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HISTOIRE DES EXPÉRIENCES THÉRAPEUTIQUES ANTÉRIEURES

Volta eut à soutenir, pour fair^ préfvaloir son opinion sur la formation des GontraQlions gahanifues, d^ longues et grayes luttes avec Galvani et ses disciples (1). En Allemagne même, avant Pfaff, les opinions de Volta avaient été adoptées sans soulever aucune contradiction. Augustin (2) rapporte que « les expériences galvaniques, entreprises à Halle, en 1792, par MM. Reil, Forster, Klûgel et Weber, d avaient si peu engagé ces expérimentateurs à conclure à l'existence d*une électricité animale particulière, qu'ils regardaient Télectricité provenant du contact de métaux différents, comme un agent excitateur auquel les muscles étaient très-sensibles.

Se basant sur ces expériences. Grève, Klein, Sœmmering et Behrends (1792) recommandèrent l'emploi du galvanisme dans la mort apparente, Hufeland et Reil (1793), dans

(i) Duhois-Reymond donne de cette lutte une description pleine d'intérêt dans ses Recherches sur l'électricité animale. Berlin, 1848, 1. 1, p. 31-87.

(2) D' Fr. Ludov. Augustin^ Versuch einer vollstàndigen systema-' tischen Geschichte der galvanischen Electricitàt und ihrer medid^ nischen Ànwendung. Berlin, 1803, p. 23.

THÊKAPEUTIQUES ANTAlirBtlIlIS. liS

les paralysies, et plus tard (1796) PfofF dans l'amaurose. Toutes ces recommaDdatioDs ne se fondaient sur aucune expérience tbértfwutique penoonelle, car à celle époque les médediu illustres avaient prie l'habitude, sans toutefois l'aToir expérimenté par eux-mêmes , d'indiquer le gaWaniame, comme un nouveau moyen de traiter certaines maladies.

Ce fat Alexandre de Humboldt, en 1795, qui le premier prépara pour ainsi dire, l'introduction de l'emploi des cousants galvaniques dans la thérapeutique, par une très-doulonreose expérience faite sur lui-même, a Pour obtenir « ane grande surface dénudée de l'épiderme, dit ce vénéc rable et tris-r^retté grand mailre des sciences naturelles, « je me fis ap^Aiquer deux vésicatoires de la grandeur d'un a écu de six francs dans la région des deux omoplates, a Ils couvredent exactement le trapèze et le deltoïde, K La plaie du cAté droit reposait plus sur le deltoïde, car, « lors de la galvanisation , les contractions momentanées v. se produisirent presque exclusivement dans ce muscle, c En perçant les deux phlyctènes, le liquide séreux qui « s'en écoula était incolore. Il ne laissa qu'un faible brillant «dans les endroits de la peau où il s'était répandu. Une u bible btion suffisait pour le foire disparaître. Je fis re- 1 couvrir la plaie droite d'une plaque mince d'argent. Dësque « le conducteur du p61e zinc fut mis au contact avec cette « plaque, je ressentis une cuisson très^ouloureuse, qui fut « suivie d'un nouvel écoulement de liquide. Au grand étoD^ ■ nement des asùstants, ce Uquide présenta au bout de quel- « qnes secondes une coloration rougefttre, et dans les endroits a da dos où il s'écoulait, il se formait sous son passage des « raies bleues rougeàtres. L'ulcère le plus malin ne fournit « certes pas un liquide plus &cre. La plaie du c6té gauche, * contenait par contre, encore un liquide] tout à bit inco-

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a lore. M. de Schallern voulut bien prendre la peine de « galvaniser la plaie gauche. Au liput de quatre minutes il a se produisit également une vive douleur, une inflammaa tion violente et de nouvelles raies se formèrent. Quoique « je me fisse laver avec soin les plaies, j'eus cependant l'air (c pendant quelques heures d*un homme qu'on avait fait « passer par les verges (1). »

Ces remarquables expériences avaient été entreprises pour /a première fois au printemps, 1795. Alexandre de Humboldt se les fit répéter de nouveau, et avec les mêmes résultats, pendant l'automne de la même année, à la suite d*un entretien avec Scarpa. Alexandre de Humbolt, revient encore sur ces expériences (2) , il recommande d'employer de cette manière , Yirritation métallique , dans le traitement des maladies des yeux, dans la paralysie des extrémités et dans les douleurs rhumatismales.

