IV. — CHOIX DES MOYENS BXGITÀTECRS
Il esta peine possible d'établir certaines règles générales sur le choix des moyens excitateurs ; c'est-à-dire sur la force, la durée, la direction et Tinterruption des courants; même sur la durée de chaque traitement en particulier, parce que les cas sont très-variés^ et qu'ils peuvent à peine être compris dans la méthode spéciale dont je traiterai plus tard. Mais c'est peutêtre ici le lieu de dire quelques mots sur les effets généraux que le courant galvanique produit sur Torganisme du malade. En étudiant l'histoire des premières et si grossières expériences faites au commencement de ce siècle, on lit qu'il a été donné journellement à des paralytiques des milliers de chocs, prenant leur source dans une pile de Volta, et qu'on a même fait passer des courants très-énergiques, horizontalement à travers le corps (d'une main à Tautre) ; il faudrait à peine s'étonner alors, qu'en présence de pareils faits , il soit resté dans l'esprit de bien des gens, une vague idée d'effets généraux én,ergiques du courant.
J'étais moi-même tellement dominé par cette idée, que je n'osais faire les premiers essais galvaniques sur aucune autre personne que sur moi-même (voyez plus haut, p. 53). J'étais bien plus craintif encore dans les premiers mois de Inapplication du courant sur les malades, et je m'enquérais très-exactement auprès d'eux pour rencontrer des traces, d'effets généraux. J'observai alors que chez beaucoup de malades l'emploi des plus forts courants ne produisait aucun effet général consécutif, tandis que d'autres, après quelques séances déjà, accusaient une sensation de fatigue, de fortes envies de dormir; d'autres encore, n'éprouvaient aucun effet consécutif le jour, mais pendant la nuit le sommeil était plus calme et plus profond qu'avant le traitement. Chez certains hommes
TECDNIQUEB KT THARAPBDTlQUeS. t1 S
aBectés depaie de longues années d'ingomnie, il se prodoit tin sommeil si bienfaisant et si réparateur qu'ils ne se sonTÎennent pas d'en avoir éprouTé un pareil de longtemps; certains électrisés, au ctHilraire. éproaveat quelques accès d'insomnie qui ne tardent cependant pas à disparaître. Tous ces efCets s'observent ordinairement à la suite des premières séances. Dana les cas où ils deviendraient fatigants, ii faudrait modifier laforcedu courant et diminuer la fréquence des séances. On oesait à quoi rattacher celte participation des organes centraux quiselradait par ces fréquentes envies de dormir. Ce qui me parati le plus probable, c'est qu'il faut la ranger dans la série des excîlatiops amenées par les nerfs à Teneéphate, excitations dont nous verronsplus tard certains exemples. Cette manière de voir peut s'appuyer sur l'observation que les effets somnifères du courant ont lieu d'autant plus facilement, que les courants a^ssent plus près de l'encépbale. Dans l'bémlf^égia on voit les membres paralysés supporter sans effets consécnlifs des courants d'autant plus forts que la paralysie est plus forte, et que notamment les aetb sensilifs y sont plus intéressés. J'ai même observé que parfois des hémiplégiques qui supportaient à peine sans éprouver un grand malaise, un très-faible conrant sur le c6lé sain, n'éprouvaient aucun eflét général quand on faisait passer des courants très-forts et douloureux par le c6té malade.
Par contre, dans la parapluie, et surtout dans te tabès dorsalis, il existe souvent un tel état d'impressioonabilité (même lorsque IHnsensibUilé esl complète) qu'on peut dire sans aucune exagération, tontes les choses étant égales d'ailleurs, qu'un paraplégique supportera à peine la vingtième partie d'une force de courant qu'on pourra appliquer encore avec un certain avantage i une hémiplégique.
Voilà sur celte question, tout ce que je puis donner en fait de règle générale : comme durée, une séance ne doit pasdé-
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passer quinze minutes et rester au-dessous de cinq minutes, on peut admettre huità dix minutes comme donnée moyenne. D*un autre côté, le courant à employer balance entre 5 et 60 éléments de Daniell, de sorte qu^on peut regarder 20 à 30 éléments comme étant la force de courant moyenne, qui doit toujours servir, à moins de circonstances particulières, qui en nécessitent la modification (comme une grande résistance de l'épiderme, soit à la plante des pieds, soit à la paume de la main). LMmportance de la propreté des électrodes, la force des résistances humides qui les entourent, Pépaisseur de répiderme à traverser, la durée des courants particuliers et la manière de les employer sont pour les personnes qui répéteront nos expériences, comme ils le verront par euxmêmes, des faits capitaux. La faiblesse corporelle, Tâge avancé, qui paraissent défendre ou diminuer l'application du courant, reposant sur une supposition n'ayant aucun fondement, il m*a paru au contraire établi d'une manière non douteuse que le courant constant est bien supporté par de faibles vieillards, des femmes et des enfants atteints d'atrophies, et que chez les vieillards, comme d'ailleurs plusieurs exemples en feront foi , abstraction faite des effets locaux, le courant agit comme un puissant moyen vivifiant.
Le plus ou moins grand malaise que les courants douloureux provoquent, doit en général servir de règle pour juger la force à donner au courant. Il y a cependant des cas, comme dans les paralysies qui ont leur point de départ dans la moelle, où les nerfs sensitifs sont si peu excitables que les malades ne sentent pas des courants dont rentrée et la sortie provoquent les plus vives contractions momentanées. Dans ce cas il faudra bien se garder de prendre la douleur comme expression de la force du courant. Je renvoie aux chapitres spéciaux, ne voulant pas donner des règles générales plus étendues qui sont déjà si facilement sujettes à erreur.