QUATRIÈME PARTIE
EFFETS CATALTTIOOES DD COORÀIfT COHSTANT.
HIBTORIQDB BT EXPOSÉ PBTEIOLOGIQDB
Les effets thérapeutiques doot je m'occaperai dans ce chapitre, arriveront un jour à occuper une place asseï; importante dans l'art de guérir ; ils dépassent de bien loin la sphère des maladies des nerfs et des muscles qui anjaurd'hui font en partie le sujet de ce travail. Ëii tous cas ils doivent occuper la première place dans nos espériences pratiques, parce qu'ils serviront à mieux faire comprendre les inQuences salutaires du courant dans les maladies des nerfe et des muscles, et qu'ainsi ils fixeront, comme je l'espère, définitivement le mode d'emploi du courant constanl.
Avanttout,jedevrais décrire d'une manière plus étendue ce nouveau mol d'etlels « catalytiques. » Je crois que je ne pourrai mieux le faire, et d'une manière plus instructive, que par l'exposition du développement de nos observations sur les diETérents états pathologiques dont il va élre question plus loin.
J'ai déjà dit pins haut, qu'une des plus efficaces actions du courant constant était la rapide résolution de k contracttares rhumatismales ancieimeSf » c'esl-à-dire la guérison de certains étals consécutifs à des rhumatismes articulaires chroniques ou des états parétiques et atrophiques des mus-
EFFETS CATALTTIOOES DU COtHAMT CONSTART. 233
des voisins de l'arliculalion. De semblables fails devaient nécessairement aussi m'amener un certain nombre de malades cbei lesquels rioflammalion, ou les eisudalions dans les articulations affeclées, n'avaient pas encore disparu. Je refusai obstinément pendant quelque temps de soumettre de semblables malades à un traitement galvanique. Cependant un malade de ce genre, le tailleur Auguste Wolske, de Kirchheim (n. 65), vint le 9 août 1856 à ma consultation, pour se soumettre il mon Irailemenl. Depuis sii mois, i) souffre d'un gonflement rhumatismal de l'articulation radio-carpieone droite, il lui est impossible de tenir une aiguille de celte main. Il existe au genou droit, qui est raide et ne fléchit, un gonflement semblable qui l'oblige à marcher sur la pointe du pied en se servant d'une canne.
Venu, il y a quelques semaines, à Berlin, pour y consulter un médecin, ce dernier lui avait ordonné des frictions, avec des bains russes, mais jusqu'à ce jour il n'avait obtenu aucun heureux résultat. Je ne voulus point soigner ce malade, ne croyant pouvoir obtenir qu'une amélioration passagère , à cause du gonflement et de l'état inflammatoire qui existaient encore dans les arlicutations, si je tâchais de ramollir les muscles de la cuisse et du bras contractés secondairement. Je fis part de mon opinion au malade, mais il iosista tellement, que je résolus, séance tenante, de faire passer, en tout environ pendant dix minutes, tant par les muscles tendus du bras que par ceux de la cuisse, des courants continus de vingt-deux éléments de Daniell, de la manière que j'indiqnerai plus bas pour des cas semblables. Je ne trouve pas consigné dans mon journal qu'il se produisit immédiatement un soulagement notable, maïs je trouve écrit à la date du 10 août par un de mes assistants : « La luméfaclion « des articulations radio-carpiennes et libio-fémoralea a dimi- « Doé d'une manière notable ; il y a dans les doigts et dans
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« la jambe une plus grande mobilité. i» •— Ce jour et le sui* Tant, même traitement ut suprà. La note se termine : «Le malade est venu plus tard /en partant pour sa ville « natale, se montrer à nous comme guéri. » Ma mémoire, bien plus fidèle que cette brèfe et sècbe note, me retrace encore avec quel air triomphateur le malade, en montrant à moi et à mes assistants ses membre» complètement mobiles et dégagés de tout gonflement, me rappela mon pronostic fâcheux. Dès ce jour je fus convaincu que, selon toute apparence, le courant constant jouissait d^ime faculté « résorbanfe. » A cette époque, j*avais d»ervé déjà que les muscles parcourus par le courant se gonflaient ; et je m*imaginais alors que cela pourrait être produit aa détriment d'exsudats liquides qui se trouvaient dans le voisinage des muscles. Mon attention aussi élait tellement occupée alors à Tétude des effets du courant sur les nerfs et les muscles, que J^avais peu de tendance à poursuivre ces nouveaux phénomènes, sachant combien de défaveur j*allais jeter sur mes résultats en engageant dès le début le courant constant dans une si grande variété d^états pathologiques qu'il était certes appelé à soulager.