En 1797, à l'époque à laquelle Alexandre de Humboldt passa quelques mois à léna auprès de Loder, a pour suivre sous ce c< dernier un cours complet d'anatomie et principalement de a névrologie (3), » le professeur Loder engagea ce savant à lui soumettre quelques propositiodi au sujet de l'emploi médical du galvanisme. Il se rendit à ce vœu et en quittant cette université, il lui laissa une lettre qui a paru dans le premier volume de Loder. Les premiers essais entrepris par Loder avec un seul couple, ne furent pas heureux.

Volta, pendant ce temps, avait découvert sa pile ; ce qui ranima beaucoup les espérances conçues par Loder, les premiers essais sur les malades « ayant répondu préalable-

(\) Veriuche Uber die gereïste Muskel- und Nerven faser, Posen et Berlin, 1797, l. I, p. 324.

(2) T. II, p. 22 à 24.

(3) Loder le raconte lui-même dans son Journal fUr c^irur^V, t. m, no 3, p. 406.

THARAPECTIOUKS AlfTÈRIRCHBS. 147

ment » i bod attente, il chargea , empêché qu'il était alors par d'autres travaux, d'abord le docteur Uchtenstein, puis Biscboff (de Hanovre), de continuer les recherches sur le galvaD)8ine,Loder publia les résultats obtenus par ses élèr^. et ; ajouta ces paroles : « Je puis certifier que tout ce que ces « messieurs ont obserré et écrit est la pure vérité. Nod- « seulement je me sais fait rendre compte de leurs malades « qui se tronvaient dans la clinique que je dirigeais alors con- • jointemeot avec les docteurs Succow et Berinstdn, mais V Uen encore parce que moi- même j'ai souvent visité ces pa> « lients, et que très-souvent encore j'ai assisté aui expé- « riencee desquelles ils parlent (1). »

Les relations de Lichlenstein (2) et de Biscboff, se rapportent en premier lien à deux individus affectés d'amaurose. Je ne veux point discuter ici ces deux faits, parce que des observations personnelles sur ce sujet me font défaut, que pour en pouvoir juger d'une manière certaine aussi, il est permis d'avoir des doutes sur la valeur du diagnostic porté à celle époque. On n'a même indiqué le nombre de couples voltaïques employés pour faire ces expériences. Biscboff, dit seulement CI], qu'il donnait à cbaque séance de s cent à deux cent cinquante chocs, » autour de l'œil, et douze à viugt-quatre chocs dans l'œil lui-même.

Je citerai cependant un cas relaté par Biscboff', à la fin de

(l)OuT. cité, p. 50343S.

(S) Ce Licfalenitein n'est évidemment que mon premier et trèihonorë maître, mort il y a quelque temps. Hartin-Cbarles Liclitentteiu, célèbre loologiste, a étudié en effet à léna. (Voyei u bi<^Taphie dans Atlgem. Medizin eentr, Zettung, 1857, no 82 (sous la direction de Loder.de Pflques 1799 au mois de septembre 1801). Sa dissertation inangurale, Deagendi modo trritantium «(r(«rnorum,que je n'ai pu me procurer, doit certes renteimer des observations relatives au sujet qui nous occupe aujourd'hui.

(3) Loe. eu., p. BSS.

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80D travail (1), où le traitement par la pile de Volta a été efficace pour uoe hémiplégie, a Une paysanne fut atteinte a yers la Noël (1800)d*une paralysie hémiplégique. Le bras a droit et toute la jambe droite étaient a complètement « paralysés » de manière à ce que le bras pendait le long a du corps, et que la marche était très-oscillante (2). La a chaleur du bras se trouvait diminuée , et le pouls était « à peine sensible. La parole était abolie par la paralysie de a la langue et le goût perdu en majeure partie. Il existait a de la stupidité et des envies contipnelles de pleurer. r> Les moyens internes ayant échoué, on employa le 3 avril V électricité (ici, je crois que cette électricité & dû être celle de frottement), en trois semaines la malade put exécuter une faible rotation du bras et une légère flexion du coude. Le 1 i mai 1801 , la malade passa chez le docteur Bischofi pour être galvanisée, a Au début, dit Bischoff, je ne fis entrer la maa lade dans la chaîne que par les mains. Je foisais plonger « d'abord le bras sain dans le liquide du pôle cuivre, et je a fermais la chaîne au pôle zinc par le bras paralysé, en fai- « sant plonger et retirer le bras mala4e alternativement dans « le liquide du pôle zinc; ou bien encore je faisais plonger le <i bras paralysé dans le liquide du pôle cuivre, et je fermais « la chaîne au pôle cuivre, avec le bras sain de la même ma- « nière que je l'avais fait auparavant au pôle zinc avec le bras « paralysé, »

Dès le commencement, il y eut à la vérité dans le bras des contractions qui persistèrent, la chaîne étant fermée (3), mais qui n'augmentèrent dans le bras pat^alysé qu'après

(2) Celte donnée contient, comme on peut le voir, une contradictioD, ou iu moins elle est très-peu claire.

