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ART. II. — DES CONTRACTIONS GALVANO-TONIQUES

réagir contre des oscillations si petites de la densité du courant, telles que les produit le simple changement de position des parties musculaires ou nerveuses par rapport à cette densité qui est plus forte aux électrodes.

Les expériences relatées plus haut paraissent rendre vraisemblable que les contractions toniquea^u'on observe dans les muscles, quand on fait passer un courant constant par un tronc nerveux animant ces muscles, doivent être tout d'abord comptées dans la série des phénomènes dépendant des oscillations de la dçnsité du courant (1). Se basant sur cette manière de voir, on peut expliquer que pour produire une telle contraction, une application profonde du réophore est, avant tout, une condition favorable, car cette application profonde signifie production d'une contraction de feraieture dans les fibres musculaires, les plus voisines du tronc nerveux. Si l'excitabilité de ces fibres musculaires ou jdutôt de leurs nerfs n'est pas grande, la contraction une fois opérée, elles ne réagiront plus, et il y aura production de repos. Mais dès que leur excitabilité sera augmentée, les fibres imisculaires ou plutôt leurs nerfs développeront sous Tinfloenoe du courant, comme d'ailleurs nous Favons observé pour les muscles du lapin, un mouvement léger et oscillatoire, et empêcheront par ce fait le nerf d'être soumis d'une manière uniforme à Faction du courant. Le tronc nerveux se comportera par conséquent ici, comme si on l'approchait et réloignait alternativement du courant le plus fort, sans que pour cela il sorte de la sphère d'action de ce même courant : c'est-à-dire que les parties constituantes du nerf seront soumises à des courants de densités diOerentes à cause de la grandeur alternante de la résistance intercalée. Les muscles

{{) Une modification de la polaiisalion doit agir aussi dès que des osciitations plus fortes dans la posiiion des réuphores sont en jeu.

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dépendant de ce nerf donneront4)ar conséquent une contractiouy qui sera, ou un effet tonique, cM-à-dire sans interruption appréciable, ou dont les oscillations qui pourraient exister sont masquées à Tœil par les téguments.

Il est bien plus difficile de rapporter à cette hypothèse les cas de contractions Êhiques antagonistiques, parce que, d*après Tcxplication donnée ci-dessus, une contraction tonique se développe dans tous les cas dans le domaine du nerf parcouru par le courant. En y réfléchissant bien on trouvera des points qui pourront servir à élucider ces difficultés. Qu'on admette le cas où l'excitabilité des fibres nerveuses motrices, dans le domaine du tronc parcouru par le courant, est moindre que Texcitabilité des fibres nerveuses sensitives ; le cou* rant qui frappe subitement le tronc nerveux placé dans celte condition , ne produira pas une contraction de fermeture, mais bien de la douleur. Si l'on admet que cette douleur peut, même sous Tinfinencedela volonté, provoquer un mouvement de répulsion, le bras se portera au côté opposé, et si, ce qui a lieu dans certains degrés d*excitabilité, l'excitabilité des extenseurs est plus grande que celle des fléchisseurs, le courant parcourant le bras provoquera dans le domaine des extenseurs la contraction de fermeture nécessaire à la production de la contraction tonique ; ou bien encore le mouvement d'extension provoqué par la douleur, mouvement qui est central quoique involontaire, remplacera cette contraction de fermeture (!)•

On comprendra donc maintenant comment il se fait que,

(1) Je suis loin de soutenir que le8vil>rations hypothétiques des fihstf nmsculaires , dont je n'ai jamais pu observer des traces chez raonnne sain, comme je le fais expressément remarquer ici , sont t^niique ou l'exclusive cause des oscillations de courants qui agissent dans le nerf. Qu'on veuille bien réfléchir que ces oscillations peuvent être produites même par la main de rejcpéiimentateur appliquant mal le réophore, ou même encore elles peuvent provenir par la cir-

