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EN MÊME TEMPS QUE NOS ARMÉES ET, PAR ENDROITS

AVANT ELLES... Vous saisisscz le résultat possible?

« Ma conviction est faite : IL NE FAUT PAS LE LAISSER SURPRENDRE, DEVANCER NOS SOLDATS. »

« Or, voici quel était le plan primitif du général Jofïre; et les dates sont là :

« Le 1" septembre, il prescrivait que la lin du mouvement devait s'effectuer au sud de la Seine, sur la rive gauche pour les V et IV* armées, que là les troupes devaient se retrancher et se réorganiser en cadres et en effectifs avec les renforts provenant des Dépôts. C'est alors seulement, selon la note du 2 septembre, qu'elles devaient reprendre l'offensive : le Généralissime avait avisé non seulement moi, mais le Ministre de la Guerre — qui le sait bien, — qu'il lui était impossible d'envisager la grande bataille générale de la Marne.

<c Or, à la suite d'un conseil tenu le 2 ou le 3 même, von Kluck, le 3, change de direction, abandonne la marche sur Paris. Se ralliait-il comme l'on suppose à une doctrine d'école, lui aussi, à la doctrine de l'Etat-Major de Moltke suivant laquelle il ne fallait pas attaquer le Camp Retranché tant

qu'on n'avait pas écrasé les armées en campagne? Peu importe ; il infléchit sa route vers le Sud-Est. »

Le Général, se redressant, d'un trait de doigt découvrit la courbe sur la carte :

<(. Quand j'ai reçu le rapport de l'aviateur m'annonçant ce mouvement... je l'ai renvoyé immédiatement vérifier. Je suis rentré m'enfermer avec Girodon pour regarder attentivement la carte, pour préparer la manœuvre maintenant possible. Réfléchir n'est pas hésiter. Au contraire ! Au bout d'une heure mon plnn était fait : il n'y en avait pas deux possibles

A coups de téléphone*

« J'ai demandé le Généralissime au téléphone. Il y aura sans doute lieu de préciser plus tard notre entretien. Je l'ai d'abord avisé du fléchissement des Allemands, j'ai requis tout particulièrement son attention et je l'ai prévenu que j'étudiais de tout près le mouvement de l'ennemi pour une attaque éventuelle sur son front.

« Je n'ai pas besoin de vous dire qu'il ne m'y a pas exhorté...

« Ce qui ne m'empêcha pas d'informer de mes intentions les troupes du Camp Retranché de Paris.

« Qu'avais-je de forces avec moi?

« On ne m'avait pour ainsi dire pas plus laissé de troupes que d'ouvrages fortifiés. J'avais de suite donné les ordres pour la fortification; vous avez pu voir que, jour et nuit, on martelait partout dans Paris, qu'on forgeait même en pleines rues. De ce

côté-là, iidus étions prêts. Je puis dire que, sur ce point, tout avait été prévu ; et, même, tout avait été réquisitionné. Tout le monde aidait de son mieux. Je me rappelle qu'un matin j*avais lancé Tordre de réunir 10.000 pelles et pioches en 24 heures : on tidà tout le commerce, le soir c'était livré. Le riiêtne feoîr, je dis à M. Laurent : « Maintenant, ordre dé réuiiir tàiit de couteaux à viroles! »

— Ah! me fait-il, vous save:^ que vous allez vous heurter à un délit : il est défendu d'eii vendfe...

— Raison de plus! » répliquai-je. Et on les eut. « C'est pour vous donner une idée. Mais enfin

tout cela n'était que des détails. Dès ma nomination, j'avais réclamé expressément du Gouvernement qu'on renforçât la garnison par une armée dont le commandement avait déjà été confié à Màtînoiify. Cette armée — la V* armée =-^ m*est renvoyée du Nord tout à fait désarçonnée mais avec d'exCèlleilts éléments. Elle battait en retraite depuis neuf jours, sans vivres, souvent sans ài-mes... je l'éqtiipe, je la fais souffler un peu et, le deuxième jour, les hommes soiit sur pied, les cadres sont reitiplis avec nôtre petite réserve en officiers et en hommes. Je leur donne nôtre artillerie et je ramène cette armée reconstituée sur notre front Nord.

« Ce qu'il faut vous dire, c'est que la journée

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