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SAIN

f SÉRIB. -^ DBS CONTRAGTIOlfS GALYAIfO-TONTQUBS.

: Ce qui appela mon attention sur les effets physiologiques et thérapeutiques du courant constant, ce fut le premier trc^yail d'Eckhard, dont j'ai parle plus haut.

J'ctais alors convaincu, que si Tactioa nommée paralysante du courant constant pouvait se produire sur Thomme, il devait devenir parfaitement applicable aux cas de contractures.

Dès le printemps 1855, je recommandai l'emploi du courant galvanique constant à un malade atteint de contractures paralytiques anciennes du bras droit, et qui alors se trouvait dans un établissement d*orthopédie à Berlin. Cette première épreuve échoua pour plusieurs raisons. J'étais occupé pendant l'été par mon travail sur rélectrisation méthodique, et bien plus encore par des expériences physiologiques portant sur les fondions des nerfs et des ganglions sympathiques,

1** ÊtMIM. — DU COIITBACTIOIVS GALYANO-TOIIIQVBS. 47

expériences qui aTaient été provoquées par mes longs travaux analomiques antérieurs. A cette occasion j'avais remarqué, et ceh semblait être hors de doute, une influence motrice du nerf sympathique sur certains muscles volontaires, principalement sar les muscles de l'œil (1). Cependant je ne réussis pas à démontrer cette même influence sur les muscles des extrémités (2). Je perdis ainsi Tespoir de rattacher à de telles influences constantes des nerfs sympathiques, cette dépendance comiante des muscles à une certaine influence motrice des nerfs, dépendance que Ton est conxenu d'appeler tonus, et dont les physiologistes ont si souvent douté, mais qui n'en est pas moins admise par les chirurgiens et les pathologistes. Peu de temps après, Heidenhain refit des expériences sur le même sujet, avec des grenouilles, et nia en général le roniMy dans le sens cité plus haut. Edouard Weber avait déjà trouvé qu'une section préalable ayant été faite du tronc nerveux d'un membre sur un animal vivant , la section du tendon était suivie d'un raccourcissement du muscle non tendu. U déduisait de cette expérience que la rétraction de muscles vivants après leur section ne se rattachait pas à une influence constante des organes centraux, mais bien kYilatiù cité des muscles. Heidenhain flt une expérience complémeè* taire en attachant un poids au tendon d'un muscle d'une grenouille vivante, et en opérant la section du nerf pendant

(1) Deutsche Klinik, 1853. (Comptes rendus de VAcad, des sciences,) B. I.

(2) Les expériences qui ont trait à Topinion émise plus haut n'ont pas encore été publiées. L'ensemble est le suivant : sur de fortes grenouilles^ j'ouvrais le ventre el j'excisais la parlie postérieure du cordon sympathique. Lorsque la plaie était guérie, ce qui réussissait dans plusieurs cas, je mettais aux deux pattes de la grenouille^ qui nageait dans un réservoir d'eau, de petits sacs avec un nombre déterminé de grains de plomb, pour m'assurer s'il se présentait quelque différence dans les fonctions des deux pattes; mais il me fut impossible d*en découvrir.

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la tension que le poids produisait sur le muscle. Cet expérimentateur observa que cette section n'exerçait pas une influence appréciable sur la durée de la tension telle qu'on Tobsenre lorsqu'on ne pratique pas la section du nerf (1). Cest pour celte raison que Heidenbain s'est rallié aux physiologistes qui nient le tonus (c'est-à-dire une influence continue et involontaire des organes centraux sur les muscles).

11 le nie seulement pour les muscles volontaires, mais il parait disposé à l'admettre pour les muscles involontaires, dans le cas où « certaines expériences récentes sur les variations de températures après la section des nerfs se conflrmeraient d ; il ne désigne pas clairement ces nouvelles expériences.

