‹ GaliléeChapitre 20 sur 41 · IX, 445, 44G · texte numérisé non relu

IX, 445, 44G

blir à l’égard de Galilée, et enhardir ainsi tant d’autres catholiques, tout prêts à marcher sur ses traces. Telle est la pensée que nous trouverons dans toute la conduite d’Urbain VIII envers le malheureux condamné.

L’indulgence sembla d’abord devoir être prompte dans sa marche progressive. Deux jours seulement après la condamnation, Galilée fut tiré de la prison du saint-office, pour être séquestré d’abord à la villa délia Trinité de’ Monti (villa Medici), c’est-à-dire au palais de l’ambassade de Toscane1. En vain, malgré la peste qui sévissait alors en Toscane, il demanda, par une humble supplique, à être séquestré dans une maison de Florence, afin de pouvoir protéger une nombreuse famille qu’il attendait d’Allemagne, savoir : la veuve et les enfants de son frère Michel Angelo, décédé en 1651 à Munich2. Un décret du 50 juin lui accorda une faveur autre que celle qu’il demandait, mais sollicitée pour lui par l’ambassadeur de Toscane : il fut séquestré, depuis le 6 juillet, à Sienne, dans le palais de l’archevêque Ascanio Piccolomini, son ami et ancien disciple3. Le pape lui-même laissa espérer que bientôt Galilée serait transféré dans la chartreuse de Florence4. Mais la demande qu’il fit de la permission d’accompagner l’archevêque, qui devait aller à sa maison de campagne, lui fut refusée5. Lorsqu’en novembre 1655 l’ambassadeur Niccolini, au nom du grand-duc sollicité dès le 25 juillet par Galilée, pensa que le moment était venu d’implorer avec quelque espoir de succès sa libération entière, Urbain VIII répondit avec mécontentement que certains

1 XV, 352. — 2 Marini, p. 136. — - XV, 352-353; IX, 446. — 4 IX, 446. — 5 Lettre de Bocchineri, 16 septembre 1633, dans Nelli, p. 554 (citée par M. Parcbappe, p. 273).

hormnes écrivaient pour la défense de l’opinion condamnée. L’ambassadeur répliqua que Galilée n’y était pour rien. Urbain VIII déclara qu’en effet on n’avait pas appris qu’il s’en fut mêlé, mais que ces gens -là feraient bien de se garder du saint-office. L’ambassadeur ayant insisté, le pape dit que le saint-office serait saisi de la question1. Nous avons vu jusqu’où le saint-office poussait l’obéissance aux volontés du pape : la demande fut refusée. Après de nouvelles instances, un décret du 1er décembre autorisa Galilée à aller habiter sa villa d’Àrcetri, à un mille de Florence, avec permission d’y recevoir quelques visites isolées de parents et d’amis, mais à condition de n’y pas recevoir plusieurs personnes ensemble pour des entretiens 2. Galilée arriva le 16 décembre 1655 dans cette villa, qu’il avait louée en 1651 pour se rapprocher du couvent de ses deux filles5. Il écrivit, le 17, une lettre de remercîments au cardinal Barberino, qui lui avait obtenu celte faveur*. Il y a loin des termes de cette lettre authentique, publiée par Mgr Marini, au parfait contentement et à l’effusion de reconnaissance pour Urbain VIII, dont est remplie la fin de la prétendue lettre qui aurait été envoyée par Galilée, vers la fin de 1655, au P. Renieri, mais qui, fabriquée au dix-huitième siècle par un duc Gaetani de Rome et envoyée par lui à Tiraboschi, a trompé cet écrivain et bien d’autres après lui sur la situation de Galilée depuis son pro-

1 IX, 447; VII, 31-52. — 2 IX, 407-408, 448. — 5 VII, 59; IX, 448. La fausse lettre de Galilée à Renieri le fait arriver d’abord dans sa campagne de Bellosguardo, qu’il n’avait plus depuis deux ans. Le faussaire Gaetani, au dix-huitième siècle, a suivi sur ce point la Vie de Galilée par Viviani, imprimée en 1717. Dans l’édition de M. Albèri (XV, 553), cette erreur a disparu en vertu d’un manuscrit corrigé de la main de Viviani. — 4 IX, 410.

