CDAP. II. — EXPÉRIENCES SUR L HOMME SAIN
Le 2 mai 1856, je fis par hasard sur rétudiant F..., âgé de 21 ans, robservation suivante : un courant de 26 éléments de Daniell, frappant verticalement la partie du nerf médian qui se trouve au niveau de Tarliculalion radio-carpienne, au moyen du réophore inférieur, et le réophore supérieur fermant la chaîne sur le nerf médian, au niveau du coude; Tangle sous lequel cette fermeture avait lieu, la direction du courant étant descendante, était sans influence évidente sur la force de la contraction d*entrée. Au contraire, je vis, la direction du courant étant ascendante, c*e8t-à-dire placée dans la règle qui doit développer une plus forte contraction, je vis la contraction devenir d'autant plus forte que Tangle, formé par le réophore supérieur et le trajet du nerf, était plus aigu. Supposez ici que les deux réophores se trouvassent dans un même plan avec la prolongation du diamètre de la coupe transversale correspondante du bras. Ayant répété ces expériences sur moi-même et sur les bras d'autres personnes, j'ai toujours constaté le résultat mentionné plus haut, et je formulai alors la loi suivante :
En admettant que le parcours en ligne droite, c'est-à-dire l'application des deux réophores dans la ligne de prolongation du nerf, est le chemin qui présente au passage du courant la résistance la plus faible, la force de la coniraciion JCenr trie^ Vangle dHncidtnct des deux réophores élant différent^ dépend de la facilité avec laquelle le courant traverse le conducteur humide^ et avec laquelle il surmonte la résistance qu'il lui faut vaincre pour arriver au deuxième réophore.
Dans la suite de mes expériences thérapeutiques, je ne pus de longtemps trouver Toccasion d'étudier ce point. Il arriva enfin que, chez un malade affecté de tabès dorsalis^ et qu'un autre médecin avait déjà traité par les courants induits, certains courants stabiles, dirigés à travers les muscles et les nerfs de la cuisse, qui avaient produit déjà de très-favorables
AHT. II. — EXPÉRIENCES PHÉMMIN. MÉTHODOLOGIQUES. 107
ffets, perdaient leur effet subitement, et Tétat du malade mpira même. Il résulta qu'à la reprise des expériences, je bangeai Tangle d'incidence des réophores; dans ce cas, ce fut angle droit, et je réussis à faire revenir le malade à son état ntérieur. Cette observation me suggéra Tidée, pendant Thirer 1856-57, d'examiner, dans les maladies les plus diverses, a manière dont Texcitation se comporte avec Tangle d'incilence du courant. Dans tons les cas, je fis ces recherches sur es nerfs sensitifs, sur lesquels seuls on peut instituer cet exanen sans difficulté aucune^ et sans trop porter atteinte à Tétat lu malade.
Je dus bientôt renoncer à ces recherches, parce que» nonseulement sur les différents malades, mais encore sur différents nerfs d*nn seul membre j'observai dans la réaction des nerb, une telle variété et une telle irrégularité, que, pour le moment, ne pouvant tirer de ces remarques des conclusions Ifaérapentiques certaines, je vis qu'il était impossible d'arriver par cette voie à trouver une loi physiologique capable de régir ces phénomènes.
4® Loi de la eoniraciion dans un sens plus restreint. — Nous parlerons, dans ce chapitre, de ce qu'on désigne, dans un sens plus restreint, comme loi de contraction, c'est-à-dire comment Touverture et la fermeture de la chaîne agissent dans les difierentes directions de courant, par rapport aux effets perceptibles et visibles. Depuis Pfaff (1 793), les physiciens se sont en vain efforcés de formuler cette loi. Â cette occasion, on a constaté, notamment par les recherches de Ritler et de Nobili, que les animaux présentent dans leurs muscles, même immédiatement après la mort, différents degrés d'excitabilité, que ces degrés se succèdent pendant l'agonie, et qu'il existe pour chaque degré une règle particulière de contraction.
On pourrait donc croire qu'il serait essentiel, pour atteindre certain but thérapeutique, qu'il faille traiter plus à fond
i08 CHAP. U. — EXPERIENCES SUA l'hOMIIB SAIN.
cette question , et qu*on pourrait arriver à quelque chose de nouveau en étudiant ces degrés d'excitabilité dans des muscles paralysés ou aSaiblis. Cependant si , dans ce cas, je résume mes expériences personnelles, entreprises sur des hommes sains et malades, qu'il me soit permis, à ce sujet, de présenter robservalion suivante. Il se trouve à la vérité, dans les nerfs de Thomme comme dans ceux des grenouilles, de certains degrés d'excitabilité revenant régulièrement, et qui présentent, à regard de la direction des courants, des réactions différentes. Mais ces degrés d'excitabilité ne présentent pas chez Thomme une concordance puissante avec ceux qu'on distingue chez les grenouilles; ils se montrent déjà à l'état de santé normale, où ils n'offrent pas le moindre intérêt thérapeutique. De plus^ les degrés de l'excitabilité ne sont pas répandus sur tous les nerfs et tous les muscles des membres affaiblis ou paralysés d'une manière uniforme ; mais ils présentent les variétés les plus diverses^ qui dépendent évidemment de l'interruption des voies centrales.
