est un à Hollande le manuscrit de son grand ouvrage intitulé : Lis-
cours et d'monstrations math maliques sur deux nouvelli
sciences, qui fut publié à Leyde la même année. ts de
Ce grand penseur était obligé d’aller chercher des lecteumnienu, € à 400 lieues de son payse Mais voyez encore quelle dev: sophe ; 1 être sa position, quelles précautions il avait à prendre ! DR anuscrits
peur d’un redoublement de rigueur, il obligea l’ami auqué il confia son manuscrit, d'affirmer, dans l'avertissement qu’ mettrait en tête de l'ouvrage, qu’il le lui avait dérobé.
Tous les genres de rigueurs, toutes les tyrannies possib lei toutes les tortures morales ont donc été infligées à ce nl table martyr de la science ! d
Eh bien! c’est cette profonde infortune, c’est cet into minable supplice, c'est cette vie abreuvée de dégoûts, di vexations brutales, c’est cette série non interrompue (ki ÿ hideuses pers culions (Arago), que M. De Maistre, cet auk dacieux sophiste, cet impudent falsiticateur de l’histoire, 8 Ôsé railler, a ôsé qualifier, avec le rire du bourreau, d’hisi toriette de G'alil e! Et cet homme parle, écrit, se donnf comme le défenseur-né de la morale, de l'honnêteté, de 14 justice, du droit, de la vérité !
Galilee attachait, comme de raison, beaucoup d’impor! 4 tance à ce que ses travaux et ses études ne fussent pal perdus pour la science, et il prit des précautions minutieusck pour transmettre à la postérits le fruit de ses méuitationÿ et de ses veilles. Il légua tous ces manuscrits à Vivianih son élève et presque son fils adoptif. Celui-ci les mit a net, mais fut oblige de les cacher, pour les soustraire au recherches actives qui furent faites pour les découvrir. Li petit-fils de Galilée eut en sa possession plusieurs manuscrits importants du grar ” philosophe, mais étant entré dans lei ordres, il les brula par scrupule.
Après la mort de Viviani, les précieux manuscrits qu'il avait assemblés et enfouis dans un silo furent découvert par w d mestique qui, IgnOrant la valeur de ce dépôt, cru n’en pouvoir mieux disposer qu’en les vendant à un chareu! tier, qui en fit des enveloppes. É
Le sénateur Nelli, un des grands admirateurs de Galiléek étant un jour entré dans la boutique de ce charcutier poux y acheter quelque chose, l'enveloppe de l'objet acheté si trouva être une lettre autographe de Galilee. Nelli retourne desuite chez lechureutier, lui demande comment il se trouve ; en possession d’un pareil document, et le chareutier lui in
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