(3) On ne peut pas^ d'après une pareille description, se rendre compte si ces contractions devaient leur persistance, soit à Tincon-

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l'emploi du galTanisme durant trois & quatre semaines.

Bîschoff fit entrer la langue sans aucun intermédiaire dans la duloe galvanique, et remarqua que les contractions du bras paralysé étaient bien plus fortes quand le pôlecaivrese troQTait placé sons fa langue, que quand il était en contact avec lo bras gauche. Le p61e cuivre fut aussi appliqué à la 'rigîoii du Tague et de ses branches, au pharynx et an larynx.

■ D^i le 20 mai (après neuf jours}, le bras avait acquis plus de Ibm et de motiUté, ea sorte que la malade put porter l'avant-bras mi angle droit avec le bras. Le pouls et la chaleur du bras s'étaient relerés, et la gatté paraissait revenue.

En formant la chaîne en dehors dn corps par le moyen de fili de fer, l'amâioration fit encore des progrès plus ra(Hdes (1); de swte que la malade put élever te bras jusqu'à la tâte, et prononcer quelques mois, etc. 11 doit y avoir en une amélioration simultanée de la jambe. Bischoff ajoute qn'Q ne donte pas dn complet rétablissement de la malade, en continuant ce traitement, mais pour ce qui a trait à la parole, il parait avoir mcnm d'espoir.

Quoique ce résultat ne soit pas très-brillant, et qn'&l'époqne oh fat entrepris le Iraitamenl galvanique, l'hémiplégie ponrait se guérir encore spontanément, je sois pourtant oonvaincn qu'il faut metttre sur te c(»nple de t'mfluence galvanique une grande partie de l'amélioration obtenue. Mais je' TOodrais pouvoir aussi faire ressentir la façon brutale dont les premières applications galvaniques ont été l'objet, et certes cette manière d'agir a peu engagé les médecins à des applications Intérieures. Jamais on ne s'est informé de l'état consé-

itsDce de la pile , loit i des aclions oscillantes des conrants provenant du déplacement des pAles.

' [I] Sdon toute apparence, par saited'otcUlations du courant provenant de cette lërmeture.

cutif des malades, et Loder n'ayant pas eu le temps de faire lui-même de semblables expériences, eût bien mieux fait de ne pas en faire^ plutôt que de s*en remettre aussi complètement à ses élèves.

Les efforts que fit A. de Humboldt à la même époque dans un autre sens eurent plus de succès (1). Il donne les plus grands éloges au docteur Grapengiessert simple praticien à Berlin, pour certaines expériences entreprises par ce dernier à Dresde, sur les intestins d*un individu, dont une inflammation siippurative d*une hernie scrotale, après aYoir détruit les testicules, avait mis à nu l'intestin, et permis ainsi d'instituer sur cet organe des recherches gaWaniqnes.

Grapengiessert appelé à traiter, au mois de novembre 1800, une jeune fille atteinte d'aphonie depuis des années, eut ridée d'appliquer deux vésicatoires de là grandeur d'une pièce d'un franc, de chaque côté du larynx, et d'armer les deux plaies de plaques de sine et d'argent.

La durée de l'expérience fut d'un quart d'heure, pendant lequel il se produisit alternativement, dans toute la région laryngo-pbaryngienne un soulèvement et uo abaissement.

La plaie donna issue à une forte quantité de liquide aqueux, sur lequel Grapengiesser n'a pas pu constater cette àcreté que doHumboldt avait observée quand ilavait opéré sur lui-même.

Un spasme de la déglutition se continua lorsqu'on eut enlevé les métaux, la malade expectora une grande quantité de mucosités, et deux heures après la voix avait repris un timbre plus clair et plus sonore. Ce traitement fut continué, la voix se rétablit complètement, mais six mois plus tard, à la suite d'un refroidissement, elle se perdit de nouveau, et quoiqu'on reprit le même traitement, l'aphonie persista (2).