Ces variétés d'excitabilité se rencontrent encore très-souvent dans le cours de l'action répétée du courant constant sur les nerfs paralysés ou affaiblis; parfois même, elles vont si loin qu'on peut à peine les reconnaître. Cependant il faut , dans tous les cas, prendre en grande considération la loi de la contraction dans les membres malades, parce qu'il est à espérer que des recherches suivies sur ce sujet donneront un jour d'importants points d'appui thérapeutiques. Mais il faudra, avant d'arriver à ce point, une connaissance approfondie de la réaction normale des nerfs contre le courant.
Mentionnons ici les résultats obtenus jusqu'à ce jour sur la cuisse de grenouille. Dubois-Reymondtqui a rassemblé d'une manière très-lucide toutes les observations de Pfaff, Lehot, Ritter, Treviranus, Erman, Bellingeri, Marianini, Nobili,
AHT. II. — EXPËRIBNCBS PHÉLIHIN. MÉTHODOLOGIQUES. i09
latteucci, Longet, en résume le résultat en ces paoles (1) :
a L*entrée du courant descendant, et la sortie du courant : ascendant, sont seuleSi dans un certain degré moindre d'ex- ; citabilité, capables de produire une contraction ; tandis que ( la sortie du courant descendant et rentrée du courant as- ( cendant ne semblent pas avoir d'action sur le nerf ; par c contre, dans les degrés plus élevés de l'excitabilité, celte i loi n'a plus de valeur. Dans les derniers cas, les cuisses se ( contractent uniformément dans les quatre moments. »
Gomme parfois on observe sur les troncs nerveux ce que Aarianini et Longet notamment ont toujours observé sur les .*acine8 antérieures « la loi inverte^ » c'est-à-dire que Feutrée Ju courant ascendant et la sortie du courant descendant proluisent une contraction, Dubois se demande si celte inversion ippartient au degré le plus élevé de Tcxcitabilité, à « la vie intacte, » comme l'admet Rilter.
Ce que j'ai dit plus haut (page 89) sur la différence qui ixiste entre la contraction d'entrée et de sortie d*un côté, et la ^ntraction d'ouverture et de fermeture de Tautre côté, doit, lans les expériences de ce genre, et dans tous les cas douteux, être pris en principale considération. Les réophores ftant égaux, on doit produire, au moyen d'un changement le direction de courant, l'ouverture et la fermeture de la chaîne.
Tous les muscles superficiels, entre autres le muscle fron- ;al, et plus encore le biceps, se prélent le mieux à ce genre i'expériences, ce dernier, à cause de son volume, de la faible résistance qu'oppose la peau même qui le recouvre, et de la lacilité qu'on a de bien observer ses contractions. Si l'on veut )ien observer les plus faibles contractions d'ouverture, il con-
(i) Untersfichungen Hier thierische Elektricitàt, t. \, p. 403.
110 CHAP. 11. — EXPERIENCES SLR l' HOMME SAIN.
"vient d*établir Texpérience sur soi-même, et ici sur le biceps, on peut la faire sans aide. Pour cela, il suftil d*une petite table, sur laquelle se trouve fixée verticalement la poignée d'un réopbore, terminé par un pas de vis, pas de vis qui reçoit des boutons métalliques de différentes dimensions.
La loi de Marianini servira toujours ici de règle : le courant descendant produit à la fermeture, après la fermeture, et à Touverture de la cbaine, une plus grande douleur; le courant ascendant, à l'ouverture et à la fermeture, produit une plus forte contraction. Sur moi-même et sur plusieurs autres personnes, j'ai trouvé quavec une certaine force de courants, entre 20 et 30 éléments de Daniell, et en évitant les nerfs cutanés qui rampent sur le muscle biceps, il était possible de produire, avec le courant descendant, de la douleur seulement et une contraction avec le courant ascendant.
Jen*ai pu observer que très-rarement (sur des malades) que, dans ce cas, le courant descendant produisait immédiatement, c*est-à-dire sans agir plus longtemps, une contraction d'ouverture visible et notamment plus forte que le courant ascendant.
On ne peut observer ordinairement des contractions d^ouverture visibles, avec des courants de force normale, qu'après que Faction du courant se trouve avoir agi au moins pendant une minute, et qu on se trouve placé dans des conditions normales (1). De faibles contractions d'ouverture se montrent
(1) Je trouve consigné dans mon journal du 27 mars 1856, Tobser- ▼ation suivante, faite sui* un sain et fort ouvrier, âgé de 24 ans. (Emploi de 20 éiémenls.)
1^ Un bouton métallique embrassait le nerf médian au carpe; courant ascendant ; fermeture, au moyen de l'autre bouton, sur le nerf médian, au niveau du pli du coude. Durée du courant, une minute.
