CHAPITRE I. — HISTOIRE
constant ascendant, agissant dans le voisinage d*un moFcle, augmente dans tous '\ei cas Texcitabilité du tronc nerveux -situé au-dessus, que le choc d* induction qui doit servir à mesurer celte excitabilité soit descendant ou ascendant.
Pour rinverse de cette proposition, àsavofr qu*un courant descendant, agissant dans le voisinage du muscle» diminue Texcitabilité vers la partie supérieure, nous possédons la deuxième proposition de la première commiinication et la première proposition de la deuxième, qiii toutes les deux rië se rapportent qu'à la direction descendante du courant excitateur. Par contre un codfhnt constant' descendant, agissant au-dessus, augmenterait Pèxcitabilité vers fa (nirtie inférieure ; un courant constant ascendant là diminuerai), d'après la [crémière et la troisième proposition dé là preniière communication, et la deuxième et la quatrième de la seconde communication.
Pat rapport à cette dernière communication sur laquelle Pflueger insistait principalement, il ibut encore remarquer que la diminution progressive des eOèts du cdfurant constant an delà de la portion nerveuse parcourue par le courant constant, n*est plus qu'indiquée; mais il est dit simplement que cet effet est ohiBvytMe danê 4t ^Mrit^ag$ de Télectrode correspondant. Si l'on parvenait à constater sur la grenouille que l'action du courant constant sur TexcilaMlité des Gbres nerveuses motrices se transmet du fN>int par lequel le courant s'introduit jusqu'aux organes centraux^ ilserèit inutile de drre combien cette découv^te agrandirait et fournirait une l>ase nouvelle à la thérapeutique pbymologique des maladies ner* veuses. Je crois aujourd'hui pouvoir me permettre, d'après mes expériences thérapeutiques, de prédire cette découverte (1).
(1) Cette prédiction parait être déjà confirmée. D*après lesder-
ART. 1^'. — BCCilKRCnES SUR LIS ANIMAUX. 39
Le dernier travail qui ail paru sur celle matière, pendant l'impression de ce livre, est un mémoire de J. RosenlhaU intitulé : De la Modification de Vexcitahilité au moyen de chaînée ferméei ei des aUemalivei de VoUa (1 ). La loi qui résulte de cette nouvelle recherche est la suivante.
« Tout courant-constant qui parcourt , pendant un certain « espacOf un nerf moteur, place ce nerf dans un état où « Texcitabilité pour Fouverture du courant agissant en ce « moment et pour la fermeture du courant opposé sefroure « augmentiez et où par contre Texcitabilitépour la fermeture « du premier courant et l'ouverture du derniercslcf/mtnuée. n
Quand le courant a agi pendant deux minutes jusqu*à une heure sur le nerf d^m muscle, ce muscle est aiïeclé du « /étanos de Hitler, i» tétanos qui se calme par la fermeture de la même direction du courant, le courant étant même plus faible, et qui est augmenté par la direction opposée, le courant gardant toujours sa faiblesse. On ne peut pas prouver qu'il existe entre les deux directions de courants dans ce sens une différence bien distincte (2),
A un degré inférieur de Pexcitabilité il se produit, lors de l'ouverture du courant agissant* et de la fermeture du courant opposé, une conlraetion (et non le tétanos). Par contre, les moscles restent tranquilles lors de la fermeture du premier courante! Touverture du dernier. Sous tous ces rapports les effets du courant descendant sont moins constants.
nières recherches de Pflueger publiées dans son ouvrage sur Vélectroîonos (1859J9 un courant constant d^une certaine durée et d une certaine force peut propager ses elTetg jusqu'au bout du nerf coupé. — iKoie de l'auteur.)
(I) Mitgetheilt von Du Bois-Reymond in den Monatsberichten der BerL Acad. der Wissensch. 1857. Décembre, p. 639-641.
(i) Voir plus haut, p. 10.
40 GIIAPnUE I. — niSTOIBB.
ART. 11. — BXPBRIBNGBS SUR L'HOMMB.
