‹ GalvanothérapieChapitre 10 sur 64 · CHAPITRE I. HISTOIRE · texte numérisé non relu

CHAPITRE I. HISTOIRE

rhoiiirne sain. Mais déjà Rilter (1 ) se plaiol de ce que les ob» servateurs ont en général plus porté leur atlenlion sur les sensations éprouvées que sur les mouvements; mouvements qui ne se produisent qu*avec des piles plus fortes, et qui, d*après ses propres expériences, ne produisent aucune sensation ni dans les nerfs miiA$culairei^ ni dam Ui muiclef , si œ n*e8t une sensation de compression des parties voisines (2). * « Lorsque Ritler touchait avec ses deux mains les arma- « tures d'une pile faible de ^00k 200 couples, ses mains se c pliaient involontairement et ëlMent poussées vers l'intérieur « de la' pile 1 En employant des piles fortes de 600 à 1200 « couples, les mains s*étendaient constamment, laissaient « échapper les armatures, les bras étant repousses en de* «hors. » A celle occasion Ritter cite une expérience de Reil, qu'il a exécutée sur lui-même. « Des convulsions les « plus violentes s'établissaient dans les fléchisseurs de la main, « lorsque le conducteur d'une nnacbina lélectrique se trouci vait être placé exactement, au-dessus desinerfo du bras. x> Ritter engage Reil à pousser oes'i^echerches aussi loin que possible, et à cette occasion ii cite Greo*s (3), où cependant je n'ai pu trouver aucun travail de ReiL Autant que je l*ai su depuis, ce médecin ne s'était plus occupé de ce sujet.

Depuis cette expérience il n'est plus parvenu à ma connaissance des études sur l'action du courant galvanique sur les nerfs et les muscles de l'homme sain. Eckhard, dans son tra-

(1) Beitràge zur nàheren Kemtnisê deê GalwmiimuSn, Uua, 1805, U II, 3% 4* et dernier, câbler, p. t54.

(2) Ouvrage cité, p. 239. Les névropathologistes de nos jours, qui parlent même des maladies du sens nunpulaire, auraient dû d'abord examiner les assertions de RiUer, car alors je n'aurais pas si souvent besoin de les renvoyer à ce sujet. (Gomp. mon mémoire sur VÉIêO' irisation^ etc.)

(3) Journal de physigiie, t. VI, p. 412.

ART. II. EXPÉRIENCES SUR l'hOMMB. 43

Tiily a de la réaistance galvaniqae qu'offrent les tissus ani- « maun^ {BiUr'àge^ etc., 571), cherche à renverser par des expériences Topinion émise par quelques physiciensi à savoir : que les douleurs sont a ressenties no&^ulement au point «d*aitrée et desoriie du courant, mais encore dans les c ttrticiUationB dès qu'on enferme le corps liumain dans des c piles Toi laïques formées par un grand nombre d'él^ « ments. »

Du Bois Reymond (1) a rectifié . cette opinion en disant que lacansation dans les articulations doit avoir lieu lorsque deux doigU» voisins Tun de Taulre, fermeat une forte pile, et pour expliquer ce phénomène, il se fonde sur ce que le cartilage. est moins bon conducteur, entravant la marche -du oonrant.et provoquant ainsi une plus forte sensation. Cependant Eckhard trouve que la différence entre les cartilages et les autres tissus, toujours par rapport à la conductibilité, n'est pas très-marquée, et qu*en général cette apparition de la conduction est proportionnelle à la plus ou moins grande quantité d*eau que les -cartilages contiennent. Mais il aie la vérité des faits émis d'après ses propres recherches (2).

A cette occasion cet auteur ajoute encore (p. 75) : « Quant

« aux phénomènes observés dans le circuit de piles voUaïques

•« trèadTortes, je n'en, parle pas ici plus au long, parce que

« j'avoue que je ne connais pas encore les causes de ces phé-

• c nomènes. »

(l)é.seo0iMo^t.l, p.286.

. fit) Eckhsrd ne dit pas expressément de qudle façon il a institué celte expérience, et si, comme Du Bois Reymond, il a fermé la pile avec deux doigts voisins. Si, avec les bouts de deux doigts voisins, je touche les conducteurs humidels d'une prie de 60 éléments de Daniel, Je sens non-seulement une douleur qui suit d*une manière appréciable le tnjet des branches cutanées nerveuses sur le bord des doigts; mais j'éprouve, en outre, une sensation à rarticulation moyenne, provenant, selon toute apparence, de ce qu'en cet endroit naissent les branches du nerf cubital et radial.