2^ Après un pause d'une minute sans mouvement, couiant descendant d'une demi-minute ; contraction d'ouverture très-forte. *
3® Après une pause d'une minute sans mouvement, feimeture subite au coude par le nerf médian , flexion tonique pern aiieute pendant une quart de minute.
AIT. II. BXPiBIENCBS PHÉLIMIN. MÉTHODOLOGIQUES. 111
lifonnément, tant avec le courant ascendant qu^avec le conat descendant; mais elles ne sont perceptibles que quand la lissance dn courant augmente.
Quand le courant est plus fort (40 éléments et plus même), obsenre des contractions de fermeture, tant a^ec le courant rendant qu'avec le courant descendant. Ces contractions nt cependant plus fortes avec le courant ascendant. On peut ndre ces différences presque insensibles, en changeant Dvent les directions, et notamment en faisanl agir alternarement des courants continus. La loi de contraction s'apique non-seulement aux nerfs musculaires qui ont leur ijet en dehors des fibres musculaires, mais encore comme i Tobserve, surtout au biceps, à la distribution des branles nerveuses dans l'intérieur des muscles. Lorsqu'on sera arrivé à avoir obtenu une force de courant tnvenable pour que le courant descendant ne produise pas
N. B. n ressort maintenant^ d'une manière constante^ que le cou- Dt descendant ne proroque pas de flexion tonique durable^ mais olement une contraction d'ouverture.
Contrôle de cette expérience sur Tautre bras (bras droit], avec la Rérence qa'on commence avec le courant descendant. I* Application du courant descendant pendant une minute. 2® La fermeture avec le courant ascendant produit immédiatement qui n'avait pas eu lieu auparavant, une flexion tonique ; avec le urant descendant, il n'y a eu de produit qu'une contraction d'oùrture.
Une observation analogue est consignée dans mon journal du janvier 1856 ; elle a été faite avec un emploi de 20 éléments, sur le rf médian de Tavant-bras du très-excitable docteur E. W., âgé de ans. Cette observation frise de bien près Y inversion de la loi décourte par Ritter.
I* Avec le courant ascendant la contraction de fermeture est plus rte; il n'y a pas de contraction d'ouverture, lorsqu'après un cerin laps de temps (une minute] on enlève le réophore supérieur. S^Avec le courant descendant la contraction de fermeture manque i est très-faible; par contre, dans les mômes conditions, la coniction d'ouverture est plus forte.
H 2 CHAP. II. — EXPÉRIENCES SDR l'hOMME SAIN.
de contraction de fermeture^ tandis que le courant ascendant développera tme forte, on trouvera des points situés à la partie supérieure aussi bien qu'à la partie inférieure du biceps* qui ne donneront pas de contractions lorsque les réopbores y soBt appliqués dans une direction transversale , c'est-à-dire verticale quant aux fibres musculaires. Lorsque l'électrode positif se trouve sur le bord interne, Télectrode négatif sur le bord externe du muscle pendant la fermeture de la chatne.
Mais, au contraire, il se développera une contraction trèsforte en changeant la position des réophores, et dès qu'au moment de la fermeture de la chaîne, Télectrode négatif se trouvera au bord interne, et Télectrode positif au bord externe du muscle. Si Ton compare, comme je l'ai fait moimême sur le cadavre^ ces phénomènes avec le trajet du nerf dans rintérieur du muscle, on trouvera que ces phénomènes correspondent à deux branches intramusculaires du nerf perforant de Casser, qui pénètrent le biceps dans une direction transversale, tandis que la troisième branche, la branche principale, a son trajet dans le voisinage du bord interne du muscle, parallèlement à ses fibres, et qu'elle s'étend jusqu* au bout inférieur du muscle.
On ne peut aujourd'hui rien constater ni sur Thomme vivant, ni sur des muscles disséqués d'animaux, quant à la manière dont la loi de contraction se comporte par rapport à l'expansion microscopique des fibresnerveuses entre les fibres musculaires.
La raison en est que le trajet microscopique des fibres nerveuses est, comme on le sait, obscurci par le passage, en forme d'anses, d'un faisceau dans un autre (fausses anses terminales), et parce que la manière d'être des fibres iferveuses dans chaque fibre musculaire est encore inconnue.
Quand plus loin nous parlerons des contractions terminales
&BT. 11. — IXPÉRnraCBS PHËLIMIN. MÉTHODOLOGIQUES, i 1 3
les, nons verrons qu'un courant produisant une contrac- I, et dirigé selon la direction des fibres musculaires^ ne met pas de reconnaître une différence de la valeur de la (ction du courant. Il n^est pas rare d'observer une inver- 1 de la loi des contractions sur des membres malades ; il fout pas même une cause centrale pour produire cette insion.
