‹ Galliéni, 1849-1916Chapitre 16 sur 35 · Mémoires de GalUeni. Payot, p · texte numérisé non relu

Mémoires de GalUeni. Payot, p

credi 2, un de ces taubes, qui semblait, du reste, fort inoffensif, évolua au-dessus de TÉlysée; le commandaiit du poste crut devoir faire monter sts hommes sur les terrains et ordonna un feu de section. Cette fusillade laissa l'avion indifférent ; mais elle effaroucha les oiseaux du pai'c et l'un d'eux, tout abasourdi, vint se réfugier dans mon cabinet.

Les membres du corps diplomatique avaient manifesté l'intention d'accompagner à Bordeaux le Gouvernement auprès duquel ils étaient accrédités. Seul, M. Myron T. Herrick avait annoncé qu'il resterait-, à Paris. — « Si la Ville est occupée par les Allemands, ma présence, disait-il, pourra n'être pas inutile. 5îon pays est neutre; je suis moi-même couvert pai' l'immunité diplomatique; je serai sans doute en mesure de rendre qutlcjues services. »

J'avais tenu à remercier l'ambassadeur de ses obligeantes dispositions et je lui avais donné rendez-vous dans la journée du mercredi. Lorsqu'il était entré dans mon cabinet, sa phj'sionomie, ordinairement si gaie, était décomposée par la tristesse et, dès les premiers mots de la conversation, ses yeux francs, au regard direct, s'étaient mouillés delarmes.

— « Non, me déclara-t-il, je ne quitterai pas Pai'is. Il faut bien qu'il y reste un défenseur du droit des gens. Qui protégera vos monuments, vos musées, vos bibliothèques? Moi, je pourrai paiier au nom des États-Unis; et soyez tranquille : je saurai empêcher les pillages et les massacres. »

Je lui dis toute la douleur que j'avais à m' éloigner et je lui jurai que nous poursuivrions la lutte jusqu'à la victoire.

— « Je le sais, me répondit -il, et je vous en félicite. Pour moi, d'ailleurs, je ne doute pas de cette victoire : la France ne peut pas périr. »

11 y avait, dans chacune de ces phrases, un tel accent de l'âme, une telle profondeur de sentiment, que si je n'avais pas déjà connu son affection pour la France, j'aurais été, ce jour-là, convaincu que nous avions peu d'amis aussi sûrs et aussi dévoués que celui-là.

Le général Gallieni, cependant, ne perdait pas une minute. Il avait télégraphié au G. Q. G.

pour confirmer ce qu'il venait de lui téléphoner : comme il ne cessait de le répéter au Conseil des Ministres, au Président de la République et à M. Millerand, Paris, si l'on ne lui donnait pas des troupes actives de renfort, était dans l'impossibilité de résister.

Les paysans qui fuient devant l'ennemi encombrent nos banlieues et nos avenues de véhicules et de troupeaux; les évacués de Senlis et de Chantilly, encore tremblants et terrifiés des atrocités boches, grossissent ceux de Gonesse et du Bourget.

Les colonnes de Von Kliick descendent droit sur Paris par Luzarches, Ecouen, Pont-Sainte- Maxence, Crépy-en- Valois, Nanteuil etDammartin; nous envoyons toutes nos ressources disponibles au fort de Domont, aux batteries d'Écouen et de VilUers-le-Bel, au fort de Vaujours, au Raincy : si les jeunes hobereaux des uhlans qui ont juré de se lancer sur Paris dans un raid vertigineux osent approcher de l'une de nos portes, ils seront reçus de façon à ne plus recommencer. Quelquesuns sont signalés déjà au sud de la forêt d'Ermenonville; ils ne sont pas encore à Paris !j

3 septembre.

L Situation. — L'Armée allemande marche vers le Sud-Est. Elle ne laisse, en face de Paris, que son IV® Corps de réserve.

— La 6e Armée (Maunoury) s'organise dans la région Écouen-Dammartin.

— L'Armée anglaise bat en retraite entre la Marne et le Grand-Morin.

IL Instructions du G. Q. G. — Le généralissime informe le Gouverneur que la cavalerie ennemie est hors d'état d'empêcher la formation de l'armée Maunoury et que l'ennemi ne peut guère être devant Paris avant quelques jours. Impossible d'envoyer un corps actif nouveau devant la Capitale.