En eflet mes expériences sur « l'équilibre central des forces motrices, » que j'avais alors déjà publié dans les journaux (2), semblaient mettre horsdedoute, qu'une telle influence tonique continue existait quant au nerf sympathique et aux muscles des parois vasculaires, aussi bien que dans l'iris. J'avais observé qu'en pratiquant sur des mammifères, d*un côté du cou, la section du nerf sympathique, on produisait non-seulement, d'après les expériences de Pourfour du Petit (1712), de Biffi et de Claude Bernard, le rétrécissement de la pupille, et la dilatation des vaisseaux sanguins de ce côté, mais encore la dilatation absolue et immédiate de la pupille, ainsi que la contraction des vaisseaux sanguins du côté opposé (3).

(i) Si cette tension des fibres nerveuses qui se ramifient dans le muscle devait faire cesser raction tonique des organes centraux, ce qui est en efiet à craindre, toute Texpérience de Heidenbain perdrait sa valeur.

(2) Deutsche Klinik. 1855.

(3) Dans mes notes journalières, j'ai relevé par une série de dessins les preuves nécessaires à la démonstration de cette proposition. I>s dessins montrent les changements de la pupille sur les chats, ches les-

AVT. II. DES CONTACTIONS GALVANO-TONIQUES. 49

On peut donner TexplicalioD saivanle de ces phénomènes. Il exisie dans les organes centraux , dans la moelle par exemple^ une force agissante, d*une façon constante et égale des deux côtés sur les muscles Tasculaires, et sur ceux de riris. Cette force acquiert une plus forte puissance du côté sain dès qu'une Toie de ses fonctions a été supprimée. Cette hypothèse se laisserait également appliquer aux muscles volontaires et s*accorderait même avec les résultats cités plus haut» obtenus sur des animaux, résultats qui niaient le tonus. Pour cela il faudrait admettre que le tonus des muscles volontaires est une fonction de la moelle, ou des ganglions sympathiques* excitée par Tinfluence de la volonté. Cette fonction augmenterait par la contraction volontaire et diminuerait après le relâchement petit à petit jusqu'à zéro. Elle serait ainsi destinée à faciliter l'activité alternative des antagonistes, en donnant aux muscles délivrés de IMnflux de la volonté un degré passager de tension^ peut-être seulement une augmentation de cette élasticité admise par Wel»er.

Il me semblait du moins alors que celte hypolhèse*pouvait jusqu'à un' certain point expliquer la formation des contrac* tures paralytiques, en tant, comme l'expérience semble le démontrer, que ces contractures sont plus prononcées aux groupes de mnscles des membres ou d'extrémités paralysées à la suite d'une apoplexie cérébrale, lorsque ces muscles obéissent encore à un reste d'inQuence de la volonté, et que

quels on avait pratiqué la sectioo unilatérale du nerf sympathique. Le fait le plus saillant que j'y ai consigné est le suivant. Sur des chats dont la pupille se contracte sous l'influence d'une vive lumière, jusqu'à ne former pour ainsi dire qn*une fente, il est impossible de produire ce phénomène après la section unilatérale du grand sympathique, sur le côté sain, même en exposant l'œil à la lumière solaire la plus éclatante. Les différences correspondantes de la température des deux ofttiUes elles des animaux traités de la sorte sont si grandes qu'elles excluent toute possibilité d'une déviation fortuite.

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leurs différents antagonistes ne se trouvent plus dans le même cas. Cette base, quoique bien faible et mal assurée, me parut pourtant pouvoir me prêter un point d'appui pour entreprendre la première eipérience sur Teflet du courant galvanique constant sur les muscles et les nerfs de Thomme.

J^entrepris cette première expérience sur mon propre bras, le 31 décembre 1855, dans rétablissement télégraphique de MM. Siemiens et Halske, dont Textrême obligeance m'avait déjà maintes fois facilité de semblables essais.

Je fis d'abord usage d'un courant constant provenant de 40 éléments deDaniell ; mais comme il était trop douloureux, je descendis à 30 éléments, et moins encore. Les réophores de cuivre dont je me servis étaient égaux, et terminés par deux boutons demi-sphériques d'un diamètre intérieur d'un demi-pouce, recouverts d'une éponge humide et d'un linge. Je me fis appliquer l'un d'eux sous l'articulation du poignet de manière à ce que le nerf médian passât sur le bouton, et que la main se trouvât pendante de l'autre côté du réophore (i). Au moyen de la main droite je fermai rapidement la chaîne en appliquant Tautre réophore sur un point plus élevé du nerf médian, soit dans l'articulation du coude, soit au bord interne du biceps brachial.

