ABT. II. DES CONTRACTIONS GALVANO-TONIQCES
que, dès qu'ils ont été mis à nu, un courant de cinq éléments et même plus ne produit plus une contraction tonique complète, mais bien des mouvements de fibres musculaires, mouvements qui, à la vérité, se succèdent rapidement, mais qu*on peut cependant suivre à Tœil nu. Ces mouvements ont leur point de départ à la ligne d'union des électrodes; ils se répandent de tout côté, selon la force du courant et le degré de Vexcitabllité ; mais ils atteignent leur summum dlntensité dès que le courant touche le nerf musculaire. Ces contractions sont indépendantes des organes centraux, puisqu'elles continuent à se produire même après la section du nerf musculaire.
Fixe-l-on un lapin par des liens sur une planchette, de manière à ce que le ventre de Panimal se trouve sur ce plan, et met-on a nu un tronc nerveux, par exemple le nerf sciatique, isolé par une plaque de verre, on peut alors observer différents phénomènes quand on fait passer un courant constant à travers cette région. Aussi longtemps que dans Taction du courant les électrodes restent en repos, les muscles animés par le tronc nerveux ne présentent que des contractions d'entrée et de sortie. Mais dès que, par les mouvements de ranimai, les électrodes ont été dérangés, ou bien encore dès que le nerf est touché dans sa position normale par le courant, et que les frémissements i que le courant fait naître dans les musclea voisins, se communiquent au nerf, on voit alors d'après la manière d'oscillation à laquelle l'influence du courant est soumise, des contractions toniques plus ou moins régulières et fortes se produire dans les muscles animés par le tronc nerveux. Ces contractions cependant ne cessent pas, quand on a même coupé le tronc nerveux au-dessus du point excité.
U est vrai d'ajouter que Matteucci dit avoir observé, dans une expérience analogue, qu'avant la section du nerf, le courant donnait lieu visiblement à des mouvements réflexes dans
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les parties supérieures du corps, notamment dans les oreilles.
Mais tous ces mouvements ne sont, comme d*ailleurs Dubois-Reymond Ta très-bien fait remarquer, que des expressions de là douleur (1); car ils cessent dès la section de la moelle allongée. ^
Chez les grenouilles, avec les électrodes d'une chaîne d'environ dix éléments, on provoque facilement et immédiatement des contractions toniques de tous les muscles de la cuisse, dès qu'on embrasse dans le sens longitudinal ou circulaire la caisse de Tanimal. Toute la cuisse se trouve être dans une extension tétanique, sous Tinfluence du courant constant, et lorsque cette extension^ ce tétanos cesse, on peut le reproduire immédiatement en promenant un peu, sans ouvrir la chaîne, les électrodes sur le trajet du nerf sciatique. Ce tétanos n'est donc pas d'origine centrale, ce que tend à prouver la circonstance, qu'il ne subit pas de modification appréciable lorsqu'on sectionne pendant sa durée tous les troncs nerveux de la cuisse galvanisée, au-dessus des nerfs excités.
On peut à la vérité instituer une expérience qui semblerait faire douter de l'explication donnée ci-dessus. En plaçant sous le nerf sciatique, complètement disséqué et non lésé, un petit appareil en forme de pelle, qui, par deux plaques de platine bien isolées, conduit le courant au nerf, si l'on vient à éloigner ce nerf au moyen de cet appareil à un demi-pouce de la cuisse sans toucher à cette dernière, on remarque que lors de l'entrée du courant, les muscles animés par le nerf sciatique deviennent tétaniques. Ce tétanos cesse aussitôt dès qu'on sectionne le nerf au-dessus du petit appareil; de manière à ce que le bout inférieur y reste établi.
. En répétant l'expérience, on verra bientôt que le tétanos
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n'apparaît que lorsque les muscles de la cuisse se trouTent dans un mouvement frémitatoire qui leur est communiqué par le bout du nerf situé au-dessus du petit appareil ; mouvement qui lui-même met les nerfs dans un mouve-* ment oscillatoire, et qui produit le tétanos visible à la jambe.
Car en plaçant le nerf sur la petite pelle, si le tétanos de la jambe n*apparait pas, soit à cause de Texcitabilité diminuée outre mesure, ou bien à cause de la faiblesse du courant ; ce tétanos apparaîtra immédiatement, dès qu'on approchera la petite pelle des muscles, de manière à y produire des frémissements; et dans ce cas la section du nerf est sans influence sur le tétanos, quelle que soit la position de la petite pelle, que la section du nerf ait été faite au-dessus de la cuisse, ou dans le bassin. Mais lorsqu'on dissèque et que l'on coupe le tronc nerveux à son bout supérieur, et qu on vient à le placer avec beaucoup de précaution sur la petite pelle, de manière à cequeles vibrations des musclesen mouvement ne puissentplus lui être communiquées, alors, même en employant de trèsforts courants, le tétanos ne pourra plus être produit dans la jambe. Par contre, on pourra facilement le reproduire en faisant exécuter à la pelle, le nerf y restant en place, de légers mouvements de va-et-vient, ou bien encore en roulant le nerf sur la pelle avec les doigts.
Si donc Gnalement les frémissements des fibres musculaires contiennent la cause des phénomènes tétaniques ou toniques qu'on peut provoquer sur des membres intacts, on peut se demander de quelle manière ces frémissements se produisent. L'expérience suivante jette quelque lumière sur cette question. On fait passer dans les membres le courant non par des électrodes solides, mais au moyen de fils humides qui partent d'électrodes fixes. Dans ce cas, le tétanos ne se produit jamais, même sous l'action de très-forts courants. Matteucci
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empéchail, par Tcmploi d'un semblable moyen, la contraction d'entrée de se produire, lors de ses propres expériences thérapeutiques. Le tétanos n'apparaît pas non plus, dès qu'on n'opère pas une certaine compression sur les membres avec les électrodes fixes. Il faut donc faire agir par une certaine pression les électrodes sur les muscles, pour y provoquer d*abord des contractions oscillatoires, qui, en s'élevant petit à petit, arrivent jusqu'à y développer le tétanos.
Il devient donc maintenant évident pour nous, que nous rentrons dans le cadre des phénomènes que Dubois-Reymond a groupés (1) pour servir de base a la loi suivante formulée ainsi : ^ Le nerf moteur ne rép(md pas dans chaque mùment a par une contraction à la valeur absolue de la tension du « courant, mais à la modification de cette valeur dun ino- <K ment à l'autre. r>
Ce qui vient d'être dit plus haut doit porter notre attention sur une expérience de Pfaff (2). Ce physicien plaça une lourde barre de zinc sur les muscles d*une cuisse de grenouille, en faisant reposer Textrémité supérieure de cette barre, sur Tarmature métallique du nerf. Dans ce cas, les contractions devinrent continues, a parce que le mouvement du muscle « lui-même s'empara du rôle de faire osciller la courbe de (( tension (3). y>
Il est évident qu*ici, le poids de la barre de zinc peut être remplacé par la pression exercée par la main de Texpérioieiitatcur sur le muscle au moyen d'électrodes fixes. Ce muscle ne peut rentrer dans l'état de repos, car chaque essai qu'il fait pour revenir à son état d'équilibre, le force, dès que son excitabilité est assez grande, à une nouvelle cQntraction, pour
(\) Untersuchmgen Uher Ihieris.he Elf'Clricitàt, t. I, p. 26S 274.
(2) Gren's Journal de Physik. 1791, t. VU!, p. 271.
(3) S. Dubols-Rcymond's Unt&rstuhmgm^ 1. 1, p. 269.