(i)Loc. ctt.,t. I, p. 325.

(2) C. J. G. Grapengiesser^ Versuche des Galvanismuê zur Beilung einiger Krankheiten anzufvenden. Berlin, 1801, p. 6-15.

TH&RAPEimQDBS AlfTËRIBDBKg. 1 SI

Grapengiesser fit sur lui-même avec la pile de VoKa qui venail d'être découverte quelques expériences physiques el physiologiques; il les répéta avec el sur d'autres physiciens; entre autres il cite Erman. It laisse k ceux-ci le soin de décider l'ideathé de l'électricité (du froltemenl] et du galTanisme. Mais quant à leurs effets sur l'homme, il fait ressortir des difi««Dce8 qui lui font admettre que l'électricité a plulftt une action générale et le galvanisme une action restreinte locale sur l'organisme. Quant à la chaîne galvanique simple, de même que pour la batterie, il constate par ses propres expériences sur l'œil et sur la langue, l'observation de Rilter, d'après laquelle la plus forte secousse a lieu au p4le zinc « au commencement et pendant la durée de la fermeture, » tandis qu'au pôle cuivra ou argent elle a Heu « à l'ouverture de la chaîne (1). n

Se basant sur les expériences faites sur l'œil, l'oreille et la langue, il mentionne des différences qualitatives entre les effets des deux pôles, et combat l'opinion de Rilter qui veut que le pAle argent doit avoir une action « déprimante » le pôle fine, une action «excitante.»

Car, dans deux cas d'ouïe dure, affectant les deux oreilles d'une manière inégale, il avait toujours appliqué le pôle zinc sur l'oreille moins malade, et le pôleai^ent sur celle qui était le plus affectée, et qu'agissant ainsi, il avait obtenu la guérison de l'oreille moins malade, tandis que l'autre restait dans son état stationnaire ; c^ndanl il ajoute avoir observé que la surdité ne s'était pas aggravée dans cette dernière oreille (2).

Grapengiesser déclare (3) que le galvanisme est une puts-

(I) Vojei (oc. cit.. p. 55.

(2)OiiT.cilë,p.86.

THÈflAPIIITlQUBS AHriHIBORES. 1 US

le p61e zinc toujours sur un tronc nerveui, et te pâle argent (on cuivre) toujours au-dessus, quelquefois il fait eatrer ce p61e dans un vase rempli d'eau dans lequel il lait plooger la main on le pied (1). Il faut pour produire un eSet d'irri- UtioD sensible , employer souvent 150 couches , c'est-àdire couples de la pile de Voila et, ajoule-t-il, il est non- $eulement très-dif/icultueux et très-laborieux, mais encore pottr établir journellement une semblable pile et la tenir en état, il en coûte très-cher (^). C'est pour cette raison qu'il employait pour introduire les courants galvaniques dans le corps les vésicatoires qui lui permettaient d'obtenir avec la moitié ou le tiers des couples la même irritation que quand il était forcé d'agir avec 150. 11 agissait ainsi dans les paralysies coQsécatiTes à des rhumatismes qui avaient en une longue persistance, et dans les cas où la cause de la paralysie lui paraissait d'après sa nature pouvoir être détruite par l'emploi du galvanisme,

Il est permis de douter des résultats que Grapeugiesser annonce avoir obtenus par,le galvanisme dans l'araaurose, sachant, comme je l'ai déjà dit plus haut, combien les erreurs de dia^:noatic étaient faciles à l'époque oii vivait ce pratiden ; de plosje ferai remarquer qu'il applique cet agent nouveau dans presque toutes les maladies que je viens de citer sur les parties de l'épiderme dénudées par des vésicatoires. Presque tontes les observations données par Grapengiesser se rappoi^ tent À l'amaurose et à la céciLé, il ne parle que de deux hémiplégies. L'une (femme âgée de 26 ans, paralysée depois quatre années), est très-curieuse en ce qu'elle est le premier cas dans lequel on ait employé le courant continu poor résoudre, quoique d'une manière très-incomplète, des