Que le courant fût descendant ou ascendant, je sentis dès Tapplication du réophore supérieur une sensation de picotements suivant la ramification du nerf médian, jusque dans le bout des doigts ; en même temps ma main, par un mouve* ment involontaire et croissant, mouvement produit par les extenseurs de la main et des doigts, et compliqué encore par leur extension forcée, commença peu à peu à s'élever jusqu'à

(I) Plus tard, je me fis construire une petite table, sur laquelle se trouve Tissé Terticalement on réophore de métal, portant à son bout supérieur une vis, poor pouvoir y ajuster des boutons de formes et de diamètres différents.

AIT. II. — DES CONTlAGnONS GALVANO-TONIQUES. Kl

former un angle de 45 degrés. Aussi longtemps que le courant fNuroourait le nerf médian, la main resta dans cette position, mais, dès Touverture de la chaîne, elle retomba dans sa position primitive. Je pouvais pourtant sans grande peine, pendant que le courant parcourait ainsi le nerf médian, vaincre cet état d'extension involontaire de la main, parce que les muscles, néanmoins animés par le nerf médian, obéissaient encore à ma volonté. Mais cet état se reproduisait dès que je faisais cesser Tinfluence de ma volonté. Des phénomènes analogues se reproduisaient en faisant passer un courant constant par le tronc du nerf radial. Un des réophores était appliqué entre les muscles biceps et triceps, au point où le nerf radial devient très-superficiel, l'autre réophoresur la face dorsale de Tavant-bras sur le trajet du nerf interosseux. Au moment de la fermeture de la chaîne, j'observai des contractions continues ou toniques de tous les muscles qui dans l'avani-bras et la main sont animés | ar les nerfs médian et cubital. C'est-à-dire, il se produisait des phénomènes de flexion de la main et des doigts avec une adduction dans la paume de la main. On pouvait de même rendre visibles de semblables oppositions entre le nerf médian et le nerf cubital, et dès qu'on introduisait dans le circuit du courant les autres troncs nerveux, on pouvait observer des effets analogues opposés sur le trajet de chaque tronc nerveux. Il est vrai de dire que le même jour j'observai encore des phénomènes différents sur d'autres personnes. Ainsi le courant constant traversant un tronc nerveux ne produirait pas un mouvement antagonistique, mais bien une contraction tonique de tout le domaine du nerf iraveni par le courant.

J'expliquai alors toutes ces observations d'après l'hypothèse qui m'avait suggéré ces expériences. Cette manière de voir se trouve encore consignée dans la première note que j'ajoutai le jour suivant (14 décembre) à l'appendice de la « galva-

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oisation des nerfs moteurs, d appendice de la deuxième édition de mon travail sur Pélectrisation nnéthodique des muscles paralysés, et en partie elle est aussi consignée dans une note que je transmis sur ce sujet quelque temps après à TAcadémie des sciences de Paris (1). Le fait le plus capital qui ressortait de ces travaux, et duquel il n'était plus permis de douter, était qu*on pouvait exciter d'une manière toute nouvelle les muscles de Ihomme en employant le courant galvanique constant.

Jusqu'à cette époque on savait que le courant constant à son entrée ou à sa sortie, provoquait une seule contraction passagère, mais que dans Tintervalle les muscles restaient en repos. On connaissait aussi les contractions dites tétaniques des muscles qui se produisent lors de Taotion de courants induits sur ces organeë. On n'ignorait pas que ces contractions, qui ne sont qu'apparemment uniformes, ne sont produites que par une succession très-^rapide de contractions provoquées par de très-Bombreux chocs d*inductions. Mais ce que, moi, j'avais observé, c'était une contraUion tonique continue produite par un courant constant continu (non interrompu), contrao tion sur laquelle ni l'œil ni la sensation ne pouTaient découvrir une oscillation, et qui par cela même présentait la plus grande analogie avec une contraction volontaire.

