‹ Gall et sa doctrineChapitre 30 sur 37 · PARTIE ANATOMIQUE · texte numérisé non relu

PARTIE ANATOMIQUE

LA BOÎTE ENCÉPHALIQUE TRADUCTRICE DU DÉDOUBLEMENT DES HÉMISPHÈRES CÉRÉBRAUX.

Si l’absence de symétrie entre les hémisphères cérébraux a lieu de nous étonner, la comparaison des deux parties latérales du corps humain nous intéressera au même titre. Ici encore, à l’inverse de la morphologie cérébrale, et par le fait des entre-croisements qui relient les hémisphères, nous aurons à constater la prépondérance de la moitié droite du corps sur la moitié gauche, ou, plus rarement, celle de la gauche sur la droite. Quelquefois, aussi, et dans une rareté relative, nous trouverons les deux moitiés éfiuilibrées entre elles. La constitution de la Droiterie, du Gauchisme et de l’Amhidextrie sera dès lors en évidence; elle sc relie manifestement aux conditions anatorniques des hémisphères, à la [irééminencc de l’un sur l’autre, ou à leur équilibration en poids et en volume.

A ces considérations qui portent sur rcnscmhlc

de l’encéphale et sur le dédoublement des actes de motricité volontaire, vient se joindre le rôle localisé et plus particulièrement remarquable des lobes frontaux, gauche et droit. Nous avons reconnu, à notre entrée en matière, la grande importance du premier dans l’action excito-motrice du langage parlé et écrit. Cette importance se répartit à tout l’appareil locomoteur du côté droit du coi ps où les hémiplégies plus fréquentes qu’à gauche ont le triste privilège de se compliquer d’aphasie.

Ces faits, d’ordre physiologique et pathologique démontrent la suprématie dynamique de Thémisphère gauche sur le droit, en ce qui concerne la motricité volontaire. Ils tendent à expliquer pour- (juoi, aux diverses époques de l’humanité, le côté droit du corps a été considéré comme le plus fort et le [)lus adroit, et le gauche comme le plus faible et le plus susceptible de gaucherie. On sait que l’ancienne Rome, superstitieuse, rattachait les mauvais présages au côté séiiesire, ou sinistre.

En affirmant que l’homme se dédouble dans ses actes de motricité volontaire, c’est-à-dire qu’il y a des Droitiers et des Gauchers, ou n’avance qu’un fait de notoriété banale. Mais, si raüacliatit ce fait à une opération cérébrale, on démontre (|uc, tel individu est, par son organisation frontale, appelé à

se servir de la main droite, et tel antre de la main gauche, ce fait mérite déjà de fixer l’attention ; et l’intérêt grandira encore si nous constatons, par l’observation, que l’infiux cérébral d’où procède la motricité volontaii’e, avantage l’un des côtés du corps plus que l’autre.

Notre étude va donc porter sur la morphologie de la région frontale et sur les indications qu^elle traduit, en regard du but que nous poursuivons. Mais, avant d’aborder ce sujet sur lequel doit se fonder le diagnostic de la droiterie et du gauchisme, il nous faut prévoir l’objection que pourra rencontrer cette alfirmation que la voûte crânienne est traductrice des formes du cerveau lui-même,

RAPPORTS INTIMES ENTRE l’eNCÉPHALE ET SA BOÎTE.

Sans doute, il est difficile de comprendre, tout d’abord, comment des parois dures et compactes, comme le sont les os du crâne, ont pu céder à l’impression de parties molles et leur servir de moule.

Pour expliquer cet état de choses, il faut remonter à la nai.ssance de l’enfant.

A ce moment, le cerveau et ses enveloppes, le contenu et le contenant, sont d^ne mollesse, et d’une souplesse à peu près égales.

L’enveloppe eneéplialique se présente d’abord sous l’aspect simplement cartilagineux dans lequel la matière osseuse apparaît par plaques tendantes à se rapprocher les unes des autres.

L’ossification se faisant du centre à la circonférence pour chacun des os du crâne il en résulte, aux approches des points de jonction, des fontanelles ou espaces cartilagineux qui ne sont complètement ossifiés que vers l’âge de 3 ans et demi. .

Pour maintenir et prolonger la souplesse, restent les sutures dont l’ossification se fait ensuite, non pas d’ensemble, mais successivement et jusqu’à Tarrêt d’évolution du cerveau lui-même, de 40 â 45 ans, suivant les sujets. D’après Broca, plus le cerveau fonctionne et plus cette ossification est tardive.

Dans ces diverses périodes d’évolution, la nutrition se faisant avec une lenteur progressive et équilibrée, entre l’encéphale, d’une part, et ses enveloppes de l’autre, on comprend que le moulage du contenu a pu se faire sur le contenant : les sillons vasculaires dont la surface intra-crânienne conserve l’empreinte en sont une preuve. Ne voit-on pas, d’ailleurs, chez l’enfant, les lobes frontaux, pariétaux, occipitaux, manifester déjà leurs protubérances à l’extérieur ?

En avançant cette proposition : que la morpho-

logie de la voûte crânienne correspond à celle du cerveau, nous sommes loin de vouloir reprendre en sous œuvre le système de Gall et faire application de cette donnée aux circonvolutions si variées de la surface des hémisphères. Nous retranchant exclusivement dans les faits acquis à la science positive, les seuls rappprochements que nous voulons établir entre l’encéphale et sa boîte, portent sur les quatre grandes régions, aussi bien dessinées à l’extérieur qu’à l’intérieur, à savoir : les régions frontale, pariétale, occipitale et temporale. Répétons, qu’au point de vue de la localisation, celle qui intéresse plus spécialement notre étude est la région frontale.

C’est donc à peu près exclusivement sur le front que va se porter toute notre attention : c’est par sa morphologie que nous tenterons de préciser la part de chacune de ses parties latérales dans les actes de motricité volontaire des côtés droit et gauche du corps.

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