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U. — EXAMEN DU MALADE

On ne s'attend certes pas à ce que je donne ici les r^es générales pour l'examen d'un malade ; cependant il est très-

(i) Voir plus haut, p. 180.

TECHNIQUES ET THÉRAFEUTIQUES. ïll

important de déleriuiner parfailemeal le Irouble local qu'on se propose de soulager ou de guérir.

Dans l'immense majorité des cas, je pars de ce point de vu(; que l'expérieDce me confirme chaque jour, qu'il Taut après une ou plusieurs séances déjà apercevoir une plus on moins grande trace, soit d'une amélioration soit d'une guérison ; et ces phénomènes, ne dussent-ils pas apporter un changement notable dans l'état du malade, pourront toujours servir de précieuses indications pour le médecin traitant.

11 faut doncautant que possible se limiter te but à atteindre et chercher des moyens qui puissent rendre aussi évidents que faire se peut, les plus légères modifications qu'on obtient immédiatement. Ainsi dans les paralysies de l'épaule, tl faut eiaminer avant tout traitement, la grandeur de l'angle que fait le bras par rapport au corps, quand il est soulevé avec toute la force qu'on peut employer dans cette occasion. Dans ce but, j'emploie un cadre haut de sii piedd et large de quatre pieds, et dans lequel sont établies de distance en dis> tance de légères traverses, qui permettent facilement l'introduction de la main. Je fais placer la main du malade, qui se lient debout et tranquille, sur la traverse qu'il peut atteindre. Pour les paralysies des extrémités inférieures, je place le malade sur un petit matelas fortement rembourré , et je mesure l'angle que fait la jambe soulevée avec cette surface. Quelquefois aussi, quand le malade ne peut soulever la jambe dans une position d'extension, je mesure l'angle formé par la cuisse et la jambe.

Je mesure de même la distance des deux genoux. Dans beaucoup de ces mensurations la vue seule suffit ; dans ks atrophies la mensuration de la circonférence du membre exige des données plus exactes, car, dans ces cas, l'étal de la tension ou du relâcbemenl des muscles, ou de l'engorgemeqt des vaisseaux sanguins, peut donner lien à des oscillations

notables qui dans le résultat obtenu occasionnaient certes des erreurs. Dans les paralysies, le tremblement ou le spasme des mains dans lequel le malade peut encore écrire ou exécuter quelque difficile mouvement, je laisse faire des essais avant et après la séance.

Dans le tremblement des membres qui en général offre les plus grandes oscillations, il faut à des époques très-différentes examiner les membres dans les positions les plus diverses. LorsquMl existe des douleurs, il faut autant que possible déterminer leur trajet afin de pouvoir les rattacher à des trajets nerveux connus ; cependant il ne faut pas ennuyer les malades par des questions oiseuses, et chercher, comme cela existe souvent dans certaines névralgies, à compenser par ces questions des données paradoxales. Il ne faut jamais omettre non plus d'examiner avec beaucoup d'attention les points que les malades accusent comme siège de leurs douleurs, et voir si les points sont douloureux au toucher ou à une forte pression; enfin il ne faut non plus se fier aux données fournies par le malade sous ce rapport. Je reviendrai plus loin sur les dispositions physiques du malade.

m. — MODE DE TRAITEMENT.

L'ensemble de toute la méthode de traitement doit toujours être expérimentale, même dans les cas où de nombreuses observations nous porteraient à employer les moyens les plus compliqués pour satisfaire à la foisàtoute une série de conditions.

Il faudra donc inscrire dans un journal tout ce qui dans une séance a été Tobjet du traitement et de l'observation. Mes journaux commencent le 18 juillet 1856, et à Texception de quelques cas d'états rhumatismaux que je n'y ai pas compris pour économiser le temps, ils comprennent non-seulement

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l'historique de lous les malades que j'ai traités depuis, niaiâ encore tous les Irailemenis employés avec indication du jour, de l'état avant et après le traitement des courants et des réophores dont je me suis servi, des différents points d'application de ces mêmes réophores , de la durée des courants, du nombre et du genre des interruptions, ou des autres modificalioDS que j'ai données à l'action du courant par l'emploi de certaines manipulations que j'indiquerai plus tard. Dans certains cas imporlanls, comme le tabès dorsalis ou les spasmes, ces indications sont si eiactes, que je puis donner à une seconde près, la datée complète du traitement. En marge j'indique les traitements qui ont donné lien à des bils nouveaux ou à ceux qui pourraient servira faire progresser la méthode, ou à rendre plus compréhensibles les effets obtenus.

Dans les premiers mois de mes recherches galvano-lbérapiques, mon journal était tenu, sous ma dictée, par déjeunes médecins. A mon grand regret, je dois le dire, les observations n'ont pas toujours été prises aussi exactement et complètement que je )e désirerais aujourd'hui. Depuis le mots d'octobre 1856, j'ai toujours consigné moi-même toutes les observations, et je crois que c'est à cette manière d'agir seule que je dois les rapides progrès que j'ai obtenus dans les différents modes d'emploi du galvanisme. Je puis ainsi comparer à chaque instant les résultats antérieurs avec les résultats présents, même après une longue interruption de traitement. J'ai donc évité ainsi que le développement successif de la méthode se fit par des tâtonnements, et je suis arrivé à ce qu'elle pût compter par jour et par heure les résultats d'expériences isolées faites sur les malades, expériences qui prenaient leurs points de départ dans des conjecinres physiologiques.

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