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LA RÉPUBLIQUE SIGNERA LA PAIX

Rue Saint-Dominique, au rez-de-chaussée, dans le beau salon impérial, au lambris de pourpre et or, qu'on apprête pour l'arrivée de M. Lloyd George et la réunion du Conseil de Guerre Interallié, je rencontre le Contrôleur Général Boone.

C'est lui, qui selon l'usage de la maison, avait préparé le discours du Ministre. Il est allé hier au Luxembourg comme un homme qui va entendre ,- la harangue par soi composée ;

« Si quelqu'un a été surpris, c'est moi! Le Général avait évidemment parcouru mon topo, mais il l'avait assimilé de telle sorte que c'était lui tout entier qui, de haut, s'adressait au pays selon son esprit et sa forme à lui. Vous savez : ces phrases courtes, serrées, comme des maximes...

« Le grand étonnement, d'ailleurs, que j'ai de-puis que je suis entré ici et que j© bûche près de

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lui, ce n'est pas tant encore sa méthode de travail, c'est sa parole en médaille... »

Le Général me tend le dossier qui contient la documentation de son discours :

« Gardez-le : cela servira pour Tan prochain quand il faudra encore demander à la France la classe 1918!... »

Et se rappelant, en une minute de détente, l'ovation de la veille :

« Si jamais je m'étais attendu à ça... Quand j'ai vu tous ces Sénateurs qui se levaient, je me suis demandé ce qu'ils me voulaient...

— On a dit que vous aviez été ému tant vous avez été applaudi... « ému d'un triomphe que vous n'aviez point cherché. »

Le Général qui marchait droit, vivement se retourne :

« Oh, non », dit-il, étendant le bras. Et souriant : « L'émotion et moi ça n'a jamais été ensemble. Je n'ai jamais été ému,

« Il faut que je vous explique dans quel esprit j'ai parlé. Il me semblait qu'on sentait partout, à Paris comme en province, beaucoup de lassitude. On pensait qu'il y avait là-bas particulièrement des pessimistes au sujet de la guerre... (1) J'ai

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