Il est inutile ici de faire entrer en ligne de compte les contractions tétaniques observées par Ritter sur les grenouilles après TouTerture de courants descendants (2), car elles ne sont que l'expression prolongée de la contraction d'ouverture (3). On pourrait plutôt mentionner le tétanos qn'avait observé Marianini, quelquefois même, pendant Faction de

(i) Comptes rendus des séances de l'Académie des sciences. i835, décembre, t. H.

(2) Voyez plus haut, p. 40.

(3) Voyez plus haut, p. 39.

AHT. II. — DIS CONTRACTIONS GALVANO-TONIQCES. r»3

chatoes fermées sur des cuisses de grenouilles (1). Il en serait de même des phénomènes tétaniques observés par Matteucci (2) sur des lapins sur lesquels je reviendrai plus bas.

Je me crus donc autorisé à introduire plus tard (3) sous le nom de eonlroc^ion ou raeeauremement galvano-tonique^ cette nouvelle forme de la contraction qui n'avait pas encore été observée sur Thomme, pour la distinguer de la contraction cloniqne ou tétanique, produite par des chocs d'induction, ou bien par des courants constants souvent interrompus. On voit doncainsii que je n'ai pas choisi cette dénomination pour eiprimer on rapport avec le tonus central qui n'est pas encore parfaitement établi aujourd'hui, mais bien pour rendre la nature du phénomène par un mot plus facilement compréhensible. Je ne cacherai cependant pas que cet accord apparent du résultat avec les suppositions de l'expérience, m'engagèrent à examiner par une série d'épreuves sur Thomme sain, l'hypothèse dont j'étais parti. La plus grande difficulté était de trouver des personnes qui voulussent bien se prêter à ce genre d'expérimentation. Un des premiers fut M. le docteur Deetz, un de mes anciens élèves, actuellement conseiller médical à Hombourg. J'employai en général pour ces expériences deux personnes.L'unedontlebras servait à contrôler les expériences que j*avai8 d'abord pratiquées sur moi, et Tautre à tenir un journal dans lequel on consignait les points sur lesquels on appliquait les réopboreset les effets du courant.A ces expériences se prêtèrent encore : MM. Ernst, Wolff, Reissner, Schwan, Tihortius, Renner, Hirschfeld, Fleck, Berostein, Pink, Schlesinger, Gersdorff, Fromm, Reich, Joseph, Sachs, Hermann, Gutkind, dont les cinq premiers prirent une part active et con-

(1 ) Voyci pins haut, p. 22.

(2) Traité des phénomènes électro-physiologiques. Paris, 1844, p. 206.

(3) Comptes rendus des séances de l'Académie des sciences. Paris^ t856, t. XLIll, séance du 22 septembre.

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tinue à ces expériences parfois si difficiles et si douloureuses, expériences qui, d'après mon journal, furent continuées à partir de janvier 1856, jusqu*au 19 juillet de la même année.

Je résume ici les propositions qui ressortirent de ces expériences comparées sur différents individus.

1*" 11 faut, pour produire en général des contractions toniques dans un membre, faire passer par un tronc nerveux un courant très-fort et douloureux.

2*" Si un courant passant par un nerf produisait une contraction tonique, cette contraction avait toujours lieu, que le courant renfermât une plus grande ou une plus petite portion du tronc nerveux.

Il suffisait par exemple, pour le nerf médian, de n'enfermer dans le circuit que la portion du nerf qui est située au bord du bout inférieur du muscle biceps. Cependant la facilité de Texcitalion augmente avec la longueur de la portion nerveuse enfermée dans le circuit.

3*" Un courant peut provoquer une douleur intolérable, sans donner lieu à une contraction tonique, tandis que chez un autre sujet, ou quelquefois chez le même, mais dans un autre temps, le même courant provoquera une contraction tonique violente et une douleur à peine sensible.

