APPAREILS
L*histoire des expériences antérieures faites avec le galvanisme, nous montre suffisamment quelle est l'importance de se servir d*une chaîne constante. II est vrai de dire que Ton regarde comme à peu près constantes, les piles de Daniell, de Bunsen et de Grove. Mais les physiciens sont unanimes pour accorder, sous le rapport de la constance^ la première place à l'élément de Daniell. Après avoir fait mes premières recherches en me servant de cette chaîne, je n*ai pas négligé non plus de recourir aux éléments de Bunsen et de Grove. Afin d'éviter remploi si fatigant de Tacide sulfurique dans Télément de Bunsen, j'employai, à la recommandation de MM. Siemens et Halske, le bichromate de potasse et de lacide sulfurique, mais comme ces messieurs, j*ai dû renoncer à cette chaîne à cause de son inconstance, qui est telle que les malades nonseulement s*en aperçoivent, mais encore en sont fatigués. Ce reproche ne peut s*adresser à Télément de Grove. Cependant je crois que les avantages présentés par la plus grande force électromotrice et l'économie d'espace, sont compensés par les prix élevés des premiers déboursés, et notamment aussi par les désagréments qu'entraîne l'emploi de Tacide nitrique. En outre, la chaîne de Grove, à cause de sa force électromo-
REMARQUES PRÉLmiItAIRES TECHNIQUES ET TBÉBAPEUTIQl'ES. 30S
trice des éléments isolés, peut à peise servir lorsque l'on veut graduer d'une manière délicate e( sensible la force do coarant sans qu'on emploie une petite chaîne de Daniell, et la plus grande difScolté dans la pratique, se trouve dans les cas. oii les batteries de cette pile doivent èfre établies de façon à devenir transporlables.
Mon installation pour le traitement des malades coasisie dans un salon et deux pièces. Dans les premières de ces deux pièces, près de la fenêtre, se trouve disposée une armoire qnt peut contenir 100 élémenls de Dauiell, mais qui ordinairement ne contient que 40 à 60 élémenls qni se trouvent groupés dans ses petites bottes renfermant chacune dix éléments.
Un système deviogt et un 61s télégraphiques d'une certaine épaisseur passe de l'armoire à travers les murs dans la deuxième pièce (salle d'attente), dans la salle du traitement; où ces fils se rendent a une planchette attachée au mur dd cette salle par des vis de cuivre. De ces vis partent vingt et un nouveaux 61s plus minces que les premiers, enveloppés chacun de fils de soie ; réunis tous en commun dans un cylindre de gutla-percha. L'ensemble de ces fils se rend au milieu de la pièce à une table, sur laquellese trouve un stromwaehier graduatear (appareil donnant à volonté la force de courant qu'on désire se procurer). Il est formé par une planchette perpendiculaire a la table, haute de 5 pouces et large de 18 pouces, traversée en deux d'un demi-cercle par vingt et un tourillons de cuivre ar^nté à leur partie antérieure et terminés en forme de boutons. Par ces tourillons la face postérieure de la planchette reçoit les vingt et un fils sor^ tant du gros cylindre de gutta-percha. A la base de cette planchette, an centre des deux demi-cercles formés par les boutons de métal, se trouvent placées les origines métalliques de deux courbes à ressorts, munies toutes deux de maaches
d'Woires ; ces courbes peuvent facilement être mise en rapport avec chacun des vingt et un boutons, par conséquent avec chacun des fils conducteurs. Celte distribution du graduateur correspond à la distribution des batteries. Les dix fils du premier demi-cercle, situés à gauche, se rendent aui pôles cuivre de dix éléments de Daniell qui se trouvent dans une petite boite. Les dix fils du grand demi-cercle, situés à la droite du graduateur, se rendent aux pAles zinc d'autant de boites de dix éléments chacune (lorsque la batterie est complète); ces bottes qui contiennent chacune dix éléments représentent une batterie, qui est mise en communication au moyen de son pôle cuivre par un bouton métallique avec le pôle zinc de la petite batterie, qui est formée, comme nous l'avons dit plus haut, de dix éléments. De ce bouton métallique désigné par zéro, part un fil (le vingt et unième) qui se rend au centre du graduateur, à une traverse métallique que les deux courbes métalliques peuvent atteindre. Dans