>e l'ai observée, il y a peu de temps, sur la cuisse d'un nme âgé de trente ans, fort et robuste, qui était affecté ne inflammation chronique de Tarticulation coxo-fémo- 3 ; une seconde fois, sur la jambe atrophiée d'une femme «de trente-six ans» affectée depuis six années d'inflamma- Q chronique et de carie de l'articulation tibio-tarsienne. ez ces deux pei*8onnes, les membres correspondants, sains, comportaient normalement. Dans ces deux cas, l'inversion lit complète, et comprenait tous les nerfs de la face d'extenn et de flexion, c'est-à-dire que le courant ascendant proisait une plus forte douleur ; le courant descendant, une is forte contraction. On observe par contre une inversion égulière et incomplète sur les membres paralysés ou affectés tremblement; mais principalement les membres dMndivi- 8 hémiplégiques présentent la plus grande variété dlnveriQ dans chacun de leurs muscles.
A différentes époques, sur le même individu, on peut ob- Ter l'inversion ou la déviation de la loi ; mais il est trèsficile de dire si cela est produit par l'action du courant ou r d'autres causes. L'exemple suivant éclaircira peut-èlre le t. Le 18 octobre 1857, j'examinai la loi de la contraction sur muscles de l'avant^bras d'un mécanicien (n** 475) affecté pois longtemps de tabès dorsalis incipienSy et dont jus- 'dbrs les bras n'avaient pas été affectés. Le nombre des Imeots employés est de 40. Avec le courant ascendant, il se oduisit dans les fléchisseurs une plus forte contraction d'en-
REMAK
114 GHAP. tu — EXPÉRIENCES SUR L DOMME SAIN.
(rée qu'en employant le courant descendant. Ce fui Tinverse dans les extenseurs ; il n'y eut point de contraction de sortie. Dans le nerf médian, le courant descendant ne provoqua ni contraction de sortie, ni contraction d'entrée ; le courant ascendant produisit une forte contraction d'entrée avec flexion tonique.
Le 25 octobre (une semaine plus tard, pendant laquelle le malade avait travaillé), le courant descendant provoqua dans le nerf médian une flexion tonique, et le courant ascendant une extension tonique.
Le 1" novembre» le courant descendant provoqua dans le nerf médian une contraction d'ouverture seulement ; le courant ascendant ne provoqua qu'une contraction de fermeture, avec flexion tonique. Dans le nerf radial, il y eut une contraction de fermeture plus forte qu'avec le courant descendant.
Mais il arrive aussi que les troncs nerveux se comportent différemment des branches nerveuses.
En examinant, le 3 novembre 1857, au moyen de 40 éléments, les bras sains d'un malade affecté de tabès dorsalis incipiens (n® 590), je vis, en opérant sur le nerf médian, que le courant ascendant provoquait dans les muscles animés par ce nerf une forte contraction d*entrée, et que le courant descendant provoquait une forte contraction de sortie. Par contre, le biceps et les autres fléchisseurs se comportaient normalement, c'est-à-dire qu'il se développait avec le courant ascendant une contraction d'entrée plus forte qu'avec le courant descendant, et qu'il n'y eut aucune contraction de sortie. Si donc on admet, ce que les expériences de Harianini et les miennes ont toujours démontré, que le signe d'une excitabilité très-développée est fourni par la contraction de sortie» il faudra dire que» dans le cas dont il s'agit, l'excital^ijy^ du tronc était plus développée que celle des branches. b"" Alt^naliv^ê de Riiter. — Si deux électrodes égaux sont
ART. II. — IIPÉRIENCBS PBÉLIMIN . MÉTHODOLOGIQUES. 115
ces, l'uD 8Qr le nerf médian, l'autre sur le nerf raiiial, au sinagedupii du coude, région dans laquelle ils se trouvent )lu8 près de la peau, et que l'on dirige à travers eux un irant, règle générale» il se produira une contraction dans dooiaine des fléchisseurs, parfois aussi dans le domaine ; extenseurs, et une contraction tonique durable, après la aietnre du courant.
Si maintenant on change le courant sans déplacer les ctrodes, la contraction clonique et la contraction tonique ivent se reproduire parfois plus fortes après la cessation de x>ntraction résultant de Pacte de changement du courant, bien cette contraction clonique et cette tonique antérieure ivent ainsi apparaître dans le groupe des muscles antago- (tes.
Si, dans ce dernier cas, on change subitement la direction courant, la contraction qui s*ctait développée antérieuresnt se reproduit, et cette alternation se produit d*autant LS facilement qu'on change plus souvent et plus subitement direction du courant, et parfois même elle ne se produit, ^ plusieurs changements de direction de courant, qu'avec leul résultat d'augmenter la force, des contractions dans le mainedu groupedu muscle qui a été frappé primitivement. Depuis quelques années, j'ai appelé alternatives de Ritter, i contractions alternatives des fléchisseurs et des extenseurs, physiologiste ayant le premier attiré l'attention sur ce que fléchisseurs et les extenseurs se comportaient differem- Qt à l'égard de directions différentes de courant (i). Sd parcourant les communications de Ritter, on reconnaîbienlôt qu'elles contiennent certaines exagérations dues au lème de philosophie naturelle. Cependant on pourra aussi
l) Beitràge nwr nàheren Kenntniss des Galvani^mus, 1805 1. 11, 13. L'histoire et la critique des données de Ritter se trouvent lignées dans Dubois-Reymond, 1. 1^ p. 313-333.
