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ART. II. EXPÉRIENCES PRÉLIMIN. MÉTHODOLOGIQUES

UD exanthème» lorsque ce contact est ou continu, ou qu* il n'a lieu que par de courtes interruptions. La sensation de chaleur et de brûlure se produit parfois sans traces de rougeur, de même aussi qu*il y a souvent rougeur, sans sensation de brûlure et de chaleur. Il est donc à peine permis de douter que la sensation de brûlure, de même que celle du fourmillemeot et de la douleur, nait de Texcitation des nerfs sensitifs et non d*une dilatation des vaisseaux sanguins, qui ne produit que la rougeur, comme une expérience sur la peau, semble le démontrer. Je n'ai pas encore eu occasion d*observer que la contraction précédât cette dilatation des vaisseaux.

U faut seulement noter ici que la rougeur, c'est-à-dire la dilatation des vaisseaux chez Tbomme, est d'autant plus forte, et se produit avec d'autant plus de rapidité, que le courant, sans être interrompu, subit des oscillations plus grandes et plus souvent répétées. On peut aussi au moyen du courant électro-magnétique la produire, mais à un degré inférieur ; avec le courant magnéto-électrique dont la puissance électrolytique est plus forte, on obtient cette rougeur plus facilement encore. En résumé : la rougeur delà peau ou la dilatation des vaisseaux sanguins est en général proportionnelle à la puissance électrolytique du courant employé, et dans les oscillations artificielles de courants, elle n*est probablement augmentée que par une modification de la polarisation.

U faut, dans ces cas, prendre en considération la dilatation des vaisseaux sanguins qui, comme nous le verrons plus tard, a lieu jusque dans les parties profondes des tissus ; et par ce fait, elle devient un puissant moyen de développer la mutation ou l'échange de la matière dans des membres malades.

Chez certaines personnes en apparence bien portantes, ou qui du moins n*ont pas d'affections des organes centraux ou dn sangi il est remarquable de trouver que l'emploi des cou-

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rants même les |lus forts et les plus douloureux provoque à peine une rougeur à la peau.

Dans certaines affections des organes centraux, dans le tabès dorsalis^ par exemple, le phénomène cité plus haut est très-fréquent. Tiendrait-il à ce que les nerfs sensitifs sont en général très-émoussés dans cette affection? La rougeur dépendrait aussi de la sensation, ce qui n'est pour le moment aucunement confirmé.

Communément la rougeur est circonscrite à la circonférence de la surface de contact ; dans quelques cas, elle présente un cercle plus large, qui se perd uniformément en tout sens. Il est plus rare encore de voir apparaître des taches rouges isolées dans les parties de la peau qui avoisinent le cercle galvanique, pendant Faction du courant continu.

On voit se produire lorsque la rougeur n'apparait pas, ou quelquefois simultanément avec elle, la chair de poule, c'est-à-dire la proéminence en forme de cônes des follicules pileux, qui se répand alors sur tout le membre frappé par le courant. Ce phénomène qui, chez certaines personnes, peut être provoqué par un léger contact ou une compression de la peau, ne mérite pas d'être cité comme étant un effet particulier du courant.

Après une action de quelques minutes par exemple, d*un courant sensible, on voit apparaître, au milieu de la rougeur, soit au pôle zinc ou aux deux pôles à la fois, une éruption passagère ; les éruptions sont formées par des vésicules, papules, ou des plaques saillantes très -prononcées. Ce ne sont donc, à proprement parler, que des exagérations de la chair de poule, c'est-à-dire des modifications des follicules pileux tuméfiés, et parfois très-confluents comme dans Furticaire. Ces éruptions ne se rassemblent jamais aux deux pôles.

Quand le courant a une action plus continue, les ouver-

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ores des follicules pileux sont parfois tellement altérées, (D'elles apparaissent comme des trous, à l'œil au.

Je ne saurais décider pour le moment, si ces diverses mo-

UBcatioas se rapportent aux fibres musculaires, et quelle

•t la part que ces deroiers y preDuent. Il me parait hors de

loate cependant que cet épaississement de l'épiderme qu'on

ibserre dans tous ces cas, provient du gonflement de ces

ellules. Quelques auteurs ont observé des phifctèaes ; pour

na part je en n'ai jamais vu : cela tient peut-être à œ que

m'emploie pas des courants assez forts ponren produire.