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conlraclures paralytiques. Au sujet de cette obseryation, Grapengiesser s'exprime ainsi (1) :

a L'articulation du coude était courbée par un certain rac- « courcissement tétanique des membres, les doigts étaient oc fléchis dans la main, et il fallait employer une trèsce grande force pour parvenir à Touvrir. Cette raideur de Tar- <c ticulation ainsi que les contractures des doigts disparaissent a à chaque application du galvanisme et permettent facilea ment à la malade l'extension du bras et des doigts. »

Finalement, il relate encore quelques cas de rhumatisme, d*hémiplégie, et d'amaurosis incipiens^ dans lesquels d'heureux résultats avaient été obtenus par MM. les docteurs Vœlcker et Plies. 11 est à remarquer que Vœlcker ne se servait plus de vésicatoires pour introduire le courant dans l'organisme, mais bien fi d éponges humides (238). » Cependant il s* est trouvé de nos jours un électrisateur qui revendique leur emploi comme, étant une invention personnelle ! Toutes ces observations qui se rapportent principalement à des états morbides sur lesquels j*ai moi-même beaucoup expérimenté (le rhumatisme et l'hémiplégie), portent en elles le cachet d'une grande vérité, et surtout d*une grande bonne foi. Je ne puis décider encore pour le moment si cette exactitude expérimentale existe, pour tout ce qui a trait aux maladies des organes des sens.

Le travail de Grapengiesser fut immédiatement suivi par celui du docteur Maximilien Jacobi d'Eutin (2). Cet auteur fait l'éloge de Loder et de Grapengiesser eu tant qu'ils ont introduit le galvanisme dans la pratique médicale, il rapporte une série d'observations dans lesquelles il avait été employé tant avec que sans succès.

(2) Erfahrungen iiber die HeUhroefte des Galvanismus, Hambourg,

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Dans un chapitre Irès-curieui, il parle (1) de certains physiciens de léna et de Paris, qui engageaient les praticiens de celle époque à ne pas entreprendre des expériences imprudentes avec le galvanisme, et ne conseillaient son emploi sur le corps humain que d'une manière « très-modérée. »

Malheurensemenl presque toutes les données thérapenliques de cet auteur ont exclusivement trait à la cécité et la surdi-mutilé. Au dire de Sprenger, pharmacien à Jever, cette deroière affection était dans tous les cas toujours curable. Voila même avait appliqué le galvanisme dans la surdité. Dans une lettre à Brugnalelli (2), ce célèbre physicien parle des cures obtenues par le pharmacien Sprenger; il dit qu'il venait d'expérimenter lui-même pendant quinze jours sur une jeune fille sourde et muette ; que dans ce cas le succès n'avail pas répondu à son attente, mais qu'il espérait être plus heureux sur un autre de ses malades. Cependant on n'a jamais plus rien appris que Voila ait entrepris des expériences ullérieures sur ce point. En Allemagne, on exploita pendant un certain temps cet art de rendre l'ouïe à Kiel même, sous les yeux de Praff ; enfin ce physicien pul se convaincre qu'il étail le jouet d'une illusion, même pis encore.

Ad rapport d'Augustin (3), dès que la pite ou l'électromoteur de Volta fut connue, Gahn et Wenner, à Stockholm, la société philomalique, à Paris (4], l'employèrent simultanément dans le traitement des maladies. Comme je n'ai pu me procurer ce volume, j'Ignore quels ont été la méthode et le but de ces expériences. Tout ce que je puis dire, c'est qu'on volt

(2) CoJteviom dtW opère delCad. Conte Aleuandro Voila, palrixio Comuco, t. U, 263. < Sopra l'applicaiione dell eletlriciti ai sordJmuti délia nascila. *

{3) Vertuek einer voUHatndigen sysUm. GeâchidUe, p. SIS. (4) Von Halle, Bulletin det tciences de la Société phHomatique, noS2,lX, p. 31.

par le livre d'Augustin que toutes les expériences galvaniques du professeur Weber trouvèrent un ennemi acharné, dans un journal spécial sur le galvanisme, journal que malheureusement je n'ai pu non plus me procurer. 11 paraît que cet ennemi s'était beaucoup occupé du traitement des paralysies et d'autres affections nerveuses par l'électricité de frottement ; certes il n'était diatribes qu'il ne dirigeât contre le galvanisme.

