‹ GaliléeChapitre 18 sur 41 · G.VL1LEE · texte numérisé non relu

G.VL1LEE

crut toujours fermement à la vérité et au triomphe définilif de son système, et à la compatibilité de ce système avec la foi catholique : il pensait qu’en le défendant, en 1652 comme en 1615, il n’avait pas manqué à ses devoirs de catholique. Dans quelques-unes de ses lettres, adressées à des correspondants qui lui inspirent toute confiance, par exemple dans sa lettre du 25 juillet 1654 à Diodati, dans celle du 21 février 1656 à Peiresc, et dans une lettre de 1657 au roi de Pologne, il exprime énergiquement, et avec une vraie éloquence, sa conviction profonde de son innocence au point de vue religieux. Après avoir remercié affectueusement Peiresc de son intervention généreuse pour obtenir l’adoucissement de sa peine, il ajoute1 : « J’ai dit... que je n’espère aucun soulagement; et cela, parce que je n’ai commis aucun délit. Je pourrais espérer et obtenir grâce et pardon, si j’avais failli; car les fautes sont la matière sur laquelle le prince peut exercer la grâce et l’indulgence, tandis qu’envers un innocent condamné il convient de maintenir la rigueur, pour montrer qu’on est sûr d’avoir agi d’après les règles du droit. Mais (crovez-moi aussi pour votre consolation) cela m’afflige moins qu’on ne pourrait le croire, parce que deux encouragements ne me manquent jamais : l’un est que, dans la lecture de tous mes ouvrages, nul ne pourra trouver la plus petite ombre d’une chose qui s’écarte de la piété et de la révérence envers la sainte Église ; l’autre est ma propr e conscience, qui n’est connue pleinement que de moi sur la terre et de Dieu dans le ciel, et qui comprend que, dans la cause pour laquelle je

1 Suppl., 562.

souffre, beaucoup d'autres auraient pu procéder et parler plus savamment, mais nul, même parmi les sain! s Pères, n’aurait pu le faire plus pieusement, ni avec plus de zèle pour la sainte Église, ni, en somme, avec une intention plus pure que je ne l’ai fait. » Tels étaient les sentiments du condamné, sentiments dont la sincérité ne peut être révoquée en doute; car ils sont d’accord avec toute sa conduite, avec toutes ses paroles, avec toutes ses lettres et tous ses écrits. Certes, après une sentence comme celle qu’il avait subie, après une abjuration comme celle qu’il avait été obligé de faire, et dans la situation pénible où nous verrons qu’on le maintenait, c’est un mérite pour Galilée d’être resté sincèrement dévoué à la religion catholique.

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