4'' La contraction tonique, après l'introduction du courant dans le nerf, se produit dans des cas où le même courant appliqué d'une manière analogue sur un muscle du même membre ne produirait pas de contraction de fermeture.

5*" Cependant la formation de contraction tonique est ordinairement favorisée par les mêmes circonstances qui facilitent la contraction de feroieture, c'est-à-dire une application subite et prompte des réophores sur les nerfs.

Uest des cas aussi où la contraction tonique dans le domaine du nerf ne commence que lorsqu'on éloigne lentement le réophore du tronc nerveux sur lequel on l'avait fortement

ART. 11. — DBS GOimiAGTION» 6ALVAN0-T0NIQUB8. 55

appliqué pendant environ une minute, et cette contraction se prolonge aussi longtemps que le réophore repose sur le nerf en louchant légèrement la peau.

6"* Vingt à trente éléments de Uaniell suffisent ordinairement pour rendre visibles sur le bras d*un homme les contractions toniques. Il est des hommes sains, chez lesquels il faut employer jusqu'à quarante et même cinquante éléments pour provoquer ce phénomène. Si la contraction tonique n*a pas lieu lors de la première application des réophores, il n*est pas rare de la voir se produire à la seconde; le courant constant ayant parcouru le tronc nerveux pendant une minute et plus, c'est-à-dire dans le cas où le courant produit plus facilement dans le muscle des contractions d*entrée.

7*" La plupart des hommes jeunes et fortement musclés ne présentent, toutes choses égales d*ailleurs, que des contractions toniques dans le domaine du tronc nerveux parcouru par le courant. On voit cependant quelquefois sur le même homme, mais à des jours différents, ce phénomène varier, et la contraction avoir lieu tantôt dans le domaine du nerf parcouru par le courant, tantôt dans le domaine du nerf antagoniste.

8* La volonté a de Tinfluence, en tant qu'elle peut empêcher la production de la contraction antagonistique. Dans ce moment il se produit ordinairement, lors de l'entrée du courant, de la contraction tonique dans le domaine des muscles et des nerfs, sur lesquels la volonté se dirige dans cet instant ; les muscles antagonistes aussi sont dans un état de tension.

9* Ce combat entre les groupes musculaires antagonistiqnes existe asses souvent sans le concours de la volonté, et il arrive qu'une contraction^ par exemple la flexion, cesse pendant qne le courant agit, passe dans la contraction antagonistique, c'est-à-dire Textension, et vice persd.

10* On ne réussit pas à donner par la volonté la suprématie à la contraction antagoniste, quand la règle se trouve être :

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contraction tonique des muscles animés par le nerf parcouru par le courant.

11® On ne peut pas admettre non plus, que la contraction antagoniste n'est que la conséquence d*une intention psychique, parce qu'on lobservo sur des personnes auxquelles le sujet et l'objet de Texpérience sont tout à fait inconnus.

Par contre, il est à la vérité bien difficile pour beaucoup de personnes, de pouvoir s'abstenir de faire agir leur volonté de manière à ce que l'actiondu courant reste privée des influences qu'une telle innervation engendre, au moment de l'entrée de ce même courant.

12^ On pourrait donc, d*après ce qui précède, être disposé à admettre, que dans les cas ou la contraction antagoniste se produit pendant que le nerf médian est parcouru par le courant, cette contraction a lieu parce que le courant agit accidentellement plus sur les extenseurs qui 8e>trouvent être plus excitables que les fléchisseurs.

Si cette explication était vraies l'excitation du tronc nerveux antagoniste devrait provoquer dès contractions dans son domaine, et le même fait devrait se reproduire lors de Texcitation simultanée des doux troncs nerveux. En apparence de contradiction avec cette opinion, on voit, sur des personnes chez lesquelles le courant parcourt le nerf médian^ se produire l'extension de la main, et dès que le courant ne 'parcourt que le nerf radial^ se produire immédiatement la flexion. Ces phénomènes se développent encore quand on réunit par une bandelette humide les deux nerfs, et qu'on y applique les réophores. Le même effet a lieu lorsque cette bandelette humide unit un des points quelconque du nerf médian à un des points de la face d'extension du bras ou de l'avant-'bras, sous lesquels se trouve le trajet du nerf radial. Un semblable effet a même lieu quelquefois lorsqu'on unit le nerf médian toujours par la bandelette humide, avec le dos de la main ou des doigts.