En effet, Weber dit comme on le lit dans Augustin (1) : a Dans presque tous les cas, le galvanisme agit d'une manière a efficace sur des organes affaiblis, de sorte que le malade a se trouve soulagé instantanément ; mais dans la plupart a des cas, cette amélioration n'est que passagère. La guérison «c a parfois été obtenue frappante et complète, mais ces cas c sont très-rares. »

Toutes ces données, qui avaient la prétention d'annihiler d*un trait de plume le galvanisme, et qui, fevorisées à cette époque par certaines autres circonstances, y sont toutefois parvenues; toutes ces données, dis-je, deviennent très-suspectes quand #n voit le même auteur soutenir d'après Augustin (2) : que l'agent galvanique agirait d'une manière plus salutaire et souvent plus rapide sur les organes d'un premier ordre, que l'agent électrique. Mais que dans les organes secondaires, tds que les brad, lés jambes, les pieds, etc. , Tagent galvanique ne surpassait pas ûu seulement de peu en efficacité, Tagent électrique. Quelle confiance pouvonsnous avoir dans la valeur de toutes ces critiques et opinions, quand nous voyons Augustin faire suivre la proposition que nous venons de citer par les remarques suivantes :

<K Faut-il laisser le malade continuellement en union avec a l'électromoteur, ou bien faut-il souvent interrompre cette

(2) Ouv. cité, p. 231.

THÉRAPECTlQtmS AITTËHIEDBES. 1 S7

c UDioo en appliquant et eu enlevant alternativement les con- « dactean? Des raisonset des expériences mililenl en faveur c de celte dernière manière d'agir, car U est hors de doute € que r électromoteur s'arrête pour quelques instants, que « son action reprend avec une force nouvelle, qu'il s'arrête

« de nouveau, et alors plus longtemps encore, etc

c que les secousses qu'il produit sont très-inégales, et qtiil < ne partit pas avoir en général une action régulière et « uniforme. » U ajoute encore, que la fermeture et l'ouTertare, répétées dans des intervalles égaux, est moins douloureuse, et jouit d'une action plus uniforme.

AugnstiDrejettedoncpar conséquent les baodagesappliqués à la tète, et tous les autres moyens conlentifs des deux conducteurs. 11 croit préférable de Qxer l'ua des conducteurs, celai du cuivre, sur la malade, et de mettre )e second, celui du zinc, en rapport avec les poiols affaiblis du corps, en employant dans (xtte application des intervalles de temps ^ux. On peut encore, pour bien faire, humecter ces points avec une solution saline, on bien encore y fixer des éponges imbibées de celte mteaesdntKHi. Tous les cas dans lesquels l'électricité gaWa- DÎqM a été efficace, que cela loit dans les accidents généraux ou bien dans les accidents locaux de l'organisme, tous, selon Ka^aMtàiïf%aBXA^ nature asthénique. Parmi ces maladies générales, il range tout d'abord la mort apparente, une série de maladies nerveuses générales, et l'aménorrhée. Dans les maladies locales, il met au premier rang l'hémiplégie et la paralysie d'extrémités isolées. Parmi un grand nombre de maladies dans lesquelles la galvanisation ne produit aucun eflêt, Angnstin rapporte cependant deux ubsenralions dans lexpidles son application rendit de bons services, quoique bioD encore, dans ces deux cas, l'amélioration restât subitement staUonaaire.

Le premier cas a rapport à une femme de soixante ans, pa-

ralysée, à la suite d'une attaque d'apoplexie, du bras et du pied gauches, de l'œil et de tous les muscles de la face du même côté. Elle recouvra la vue de Fœil gauche, l'action uniforme des muscles de la face, l'usage du bras et du pied, en trois applications. On avait ^ pendant ces expériences, porté la force de l'électromoteur jusqu'à 60 couples. Mais Augustin ne put continuer la galvanisation, la malade s'y refusant, on ne sait pourquoi. Cet auteur continua alors, mais sans succès ultérieurs, le traitement par la machine électrique.

Le second cas est celui d'un garçon âgé de 10 ans, qui, soufirant depuis longtemps d'une fièvre intermittente, fut pris d'un accès de catalepsie, don t la dernière attaque avait entraîné, depuis une année* une paralysie du bras et de la jambe; en même temps on s'apercevait qu'il existait une faiblesse intellectuelle très-prononcée. Une certaine amélioration s'était déjà produite du côté de la jambe, mais il pouvait à peine mouvoir le bras* et il ne pouvait rien saisir avec les doigts. Augustin fit passer rélectricité galvanique d'un point excorié dans la région du nerf axillaire jusqu'au bout des doigts, et, employant pendant trois semaines ce traitement journellement, et en augmentant graduellement la force, il eut la joie de voir la main redevenir de plus en plus mobile, et le malade put s'en servir dans l'acte de la préhension, il pouvait étendre les doigts ^ auparavant courbés dans la paume de la main, et mouvoir le bras à volonté; a bien plus encore, il était devenu plus gai et plus éveillé. »