111. Ordres et Dispositions de Gallieni.— Le Gouverneur répond au G. Q. G. en s'inclinant : sauf ordre contraire, il tiendra, dans Paris, le plus longtemps possible.

Le fort de Domont ayant signalé qu'une pointe d'avant-garde allemande, venant de ChantiUy, était, à 8 h. 15, en marche sur Luzarches, à quatre kilomètres au nord du fort, GalHeni donne les ordres nécessaires pour arrêter l'ennemi; il prescrit à la 45e Division — qu'il veut pouvoir jeter sur l'assaillant éventuel — de se tenir prête dans sa zone de rassemblement.

Le Gouvernement est parti dans la nuit. La courte et belle proclamation de Galheni a un succès unanime; les collectionneurs commencent à i'arra-

cher pieusement sur les murs. Elle enchante'^ les soldats et accroît la panique falote de quelques civils.

Nous installons définitivement nos bureaux au nouveau Quartier Général, boulevard des Invalides, 31-33. Sous nos fenêtres, c'est le calme d'un coin de province, jardin de couvent, à l'horizon borné par les toits déhcieusement français de quelques vieux hôtels du xviii^.

Des rumeurs sinistres filtrent cependant jusqu'à nous. L'ennemi marche sur nous sans interruption. Nos cavaliers voient distinctement les leurs, à la lorgnette, entre Luzarches et la Ferté-Milon.

Quelques parlementaires, attardés jusqu'à la nuit parmi nous, viennent demander confirmation du suprême dialogue — déjà légendaire — entre le Ministre et le Gouverneur. A Millerand, qui lui prescrivait de défendre Paris à outrance^ le général Galheni avait répété :

— Vous savez. Monsieur le Ministre, pe que signifie ce mot : il comporte des mesures fort graves, des destructions, des ruines. Je puis être amené à faire sauter des monuments, des ponts — le pont de la Concorde, par exemple.

— M. ÎUilkraud, a écrit lo Général dans son Carnet, me répéta : à outrancel Ma mission était donc très nette et j'entendais que tout le monde sût bien qu'elle serait remplie avec la dernière énergie.

Dès que le Gouvernement a quitté Paris, le Gouverneur, affranchi des craintes qui obsédaient

le personnel politique, prescrit d'abattre immédiatement les baraques des zoniers : elles auraient gêné le tir deveuit les fortifications. Nombre de grands arbres ont le même sort; leurs branches allaient servir à treillisser les barrages des routes. Tranchées et chevaux de frise flanquent aussitôt les portes de Paris, palissadées aussi de madriers à meurtrières,

GalUeni parcourt les postes de commandement sous ses ordres, aide Maunoury, autour de Tremblay-les-Gonesse, à ol'ganiser la cohésion nouvelle de ses divisions maltraitées par l'ennemi, lui conseille de s'installer au Raincy dès le lendemain, visite, entre Noisy-le-Sec et Vincennes, la 45^ Division (algérienne) du valeureux général Drude, qui constitue (avec la brigade des fusiliers marins — les futurs héros de l'Yser et de Dixmude — • et une brigade de marche, formée par les dépôts des zouaves de Saint-Denis) le corps d'armée de la réserve générale du C. R. P.

A Pierrefitte, le général Mercier-Milon expose au Général toutes les dispositions qu'il a prises, lui fait visiter Touvrage souterrain et presque invisible de l'Orme de Morlu, dans la brèche du Nord-Est où pourrait s'aventurer l'ennemi.

L'après-midi, le Gouverneur rentrait au lycée Duruy, pensant à la bataille probable du lendemain ou du surlendemain, au Nord de Paiis... Mais une nouvelle incroyable, dont nous n'avions pas encore confirmation, venait y surprendre le

Général : les colonnes ennemies, brusquement infléchies vers le Sud-Est, paraissaient glisser sur notre droite et se diriger vers Meaux, comme pour couper l'armée de Paris de l'armée anglaise et des troupes de Franchet-d'Espérey.

Que signifiait ce mouvement? Von Klûck voulait-il donc s'enfoncer, en coin, entre la capitale et la 5® Armée, à la poursuite des Anglais? Reviendrait-il sur nous par le sud de Paris, comme les Prussiens en 1870, en nous tournant et en nous abordant sur une face moins hérissée de défenses que la zone Nord ?