ART. U. — DIS GOirmACmONS GALVANO-TOrilQCES. S7

Celte excitation simultanée des nerfs de la face dorsale du bras et de la main (1) exerce, quand elle a une durée d*une minute et plus, non-seulement, sur la contraction tonique, ane influence passagère, mais bien une influence durable ; car dès qn*on enlève la bandelette humide et qu*on sèche complètement le bras, une nouvelle application du courant sur le nerf médian ne provoque pas Textension, mais bien la flexionjusqu'à ce que plusieurs mouvements volontaires des nerfs extenseurs leur aient rendu ta faculté de réagir d'une manière normale contre Texcitalion. Bien souvent, et princi* paiement pour les doigts, il m*a fallu avoir recours à des moyens mécaniques, tels que les frictions et l'emploi même de la brosse sur les parties de la peau frappées par les courants détournés, afin de ramener ainsi les muscles à leur état normal.

13** Quoiqu'il fût impossible pour le moment de trouver une loi générale qui eût pu expliquer ces phénomènes paradoxes, il était cependant probable qu'on ne pouvait pas se reporter à un trouble de Téquilibre d'innervations toniques centrales (l'hypothèse qui avait donné naissance à ces expériences, s'exprimait ainsi), mais il fallait supposer que l'excitation des nerfe sensitifs jouait dans ces phénomènes un rôle essentiel. Cette manière de voir paraissait confirmée par la circonstance que lorsqu'on faisait passer le courant par un nerf purement sensitif, comme, i^r exemple, le ntrf radial iuper/icUl (longeant l'artère radiale), on produisait parfois Textension de la main. Cet effet cessait aussitôt de se produire dès qu'on écartait seulement les réophores d'une ligne des oerCs de cette région. L'observation comparée fit même voir,

(I) Ce résultat est d'antanl plus remarquable que , comme chacun le sait^ la tact dorsale de la main et des doigts n'est pas exclusivement animée par le nerf radial^ mais bien encore parle nerf cubital, de aorte qu'il existe dans ceUe région deux nerfs de différentes sources.

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dans un cas, qu*un courant descendant dans ce nerf produisait ]*eitension de la main, et qu'un courant ascendant y produisait la flexion. Chez un autre sujet, j*ayais observé un fait analogue sur le nerf médian. Dans ce cas, le courant descendant développait de vives douleurs et une flexion tonique ; le courant ascendant, au contraire, était moins douloureux et donnait lieu à une flexion tonique.

On ne pouvait donc en apparence que se permettre Texplication suivante : les contractions toniques sont, en général, produites par des excitations centrales, qui ont leur point de départ dans les nerfs sensitifs, et toutes les difierences qu'on observe dans des cas particuliers dépendent de différences centrales, peut-être aussi même d'anomalies que présentent les nerfs sensitifs dans leurs divers états d*excitabilité.

J*en étais arrivé à ce point par mes recherches sur les contractions galvano-toniques, lorsque je fus conduit sur une autre voie» et plus tôt que je ne l'eusse désiré, à employer thérapeutiquement le courant galvanique constant. Ces applications me fournirent de nouvelles preuves à Tappui de Tinfluence que les courants exercent sur les organes centraux, et elles m'engagèrent de plus en plus à désigner etàexpliquer, comme devant être des actions réflexes, toutes les contractions galvano-toniques des muscles. Occupé par mes expériences thérapeutiques, j'ai fait cependant, durant Thiver 1856 à 1857, des remarques qui me firent douter de la signification exclusivement centrale que j'avais accordée aux contractions galvano-toniques des muscles. J'avais déjà observé antérieurement sur quelques malades, pendant qu'on faisait passer de forts courants par des troncs nerveux, des mouvements fibrillaires dans les muscles animés par ces mêmes nerfs. Je trouvai qu*en plongeant les muscles de quelques malades dans Teau chaude avant Texpérience, la production de ces mouvements fibrillaires des muscles était favorisée ; de plus,

ART. II. -* DBS GOirrRAGTlONS GALYANO-TONIQUBS. S9

je me rappelai aussi que, par une semblable immersion, j'aYais autrefois développé une contraction tonique sur un homme sain.