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C'est ici le lieu de parler de quelques remarques que Duchenne (de Boulogne] fait dans son ouvrage (1). D'après ce médeciit un courant constant faible (limité dans la pean) produit des douleurs, de Férythème, et même donne lieu à des ecchymoses ; un courant plus fort au contraire (dirigé dam le tistu d'un muscle) n'y produit que des contractions fibrillaires faibles et irrégulières. « C'est du moins, ajoute Duce chenue, le résultat d*une expérience que j'ai faite sur moi « avec une batterie de 120 éléments de Bunsen. Le courant « produit en outre des phénomènes de chaleur (dans les <c profondeurs de l'organisme) phénomènes qui disparaissent « quand on emploie seulement 15 à 20 éléments. » Dans le chapitre iv cet auteur cherche à prouver que l'action débilitante attribuée au courant constant n'est pas observable sur r homme ; il cite cependant deux histoires pour mettre en évidence l'action du courant continu sur la rétine, action qu'il croit avoir le premier observée (2). Dans un de ces cas (3), il employa un appareil galvanique d'un nouveau modèle, qui, à ce qu'il parait, n'était pas un appareil à induction, et que l'inventeur lui avait apporté pendant le traitement d'un malade atteint de paralysie faciale, lien fit une application sur la face, et le résultat en fut que le malade en devint presque aveugle ! Dans un autre cas (4), il se servit d'un appareil galvanique inventé par lui-même, la pile à rubans, dont je parlerai tout à l'heure. 11 traitait à cette époque un malade atteint de dyplopliej en dirigeant le courant sur les yeux de ce malade, celui-ci se leva subitement, branla la tête, ouvrit les yeux, et s'écria : Vous n'avez qu'une tête, je ne vois plus double !... Duchenne ne se contente pas de ces

(1) De Nkctrisation localisée. Paris, 1855, p. 8.

(2) Loe.cit,, p. 16.

ti

AIT. 11. — EXPËRIBlfCES 8VR l'bOMMB. 45

résultats. Etudiant les effets physiologiques de rinterruplioa do courant, il les dirise en trois ordres : un se développe à l'entrée, le second à la sortie, le troisième dans le moment d'intervalle ! L'effet produit par la sortie doit être très-faible. Selon cet observateur, 30 éléments de Bunsen ne produisent point de contraction d*ouverture, quoiqu'une contraction ait lien, au moment de la fermeture de la chaîne.

n lui a paru que 120 éléments de Bunsen donnaient à peu près une contraction d'ouverture, semblable en force à la contraction d'entrée de 20 éléments (1).

Ducbenne prétend encore que le courant continu est moins douloureux qu'un courant rapidement interrompu, qu'il produit plus rapidement de Térythème et des phlyclènes. Plus loin encore il décrit un appareil à auges (2), formé par du cuivre, du zinc, et du vinaigre pour liquide. Cet appareil est mis en communication avec un mouvement d'horlogerie et un interrupteur, et oGfre, certes, le type d'un appareil inconstant.

Comme ce dernier appareil, que Ducbenne n'emploie que pour la rétine, s'affaiblit bientôt et présente des effets incertains (ce qui du reste devait arriver), cet auteur rejette et bannit à tout jamais le galvanisme (3), et il ajoute qu'il ne

(î) Comme on trouve répétés deux fois les 120 éléments de Bunsen, il n*y a pas one faute de typographie. La batterie se trou>ait donc 6tre en bien mauvais état, ou bien toute cette observation repose sur un malentendu bien manifeste^ car je ne puis comprendre que cet éiectrisateur ait un derme si épais ou les nerfs si peu sensibles pour pouvoir supporter un pareil courant. Lors de mes expériences thérapeutiques à Paris, faites en septembre 1856 sur à peu près 20 personnes^ la peau des Parisiens me parut plus fine que celle des Berlinois. Aucun des assistants ne put supporter le courant des 30 éléments de Daniel de l'appareil galvanoplastique de M. Hulot (laboratoire de la Monnaie impériale), lorsqu'on introduisait ce courant dans la peau, au moyen de réophores métalliques en forme de boutons et enveloppés d'épongés humides.

(2) Ducbenne, De VéhetrUatian localisée. Paris, 1855, p. 40.

(3) Md., p. 42.

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peut être jamais employé dans un but physiologique ou pathologique. M. Duchenne semble donc ignorer la différètioe qui ètisto entté iine chaîne constante et inconstante, 4u<>î' qu'il vite'ii Paris à côté de M. Becquerel, le célèbre inVeateor des chaînes constantes ! Telles sont, en résumé; les opiiofRms d'un homme, qu'oh m'a publiquement accusé d'avoir tHEtifé avec trop peu d*égards, dans mon travail sur Télectrisatton méthodique.

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