J'ai, par contre, remarqué quelquefois de faibles ecchy-

ootes, c'estrà-dire, une extravasation de corpuscules san-

WDB, de petits vaisseaux, et, quelquefois aussi, aux points où

l s'était développé des éruptions passagères, une desquama-

on légère de l'épiderme.

L'augmentation locale de la température sa montre dans

!S membres par lesquels on fait journellement passer des

)araDt8 pendant un certain laps de temps. Cette augmenla-

OQ est moins sensible dans les muscles actifs que dans les

iicolatioDS, dans les cas où le courant frappe ces dernières

■xAes, de sorte qu'il paraîtrait que l'activilé musculaire

>mpense la dilatation des vaisseaux, produite par le courant :

I faitse trouvera consteté plus loin par des expériences com-

iratives sur des grenouilles.

Un muscle, parcouru par de forts courants, reste plus laud. pendant des jours entiers, qu'à l'état normal, quoil'oD n'y découvre aucune trace de rougeur. Dans l'état acbI de la science, on ne saurait dire si c'est un effet chimique osécntif de l'éleclrolyse, ou bien une dilatation profonde ■ Taisaeaox cutanés, qui joue le rdle principal dans ces phémènes. La manière dont les parois musculaires se cornrient envers le courant, semble régler Taugmenlation ou dinaiDUtion de la température.

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L*observaiion suivante peut en servir, pour ainsi dire, de preuve : Sur un de mes malades, remploi de forts courants sur l'articulation du genou, abaissait de quelques degrés la chaleur de cette région, et cet abaissement de température durait plusieurs heures. Je reviendrai d'ailleurs , en parlant du traitement des rhumatismes, sur cette question.

§6* — Effets da coarant Bur le Tolnine et les fonction •

des nin«cle« et des nerfs.

Je ne ferai que toucher ici à cette importante question, résolu que je suis de la traiter à fond dans la partie thérapeutique de cet ouvrage. Nous trouvons comme résultat final que sur les muscles, le courant constant, dans son effet labile, a la propriété de dilater non-seulement les vaisseaux sanguins, qui y rampent, mais encore de produire un certain gonflement des fibres musculaires elles-mêmes et d'accrottre ainsi leurs facultés endosmotiques. 11 diffère en cela du courant induit, qui diminue la faculté endosmotique et les fonctions des fibres, lorsque son application a lieu sous une influence centrale anormale, et que le raccourcissement et la rigidité musculaire persistent.

Comme mes observations thérapeutiques apprennent que les fibres musculaires gonflées par des courants constant^:, labiles, gagnent simultanément en aptitude mécanique de fonctions, il parait à peine douteux, que cette dernière faculté se trouve être dans un certain rapport avec les facultés endosmotiques des fibres musculaires. Il n*y a rien d* étonnant dans ce fait, puisquMl faut, pour que le muscle puisse fonctionner d'une manière normale, qu*il se produise en lui une continuelle mutation de matière, mutation qui ne peut avoir lieu sans absorption de liquides. Nous voyons aussi, ce que Garlisle (1800) avait déjà découvert, que la faculté endosmotique des fibres musculaires disparait avec la

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rigidité cadayérique. On ne peut encore décider si le courant agit d'une manière analogue sur le tissu des nerfs. 11 faut seulement noter, que le cylindre qui est dans l'axe des fibres nerveuses et que j*ai découvert en 1837, se gonfle quand, à rétat frais, on le met dans un liquide aqueux. D'après mes nouyelles recherches (1), ce cylindre perd cette faculté quelque temps après la mort, où il est pris subitement, comme les fibres musculaires, d'une espèce de rigidité cadavérique. De plus, je sais par mes observations antérieures, qu'en tétanisant au moyen de courants induits une cuisse de grenouille, les fibres nerveuses comme les fibres musculaires, prennent une plus grande faculté de résistance, de sorte qu'elles ne se contractent pas si facilement qu'à l'ordinaire quand on les soumet à une traction ou à l'influence de Teau.

