XIII, 24-25. — 2 IV
fluide1; mais il n’a pas pu même entrevoir les lois mécaniques de ce changement d’état. La mécanique moléculaire et la théorie mécanique de la chaleur, sciences qui ne sont pas faites encore, mais qui se font de nos jours, n’étaient pas faisables du temps de Galilée. Les lois premières de la cohésion moléculaire lui ont nécessairement échappé. Mais, grâce à son excellente méthode, il a pu réunir cependant un grand nombre d’observations justes et utilement applicables. Il y a joint, à défaut de conclusions certaines, qu’il ne pouvait pas obtenir, quelques conjectures plus ou moins erronées, mais aussi quelques vues pleines d’avenir.
Par exemple, il s’imagine2 que dans les corps solides une force, qu'il appelle force du vide ou résistance provenant du vide laissé entre les molécules, concourt avec l’attraction moléculaire pour s’opposer à la rupture de ces corps. Ainsi il croit qu’en mesurant le poids nécessaire pour rompre un fd métallique, on obtient la somme de la force du vide et de l’attraction moléculaire entre deux couches de molécules de ce fil. Il suppose à tort que dans les liquides l’attraction moléculaire est entièrement annulée par la chaleur absorbée et introduite dans les vides entre les molécules, et qu’ainsi, dans les liquides, la force du vide reste seule. Il dit bien que le vide n’est pas un être qui puisse avoir une force par lui-même. Il dit bien que Yhorreur de ta nature pour te vide , invoquée par les péripatéticiens, devrait empêcher absolument le vide, tandis que le vide existe dans les corps et est la condition du mouvement. Sans pouvoir définir cette force qui s’oppose à l’extension du vide, il conclut