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chez l'homme* un courant descendant dans le nerf médian produise plus de douleor et un mouvement d'exlension, et comment il se produit une douleur moins grande et la flexion quand un courant ascendant parcourt ce même nerf. De plus aussi, chez l'homme dont la main est portée ordinairement dans Teitensiony quand un courant traverse le nerf médian , il peut arriver parfois que si Texcitabilité motrice de ce nerf se trouve être augmentée, on voit la flexion se produire. Quelque satisfaisante même que paraisse être cette explication, elle présente cependant de prime abord de grandes difficultés, lorsqu'on prend en considération quelques-unes des expériences communiquées plus haut. En efiet, si cette explication était juste et suffisante, il faudrait que, dans le cas où il sedéveloppe, pendant qu*un nerf est parcouru par le courant, une contraction tonique antagonistique, il faudrait, dis-je, que l'excitation du nerf antagoniste même produisit très-facilement une contraction dans tout le domaine des muscles que ce nerf anime. Mais cela ne se passe pas ainsi bhez l'homme sain , et j'ajouterai même qu'on lobserve encore moins sur des membres paralysés. Car j'ai VQ nr des malades hémiplégiques, qu*un courant dirigé le long du nerf médian produisait Textension de la main et des doigts, et qu*en employant le même courant pour exciter le nerf radial , on ne parvenait à produire en aucune façon un semblable mouvement. Pour sortir de cet embarras, il

culation du sang. De plus, l'épiderme oppose une très-grande résistance de conduction au courant, peu à peu même^ sous une longue influence de ce courant, il peut être décomposé en partie; il est donc proiMble que la qualité de la résistance se modifie pendant Taction d^ courant (« par éleclroljse )»), et qu'en vertu de cette raison il se produira une action du courant non uniforme sur les nerfs, sans qu'il soit nécessaire de cliercher, comme cause de ce phénomène, uneélectrolyse augmentante dans le nerf lui-même, quoique je sois très-loin de réfuter même cette dernière cause d'explication.

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nous faut donc admetlre qu'il n est nullement indifférent de quel côté on dirige Texcilalion sur do tronc nerveux, ou sur une de ses branches ; que les eouratUs dérivés qui notamment frappent les fibres nerveuses en venant de la face interne sont plus efficaces, même affaiblis, dans leur densité, par la résistance des ftssus, que des courants plus forts, dirigés sur les fibres nerveuses de dehors en dedans. Les observations que je communiquerai plus loin j sur la différence que présente Texcitalion transversale ou longitudinale de^ fibres nerveuses , se montreront d* accord avec cette hypothèse que je viens d'émettre. Dans ce chapitre, nous chercherons aussi à réfuter Topimon qui pourrait être émise que des différences de résistance de l'épiderme sont mises en jeu (1). Nous y montrerons en même temps les difficultés qui s'opposent à ces interprétations, puisqu'il n'est pas encore établi aujourd'hui, si la plus grande excitabilité appar* tient à la fade interne de chaque ûhte nerveuse ou musculaire, ou si elle appartient aux terminaisons de ces mêmes fibres qui se dirigent vers Taxe des membres.

Pour expliquer, comme je viens de le faire, la contraction galvano-tonique, telle qu'elle se produit pendant l'excitation des tr<mc8 nerveux, j'étais obligé d'accorder une certaine part aux nerfs sensitifs. Mais il est une expérience qui rend bien évidente la part que ces nerfs y prennent. Quoa soutienne son coude de manière à ce que l'avant-bras se soutienne seul , un aide alors appliquera un réopbore sur le point qu'on aura préalablement reconnu , au moyen du courant

^à) On peut se représenter que, par exemple au bras^ la résistance ae toupie bras, y compris répidenne du côté de la flexion, n'est pas aussi grande que la résistance de Tëpidemie qui se trouve du cêté de rextension. Le fait est déjà très-invraisemblable par la circonstance que le point du bras où le nerf radial se rapproche le plus de la peau est, chez tous les tiommes, extrêmement sensible au courant.