cès. Quant à l’assertion de Bergier et de tant d’autres, suivant laquelle, aussitôt après sa condamnation, Galilée aurait été « libre de retourner dans sa patrie, » elle ne repose que sur la Relation menteuse du procès de Galilée par le faux Buonamici1, et des faits bien connus la réfutent assez. Ils réfutent de même cette autre fable, répétée par sir Brewster, par M. de Falloux et par M. de la Ballaye, d’après laquelle ses deux filles religieuses auraient quitté leur couvent pour venir habiter avec lui dans sa maison de campagne. Seulement il est vrai qu’en janvier 1634 Galilée fut heureux d’v recevoir la visite du grand-duc de Toscane 2.

Rien ne prouve qu’à Sienne Galilée ait commis aucune imprudence. Mais il n’en aurait pas été de même de son ami l’archevêque Piccolomini, s’il fallait en croire une dénonciation anonyme, envoyée de Sienne à l’inquisition romaine en janvier 16545. Dans cette pièce, il n’y a contre Galilée qu’une accusation vague d’avoir répandu à Sienne des opinions peu catholiques ; mais cette insinuation d’un homme qui n’avait sans doute rien de plus précis à dire, suffisait pour nuire beaucoup à Galilée près du pape et des inquisiteurs. Du reste, c’était surtout à Mgr Piccolomini que le dénonciateur anonyme en voulait : il ne mentionne ces torts prétendus de Galilée, que pour les attribuer aux encouragements de celui qu’il nomme cet archevêque son hôte. Contre l’archevêque, l’accusation est précise : il « a suggéré à beaucoup de personnes, écrit le dénonciateur à l’inquisition, que cet homme a été injustement maltraité par cette sainte

1 IX, 449-452. Voyez ci-dessus, cliap. VIII, p. 185. — 2 X, 11. — 3 Pièce publiée par M. de l’Épinois, p. 74.

GAULEE.

congrégation, qu’il ne pouvait pas et ne devait pas réprouver les opinions soutenues par lui avec des raisons invincibles, mathématiques et vraies, que c’est le. premier homme du monde, qu’il vivra toujours par ses écrits, même par ses écrits prohibés, et qu’il est suivi par tous les esprits modernes et les meilleurs. » Telles étaient bien les pensées de l’archevêque de Sienne, comme le montre sa lettre du 29 septembre 1652 à Galilée. Peut-être eut-il l’imprudence de les cacher trop peu pendant le séjour de Galilée à Sienne ; mais, pour qu’un dénonciateur anonyme l’en accusât faussement, il suffisait que son opinion fût connue d’avance.

Peut-être d'après des ordres motivés par la dénonciation partie de Sienne, l’inquisiteur de Florence se mit à surveiller strictement les habitudes de Galilée, et à s’assurer que ses disciples et ses amis ne se réunissaient pas chez lui à sa campagne h II était permis au condamné d’aller visiter ses deux filles, religieuses au couvent de San Matteo près d’Arcetri : c’était sa plus douce consolation. L’ambassadeur Niccolini, au nom du grand-duc, avait demandé dans un mémoire qu’il fût permis à ce vieillard de rentrer dans sa maison de Florence. Il résultait des termes du mémoire que la demande venait de Galilée. Sur ces entrefaites, l’aînée des deux sœurs, Polissena, en religion sœur Maria Celeste, dont l’intelligence distinguée et le cœur excellent se montrent dans les nombreuses lettres adressées par elle à son père au nom de sa sœur et au sien, mourut à trente-trois ans, au commencement d’avril 1654. En revenant de la voir cà l’agonie, la veille de sa mort, Galilée, malade lui-même d’une

MX, 407-408.