Peu de temps après (le 27 août), la femme Wilhelmine Kopke, de Bernau (n. 163), âgée de 38 ans, vint instamment réclamer mes services. Depuis trois mois, elle était affectée de gonflements rhumatismaux de presque toutes les articulations et en majeure partie des doigts de la main droite, qu'il lui élait impossible de fermer à cause de la douleur et de la raideur qu'elle y éprouvait. Devant un pareil cas, je crus qu'il élait de mon devoir de prévenir la malade de l'inefficacité de l'emploi du courant. Mais en montrant ses mains raides et douloureuses, elle me supplia, étant venue de si loin, de ne pas la renvoyer, sans avoir essayé au mains le moyen I Je fais passer pendant quelques minutes par la main
DO COUBAKT GONBTAKT. 335
un courant de trente éléments de Daniell. « La fermeture « de la main va mieui, mais les doigts foal encore raides au a niveau des articulations moyennes. » De sennblabtes courants traversent les articulations des doigts, a La fermeture t de la main s'opère mieui. » Celte note leroiine mon journal, ne voulant pas faire rester la malade à Berlin, étant obligé moi-même de m'en absenter. Sans aucun doute, ces deux observations, aussi imparfaites qu'elles paraissent être, n'ont pas été sans avoir fait naître dans mon esprit une propriété ramollissante que me parut posséder le courant, non-seulement sur les muecles, mais encore sur les parties tendineuses des articulations se trouvant dans un état de sclérose.
Dans ces cas, il n'était pas possible d'admeltre comme seule cause de t'amélioralion la propriété absorbante des vaisseaui sanguins et lymphatiques ; mais il m'a paru en effet qu'il y avait en jeu une inQuence immédiate du courant sur le tissu conjonctif. Je ne crus cependant devoir mentionner ces effets dans la communication que je fis à l'Académie des sciences de Paris le 22 et le 29 septembre 1856. L'biver extraordinairement humide qui suivit mon retour à Berlin me fournit bientôt l'occasion d'étendre mon expérience sous ce rapport. Un des exemples les plus frappants et les plus intéressants de l'action du courant sur du tissu conjonctif sclérolisé me fut fourni par le nommé Guillaume Jung, forgeron, âgé de 38 ans, qui me fut adressé de l'usine de machines de Borsig (n. 280). Depuis un an, il avait cniellemeiiÉsouffert d'un rhumatisme articulaire vague qui, après avoiAisparu pendant huit semaioes, avait récidivé et attaqué la jpain droite. Le 27 novembre 1856, l'articulation radio-carpiÂine droite est gonflée, tendue, douloureuse , les doigts sooluellemenl enflés et raides qu'ils ne peuvent être fermés. Leinalade ne peut boulonner sa redingote; t'exten-
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sion de la main et des doigts est impossible à cause de la douleur et de la tension de Tariiculation. Des courants continus descendants^ de trente élemenls de Daniel!, dirigés par les fléchisseurs de Payant-bras, produisent déjà une fermeture plus facile de la main ; mais quarante éléments passant par les parties tendineuses des articulations qui sont douloureuses rendent le mouvement plus libre ; il enestdemème aussi pour ceux que je fais passer par les muscles extenseurs de Pavantbras et de la main. Après dix minutes de ce traitement, le malade peut exécuter presque tous les mouvements de flexion et d'extension, même écrire son nom, ce qui était impossible quelques instants auparavant, ne pouvant pas assez rapprocher, pour tenir la plume, le pouce de Pindicateur, — Deux jours après (le 29 novembre), je Pexamine et je trouve que l'amélioration de la main s*est non -seulement soutenue, mais qu elle est encore en voie de progrès. Une séance, en tout semblable à la première, procure immédiatement au malade la faculté quMl avait perdue jusqu'ài^ jour, d*opposer le pouce à tous les doigts.