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indaitt être le point d*iinmergence da nerf musculaire dans le muscle biceps. (Nerf perforant de Casser.) Par l'autre réophore, de même calibre, on fermera la chaîne composée de vingt à trente éléments de Daniel , en l'appliquant subitement sur le biceps, et en donnant au courant la directioo qu'on aura préalablement reconnue, comme étant la plus coDTenable pour résoudre une forte contraction. Pour le CBS où Texcitibilité du muscle ne suffirait pas à une telle contraction, il faudra Taugmenter en faisant passer tout d'abord pendant trente à quarante secondes le courant constant ; 4e plus, il faudra éviter en fermant la chaîne le nerf cutané, qui a son trajet sur la ligne médiane du muscle ; toutes ces précautions prises^ l'avant-bras sera soulevé par la contraction jusqu'à une. certaine hauteur, mais il retombera dans sa position première dès la fermeture complète de la chaîne. Mais, arrive-t-on à toucher le nerf cutané et à y produire «se forte douleur, non-seulement le bras est soulevé par une forte contraction, mais il est encore après la fermeture de la chaîne retenu par une contraction tonique du muscle biceps i la hauteur à laquelle il était arrivé par la première contraction. L'espérimentateur qui aura assez de patience pour répéter sur lui-même ces expériences douloureuses» se convaincra qu'après avoir augmenté par le courant l'excitabilité du musde, et du nerf sensitif, il pourra arriver aux mêmes résultats en employant uqb force de courant qui produit à peine uoe> sensation douloureuse, et qu'il ne faudra, pour changer une simple contraction de fermeture en une contraction tonique, qu'une excitation centrale relativement très* hiMe.. Comme on loireniarque chez certains individus stfus einolHnment aussi ch^ des hommes paralysés dont' les muidesi présentent une excitabilité augmentée, la simple ferme^ tuie d'une chaîne constante d'une force modérée sur unmusde, suffit, d'après mes observations, pour provoquer une

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contraction tonique isolée de ce muscle; on pourrait donc admettre que dans ces cas il y a toujours en jeu une exaltation simultanée d'un nerf sensitif. Il faut pourtant se rappeler que d*après des expériences sur des animaux» relatées plus haut, il se produit aussi des contractions gaWano-loniques isolées dans des muscles de la face disséqués et séparés des organes centraux; j'ai eu aussi occasion de provoquer sur les muscles si excitables de la face et du cou de l'homme des contractions toniques non douloureuses.

A la vérité la règle est que ces contractions n'ont lieu qu'avec une grande sensation de douleur. On peut donc dire que la contraction galvano-tonique peut avoir lieu sans la participation des nerfs sensitifs ou des organes centraux , mais que, selon la règle, elle ne se produit que par la partielpation des nerfs sensitifs, tant dans le domaine du nerf excité que dans celui du nerf antagonistique.

D'après ce qui vient d'être dit, il semblerait que l'action du courant sur les organes centraux, en tant qu'elle se manifeste dans les contractions gaWano-toniques , se réduirait à provoquer parfois un mouvement dont on n'a pas conscience pour repousser les sensations douloureuses, et par ce fait venir troubler d'une manière médiate les infloenees du courant dans le domaine du nerf parcouru, ou bien i transporter ces influences dans une antre sphère d'action. Mes expériences thérapeutiques cependant m'imposait une autre manière de voir, et me forcent d'admettre qu'en effet la modification provoquée par le courant dans les fibres nerveuses se transmet immédiatement de ces fibres aux orgibes centraux, d'une façon tout à fait indépendante des douleurslprovoquées par le courant, et qu'il existe sans aucun doute des contractions galvano-toniques de muscle qui n'ont lieu exclusivement que par l'exaltation des organes centraux. On trouvera dans la partie thérapeutique de cet ouvrage

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des preuves pins qae suffisantes à Topinion que j avance, surtout dans l'historique des guérisons de contractures paralytiques, et je vais faire suivre ici, à cause de Tintérét physiologique qu'elle présente, une de ces observations fondamentales.