hernie douloureuse, trouva à sa villa l’inquisiteur de Florence, chargé par une lettre du cardinal Barberino de lui signifier, au nom du saint-office de Rome, d’avoir à s’abstenir de pétitions de ce genre, de peur de forcer la sainte congrégation à le réintégrer dans ses prisons1. Un ordre secret du pape 2, du 25 mars 4654-, avait dicté cette menace aux inquisiteurs et au cardinal. L’inquisiteur de Florence fit savoir aux inquisiteurs romains que, pour excuser sa demande, Galilée avait allégué les douleurs de sa hernie; mais il ajoutait que Galilée pouvait se faire soigner suffisamment de celte maladie à sa campagne3. Mgr Piccolimini, qui évidemment ignorait aussi la dénonciation, exprima à Galilée son étonnement de ces nouveaux ordres de Borne, auxquels il déclarait ne pouvoir rien comprendre 4. Pendant quatre ans, les demandes qu’on fit pour Galilée furent supposées faites sans son aveu.

Son courage fut abattu pendant quelques mois par le chagrin profond que lui causa la mort de sa fille, et par la perte de ses espérances de réhabilitation et de liberté. Ses douleurs physiques furent très-aggravées par tant de douleurs morales 5. En même temps, il apprenait avec indignation que de plus en plus ses ennemis, par exemple le P. Inchofer, jésuite, flétrissaient ses doctrines, non-seulement comme une erreur, mais comme une horrible impiété. On trouve dans sa correspondance, surtout dans ses lettres du 27 avril 1654 à Bocchineri, beau-père de son fils, et du 25 juillet de la même année à son ami Diodati, avocat à

‘Vit, 40-51. — - Pièce publiée par M. de l’Épinois, p. 74-75. —

3 Pièce publiée par M. de l’Épinois, p. 75. — 4 X, 35. — ^ VII, 44-45.

Paris, l’expression éloquente de ses souffrances de tout genre. Cependant, dès le 27 août 1654, il trouvait le courage d’écrire à Bernegger : « Cette étroite réclusion ne peut briser ni comprimer mon esprit toujours occupé de pensées libres et viriles, et je supporte avec patience cette solitude champêtre dans laquelle je suis enfermé à l’étroit, parce que je sens qu’elle me sera utile ; car, dans mon âge avancé, à l’approche de la mort, je sens que je l’accueillerai avec plus de courage, étant préparé peu à peu, comme je le serai, par mes quelques arpents de terre, aux trois brasses du tombeau où mon nom ne sera pas enseveli avec mon corps. »

En 1654, le comte de Noailles, ambassadeur de France à Rome, avait rendu à Urbain VIII le service de faire évader de Rome et de faire accueillir en France son protégé le P. Campanella, poursuivi jusque dans Rome par les agents de la vengeance politique du gouvernement espagnol de Naples. A la fin de 1654, l’ambassadeur de Toscane Niccolini, et le comte de Noailles, qui avait suivi autrefois les leçons de Galilée à Padoue, demandèrent sa grâce complète à Urbain Y 1 1 1 1 . Leurs démarches restèrent sans effet.

Un français toujours dévoué aux intérêts des lett res et des sciences, le savant conseiller au parlement de Provence, Fabri de Peiresc, avait reçu chez lui Campanella fugitif. Un compatriote et ami de Peiresc, Gassendi était en correspondance scientifique avec Galilée depuis plusieurs années. Peiresc lui-même avait entendu autrefois à Padoue quelques leçons de Galilée, comme il le lui rappelait dans une lettre du 26 janvier 1634; il lui envoyait une lettre de Gas-

1 X, 04-65, Comparez VII, 209, noie 1.

sendi, qui lui demandait pour eux deux quelques bons verres de télescope, comme lui seul savait les faire, et comme on n’en trouvait, disait Gassendi, ni à Paris, ni à Venise, ni à Amsterdam. En juillet 1634, Galilée expédiait les verres à Diodati, qui, en les envoyant de Paris à Gassendi, le priait d’obtenir pour Galilée l’intercession de Peiresc près du cardinal Barberini. En 1655 et en 1636, Peiresc fit, pour obtenir la grâce de Galilée, de vives instances constatées par ses lettres1. Le cardinal, que Peiresc connaissait beaucoup, était bien disposé ; mais, comme membre du saint office, il s’excusa de répondre sur ce point autrement qu’avec une extrême réserve. Le 15 janvier 1656, Peiresc osa lui écrire qu’il insistait près de lui par attachement à la papauté, autant que par sympathie pour Galilée, attendu que le traitement subi trop longtemps par ce savant devait cesser pour l'honneur du pontificat d’Urbain VIII.