Et déjà, une idée hardie se levait dans la pensée de Gallieni, puisque, interrogé sur la possibilité de ce mouvement vers la Marne, il nous répondait, quand nous lui demandions s'il y croyait :

— Je n'ose pas : ce serait trop beau!

Or, le doute ne dure guère : les dernières nouvelles du 3 septembre confirment tous les rapports de l'après-midi : les colonnes allemandes, qui descendaient droit sur nous, avec la grand'route de Senlis pour axe, tandis que leurs premiers éléments débouchaient déjà, entre Crépy-en- Valois et Villers-Cotterets, dans la direction générale du Sud-Ouest, c'est-à-dire sur Paris, — toute cette armée, à l'exception d'un seul corps, lentement formé en flanc-garde, s'infléchissait réellement vers le Sud-Est.

Dès une heure de l'après-midi, la certitude était faite : les Allemands marchaient sur Meaux 1

Les investigations de l'aviation et de la cavalerie, chargées de surveiller la continuation ou l'arrêt de ce déboîtage inattendu, se poursuivirent au crépuscule, toute la nuit et au petit matin du lendemain.

Le Gouverneur a tout préparé : sa résolution est prise. Il s'est enfermé, plus d'une heure, avec le général Clergerie, son chef d'état-major et avec l'admirable colonel Girodon, blessé du Maroc, qui a l'âme, lui aussi, d'un véritable chef.

La carte, le plan d'attaque, crayonné de leurs mains, qui sort de cette heure historique est lumineux de clarté et de décision : l'armée de Paris, se portant audacieusement dans le flanc de l'ennemi qui défile à quelques lieues d'elle avec une insolente tranquillité, va bousculer son IV^ Corps de réserve, interposé en flanc-garde, et enfoncer l'aile marchante de l'envahisseur sur l'Ourcq et sur la basse Marne.

Si les Anglais font volte-face assez vite, ça peut être la déroute pour Von Klûck et le salut de Paris. Pendant la nuit du 3 au 4, qui n'est pour le Gouverneur qu'une longue veille, tous les préparatifs d'offensive sont faits dans l'armée Maunoury et dans les éléments mobiles de la garnison ou de sa réserve.

Dès le lendemain, par le téléphone avec le G. Q. G. et par une démarche directe à Melun, le nouveau Quartier Général anglais, Gallieni va tenter de gagner tout le monde à son plan auda-

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cieux et, néanmoins, si bien conçu. Il a confiance : le commandant en chef renoncera, sans doute, à la retraite derrière la Seine et profitera de la puissante diversion du C. R. P. pour faire opérer la brusque volte-face des armées françaises et avancer l'heure de l'offensive générale, capable de fixer et de refouler l'ennemi sur tous les points à la fois.

C'est ce soir là que l'on nous apporte une épreuve de l'affiche des ambassadeurs américains, signée du titulaire actuel, notre ami Myron T. Herrick; elle est en français et en allemand, pavoisée du drapeau des États-Unis en couleurs. Son texte déclare que les bâtiments qu'elle protège sont sous la protection américaine, puisqu'ils sont habités par i\I. N... (un blanc pour le nom), sujet américain.

Tirée à plusieurs milliers d'exemplaires, tout prêts à être affichés dans Paris, cette feuille, dont le texte allemand nous serre le cœur jusqu'à la rage, sera placardée, dit-on, sur tous les monuments que le noble ami de la France veut conserver à la ci^dlisation, dût-il y cantonner des blessés ou des organisations, sanitaires ou civiles, dirigées par des Américains.

Nous n'avons pas eu alors le courage de le remercier de son geste prêt à s'étendre sur nos chefsd'œuvre; et nous avons cherché, sur les cartes des environs de Meaux, à deviner les lignes énigmatiques de notre destin.

PAKIS SALVE PAK GALLiEM i35

0n devait, beaucoup plus tard, se demander : « Qui a prévenu l'armée de Paris de l'infléchissement de Von Kliick? » Témoin impartial, j'ai dû rectifier des légendes et répondre moi-même à la question, posée dans V Intermédiaire des Chercheurs {nP LXXXIII), par des précisions résumées ainsi :

— Le lieutenant-colonel Fagolde, officier de liaison entre les armées française et britannique en septembre 1914, vient, en effet, de faire à l'Institut français de Londres une conférence intéressante sur ce sujet ; mais elle démontre, une fois de plus, que le meilleur des témoins peut se tromper de bonne foi quand il déduit de ses actes personnels une conclusion rigoureuse, même logique.