Augustin ajoute (1) qu'ici il doit dire avoir guéri, par l'emploi de l'électricité provenant d'une machine électrique, bien avant ces faits, des hémiplégies du bras, principalement en donnant de légères commotions, souvent répétées, avec la

TBÉHATKDTIQCES ANTÉRfEUKES. f Kg

bouleille de KleisI, de sorle que, sous ce rapport, il ne reconoaissail sucun avaoUge notable à rélectricilé galvanique.

Cet auteur cite ensuite les expériences de Licbtensteîn , Bîschoff, GrapeDgiesser, elc'., etc., en Taisant toutefois ressortir qudquas antres cas de paralysies guéries ou améliorées par l'emploi du galTanisme, a savoir : un cas de paralysie faciale (Halle), un cas de paralysie et de sclérose d'un bras (Schaub), un cas d'hémiplégie après quatorze applications, et de paralysie rbumatismale après sis applications (Marcus), des cas de paralysies semblables (Ramm, Marteos, Weber, Gtiger, Friscbeisen], un cas de paralysie de la langue (Treviranus).

D'après AngnsliD, le mode d'emploi du galvanisme est très-simple (!}. On n*a qu'à bumecter deux points sur le trajet du nerf du membre paralysé, y appliquer des conducteurs, et l'e^t se produira ! Augustin croit avoir observé que les meilleurs effets s'obtiennent en appliquant le conducletirdu pAle zinc sur le bout cérébral du nerf, et le p61e argent sur le bout organique. Les contractions qui se développent lorsqu'on agit aiosi^nt Ueoen « soubretauts, » et, entre les deux conducteurs, il se produit le long du trajet du nerf une sensation assez forte de cfaalear. Quand il existe une torpeur dans les organes frappés de paralysie, on doit appliquer des vésicatoires sur quelques poiots; dans ces cas, la sécrétion de la lymphe, au lieu d'être utile, comme on l'a cru, est quelquefois nut>J6I;. On peut encore employer de larges plaques métalliques, comme dans la mort apparente. Toutefois, il est bien entendu qu'il n'y a espoir de guérison que pour les cas de paralysies qui ne proviennent pas de causes mécaniques, comme seraient celles qui reconnaîtraient pour cause une compression continue de l'encéphale et des nerfs.

Quelque incomplètes et inexactes que puissent être toutes

ces données d'Augustin Je dois pourtant dire que, dans leurs particularités, elles ne contiennent rien qui soit en pleine contradiction avec les faits observés par moi-même. C'est pour cette raison que j'ai accordé à ses recherches une si large part dans mon travail (1).

Il n'en est pas de même pour les chapitres suivants, dans lesquels Augustin parle avec la même conviction des effets curatifs du galvanisme, et de leurs succès dans la faiblesse de la vue, dans Tamaurose, dans la perte de l'odorat et du goût, dans Touïe dure et la surdité. En parlant du rhumatisme et de la goutte, il renvoie à Geiger et Marcus, pour Taphonie à Grapengiesser, pour les tumeurs asthéniques à Helwag et Weber. Il dit encore qu'un physicien a observé de lui-même que, à la suite de l'emploi du galvanisme, Técoulemenl blennorrhagique augmentait. Quant à son emploi pour obtenir la dissolution de calculs vésicaux, il n'en est rien, attendu qu*il n'avait jamais obtenu leur dissolution en faisant passer de forts courants à travers une éprouvette contenant des calculs pulvérisés. Le livre d'Augustin dot, pour ainsi dire, pour un certain nombre d'années, l'histoire de l'emploi médical du galvanisme en Allemagne; et il se passera one longue période avant qu'on reprenne à nouveau l'étude des courants galvaniques.

L'ouvrage de Struve (2), qui n'est qu'une compilation faite sans goût et sans esprit, ne mérite de mention que parce qu'il range très-sérieusement, dans la série des phénomènes élec-

(1) Je ne comprends pourtant pas Augustin quand il affirme que, dans le cas d'hémiplégie dont avait été atteinte la femme ftgée de 60 ans (observation citée plus liaut), la vue était revenue, parce que, autant que je crois le savoir, la paralysie de la rétine n'existe pas dans l'hémiplégie.

