‹ GalvanothérapieChapitre 31 sur 64 · V. — EMPLOI SIMULTANÉ d'AUTRES MOYENS · texte numérisé non relu

V. — EMPLOI SIMULTANÉ d'AUTRES MOYENS

Encore ici il y a toute impossibilité de donner certaines règles fixes. Les malades qui en général viennent me consulter sont malheureusement déjà sursaturés de traitements allôpatbiques et homœopalkiques ; ils ont été soumis à la gymnastique allemande et suédoise, et dans la plupart des cas se sont trouvés subir des traitements électriques (d'induction) ; s'ils sont ricbes, des stations thermales ont été visitées. Chez ces malades où tout pour ainsi dire a été tenté, on ne peut guère employer que le traitement galvanique seul , attendu qu*eux»mêmes se défient des autres moyens. J'évite donc à dessein de faire usage de ces moyens dans tous les cas où Teffet du courant est encore inconnu, et s'il n'y a aucune indication, je laisse les malades et leur diététique à leur régime de vivre ordinaire; la seule précaution que je ne néglige jamais est de chercher à leur procurer de régulières évacuations alvines. Je n'ai eu occasion d'employer le galvanisme que dans quelques états fébriles parfaitement caractérisés que j'indiquerai plus tard. J'examine les urines dans tous les états pathologiques qui l'exigent, afin de m'assurer si elles contiennent du sperme, de l'albumine, du sucre ou de la bile, et je remets le traitement à plus tard, en tant que j*observe des phénomènes qui me semblent exiger une médication convenable.

Dans les premiers temps j'avais lieu de croire que des exercices simultanés de gymnastique favoriseraient dans certains étals paralytiques ou spasmodiques le traitement par les courants constants. Mais comme il n'y a guère d'action plus affaiblissante et plus paralysante pour des muscles affaiblis et paralysés que la tension du muscle inséparable de tout exercice gymnastique, j'acquis bientôt la conviction que pour

qu'un muscle revienne peu à peu à son état normal, le meilleur et le moins nuisible exercice que le malade puisse faire, est celui qui provient de Femploi volontaire et approprié à la puissance fonctionnelle deTorgane affecté. On a à peine besoin de diriger le malade dans remploi de cette gymnastique qui dans les paralysies peut donner quelques résultats. Je ne rejette pas cependant, dans les paralysies, toute gymnastique méthodique qui est appliquée de façon à éviter la tension des muscles.

Il en sera de même des bains. Dans les hémiplégies et le tabès j'ai parfois observé que l'emploi simultané des bains chauds (je n'ai pas eu lieu d'essayer les bains froids) effaçait subitement, mais cependant passagèrement, les bons effets du galvanisme ; dans d'autres maladies Femploi modéré de bains chauds a été utile en ce qu'il a augmenté l'excitabilité des nerfs par le courant; peut-être aussi les bains n'ontils fait qu'augmenter la puissance fonctionnelle de la peau.

Une question bien importante encore, c*était de savoir si Ton pouvait employer conjointement avec le galvanisme en usage externe, les différentes eaux thermalesqui sont préconisées pour les nombreuses affections des nerfs et des muscles. Jusqu'ici, j*ai toujours évité, et à dessein, de soumettre à Faction des courants des malades qui arrivaient d'une station thermale quelconque, dans la crainte qu*on ne mît sur les bons effets du bain, ce qui revenait de plein droit à la cure galvanique.

Je m^étais laissé aller, en automne 1856-1857, à employer immédiatement après la cure des eaux thermales le courant galvanique, et je crus alors m'apercevoir que dans maintes occasions, ce traitement antérieur paraissait diminuer la susceptibilité des nerfs sur les influences du courant; cependant je ne veux affirmer ici rien de plus positif, car à cette époque ma méthode était encore bien défectueuse.

En tout cas, je conseillerai aux praticiens, de toujours en-

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[reprendre le traitement galvanique avant l'envoi de leurs malades dans une Etation thermale, et même si le premier traitement était suivi du plus léger succès, de les ei^ager fortement à ne pas s'y rendre. Il me semble qu'en agissant ainsi, on pourra avec le temps établir, quant à une thérapeutique comparée, certains points de vue d'avance parfaitement détenninés.

Nous sommes déjà plus éclairés sur l'usage d'eaux minérales à l'intérieur pendant le traitement galvanique, depuis que j'ai appris à mieux connatire les actions du courant galvanique; je n'hésite pas dans certains états anormaux du sangjdans I' 0/i^/r^mte, par exemple, qui complique si souvent les affections nerveuses, de prescrire à mes malades les eaux minérales ferrugineuses à l'intérieur. En agissant ainsi, je me suis aperçu que je développais une plus grande réceptivité de l'orgaDisme pour les effets ultérieurs du courant constant (1).

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