Le 7 août 1856, la femme Scheller, âgée de 37 ans, dans son huitième mois de grossesse, se présente à ma consultation. Dii-huit mois auparavant pendant ses couches, elle fut atteinte d'une attaque d'apoplexie cérébrale, dont les conséquences furent jusqu'à ce jour la perte de la parole , et une hémiplégie de tout le côté droit. La malade boitait, le pied droit était raide, et tourné en dedans ; le bras droit était plus paralysé encore, il existait une contracture de tous les fléchisseurs à partir de l'épaule jusqu'aux doigts ; cette contracture était telle qu'on ne pouvait pas éloigner le bras à peine de quelques degrés du corps, sans employer une très-grande force ; la main était spasmodiquement fermée. Plus tard j'appris que les contractures avaient considérablement empiré sous l'influence de courants induits, auxquels on avait soumis hi malade pendant quatre mois. Immédiatement j'essayai par le courant constant, en employant la méthode que je décrirai plus tard, à résoudre les contractures des muscles de Tépaule ; mais je ne réussis point à produire dans ce cas l'action favorable et immédiate qu'ordinairement je voyais se développer dans des cas analogues. En considération de l'état avancé de la grossesse, je conseillai à la malade de revenir me voir après ses couches.

Elle reparut à hi consultation le 25 janvier 1857. Les couches avaient été heureuses , l'enfant était vivant. Elle m'apprit que le traitement appliqué le 7 août précédent n'avait pas modifié l'état de son bras, mais qu'il avait puissamment modifié la jambe et le pied, ce qu'elle avait immédiatement senti en descendant l'escalier. Depuis celte épo-

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que la marche était plus assurée, et, ce qu'elle n'avait jamais pu faire jusque-là, elle pouyait porfer son pied en dehors. J'appliquai de nouveau, mais sans efietB, des courants sur le bras. Mais les jours suivants ayant fait passer un courant de 20 à 30 éléments de Daniel par le nerf crural ou ses branches cutanées, j*obserrais après trente à quarante secondes, un soulèvement involontaire du bras paralysé, et tant que le courant passait par le nerf crural, on observait même une extension de la main et des doigts (1).

Des effets analogues non passagers mais durables, se produisirent en traitant le nerf sciatique, comme le nerf crural. A partir de ce moment la volonté de la malade eut une influence sur les extenseurs du bras, qui jusqu'alors avaient été paralysés. Cette influence s'accrut petit à petit, en faisant passer comme à l'ordinaire des courants à travers les nerfs et les muscles du bras. Depuis cette époque, j'ai toujours observé qiie, pour obtenir une continuation de Tamélioration à la vérité lente de la paralysie du bras, il fallait de temps à autre y provoquer des mouvements réflexes galvano-toniqueSj qui prenaient leur point de départ dans l'excitation galvanique des cuisseSb

Je me vois forcé d*entrer dans quelques nouvelles explications à propos des doutes qui pourraient toujours s'élever pour savoir si les mouvements réflexes toniques qui se produisaient dans le bras paralysé sont en effet galvano-toniques, c'est-à-dire provenant de modiflcations produites par le courant dans les nerfs cruraux, et se propageant de là aux organes centraux. On pourrait admettre que cet effet n'a été que la conséquence de la douleur^ et ne pas être étonné

(1) J'ai répété cette expérience sur cette femme le 2 avril 1857, en présence de MM. les professeurs Dietriech, d'Erlangen^ Ludvirig Fick, de Marburg et de Gerlach d'Erlangen. [Allgem. med. Central - Zeitung. 1857, n. 32.)

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