(2) System der medicinischen Electricitàt Lehre mit RUcksicht auf den Galvanismw. Breslau et Leipzig, 1802.

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Iriques, le magDélisme dit animal, et parce qu'il croit que tontei les maladies connues peuvent se prêter à un traitement électrique. Je ne citerai ici que comme originalité les titres dea' différantes maladies. Ces maladies sont : amaigrissement, phthisie de la moelle, phtbisie, aménorrhée, bémorrhagies, affections de l'estomac, diarrhée, scrofules, rhumatismes, goalte, paralysies saturnines, contractures, apoplexies, catalepsie, chorée, vertiges, fièvre, typhus, scarlatine, mort apparente, maladies des oreilles, de la tête, etc., etc., etc. Ce qu'il y a de plus étonnant, c'est que Struve pouvait se fonder sur l'autorité des plus hantes sommités médicales de son époque, qai, toutes, se trouvaient alors entraînées par uu vertige électrique. Aussi, tandis que, en France el en Italie, l'emploi médical du galvanisme resta, pour ainsi dire, slationnaire, il priten Allemagne, pendant quelques années, une trfes^^rande extension, qui, cependant, n'avança en rien son histoire thérapeutique.

L'ouvrage de Jean Aldini, neveu de Galvaui, dédié au premier consul Bonaparte, ne contient que de rares observations thérapeutiques (I], On y trouve plutôt un grand nombre d'expériences physiques et physiologiques, sur la valeur desquelles Dubois-Reymond, par une savante et rigoureuse critique, a laissé subsister peu de doutes.

Le seul auteur allemand cilé par Aldini est Grapengiesser, qn'il désigne comme collaborateur de Humboldt, et dont il ne parait connaître les travaux que par ce qu'en dit Sue dans son Biitoire «vr le galvaniimt. Il préfère la pile galvanique à la machine électrique, parce que son emploi est plus facile, plus sûr, et surtout à cause des actions chimiques qu'il en attend sur le sang, la bile et les urines. Les quelques observations

(1) Enai théoriqm U eoepérimetOai sur le poluaninne. Parti,

pbysiologico-thérapeutiques quMI donne se rapportent principalement aux organes de la Tue, de ]'ouïe et de Pasphyxie par submersion ; ils sont sans aucune i^aleur. Il engage cependant les médecins à faire des essais avec le galvanisme dans le traitement des maladies mentales. Ayant appliqué sur luimême le courant galvanique dans le voisinage de Toreille, Aldini observa qu'il agissait comme un puissant a slimulusy » stimulus qui procurait à Texpérimentateur une insomnie de quelques jours (1). Ce fait lui suggéra Vidée d'appliquer le galvanisme à certaines maladies mentales (la mélancolie), et il ajoute en avoir guéri deux cas, pour lesquels il invoque le témoignage des professeurs Gentilli, Palazzi, Brugnaielli et Lola {i). Je ne puis parler davantage du sort ultérieur du galvanisme en Italie, manquant de données littéraires à ce sajet, à Texception pourtant des faits que j'ai communiqués plus haut (3). D'après ce que je viens de lire dans l'ouvrage de A. Becquerel (4), il paraîtrait qu'en France, ainsi qu'en Allemagne, l'emploi médical des courants galvaniques y a^fti^ ^^^ complètement abandonné et oublié même jusqu'à l'époque où, par mes recherches, je repris leur étude* MM. Andral et Rayer sont les seuls praticiens actuels qui

(1) Cet effet est très-rare. Le plus souvent^ comme Grapengiesser et moi-même Tavons observé^ il ne se produit généralement aucune influence sur le sommeil, ou, sll s'en produit une , elle parait avoir une action tendant à Taugmenter.

(2) Si les faits indiqués sont vrais, il faut supposer qu'il existait alors une inflammation chronique des enveloppes de Tencéphale, ou bien de la substance corticale. Les observations que je rapporterai plus tard feront voir que , dans certains états pathologiques de l'encéphale, des courants, conduits à travers le cerveau, peuvent avoir une influence salutaire. Je renvoie au chapitre où je traiterai des effets catalytiques du courant.

(4) Traité des applications de l'électricité a la thérapeutiqtte médicale et chirurgicale. Paris, 1857, p. 14.

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