116 CHAP. 11. EXPÉRIENCES SUR l'hOMME SAIN.
se convaincre que celle mullilude d'observalions ne peut pas être fondée dans toutes ses parties sur des erreurs, sachant combien Rilter était plein d^ ingéniosité et surtout animé d*un grand amour pour la vérité.
C*est pour cette raison que la faible et mesquine critique que Pfaff (i) a faite des données de Ritter vous impressionne peu ; critique qui évidemment ne porte que sur des observations isolées. Et je n*ai pu comprendre pourquoi Dubois- Reymond rejette avec un tel dédain une opinion en faveur de laquelle lui-même relève quelques points d*appui physiologiques. Entre autres points^ je citerai celui-ci, que, sur des animaux tués, Texcitabilité des extenseurs a une plus grande durée que celle des fléchisseurs ; que la destruction de la moitié supérieure de la moelle, comme Engelhard l'a démontré le premier, provoque plutôt la flexion, tandis qu'en détruisant la moitié inférieure de ce même organe, Tcxtension se produit plutôt.
Dubois-Reymond ajoute (2) : a La doctrine de Ritter est « sans nul doute exacte pour ce qui concerne le fait suivant : a qu'à la limite de disparition de rexcitabilité» il n^y a que les «extenseurs qui se coq tractent, mais qu'il est très-douteux a qu'au commencement de Taction, le fait inverse ait lieu. » (Opinion que Ritter avait soutenue.)
Après avoir (en janvier 1856) trouvé sur Thomme les phénomènes énoncés plus haut, j'examinai de la manière suivante les données de Ritter sur des grenouilles qui avaient hiverné dans mon laboratoire.
Je faisais passer su r le réophore recouvert de plaques minces de platine, à l'instar d*un pont, tantôt les nerfs d'une ou des deux cuisses d'une grenouille; et, me servant d'un commu-
(1) Nordisches Archiv fiir Natwrkunde, de Pfaff, Scheel ctRodolphi. 1805, l. IV, stelk. 3, n. XII , p. 3.
(2) Untersuchungen, etc., 1. 1, p. 327.
IT. II. — IXFtlIIlIGn PIÉUIIIH. Wh-HODOLOGIQDES. 1 1 7
r de courant en métal « je dirigeai à travers les nerfs, m direction ascendante ou descendante alternativement, irant constant d'un faible élément de Daniell. 8 expériences me parurent mettre hors de doute que, rentrée on la sortie d'une direction de courant, non pas adébntde l'expérience, mais dans les degrés ultérieurs de itabflité, tous les muscles ne se contractaient pas uniforleni; que l'action portait tantôt sur les fléchisseurs, tantôt Bs extenseurs, tantôt sur les adducteurs, s résultat m'engagea vivement à continuer. Quand je me irocuré dans ce but un grand nombre de grenouilles qui mt passé l'hiver à l'air libre, je fus très-étonné de renrer sur ces animaux, dont Tépoque du rût était passée, à iB des traces du phénomène qui avait fixé mon attention i celles qui avaient hiverné dans mon laboratoire, lus tard, je trouvai par hasard (1) que Ritter avait fait ses riences, si vivement attaquées par ses adversaires, sur la renoe de rexdtabilité des fléchisseurs et des extenseurs, ) servant des grenouilles qui avaient hiverné chez lui ! ^pendant si Fobservation de Ritter se constatait également, \ avec une certaine restriction, sur la cuisse de grenouille, m résulterait pas quel'observation faite sur le bras derhom- 3t citée plus haut, doive être rangée parmi ces phénomènes. li Ton considère que les branches qui pénètrent dans les des, tant du nerf médian que celles du nerf radial, n'ont oujours un trajet parallèle et ne sont pas situées sur un 16 plan, on verra que dans les conditions admises plus , un changement de courant aura pour conséquence de ler certaines branches de l'un ou de l'autre nerf alternaient dans la direction qui est la plus favorable à la proton de la contraction. On concevra aussi qu'une certaine
Duboii*ReymoDd, Untenuehungen Uber thierische Slectricitàt, 1.389.
118 GBAP. II. — EXPÉRIENCB8 SUR l'hOMMB SAIN.
part peut être prise par la direction transverse du courant mentionnée (page 102). A cette explication Tient s'opposer la circonstance, que j*ai également observé une alternative analogue dans le changement de courant, et je trouve cette observation consignée à plusieurs reprises dans mon journal, que» lorsqu'un des électrodes embrassait le nerf médian et le nerf cubital au niveau du coude, et que Pautre électrode embrassait les mêmes nerfs au niveau de l'articulation radio-carpienne, l'objection faite plus haut n*avait plus de valeur.
Il est vrai d*ajouter aussi qu'à cette époque je dirigeai mon attention vers ces points, et que depuis je n'ai pas cru devoir reprendre ces eipériences, parce que la valeur tkiraptutique des alternatives de Ritter me paraissait être très-restreinte.
