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CH.IP. II. — KXPÉRIKKCES SUR L^HOMME SAIN

montre i)as, pendant Taction de ce cofurant, la faculté de répondre par des contractions momentanées du muscle à des excitations d^une action éprouvée. Il est évident que, quand même cette obserration pourrait être constatée sur Torganisme humain intact, elle ne justiGerait pas encore, dans le véritable sens thérapeutique, la désignation du courant constant comme courant paralysant.

Déjà, en faveur de cette opinion^ militent les observations d*Eckard et de Pflueger qui portent sur les modiGcations eztrapolaires différentes , que présente l'excitabilité dans un nerf parcouru par un courant constant selon la direction du courant polarisant et excitant ; modifications qui, dans certaines circonstances, donnent lieu à une augmentation même de Teicitabilité. Comme jusquMci il n'a pas encore été possible de répéter sur Thomme les diverses expériences faites sur la grenouille, il faudra donc nous contenter d'avoir trouvé, pour le moment actuel, par nos recherches entreprises dans un autre sens sur l'homme sain, que Tintroduction de courants constants, par lesquels on produit des effets locaux perceptibles ou visibles dans les nerfs et les muscles, que cette introduction fait reconnaître avant tout le courant constant comme étant un moyen d'exciter les nerfs sensitifs et moteurs, et d'en augmenter Toxcitabilité dans les limites de la douleur causée par le passage de ces mêmes courants à travers l'organisme. Il est inutile de montrer combien ce résultat s^éloigne des hypothèses qui nous avaient servi de point dedépart, et d'après lesquelles on considérait en général l'effet du courant comme paralysant ou du moins comme hypos-ihiniiant.

Pour être vrai, j'avouerai qu'à l'époque où je fus obligé (juillet 1856) de cesser mes expériences sur l'homme sain, j'étais bien loin de regarder ce résultat dans le sens qui me fut bientôt imposé par une longue série d'observations thérapeu-

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liques, et que je fis valoir dès lors dans ma commuaicalion foilfl à l'Académie des sciences de Paris, le 22 seplembre 1856.

De même qu'alors, on ne pouvait penser à résoudre la quealioo de la valeur thérapeutique de la -modification produite dans le nerf par l'entrée ou la sortie du courant; de même, il était encore moins possible d'expliquer la signification que j'ai trouvée depuis en suivant la voie thérapeutique ; signification de courants, dis-je, qui, en frappant avec une densité oscillante au nerf, provoquent dans les muscles une forme particulière de contracticMis momentanées.

On a dû voir que, dans le cours des expériences communiquées jusqu'ici, ou trouve peu de traces certaines d'effets paràiy$antt ou aimplemenl hyjmfkfni$anl$ du courant. Ce fait pourrait peut-être à première vue jeter un semblant de défaveur sur les espérances qui de tout temps ont été fondées sur le courant galvanique continu pour le traitement des affections spasmodiques. Mais en m'appuyant sur des observations que je communiquerai dans un chapitre ultérieur de cet ouvrage, je puis en toute vérité assurer que les espérances thérapeutiques qu'on s'était formées du courant galvanique, se réalisent jusqu'à un certain point. Si ce fait existe, ce n'est pas en raison de ce qne le courant constant paralyse les nerfs ; mais bien parce qu'il rend, dans certains cas, aux organes centraux la puissance qu'ils avaient perdue sur les nerfs et les muscles, et que cette perte donne naissance aux crampes ou au moins les entretient ; et enfin parce que, dans d'autres cas, le courant constant, par ses effets électavtytîqaes, éloigne de l'organisme les irritations périphériques ou centrales , qui provoquent et sureicitenl les états spasmodîquee. Si je continuais ici à relater plus au long, comme expériences physiologiques préparatoires, les résultats de mes observations thérapetitiqnes, cela serait une vérit^le injustice divers le domaine de l'observation, dans lequel la physiologie

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