Mon intérêt pour l'application d*un semblable traitement aux rhumatismes augmenta par plusieurs observations de ce genre, et surtout encore par une certaine vogue que son application acquit parmi les ouvriers de nos grandes usines mécaniques, qui sont si sujets, par la nature de leurs travaux, aux refroidissements subits.
Je me trouvai donc, malgré cela, encore bien éloigné, pendant Phiver 1856-57, à rattacher à des points de vue physiologiques connus les effets curatifs variés que j'a^s observés dans le traitement des rhumatismes, et je ne jAnsai pas le moins du monde à attaquer directement le véritd>le foyer de la maladie , c'est-à-dire Pinflammation des parties formées par du tissu conjonctif.
Me basant sur les opinions prédominantes dans la science,
DU CODRANT CONSTANT. 337
je distinguai les rhumatismes en articulaires, musculaires et nerveux (névralgies rhumatismales), attachant ainsi les eOets curatifs obtenus principalement aux tissus musculaires et nerveux, parce que la Tréquence des cas dans lesquels je n'apercevais pas une influence immédiate du courant sur des articulations qui se sclérotisaient (sur lesquels se développait l'ankylose), me forçait à regarder les phénomènes cités plus haut comme de rares exceptions paradoxales, et en tout cas comme des phénomènes secondaires de rinflammation,.
Je désignai sous le nom de « résolution de contractures rhumatismales v les cas de rhumatismes articulaires dans lesquels les muscles environnant l'articulation malade se trouvent dans un état de tension [contracture] et qui sont délivrés de cet état par le passage du courant constant.
Dans les cas où par ce traitement je ne parvenais pas à rendre immédiatement ou d'une manière durable la liberté à l'articulation affectée, j'arrivais à une application de sangsues, quelquefois aussi à des frictions mercurielles ou iodiques, voire m£me à des frictions alcooliques, et j'obtenais ainsi en somme la diversité des résultats qui forment avec les récidives de ces états si perfides le désespoir des médecins praticiens [cntx mecUcorum.) Un de ces malades me raconta avoir été soigné dans un grand hàpital pour an rhumatisme des deux genoux, et qu'on l'avait traité d'un cAté par des fomentations froides et de l'autre par des fomentations chaudes, parla raison, lui disait-on, que c'était tantôt le froid, tantôt le chaud qui guérissait le rhumatisme I
Comment aurais-je pu me résoudre à sacrifier mon temps et mes forces à imaginer de telles expériences? J'avais déjà engagé tout le temps de l'été de 1857, pour développor les bases physiologiques de l'appUcation du courant dans les paralysies et les spasmes.
De là vient qu'en général je renvoyais aux moyens connus
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les malades de ce genre dès qa'il existait quelqi/es traces de fièvre, et quejea^eotreprenais le traitement que chez ceux dont, selon Texpérience, on pouvait attendre un résultat rapide, comme dans la sciatique^ les contractures, la parèse, l'atrophie des muscles voisins consécatifs à des inflammations articulaires.
A mon avis, c'était le seul moyen de ne pas porter préjudice à la réputation du courant constant dans son application dans ces maladies si obscures, et surtout aussi pour ne pas entraver les résultats d*expérienoes pins exactes qu'on ne pourra certes entreprendre avec chances de succès que dans un hôpital. Une voie toute nouvelle devait bientôt porter un peu plus de clarté dans cette partie si difficile de la thérapeutique.
Déjà, à Toccasion de mes expériences entreprises sur plus de cent malades, j'avais remarqué que des douleurs locales qui augmentaient à la pression, n'importe que leur siège fût dans les muscles, dans le périoste ou dans les capsules articulaires, disparaissaient dans' la plupart des cas aussitôt que j'appliquais pendant une minute sur les points douloureux un courant assez fort pour rougir la peau, sans cependant que ce fait les empêchât de revenir.
