NE PEUT AFFAIBLIR NI BRISER LES LIENS QUI NOUS UNISSENT
C'était la pensée qu'avait, avec ténacité, exprimée durant la conférence M. Lloyd George. Les conclusions prises par les deux gouvernements sont d'une certitude et d'une vigueur de verbe qui manifestent leur accord, leur loyauté absolus.
Dans la pratique on n'a décidé rien de précis et demain, même, M. Poincaré, représentant à ses ministres que l'évacuation de Salonique est impossible à cause des Russes, des Roumains, des Balkans, devra renvoyer M. Briand et le Général discuter à nouveau avec nos Alliés et les persuader. Cependant les conclusions de directive morale demeurent : elles sont dominées par le mot du Général quand il a montré qu'à aucun prix on ne pouvait laisser l'armée de Sarrail exposée à être désarmée par les troupes de Constantin :
« S'il faut abandonner Salonique, on procédera à l'embarquement la tête haute ! »
On la voit donc enfin, l'Entente, centraliser les initiatives et les exécutions pour les questions de transports martimes, de la distribution des effectifs sur les divers fronts, de la liaison des offen-
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sives. Là et partout tous reconnaissent à la France, à son Ministre de la guerre, à son Armée, une prépondérance dans la spontanéité, une lucidité des vues et des plans, une ampleur dans la détermination et l'accomplissement, qui confirment chaque jour davantage le Gouvernement en Tautorité qu'il assume sur le pays : sur les troupes, sur les ouvriers, sur les administrations, sur le Parlement !
Le prestige du Général a grandi à un tel point dans l'Europe qu'en France aucune opposition ne doit plus pouvoir se produire ! Certes aucun désordre ne doit plus, — semble-t-il ! — pouvoir entraver le cours de ses réformes déclanchées.
Eh bien ! vous allez voir quel scandale prochainement se déchaînera.