Il y a peu de temps cependant que j'ai eu occasion d'observer les allernatives de Ritter d'une façon qui, je le crois, est à l'abri d'objections sérieuses. Ce fut sur un homme de cinquante ans, atteint de crampes opiniâtres (crampes d'écrivains).
Chez ce sujet, sur lequel existait une anomalie de l'artère brachiale, qui permettait à l'expérimeotateur de couvrir avec un réophore d*un demi-pouce de longueur à la partie inférieure du bras, le nerf médian et le nerf cubital, à Tangle qu'ils forment en se séparant, tandis qu'un deuxième réophore reposait sur le nerf médian seul, à côté du tendon du biceps, au niveau du pli du coude. Dès qu'on faisait paner par les ner& un courant de 30 éléments de Daniell, et qu'on changeait toutes les trois à quatre secondes la direction du courant dans le changeur métallique, il se produisait avec une remarquable constance, et sans aucune exception, arec le courant descendant une contraction momentanée et one sensation excentrique, exclusivement dans le domaine 4a. nerf médian. Avec le courant ascendant, par contre, les mêmes phénomènes se produisirent exclusivement dans le
T. II. BXPÉRIKNCBS PRÉLIXIN. MÉTHODOLOGIQUES, i i 9
jne du nerf cubital. Le malade, sansélre questionné» en
t, i son ^rand étonnement, la remarque, en ce qui con-
it la sensation perçue dans le bout des doigts. Sur l'hom-
ain, ces expériences physiologiques sont difficiles, et ne
eut pas lieu à des résultats bien précis. Des observations
ilogHjoes et thérapeutiques nous donneront plus tard
résnlials plus positifs, sur la manière dont les nerfs
éehissenrs et des extenseurs se comportent à Tégard des
directions de courants. On pourra, non-seulement étu-
œtte question sur les nerfs moteurs, mais encore sur les
sensitib. Les cas ne seront pas rares, où le courant des-
anl excitera plutôt les nerfs sensitifs ou moteurs des fié-
lenrs, et qne ceux des extenseurs seront plutôt excités par
nirant ascendant. L'inverse de la règle pourra se pro-
e, ou sur un seul, ou sur les deux ordres de nerfs à la fois;
) inversion même pourra être restreinte à quelques nerfs
[oelques muscles isolés.
Différentei espèces de cimtractions. — Sans faire d'efforts, ent distinguer des contractions sensilives et des conlraci motrices. Car ce que les malades désignent ordinairet sous le nom de contraction, est plutôt une sensation laite dans un nerf sensitif, par rentrée, la sortie, ou une t oscillation d'un courant, qu'une véritable contraction cnlaire, qui proToque peu ou à peine une sensation. li déjà dit plus haut ( page 87) qu*à Touverture de la ae, il y a une contraction musculaire d*autant plus facile, n courant parcourt plus longtemps le muscle. On peut re ajouter que cette augmentation de la contraction peut ire sans que Ton touche le muscle, en faisant simplement sr le courant par le tronc nerveux, ce qu'on peut voir le manière évidente sur le nerf médian, lorsque les musde l'aTant-bras sont dans leur état normal (1). On ob-
) Voyes plus haut, p. 95.
120 CHAP. II. — EXPÉRIBNGES SUR l'hOMMB SAIK.
serve parfois, quand reicitabilité est déprimée > que Taugmentation d'excitabilité produite par le courant continu n'est que locale.
La vivacité de la contraction momentanée , provenant de cette augmentation, dépend alors, comme Télectrolyse, de la durée et de la force du courant, et elle est évidemment proportionnelle au produit de ces deux facteurs. La circonstance que l'influence de la durée est plus évidente que Tinfluence de la force du courant, s'accorde avec cette manière de voir.
La contraction momentanée qui a lieu à l'entrée et à la sortie du courant, peut s'appeler clonigue. Elle diOere dans son apparition, selon l'instantanéité de l'interruption (dans le commutateur de courant), et selon les oscillations que subit la densité du courant à son entrée et à sa sortie. Je me suis étendu plus haut (page 68) sur la manière dont une telle contraction, après et pendant la fermeture de la chaîne, peut passer à Tétat de contraction toniguej et quelles sont les conditions dont ce phénomène dépend.
Il est très-important, sous le rapport thérapeutique, de connaître les contractions labiles, que le premier j'ai observées sur l'homme. Ces contractions sont provoquées dans le nerf musculaire ou dans le muscle, sans interruption du courant, par de simples oscillations de la densité de courants, d'après la loi formulée par Dubois-Reymond, selon laquelle le muscle répond par une contraction, non-seulement à l'interruption, mais encore à l'oscillation du courant (1).
Lorsque l'excitabilité est suffisante , ou qu*elle est augmentée artificiellement par le courant, on produit des contractions labiles en changeant de place, la chaîne fermée, Tun ou les deux réophores, sans interrompre la communication des enveloppes humides avec la peau. Les fibres du muscle,
(1 j Voyez plus haut, p. 64.
