CHEZ LES ANIMAUX
Dans l’homme, le cerveau, ou plutôt les circonvolutions inférieures-antérieures s’étendent ordinairement à droite et à gauche, à environ deux pouces de la ligne médiane; de façon que toute la largeur de la surface antérieureinférieure du cerveau humain est, d’ordinaire, d’environ quatre pouces. Chez le cheval et le bœuf, elle est d’à-
peu-près deux pouces et demi ; ce qui fait que généralement le front des animaux est beaucoup moins large que celui de l’homme.
L’ensemble de celle masse cérébrale, située sur le plancher orbitaire, et contre le front, est composé de plusieurs organes; tels que celui de l’éducabililé, du sens des localités, du sens des personnes, du sens des mots et du langage, du sens des tons, du sens des nombres, et peut-être de ceux du sens de l’ordre et du sens du temps. Or, suivant qu’une espèce se trouve douée de plus ou de moins de ces organes, sa masse cérébrale s’étendra plus ou moins sur les côtés, et la surface inférieure-antérieure du crâne sera plus ou moins large.
Dans l’homme, le bulbe de l’œil ou l’orbite, excepté son bord extérieur, est recouvert par les circonvolutions inférieures des lobes antérieurs du cerveau, et le plancher supérieur des orbites est très-large, plus ou moins étendu vers le côté, et plus ou moins aplati ou bombé, selon que les circonvolutions sont plus ou moins larges, plus ou moins développées.
Chez le singe, la nature est restée lidèle au même type; mais les parties antérieures du cerveau se rétrécissent en coin bien plus que dans notre espèce; une partie bien plus grande du bulbe de l’œil est placée en dehors de l’encéphale. Le plancher orbitaire supérieur est non-seulement moins large, mais il est aussi plus bombé en sphère dans l’intérieur de la cavité crânienne; ce qui fait que, même toute proportion gardée, le cerveau du singe se termine en avant beaucoup plus en cône ou en ovale que celui de l’homme, que les circonvolutions inférieures-moyennes des lobes antérieurs sont beaucoup plus excavées, c’est-à-dire beaucoup moins déve-
loppées vers le plancher orbitaire que dans l’homme. Les orbites de guenons et de l’orang-outang sont presque aussi profonds que ceux de l'homme; ce qui prouve combien la surface inférieure des lobes antérieurs est plus petite dans ces animaux que dans l’homme. Chez les papions, les mandrils et les pongos, plus de la moitié du bulbe de l’œil se trouve en dehors du cerveau.
Dans le chien, il n’y a que la partie postérieure interne du bulbe qui touche le cerveau; plus des deux tiers do l’œil se trouvent placés en dehors de l’encéphale. Chez plusieurs autres animaux, le bulbe tout entier se trouve en dehors du cerveau, et bien plus en avant que lui; ceci a lieu chez le blaireau, le castor, le cochon, car la partie du crâne qui chez ces espèces paroi t au premier coup-d’œil constituer l’orbite supérieur, ne forme dans le fait que les sinus frontaux.
Chez les oiseaux, il y a toujours d’autant plus de masse cérébrale placée au-dessus de la partie interne du bulbe, que l’espèce a plus d’aptitude au langage.
Ce petit nombre d’exemples suffira pour faire concevoir au lecteur que les animaux peuvent avoir nonseulement entre eux un langage déterminé, mais encore comment ils sont capables de comprendre ces sons arbitraires qui composent nos langues, comment ils sont en état de saisir une série d’idées exprimées par une période.
Il paroît même que l’aptitude au langage qu’ont les animaux, est destinée non-seulement à subvenir à leurs propres besoins, mais encore à les rendre capables d’entendre la signification des sons et du langage d’autres animaux et de l’homme.