‹ Gallieni parleChapitre 12 sur 52 · TOUT · texte numérisé non relu

TOUT

« Les fautes politiques et militaires se paient toujours cher, surtout si on ne fait rien pour les réparer! »

Le 11 octobre, il écrivait à une de ses vénérables punies, femme de caractère qui reçut la forte disci-t

pline spirituelle du Père Didon mais républicaine autoritaire qu'il aimait entendre prôner la ferveur nécessaire à la mission de sauver la France : ^ « Je vous avouerai bien franchement qu'aujourd'hui discours et écrits me laissent iroid : des actes! des actes! des actes!

« La Quadruplice parle trop et écrit trop! »

Un autre jour :

« En guerre on ne devrait jamais parler mais agir. Non, nous ne comprenons pas la situation présente! »

Ses dons de prévision*

Lui faisait mieux que la comprendre. Il en pénétrait les vices et en dominait, en dénonçait d'avance les suites infaillibles. Dès le début, sa clairvoyance souveraine s'affirmait sur les grands points de cette guerre pourtant si nouvelle.

L — C'est dès le 10 octobre 1914, que, revenant du front où il avait rendu visite au Généralissime, il déclara :

« Nous ne passerons pas, nous ne. ferons pas « la trouée » . Joffre est trop content d'être dans les tranchées! Il dit qu'il les aura quand il voudra... Non, il ne les aura pas. Pas plus qu'eux, nous ne passerons. »'

II. — Au moment où le Gœben et le Breslau entrèrent à Constantinople, il posa :

« Nous devrions passer immédiatement derrière eux! Sinon la Turquie sera armée contre nous. »;

III. — Dès février 1915, il proposa l'expédition de Salonique. Comme base, la marche sur Constantinople avec une armée assez forte pour imposer aux Grecs et aux Bulgares de se joindre à nous; la prise de Constantinople; et, de là, la marche sur l'Autriche-Hongrie avec les Roumains!

Mais, dès qu'on en parla en Haut Lieu le Généralissime se récria qu'il voyait de suite d'où venait l'idée, que c'était folle ambition de Gallieni, qu'il ne répondrait plus du front occidental si on en prélevait des troupes !

Le général Gallieni avait, en même temps, averti que, si nous n'agissions pas fortement à Salonique, les Bulgares et les Grecs se tourneraient contre nous :

En octobre, les Bulgares attaquèrent les Serbes.

/ Ce don de prévision qui à parfois étonné, voire

inquiété les hommes j^olitiques, n'était que Tètincelant raccourci de sa méthodique vigilance. Le tenant pour l'attribut nécessaire du chef, il l'exerçait avec continuité. « Devant quelque événement qui surgisse, me disait-il un jour, mon système est de me demander aussitôt quelle réaction il

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