AIT. 11. — SXFfERmiCBS PRÉUMIN. MÉTHODOLOCIIQUES. 121
Dcbëes par le réophore en mouvement, se contractent, tan- I que celles que le réophore abandonne se relâchent. Si le ophore en mouvement suit sur le muscle le trajet du nerf, aies les âbres musculaires dépendantes du nerf sont mises [ jeu, quand Tezcitabilité est forte; celles qui se trouvent acées en dehors de la chaîne, le sont à un bien moindre deré; de sorte qu'il peut paraître que Taction locale sur les bres musculaires est prédominante. Une excitation labile lalogue dans le tronc nerveux, dans laquelle les fibres lusculaires ne sont pas comprises, produit une contraction inique indéterminée, selon que le réophore rencontre dans m parcours nne plus ou moins grande résistance. Dans des as qui 8*y prêtent, on peut faire ces observations, non-seuunent sur les extrémités, mais encore sur les muscles de la aïoe et snr le nerf facial.
L'effet local du courant, sur des fibres musculaires isolées, 3 montre d'une manière frappante dans l'excitation labile irminale d'un muscle. J'appelle ainsi cette action labile du durant, dans laquelle les réophores ne sont en contact qu'a- BC les terminaisons des fibres musculaires qui s'insèrent aux sndons, et glissent sur elles. ;
CTest sur le muscle peaucier qu'on observe on ne peut lieux cette contraction. Pendant que les réophores glissent or la clavicule, il semble parfois alors que les contractions snt d'autant plus vives, que les réophores agissent plus près e leurs terminaisons. J'ai fait une semblable observation sur s muscle frontal, dans un cas de paralysie faciale. L'excitaon terminale des fibres musculaires, au moyen de courants ibiles, provoque dans les muscles plus courts, par exemple s muscle frontal, le deltoïde antérieur (1) ou le rhomboïde,
(1) J'appelle ainsi la portion antérieure de ce muscle, qui, d'après es observations de Hyrtl'a et les miennes (voyez, Deutsche Klinik,
12â CHAP. 11. — EXPÉRIENCES SUR l'hOMME SAIN.
une contraction qui frappe presque uniformément sur toute la longueur de la fibre; dans les muscles plus longs, comme dans le peaucier et le trapèze, la contraction loisible ne s^étend pas jusqu'à Tautre bout du muscle ; mais elle se perd au delà de la moitié. Vu le petit nombre de muscles et de cas qui se prêtent à ces expériences, je n'ose pas formuler une loi qui régit ces différences. 11 est plus que présumable que dans ces cas, le point d*immergence du nerf, sa subdivision en branches dans le muscle, la conductibilité musculaire donne la règle : en d'autres termes, que l'effet se restreint sur la fibre nerveuse qui pénètre dans une fibre musculaire; que cet effet est incomplet dans les cas où le courant ne suffit pas pour exciter la fibre nerveuse dans toute sa longueur» ou bien encore dans les cas où une fibre musculaire reçoit deux ou plusieurs fibres nerveuses dont le trajet se fait en sens opposé (1 ). La ligne d'insertion du deltoïde et du trapèze» à l'épine de l'omoplate, se prête le mieux à cette recherche; et de cette ligne on peut , au moyen des mêmes réophores, provoquer simultanément une contraction complète dans les fibres du deltoïde, et une contraction incomplète dans celles du trapèze. Il est donc évident que tous ces phénomènes peuvent
i856, ma réponse à Dachenne^ de Boulogne), reçoit constamment une branche des nerfs thoraciques aDtérieurs.
(2) Les terminaisons libres de fibres musculaires qu'on trouve dans rintérieur des muscles (RoUet), et qiii ne sont que des représentations abortives des insertions tendineuses, doivent être prises ici à peine en considération. Mais nous ne pouvons pas passer sous silence que, jusqu'à ce moment, nous ignorons encore si chaque fibre musculaire reçoit une ou plusieurs fibres nerveuses. On peut à peine douter qu'une fibre nerveuse puisse animer plusieurs fibres musculaires , et ceci par subdivision en branches, par la raison que> dans quelques grands muscles, le nombre des fibres musculaires l'emporte de beaucoup sur les fibres nerveuses qui y pénètrent. Le cas le plus favorable, sous le rapport thérapeutique , serait si chaque fibre nerveuse se rendait par divisions progressives à toutes les fibres musculaires.
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e eoTisagés comme une expression de rirritabilité de Hal- , si Ton admet que dans le cas donné , le courant frappe médiatement la fibre musculaire, sans l'entremise de la re Derveuse.