En 1655, le P. Castelli, rentré en grâce près du pape, mais invité par le grand-duc à revenir se fixer en Toscane, aimait mieux garder sa position à Rome, afin de pouvoir employer en faveur de Galilée son influence près des cardinaux Antonio et Francesco Barberini et près du pape luimême. Pendantrannée 1656, le P. Castelli unissait ses efforts à ceux du comte de Noailles, qui allait cesser ses fonctions d’ambassadeur et quitter Borne à la fin de l’été. Le P. Castelli rendait compte à Galilée de tout ce qu’on tentait pour lui. Le 11 juillet, devant le comte de Noailles, le pape avait déclaré que Galilée ne lui avait donné aucun motif de mécontentement personnel, et il avait protesté de son amitié per-

i X, 5-7, 8-11; VII, 46-51, 83-87, 89-99.

sistante et de celle de son frère le cardinal pour le savant florentin; mais, quant à la remise complète de la peine prononcée par l’inquisition, il avait dit que c’était une affaire très-grave pour toute la chrétienté. Enfin, le 8 août, dans une audience de congé, l’ambassadeur de France crut avoir obtenu quelque chose : le pape lui promit de proposer luimême la remise de la peine dans une réunion de l’inquisition, et aussitôt le cardinal Antonio promit d’user en faveur de Galilée de toute son influence sur ses collègues les inquisiteurs. Cependant, en annonçant ces bonnes nouvelles, le P. Castelli ne se faisait pas illusion. Dans sa lettre du 9 août 1656, il dit à Galilée: «J’ai bon espoir; toutefois nous ne pouvons être sûrs d’autre chose que du très-ardent désir de l’ambassadeur de vous être utile et de la très-bonne volonté de l’éminentissime cardinal pour vous. » Quant aux dispositions des autres inquisiteurs et surtout d’Urbain VIII, il n’en parle pas. Certainement , si Urbain VIII avait dit qu’il le voulait, ce tribunal si obéissant aurait consenti à tout. Mais Urbain Vlll et l’inquisition, dans leur aveuglement, persistèrent sans doute à craindre que la grâce demandée pour Galilée ne mît la foi en danger et ne rendit courage aux coperniciens d’Italie. Aux yeux du public, l’inquisition eut seule toute le responsabilité du refus, comme elle avait eu seule toute la responsabilité de la condamnation ordonnée par le pape. Cependant Urbain VIII daigna permettre à Galilée de sortir de sa résidence d’Arcetri pendant un jour, pour aller, le 16 octobre, à Poggibonsi, voir à son passage le comte de Noailles, qui retournait en France U Le

mois précédent, il avait été permis à Galilée cle se rendre à une invitation du grand-duc, non pas à Florence, dont l’entrée lui était interdite, mais à la villa grand-ducale de Mezzomonte, à trois milles de la ville1. Voilà tout le résultat des instances des ambassadeurs de France et de Toscane ! Celles que Peiresc renouvela dans les premiers mois de 1637 auprès du cardinal Barberino 2 n’avaient aucune chance de succès, et bientôt Galilée allait devenir aveugle.

Cependant, depuis sa condamnation et même depuis la mort de sa fille bien-aimée, malgré tant d’autres chagrins et malgré ses infirmités, Galilée avait gardé son aptitude et son activité pour le service de la science. On en trouve la preuve dans sa correspondance et surtout dans les travaux très-fructueux auxquelsil se livra. À Sienne, dans le palais de l’archevêque, peu de jours après sa condamnation, il travaillait avec ardeur à un ouvrage médité et entrepris par lui dès le temps de son professorat de Padoue. Cet ouvrage, qui est son chef-d’amvrc, ne touche pas à la question astronomique, mais résume la plupart des autres travaux de Galilée; ce sont ses quatre Dialogues sur les sciences nouvelles , qu’il acheva en 1037, avec l’assistance* de Dino Péri pour le tracement des figures géométriques3. Dédiés au comte de Noailles, ces quatre dialogues furent publiés par son entremise à Leyde, en 1638. Mais l’auteur les retoucha et les compléta, avec l’aide de Viviani, depuis 1659 jusqu’à sa mort; et il y ajouta, avecl’aide deTorricelli pendantles trois derniers mois de sa vie, deux dialogues supplémentaires4. Les deux