Le colonel — alors capitaine Fagolde — a raconté qu'il trouva (dans le havresac d'un officier d'état-major allemand de Von Marwitz, tué le 1^ septembre en automobile par une patrouille française) l'ordre de Von Klûck d'infléchir l'armée envahissante vers l'Est, au lieu de continuer à la faire descendre droit sur Paris.

— « Cette découverte, conclut l'officier français, a décidé la manœti%Te exécutée, avec l'assentiment du commandant en chef, par le général Gallieni et qui devait être le prélude de l'immortelle \-ictoire de la Marne. »

Oui, cette découverte a bien provoqué l'éclair de génie qui, frappant Gallieni d'une lueiu" soudaine, lui fit jeter l'armée de Paris dans le flanc de Von lOtick; mais il ne fut point avisé de ce changement d'itinéraire parle G. Q. G. qui semble l'avoir totalement ignoré lui-même ou, tout au moins, n'avoir pas cru à sa réalité.

Le capitaine Fagolde, cependant, avait trouvé le document surpris et l'avait transmis au G. Q. G. le 2 septembre au matin. Ayant fait tout son devoir, il ne peut se tromper sur la date. Comment pxpliquer dès lors que le lendemain,

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3 septembre, le G. Q. G. ait transmis au G. M. P. cette note textuelle :

— « La 1" Armée allemande est à Compiègne; elle ne pourra pas être devant Paris avant quelques jours? »

— Kon : ce sont les avions du Camp retranché de Paris, dans la journée du jeudi 3 septembre, qui découvrirent, les premiers, l'infléchissement brusque des colonnes ennemies vers Meaux, et non plus vers Paris.

Je revois encore le capitaine L. de Faucompré, alors chef de nos services d'aviation du C. R. réduits, d'ailleurs, à quelques avions peu rapides, surtout civils, arrivant, exténué, boitant sur ses jambes brisées et mal guéries encore.

Il apportait, avant les cavaliers, la nouvelle de ce changement de direction inattendu et personne d'abord — pas même Gallieni — n'osait y croire.

On renvoyait, le soir et le lendemain matin, le capitaine de Faucompré aux nouvelles, confirmées déjà par la cavalerie.

Au point du jour, le 4 septembre, cinq de nos avions survolent Creil, Chantilly, Senlis, Nanteuil, Lizy-sur- Ourcq, Château-Thierry, Betz, l'Oise jusqu'à Villers- Cotterets, la Marne jusqu'à Meaux, l'Aisne jusqu'à Soissons. Et le capitaine de Faucompré rapporte, avant onze heures, au Gouverneur de Paris ses témoignages « oculaires » et ceux de ses pilotes, dont le plus précis et le plus sûr est celui du sergent Lakman .

— Or, le 4, le G. Q. G. ne nous a pas encore avertis de ce fléchissement capital. C'est de nous qu'il l'apprend officiellement. A ce moment, Gallieni a résolu la manœuATe audacieuse qui va sauver Paris, et déclencher la bataille de la Marne. Et c'est l'aviation du capitaine Louis de Faucompré — aujourd'hui toujours capitaine et toujours, comme alors, simple chevalier de la Légion d'honneur — qui lui a apporté la nouvelle et les preuves de l'imprudente manœuvre de Von Kliick...

P. S. — Dans le dernier numéro de V Intermédiaire (1553) deux correspondants apportent d'intéressants détails. Objections :

1° L'aviateur Brindejonc des Moulinais n'est devenu

PARIS SAUVÉ PAR GALLIENI i37

pilote militaire au G. M. P. qu'après la bataille de VOurcq;

2° Le capitaine Lepic avait « vu, le 31 août, les armées de Von Kltick se diriger sur Compiègne; et Curiosus en déduit, comme Fagolde, que le glissement vers le Sud-Est était commencé.

Mais Compiègne était, poiu* les armées de Von Ivltick, sur la route même de Paris. Après Compiègne seulement et aux débouchés de sa forêt, la déxiation vers Meaux allait, le 3 septembre, dévoiler l'infléchissement brusque de l'ennemi.