cette position des courbes aucun courant n'arrive aux origines d'où ils prennent naissance. Mais lorsqu'on met en communication la courbe située à gauche avec le premier bouton, elle forme la continuation du pôle cuivre d'un élément, situé dans la boite qui contient la petite batterie, et dont le pôle zinc est représenté par la courbe située à droite du graduateur. Lorsqu'on met ainsi en communication successivement la courbe à gauche avec chaque bouton voisin, on ouvre ainsi une chaîne de deux à dix éléments dont les pôles se trouvent dans les courbes. Si maintenant on met en communication la courbe de droite avec le premier bouton, on augmente la chaîne de dix éléments, et ainsi de suite par chaque bouton. Comme on peut mettre chacune des deux courbes en rapport avec chacun des boutons de son demi-cercle, on comprendra qu'on peut (l'armoire à batteries étant complète), en changeant la position des courbes, choisir à volonté un courant d'un à cent
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éléments, dont les pAles se trouTenl dans les ori^nes des courbes. Les deux fils qui sortent de là, dont l'un passe par le galvanoscope, se rendent à nne seconde table décrite déjà plus haut (p. 205) pour entrer dans le commutateur (dont nous parlerons bientôt) et de là dans le cbangeur de courant, qui laisse sortir les deux fils inous entourés de cylindres de caoutchouc destinés à introduire le courant par les excitateurs dans le cMps. Comme quelquefob j'ai besoin de faire des recherches comparatives sur le courant constant et induit, je me suis organisé à pouvoir à volonté et alteroatiTement introduire dans les réophores, et par conséquent dans le corps humain, tantôt l'un ou l'autre de ces deux courants. Dans ce but se trouve placée dans l'armoire à batteries, une petite batterie formée par peu d'éléments, qui est en rapport avec un deuxième graduateur, et qui communique définttirement avec un grand appareil à inductiou galvanique.
De là le courant induit est conduit dans le commutateur qui reçoit égalranent le fil que parcourt le courant constant^ de sorte que par un simple mouvement de la courbe, on peut conduire dans le changeur de la direction du courant et par conséquent dans les fils qui en portent tantôt nn courant induit, tantôt un courant constant.
L'entretien des batteries exige un soin tout particulier. Les éléments de Daniell sont établis de la manière suivante : un vase cylindrique haut de 4 pouces et de 3 pouces de diamètre. Un cylindre d'argile haut de 4 pouces et de 2 pouces de diamètre-, d'une'plaque de cuivre large de 5 pouces et haute de 2 pouces un quart ; d'un tube de zinc fondu hautdeS ponces, d'une épaisseurde 1/8 de ponces etde 7/8de pouce de diamètre.
Solution de sulfate de cuivre saturée, acide sulforique trèsfaible, 64 grammes pour 3,240 grammes d'ean. Tous les
soirs on démonte la batterie, on lave les plaques de cuivre à Teau de pluie, et on la met pendant la nuit dans un endroit
Les tubes de zinc sont décapés dans une eau contenant 10'' diacide sulfurique, et brossés fortement jusqu'à ce que Ton voie reparaître le mercure. Les cylindres d* argile doivent passer la nuit dans Teau. Tous les builjours environ les zincs doivent de nouveau être amalgamés. On doit avoir dans de grands vases, une provision d'acide suUurique dilué et une solution saturée de sulfate de cuivre.
Les oscillations que, dans ces cas, la batterie présente sont peu considérables, comme me Vont d'ailleurs montré mes expériences comparatives, que j*ai faites en intercalant d'assez fortes résistances. Ces oscillations peuvent provenir en partie de modifications atmosphériques, notamment de Thumidité de Tair qui produit des courants dérivés dans la batterie. Elles sont donc les plus fortes à la fin de Tautomne et au commencement de 1* hiver. Quoiqu'elles ne se produisent pas d'heure en heure, mais bien d'un jour à Tautre, le galvanosoope n'est pas le seul instrument qui les indique ; elles sont encore plus sensibles aux malades, chez lesquels l'excitabilité se trouve encore être augmentée par suite d*une plus ou moins grande sécheresse de Tair; plusieurs physiciens ont prétendu du moins que le même phénomène se produit sur la cuisse de grenouille.