Lorsqu'on poursuit par l'examen microscopique les fibres nerveuses dans l'intérieur du muscle tétanisé, on peut se convaincre aussi d'une manière surprenante, par leur netteté et l'intact de leur contour que l'on aperçoit très-bien alors, qu'elles ont gagné plus de dureté. D'un autre côté, je crois avoir vu, qu'en soumettant longtemps une cuisse de grenouille à l'action d'un fort courant constant, les fibres nerveuses, comme les fibres musculaires, deviennent plus molles, et plus sensibles à l'action de l'eau.

En tout cas, de nombreuses observations thérapeutiques ont constaté que le courant constant, même lorsqu'il agit sur les nerfs presque d'une manière continue, met ces nerfs dans un état propre à receyoir l'influence de la volonté; c'est-à-dire, qu'il ritahlit la faculté de fonctionner qui a été perdue^ et que chez bien des personnes dont les muscles ont, par des causes diverses, perdu leur volume normal, on peut

(1) Amtlicher Bericht dw Wiesbadener Versammlung der Naturforscher und Aeriie, i 852. [Comptes rendus de l'Académie des sciences de Paris, séance du 22 septembre 1856).

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épaissir visiblement leurs muscles atrophiés, en les soumetlant à des contractions labiles. Cette augmentation de volume se restreint aux fibres qui entrent en contraction labile : ce fait rend yraisemblable que l'épaississement a lieu par absorption de liquide de la part du muscle, dont le courant augmente alors les fecultés endosmotiques, au moment de la modification de forme que la fibre musculaire subit en se raccourcissant. Une autre circonstance qui semble parler en faveur de cette opinion, est que déjà on observe, mais à un moindre degré, répaississement du muscle^ après y avoir fait passer un courant presque stabile, et qne le muscle se contracte sous l'influence de la volonté. J^ai eu occasion de faire cette observation notamment au commencement de mes expériences, époque à laquelle je n^employais pas encore les couranis labiles.

Je renvoie pour de plus amples renseignements sur cesujet, à la partie thérapeutique decet ouvrage, dans laquelle je traite des paralysies et des atrophiés, et où le lecteur trouvera les conséquences qui découlent de ces propositions, pour l'emploi méthodique du courant tant induit que constant dans l'atrophie ou la faiblesse des muscles.

§ 7. — Effets aecesMiirea ém cMtrant.

Il est impossible de limiter d'une manière absolue l'effet d'un courant sur un nerf ou sur un muscle. En tout cas, une excitation de la peau, de ses nerfs et de ses vaisseaux sera inévitable. On verra aussi que plus le courant aura de durée, plus il se répandra en dehors de la ligne droite de communication des deux électrodes, au n^oyen des fermetures accessoires produites par les tissus. Il faudra toujours prendre ce fait en considération dans Tévaluation de la valeur thérapeutique des effets de courants stabiles sur les organes centraux

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oneor d'autres orgaaes plus éloignés. Il conTieDdra aussi de mettra sa ligne de compte les inconslances du trajet et de la diTuioD des nerfs, qoi d'après mes recherches sur l'homme sont bien plus fréquentes qu'on ne se l'imagine en lisant les tnités didactiques d'anatomie.

Veut-on faire agir des courants sur les nerfs, etyeut-on s'oisurar qae «es derniers sont en général en état d'atteindre la but proposé? pour les nerfs moteurs, il n'est qu'un moyen : c'est de a'assnrer si l'interruption du courant prOToque ane contraction momentanée; dans bien des cas, au contraire, pour lea nerfs sensitifs, la seDsalion excentrique, si l'action du courant est continue, servira pour connaître si toutes les fibres du nerf subissent d'une manière uniforme l'influeDce du courant. 1) est tm» entendu que pour les expériences physiolc^iqnes, bien plus encore pour les expériences tbérapeutiqueSf il bndra une connaissance approfondie du trajet et de l'expansioD périphérique des nerfs eensilifs, ou tout au moins de leurS' principales branches.