L'efiet mécanique de la contraci ion labile est pins grand que a ne semble parsdtre au premier abord . Chez des personnes ligres, la peauducou sesoulèreen saillies prononcées, lorselesfibres dupeaucierentrentrune après l'autre en contraca labile, dès qu'on promène les réophores sur la clavicule, osle sens transversal à la direction du muscle. Le raccourflemeot est encore plus puissant lorsqu'on promène les réobores dans le sens longitudinal . L'effet mécanique est presque duit à zéro sur des muscles qui s* insèrent aux os, lorsque le ophore glisse d*ane fibre à l'autre dans le sens transverse par ipportaa muscle. Mais on peut accroître l'intensité de cet eft, jusqu'à produire, par exemple, le soulèvement complet de main, lorsque l'avan t-bras étant convenablement souten u , le opbore se meut sur les extenseursde la main qui pend libreent, iongitudinalement sur le muscle^ et que le réopbore oise dans ce mouvement les faisceaux nerveux plus forts qui trouvent dans le muscle, transformant ainsi la contraction bile en une contraction tonique augmentant par degrés. Cette expérience anéantit d'un seul coup les espérances l'auraient pu concevoir, en faveur de leur doctrine, ceux 8 physiologistes qui, encore aujourd'hui, défendent Topion de flaller. Ce que je viens de dire a également un cer- In poids par rapport au fait qu'il y a parfois des contrac- )n8 labiles sous le réopbore qui est en mouvement, et non U8 celui qui est en repos, lorsque tous les deux réophores, acés i'uD à côté de l'autre, touchent la terminaison du uscle, par exemple celle du peaucier.
En renversant Texpérience, c*est-à-dire en mettant en onvement le réopbore qui était au repos, et en mettant au
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repos celui qu'on mouvait, les mêmes fibres se contracteront ordinairement, c'est-à-dire celles qui, en apparence, possèdent un degré d'excitabilité plus élevé. On peut répéter cette expérience sur une plus grande échelle, sur des groupes entiers de nerfs et de muscles par exemple. Si Ton applique l'un des réophores sur un point quelconque du nerf médian , du côté de la flexion, du bras ou de Tavant-bras, et qu'on promène Tautre réopbore sur le nerf radial ou sur ses branches musculaires motrices, les fléchisseurs resteront en repos, et les extenseurs seuls entreront en mouvement labile, si toutefois ces derniers possèdent une excitabilité plus élevée, ce qui est parfois le cas, et ce quon découvre facilement en renversant Texpérience.
Dans des cas pathologiques où les extenseurs manquent complètement d*excitabilité, leur excitation labile mettra cependant, dans les mêmes conditions, les fléchisseurs en mouvement.
Il peut se rencontrer des cas où l'excitabilité des deux groupes des nerfs et des muscles, par exemple des fléchisseurs et des extenseurs de i'avant-bras , n*offre pas de différence tranchée, en tant qu'on peut le constater par l'emploi de courants de force et de directions égales, à leur entrée et à leur sortie dans les muscles, prenant aussi en considération les différentes résistances présentées par la peau. Mais dans ces cas aussi, le courant, embrassant ces groupes nerveux et musculaires, ne contractera pas les parties touchées par le réopbore qui se trouve au repos, si le deuxième réopbore est en oscillation (unipolaire), le courant provoquera, par contre, des contractions labiles dans le domaine du réopbore oscillant.
A première vue, ce phénomène surprend. Il faut en rapporter la cause à ce qu'évidemment le réopbore en mouvement produit, non-seulement un continuel changement de la grandeur de la résistance pour les parties qui se trouvent
AIT. n. — BXPÈRIBIICIS nftLmill. H^nODOLOSroUES. 1S5
dtni la ligne de commuaication, circonstance qui est loto de luaaer indifféreals les nerfs et les muscles qui se trouvent dans le domaine du réophore au repos, mais encore que le réofbote qui te meut expose, lui aussi, à la plus grande densité da conranl, alternatÎTemenl diCTérentes fibres nerveases ou motrices, nonvelle circonstance ne devant produire que des ecmlnGtions labiles dans le domaine de ces fibres nerveuses. On comprendra maintenant c<Mnmenl parfois, même dans l'iotérieur d'un muscle, l'oKillatioa de l'un des réophore^, lyaot lieu avec ou sans interruption de la chaîne, et dans duque direction de courant, puisse produire un effet local ^Ds fort que l'oscillalion de l'autre réophore, si tous les deux lemenvent toujours sur le même plan. Ce fait expliquera lossi k seos pbysiolt^que de ce que j'ai appelé anlérieurem.ent(\)oUemalit)tipolairei, c'est-à-dire alternatives dans les- ]uelEOn éloigne lanlAt l'un, lantAt l'autre des pAles. Oncom- >rendra en même temps la possibilité d'exposer, par le fait l'une seule chaîne, deux groupes de nerb ou de muscles, à ine excitation labile inigaU, excilalion dont je ferai moioéme plus loin un usage trës-élendu.
Il faudra rattacher aussi à des effets locaux d'oscillations de Durants, des phénomènes qui se passent sur des membres rës^xcitables, et qui rappellent à l'esprit la distinction faite ar Harianini, de la contraction idiopathique, et de la conracUon sympathique (page 1 7). Je veux parler ici du cas où n courant traversant un nerf moteur, le nerf péronier par umple, produirait, même à sa sortie, une contraclioo dans fl muscles qui dépendent de ce nerf, tandis que des courants une égale ou d'une plus grande force, traversant les muses mAmes, ne provoqueraient pas, dans les mêmes circonaoces, de traces de contraction. Si maintenant on applique
(1) AUg. mtdtc. Central Zeitmg. ISBI, 32* numéro.