Sur rhomme les expériences entreprises avec le courant continu ont eu pour théâtre les organes des sens, tels que le goût, l'odorat, Touîe, la rétine. Elles n*ont pas été sans exercer une grande influence sur les diverses manières d'envisager l'action du courant sur les nerfs en général. Ce fut notamment sur les organes des sens que Pfaff, dès 1793, découvrit les différences qui se produisent en changeant les directions ducourant(i). Déjà Volta avait démontré que, la chaîne étant fermée, le courant continu agissant sur les nerfs gustatifs et sensitifs provoquait une sensation croissante, tandis qu'à Tonverture et la fermeture de la chaîne, il provoquait sur le nerf optique et acoustique une sensation de lumière ou de son. D'après Ritter à l'avis duquel se rangea plus tard Purkinje, les deux nerfs des sens les plus élevés (acoustique et optique) devaient subir la même loi, c'est-à-dire que le courant continu, la chaîne étant fermée, devait provoquer une sensation de lumière et de son. Je n'ose pas entrer plus avant dans un point si obscur, parce que je n'ai pas fait jusqu'ici sur moimême une série suffisante d'expériences, et que d'ailleurs je n'ai aucune raison pour en faire, sachant, comme je le montrerai plus tard, que les effets thérapeutiques du courant constant sur les nerfs optiques et acoustiques sont encore loin d'être constatés scientifiquement. Je me permettrai cependant de faire remarquer ici que, d'après des observations que j ai eu occasion de faire sur des malades, les effets continus de la chaîne constante fermée sur le nerf optique me paraissent très-douteux, et qu'ils ne se produisent que dans des conditions qui feraient croire qu'on a affaire à des oscillations de
(1) Comp. Du Bois-Reymond's UrUersuchungen, 1. 1, p. 339-358.
ART. II. — «PiRIBNCES SUR l'hOMMB. ^^
coarant. Ce fait expliquerait en partie pourquoi Rilter et Parkinje, qui opéraient avec des piles inconstantes, ont obtenu des résultats si contradictoires (1). 11 est vrai qu*il se produit quelquefois sur le nerf acoustique des sensations de soD/noD-seulement àTouyerture et la fermeture de la chaîne, mais encore pendant qu'elle est fermée.
Si l'on considère que le nerf du goût (glosso-pharyngien) 86 comporte sous le point de vue analomique comme les nerfs sensitifs de la peau, faculté qu'il doit au ganglion spinal déoouYert par Gomparelti et Mûller, et que l'on admette encore que le nerf acoustique possède une disposition analogue dans la lamina ganglioêa searpœ^ il pourrait en résulter comme loi, que des effets continus et croissants de la chaîne fermée ne se produisent que sur les nerfs sensitifs qui sont pourvus de cellules ganglionnaires avant leur entrée dans Torgane central (2).
Je n'ai pu découvrir ni sur moi, ni sur d'autres personnes des effets du courant sur le nerf olfactif. Je n'ai pu non plus constater l'assertion de Ritter qui dit que parfois il se fait sentir à l'un des pôles une sensation de froid à la peau, au lieu de cette sensation si puissante qu*on éprouve si communément.
Il est probable que, dès les premiers temps de la découverte de Volta, on a fait des expériences sur les membres de
(1) Du Boîs-Reymond (UrUersvchungen iiber thierische ElektriciléU, etc., 1. 1, p. 284) parut regarder les opinions de Rilter comme hors de doute, par les otiservations de Purkinje et d'autres.
(2) Depuis une année j'ai fait des observations qui me semblent mettre hors de doute, que tous les nerfs sensitifs obéissent à ia même loi, c'est-à-dire qu'ils n'offrent des sensations que quand ils sont frappés par rentrée ou la sortie, ou par des oscillations du courant. Si on évite ces conditions, on peut laisser agir, même sur les nerfs cutanés, des courants très-forts sans produire une sensation. — (Note de l'auteur. Nov. 1859.)