GqNiadant, en voulant agir sur des nerfs sensitifs, on ne saurait éviter dans beaucoup de casque les nerfs moteurs qui lenr sont soas-jacenlsi ainsi que les muscles, ne soient simultanément frappés par le courant. Pour annihiler cette actiob simnltaDée, il fandraît se contenter de faire agir le courant sur les parties, à la vérité très-limitées des nerfs sensitifs, qui passent sur les articulations, ou bien encore sur leurs terminaisons, dans les dernières phalanges des extrémités. Une des méprises les [dus étranges introduites par Duchenne dans la science, c'est d'admettre qu'un courant induit, en produisant une douleur ou une contraction localisée, n'agisse pas dans le mdme temps sur les autres tÎBSus parcourus ou voisins. Seulement, puisque la quantiii d'électricité n'est alors que trèspetite, la valeur thérapeutique des fermetures accessoires (coaraats dériTéa)du courant induit ne sera pas si importante

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que dans Inapplication d*un courant constant qui impressionne un nerf sensible ou moteur. En dehors des effets accessoires dont je viens de parler, il en existe d'autres encore qui se rattachent particulièrement aux nerfs des sens et à Tencéphale. Aussi, certains individus accusent déjà un goût métallique cuivreux, ou bien aigre ou amer, lorsqu'on soumet un de leurs bras ou une de leurs jambes à l'action d'un fort courant. Fait-on agir des courants d'une certaine force dans le voisinage de la tète et du cou, principalement à la nuque, ce goût se développe chez beaucoup de sujets. Il se produit d'autant plus facilement que le courant agit plus près des nerfs de b langue ; cependant, chez certains individus, il se produit plus difGcilement que chez d'autres. 11 existe des cas où des courants agissant sur la face, dans le voisinage de la parotide, provoquent une plus forte sensation de goût, que lorsqu'ils agissent sur le nerf glosso-pharyngien, soit même dans la bouche. A ces diverses sensations de goût, se joint souvent une plus forte salivation. Il est des malades qui prétendent que la salive a un certain goût, d'autres au contraire désignent la langue, parfois même des points déterminés du bord et du bout de cet organe^ comme les points de départ de cette sensation de goût purement subjective.

La sensation de lumière se produit, non-seulement lorsque la tête ou la face sont frappées par le courant, ou, comme disent les plus anciens traités d'anatomie, lorsque la division du trijumeau est touchée, mais bien encore elle se produit très-facilement lorsqu'on excite la nuque chez certains individus. Je connais moi-même plusieurs malades affectés de tabet dorsalisj ou d'atrophie, chei lesquels un fort courant, frappant les premières vertèbres dorsales, développe de vifs éclairs dans les yeux. Chez d'autres individus, au contraire, on provoque à peine ces éclairs, en faisant même passer le courant dans le voisinage des yeux. Je n'ai pu développer

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ces éclairs en employant les plus forts cooranls sur les yeux méroes, dans un seul cas d'amaurose centrale aiguë. Depuis, j'ai constaté dans plusieurs cas d'amaurose centrale que l'action du courant constant sur la sensation de lumière est en raison de l'étendue du champ de vision.

Il n'existe pas d'eRels accessoires sur l'organe de l'ouïe. On produit avec difficulté des sensations de son, en dirigeant des courants forts d'une oreille à l'autre, ou d'une oreille à l'apophyse mastoide, ou à l'occiput (I). Un eflel accessoire q»i a lieu fréquemment quand des courants frappent la tète, le cou ou la nuque, est le vertige. Il se produit plus rarement pendant la durée du courant continu qu'à l'ouverture de la chaîne. Ce vertige consiste dans une oscillation passagère de la tête vers le c6té de l'électrode qu'on éloigne. On pourrait dire que ce vertige est une contraction momentanée d'ouverture de la substance nerveuse, qui, par son entremise amène l'équilibre du corps. Rarement j'ai observé le vertige àl'entrée du courant dans les tempes.

Il est cependant digne de remarque, qu'il existe à la partie supérieure du cou, au bord interne du muscle stemo-cléidomastoidien, là où, en y appliquant le doigt on perçoit les battements de la carotide, un point dont l'excitation, même par de faibles courants (dix éléments Dan. environ], provoque dans ungrand nombre de cas, un très-violent vertige. Comme, chez les mêmes personnes, ce phénomène ne se produit pas facilement lorsqu'on fait passer même de très-forts courants, suivant le trajet de la carotide, du nerf vague, du nerf sympathique, ou par la nuque , il semblerait presque que la cause de ce singulier phénomène pourrait être rapportée au ganglion supérieur du nerf sympathique, ou au ganglion voisin du nerf vague. Il est vrai de dire aussi que, chez d'autres su-

(l)Voirplu8baut.p. 4i.

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