11 était permis de supposer que, dans ce fait,, un engourdissement des nerfssensitifs,ou une dilatation locale des vaisseaux lymphatiques, ou les deux états réunis étaient en jeu. J'avais pu, par mes expériences sur la cuisse de la grenouille, sur répaississement des muscles (1), montrer avec certitude que le courant constant, même par son application sur la .peau intacte, produisait une telle dilatation des vaisseaux sanguins qu'elle s'étendait jusque dans les muscles. Je vis aussi, par la même occasion, que le courant constant possé-
(i) Deutsche Klinik, 1857, n. 45.
dail la propriété d'augmenter la faculté endosmoiique du muscle, et qu'en cela il différait essentiellement da courant induit qui au contraire parait diminuer celte même faculté. Il est vrai d'ajouter qu'un pareil effet n'a pu être démontré pour les parties où le tissu conjonctif prédomine. Toujours est-il que, dans raclion générale du courant sur les tissus, il se trouvait des circonstaoces qui permettaient de distinguer deux séries de phénomèDes.
l' Dilatation de vaisseaux sanguins et lymphatiques, consécutivement à cette dilaluLion dégorgement des cellules gonflées de sang et de Ijmphe, résorption d'exsudats en excitant on courant de liquides dans l'intérieur des tissus; 2° mutation électrolytico-chimique dans les tissus, accompagnée d'un transport électro-dynamique de liquides, telle que cette mutation pouvait déjà être supposée d'après les effets physiques cités plus haut.
Ce court exposé satflra pour faire comprendre comment j'ai été nécessairement amené à designer les effets dissolvants et résolvants du courant sous le nom d'effets catalyttgues, qui résume en un mot la variété des effets isolés dont ils se composent. Parce qu'aussi ces effets dijpassent de beaucoup la sphère de la jDumance électroly tique du courant, à laquelle il faut en tous cas attribuer une valeur sinon subordonnée, du moins difficile à limiter selon son degré et sa mesure (I).
Ces travaux reçurent une nouvelle base, à la suite d'une observation particulière f|ue je fis sur un malade qui me fut amené par M. le docteur Rosenfeld .
Le 1" octobre 1857, ce médecin me présenta une dame figée de 24 ans, d'une faible constitution, affectée depuis l'flgede S ans de plusieurs goitres indurés et douloureux
(1) Ce mot ne peut pas porter préjudice à la désignalion d'rffett curaUft eattUjfliquei, parce qu'il existe dëj& en chimie une désigoalion
240 EFFETS CATALTTIQUBS
(stntma folliculosum) et d'ua gonflement tout aussi dur et tout aussi douloureux de quelques fléchisseurs du bras droit. Les médecins de sa ville natale avaient employé sans succès tous les moyens connus, on avait même appliqué sur son bras des courants induits, qui ne firent qu*aggraver la douleur et les contractions secondaires dans les fléchisseurs. Un traitement indique à Tintérieur et à Textérieur n*a produit pour tout résultat qu*tm tremblement de tout le corps^ qui, quand la malade est assise, met les jambes dans un mouvement continuel.
MM. Langenbeck et Wilms ont va la malade et ont déclaré qu*on ne pouvait rien espérer d'une opération chirurgicale. C'est la tumeur de lavant-bras qui parait fatiguer le plus la malade, tumeur qui s'étend du pli du coude jusqu'à la racine de la main, et qui ressemble à un abcès près d'aboutir : elle est tellement douloureuse qu'elle ne souflre pas le moindre contact. Des douleurs lancinantes et pongilives alternent avec les contractions du bras, et permettent à peine à la main le moindre mouvement, et de même que les doigts se trouvent en flexion permanente. La tumeur est si uniformément dure et si peu mobile qu'il faut un examen approfondi pour voir que le siège du gonflement et de l'induration se trouve formé par les centres musculaires fondus ensemble, notamment ceux du rond pronateur, du cubital interne et des fléchisseurs profonds dans la partie inférieure de l'avant-bras. Il est impossible de déterminer la nature de cette tumeur parce qu'autant que je crois le savoir, on ne trouve aucun fait semblable de muscles malades dans la littérature médicale, et dans ce cas on ne peut que supposer qu'il 8*agit ici de dépôts colloïdes semblables à ceux qu'on observa dans les follicules de la glande thyroïde indurée. L'avantbras et la main sont atrophiés et très-peu développés, les muscles extenseurs sont complètement amaigris, la tumeur
DD COUSAKT GOHSTâKT. S4f
qui se trouve dn côté de la flexion, a tout a fait restreint leur activité. On ne peut pas constater dans les fléchisseurs des symptômes d'une destruction complète des fibres musculaires ou des nerfs occasionnée par la tumeur, parce que l'on peut simplement expliquer tous les vices du mouvement en supposant qu'ils sont uniquement causés par une substance non élastique interposée entre les fibres musculaires. Les points les plus douloureux de la tumeur sont rouges, et à sa partie supérieure on trouve une faible augmentation de la température.