Ces genres d'oscillations s'observent le matin sur le premier malade, et il faudra employer chez ceux qui vont suivre des courants plus faibles que ceux dont on s'était servi la veille.
Les réophores aussi, exigent beaucoup de soins, je leur ai en général conservé la forme telle que MM. Siemens et Halske les fabriquent d'après Tindication donnée dans mon travail <c sur l'électrisation méthodique; » c'est-à-dire un manche
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de bois, auquel est tîxée une lige méialtique percée de Irous pour recevoir )e fil conducteur et pourvu d'une visa pression. L'extrémité supérieure de cette lige, dass les manches que j'emploie acluellemenl, est pourvue d'un pas de vis, pour recevoir soit (les boulons, ou des appareils conducteurs de toute espèce de forme et dont d'ailleurs je posBède une grande collection : ainsi pour les boutons j'en ai qui ont depuis 1/8, 1/4, 1, 1 1/2, jusqu'à 2 pouces de diamètre, il en est de même pour des plaques en mêlai d'un diamètre de 3 ponces et présentant diSërentes courbures, de même encore pour des traverses métalliques d'une longueur de 3 pouces et d'une épaisseur de 1/2 pouce. On verra par le développement ultérieur de ma méthode les différents buis de ce grand matériel. Tous ces appareils sont en cuivre, et entourés de linge ou d'épongé, afin de préserver le malade de la pression. Pour obtenir une certaine uniformité de l'humidité, je laisse les deux réophores dont je veux me servir dans un vase contenant de l'eau de pluie on de l'eau distillée. On sait d'ailleurs que l'eau, plus encore l'eau salée, diminue de beaucoup la résistance que le liquide oppose au courant, ce qui économise l'électricité à employer; mais aussi entraîne dans ces conditions une électrolyse inévitable, qu'on voit parfaitement se pi'oduire aux réophores, qui alors ne peuvent plus être tenus propres, et ce fait même nuit à l'uniformité d'action sans laquelle les notes qu'on prend sur la force du courant employé restent sans valeur.
C'est aussi dans ce but qu'il faut recommander aux malades de lotionner avec de l'eau de pluie tiède, les parties sur lesquelles on veut agir, surtout celles qui sont sujettes à la transpiration, et il est de toute nécessité de bien nettoyer et sécher avant la séance toutes ces parties. Malgré toutes ces minimes précautions il faudra changer de tumps en temps les enveloppes des réophores , el bien aussi nettoyer ces derniers.
Dans ces cas un placage en platine serait à recommander.
Pour obtenir Tinterruption du courant, je possède trois appareils.
Le stromwender (changeur de courant) , d^abord , qui peut aussi servir d'interrupteur lorsqu'on veut ne produire qu* un petit nombre d'interruptions sans appareil spécial et sans éloigner les réopbores de leurs points d'application sur le corps du malade. Pour obtenir des interruptions plus fréquentes je me sers de l'appareil que j'ai nommé stromzàhler (compteur du courant), et que MM. Siemens et Halske ont construit d'après mes indications sur leur modèle de cadran télégraphique (1).
Un ou deux éléments de Daniell sont suffisants pour mettre en mouvement cet appareil si parfait, qui permet d'interrompre le courant de quatre jusqu'à soixante fois par seconde.
Le troisième appareil pouvant donner des interruptions plus fréquentes encore, est un mouyement d'horlogerie construit d'après mes indications par Kronmejer, par lequel un Yolant accomplit soixante révolutions par seconde. MM. Siemens et Halske ont ajouté à l'axe métallique de ce mouyement d'horlogerie un excentrique qui, à chaque révolution, touche une plaque mince de platine qui forme ainsi ressort, de manière à ce que la chaîne galvanique, qui d'un côté est en communication avec le volant, se trouve passagèrement fermée de l'autre par la petite plaque de platine.