1 Suppl., 280. Comparez VII, 155. — 5X, 195. — 5 XI, 1-125; XIII, p. xi-xxiv et 1-267; XV, 557, 557-558; VI, 24; VII, 44, 56, 57, 66, 152-155. — * VII, 258-259 ; XIII, 267-552 ; XV, 558-560.

sciences nouvelles qu’il enseigne dans cet ouvrage sont : 1° dans les deux premiers dialogues, la science de la cohésion des parties des corps solides et de la résistance de ces corps au brisement, science très-difficile et très-complexe, que Galilée a créée, mais en la simplifiant par des hypothèses imparfaitement vérifiées par l’observation ; 2° dans les deux dialogues suivants, la science des lois du mouvement tant uniforme qu’accéléré et des lois du mouvement parabolique des projectiles, science dont Galilée est vraiment le principal fondateur, et dont il a posé les bases immuables, comme Lagrange, l’auteur de [a Mécanique analytique , l’a reconnu, en constatant que dans ces deux dialogues se trouvent, nonseulement le principe de la composition des forces, mais le principe des vitesses virtuelles. Quant au mouvement parabolique, la priorité de la découverte appartient à Galilée, puisque, dans une lettre du 21 septembre 1652, le P. Cavalieri lui exprime son regret d’avoir publié cette découverte, que Galilée lui avait communiquée. Dans ces quatre dialogues, les interlocuteurs sont les mêmes que dans le Dialogue sur les systèmes du monde. Quoique l’ouvrage soit écrit en italien, des problèmes latins, appartenant à des œuvres antérieures, mais jusqu’alors inédites, de Galilée, se trouvent insérés textuellement dans le troisième dialogue, dans le quatrième et dans un appendice de ce dernier ; ils sont cités par l’interlocuteur Salviati comme appartenant à un membre de l’académie romaine des Lincei, à celui dont il s'honore d’ètre le disciple, c’est-à-dire à Galilée. Le dialogue cinquième, entre les trois mêmes personnages, est purement mathématique : il concerne la théorie des proportions et présente des vues remarquables sur les méthodes de la géo-

métrie élémentaire, notamment sur le choix des propriétés à mettre dans les définitions et des propriétés à démontrer en prenant pour point de départ les définitions choisies. Le sixième et dernier dialogue, dans lequel le chanoine mathématicien Aproino de Trévise prend la place du péripatéticien Simplicio, a pour objet la force de percussion et la comparaison des effets mécaniques de la pression d’un poids mort et de ceux de la force vive d’un corps qui tombe.

Nous avons dit qu’aucune œuvre de Galilée ne pouvait alors être imprimée en Italie. En 1654, le P. Mersenne publia à Paris une traduction française du traité de Mécanique que Galilée avait écrit en 1592 et dont quelques copies s’étaient répandues, mais dont le texte latin ne fut publié qu’en 1649, après la mort de l’auteur.

En 1655, Bernegger 6t paraître à Strasbourg, aux frais des Elzevir, le Dialogue sur les systèmes du monde dans une traduction latine dont l’auleur secret était Diodati l, avocat parisien, originaire de Lucques et ami de Galilée; Bernegger y avait joint les discussions de Kepler et de Foscarini en faveur de l’orthodoxie chrétienne du nouveau système. Galilée ne prit aucune part ostensible à la publication. Mais, en secret, il avait envoyé, par l’intermédiaire de Diodati, un exemplaire du texte italien à Bernegger, auquel il avait même adressé en 1654 une lettre de remercîments anticipés pour la publication projetée*. Déplus, en 1656, Bernegger fit paraître à Strasbourg, en italien et avec une traduction latine, la lettre à la grande-duchesse Christine, apologie théologique du système de Copernic que Galilée

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