Tous ces faits paraissaient donc parler en faveur d'une origine périphérique de la contraction tonique, plutôt que d'une origine centrale.

Mais, à la vérité, tous ces doutes furent de nouveau effacés, lorsque je réussis, sur une femme atteinte d'hémiplégie, à produire des contractions toniques des muscles extenseurs paralysés du hras^ au moyen d'incitations galvaniques du nerf crural du côté paralysé.

An milieu de ces grandes difficultés^ et pressé par mes occupations thérapeutiques, qui augmentaient chaque jour, je ne négligeais pas de revenir aux expériences que me fournissaient les grenouilles. Au printemps 1857, j'en avais entrepris un grand nombre, mais qui furent sans résultat : ces animaux, ayant passé Thiver à Tair libre, avaient perdu un certain degré voulu d^excitabilité. J'expérimentais alors avec plus de succès sur des animaux à sang chaud, principalement sur des lapins. Sur le lapin, en effet, on peut produire très-focilement des contractions galvano-toniques sur le muscle droit supérieur de Tœil, qu'on aperçoit très-bien à travers la conjonctive quand on ouvre la paupière supérieure (t). Une pile de deux à trois éléments de Daniell produit sur ce muscle, quelle que soit la direction du courant, des ondulations fibrillaires ; en employant cinq éléments, on obtient une contraction tonique complète. Pendant cette contraction, on ne panrient pas à distinguer, soit à Toeil nu, soit au moyen de la loupe, des oscillations, qui devraient se produire par

(1) Pour ces expériences Je me servais comme réopliore d'un cylindre en verre, traversé par deux fils de cuivre isolés par de la cire à cacheter, et se terminant par deux boutons en platine.

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analogie avec ce que Ton observe quand on emploie de très-faibles courants. On peut arriver à produire de semblables phénomènes sur les muscles de la face, quand Tanimal sur lequel on opère est jeune et fort, et quand on a enlevé les poils. Il faut» quand le lapin est plus âgé, inciser la peau, parce que cet organe oppose au courant une résistance presque insurmontable (1).

Les expériences les plus intéressantes sont celles qu*on pratique sur les peauciers de la face. Ces imiscles sont minces et peuvent facilement se détacher; ils se rendent, comme on le sait, aux lèvres, qui sont garnies de gros poils ; ces poils, quelquefois, lorsque les contractions cloniques frappent ces mêmes muscles, se trouYent dans untiKmvement oscillatoire continu. Dans ces cas, quand on fait passer par ces muscles un courant de dix éléments et plus, on voit le mouvement des poils s*arréter, la lèvre être tirée de tbié et persister dans cette position tant que le courant agit.

A-t-on misa nu les muscles Ide la foce, et y fait*on passer alors un courant de cinq éléments et plusj on provoque de très-fortes contractions toniques, quicessent dès qu'on interrompt la chaîne. Ces contractions durent avec une force égale, alors même que le tronc du nerf a été sectionné (plexus anserinus). Lorsque les muselles, après avoir été mis à nu, ont perdu de leur excitabilité, on provoque même, lorsqu'on emploie des courants plus forts, au lieu de c<H)tractions toniques, des ondulations Qbrillaires. Ce degré moindre d'excitabilité s'observe primitivement dans les muscles masticateurs, de même que dans les muscles des extrémités, c'est-à-dire

(!) Lorsque, le 22 septembre 1856, je pariai, dans ma communication à l'Acadcmie des sciences de Paris/ des contractions galvano-toniques que j'avais observées sur l'homme, le physiologiste Auguste Waller, présent à la séance, me dit avoir observé un hïi analogue sur les muscles de la face du lapin.

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