Comment le renseignement Lepic (31 août, au nord de Compiègne) aurait-il pu révéler cet infléchissement du 3 septembre, commencé trois jours après, à 25 kilomètres plus au Sud?

C'est une erreur et une confusion involontaires de dates et de lieux,

Il est. en tout cas, important de relire l'Ordre général iP 4, du Gouverneur de Paris à ses chefs de service. Daté du 3 septembre (après-midi), il prépare déjà les troupes à l'attaque de la flancgarde allemande si, le lendemain matin, le glissement de Von Kluck vers l'Ourcq est confirmé par l'aviation du C. R. P.

— Un corps d'ai-mée allemand, vraisemblablement le Ile, s'est porté de Senlis vers le Sud, mais n'a pas poursui\i son mouvement sur Paris et paraît avoir obliqué vers le Sud-Est.

D'une manière généra e, d'ailleurs, les forces allemandes qui se trouvaient en face de la 6® Armée (Maunoury) paraissent s'être orientées vers le Sud-Est.

— De notre côté, la 6^ Armée s'est établie dans la région au nord-ouest du Camp retranché, sur le front Mareil-en- Fr ance — D ammar tin — 5lo ntgé .

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L'Armée anglaise s'est établie au sud de la Marne et du Petit-Morin, de Courtevroult (10 kilomètres à l'est de Lagny) jusqu'au delà de la Ferté-sous-Jouarre.

Le corps de cavalerie du général Sordet s'est replié au sud de la Seine et a cessé d'appartenir à la 6® Armée (le généralissime l'avait repris sous ses ordres directs, au moment où nous allions tant avoir besoin de cavalerie).

— Demain (4 septembre), la 6^ Armée ne bougera pas. Elle renforcera son front par des travaux défensifs. La 45e Division restera dans ses cantonnements, prête à marcher, à la disposition du général Maunoury en cas de besoin.

La Division du 4^ Corps d'armée qui a débarqué aujourd'hui restera en réserve générale dans ses cantonnements.

4 septembre 1914.

I. Situation. — La I^^ Armée allemande continue sa manœuvre, vers le Sud-Est, contre la droite anglaise et la gauche de notre 5^ Armée. Son IV^ Corps de réserve marche, en flanc-garde, vers Meaux.

— La 6e Armée (Maunoury) se reconstitue et renforce son front, prête à manœuvrer, vers l'Est, contre le flanc ennemi.

— L'Armée anglaise, sur la rive gauche du Grand-Morin, va s'organiser pour agir dans le même sens.

II. Instructions de Gallieni et du G. Q. G. — Exposé chronologique des ordres successifs :

10, — 9 heures matin. (Ordre particulier n^ 11). — Le général Gallieni donne l'ordre au général

Maunoury de pousser irriTnédiatement des reconnai?,sances de cavalerie entre la route de Chantilly et la Marne. — d'être prêt à marcher, V après-midi, dans le flanc de Tennemi et à entamer, le lendemain, un mouvement général dans l'est du Camp retranché.

Texte. — En raison du mouvement des Armées allemandes, qui paraissent glisser, en avant de notre front, dans la direction du Sud-Est, j'ai l'intention de porter votre armée en avant dans leur flanc, c'est-à-dire dans la direction de l'Est, en liaison avec les troupes anglaises. Je vous indiquerai votre direction de marche dès que je connaîtrai celle de l'Armée anglaise; mais prenez, dès maintenant, vos dispositions pour que vos troupes soient prêtes à maixher cet après-midi et à entamer demain un mouvement général dans l'est du C. R. Poussez immédiatement des reconnaissances de cavalerie dans tout le secteur entre la route de Chantilly et la Marne.

2°. — 14 h. 50. — Après plusieurs conversations téléphoniques, le Généralissime autorise le Gouverneur de Paris à porter l'armée Maunoury sur la rive gauche de la Marne, au sud de Lagny.

Texte. — Des deux propositions que vous m'avez faites relativement à l'emploi troupes général Maunoury, je considère comme la plus avantageuse celle qui consiste à porter la 6^ Armée sur la rive gauche de la Marne, au sud de Lagny. Voulez-vous vous entendre avec le maréchal French pour exécution de ce mouvement.

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