En essayant de traiter cette tumeur par te courant constant, j'espérai résoudre les contractures secondaires des fléchisseurs, augmentées outre mesure par la douleur, et diminuer, par le traitement que'je décrirai plus tard, l'atrophie et ta faiblesse des extenseurs ; je comptai aussi pour sûr l'efTet calmant du courant, efiet dont j'ai parlé plus haut, el que j'avais si souvent obtenu pour des douleurs locales. Les premières séances semblant déjà promettre quelques résultais, je fis adapter et visser une plaque de cuivre jaune en forma de gouttière à la tige de cuivre qui se trouve sur la petite table décrite page 250. Cette gouttière garnie de feutre humide peut recevoir la tumeur de l'avant-bras. L'un des électrodes communique mélalliquement avec la tige de cuivre jaune, et an moyen d'un deuxième réophore la chaîne est fermée de telle sorte qu'un courant d'à peu près 10 à 15 éléments de Daniell passe pendant quelques minutes dans une direction ascendante de la tumeur-vers un des extenseurs. Au bout de cet espace de temps, l'excilabililé du muscle étant augmentée par la courant, j'y provoque des contractions tabiles locales, afin d'en augmenter la circonférence et sa puissance fonctionnelle.
Je continuai avec persévérance ce traitement, car son effet en était visible, el j'arrivai ainsi, au bout de quelque temps, à
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diminuer la tension et Tétat doaloureux de la tumeur, qui devint plus molle et plus mobile, les contractions du bras cessèrent, et la malade devint capable d'exécuter jusqu*à un certain degré des mouvements d'extension de la main et des doigts et de s'en servir pour de légers travaux, même pour écrire. Tétais toujours porté malgré ces bits à n'attribuer Tamélioration obtenue qu'à Tinfluence favorable exercée par le courant sur les muscles^ et je ne me trouvais pas disposé malgré les plaintes de la malade à appliquer ainsi le courant sur les tumeurs goitreuses du cou. Mais le 21 novembre, après que 35 séances avaient, pour ainsi dire, placé le bras dans un état plus que satisfiiisant , la malade appela mon attention sur une série de gatiglions lymphatiques tuméfiés et douloureux, de la grosseur d'un haricot,' qui longeaient le bord externe du muscle stemo-mastoidien droit, et qui depuis environ trois mois la fatiguaient plus que les grandes tumeurs. Je résolus d^essayer l'action du courant sur ces petits ganglions. Au moyen de petits réophores en forme de boutons, je fis passer suivant le trajet des ganglions lymphatiques, pendant à peu près quatre minutes, des courants tant stabiles que labiles provenant de 10 à 12 éléments de Daniell, et je constatai par le toucher pendant ce temps que ces petits ganglions se soustrayaient l'un après l'autre à la pression des doigts^ et finissaient par disparaître sans laisser aucune trace. M. le docteur Rosenfeld, qui avait examiné le cou de la malade peu de temps auparavant, se convainquit également delà disparition complète de ces petits ganglions lymphatiques indurés.
Il était évident que ce fait surprenant pourrait à peine être expliqué seulement par des processus électrôlytiques, c'est-àdire en supposant que ce fussent les cellules parenchymateuses tuméfiées du ganglion qui avaient diminué de Yolume. Au contraire, il s'agissait ici, selon moi, plutôt d*une dilatation subite des vaisseaux lymphatiques reliant les ganglions
DO COBIAIR CORRART. {43
entre eox, et d'un entralnenteot cooséculif des cellules lymphatiques accumulées dans les mêmes ganglions; dans le cas lontefois où les vaisseaux sanguins des ganglions eux-mêmes avaient aussi pris leur part dans la résorption de cet exsudât. J'iTais ainsi dès lors certains points d'appui qui m« permirent de traiter les tumeurs goitreuses du cou, d'une façon analogue à celles du bras.
II me fallut à peu près 70 séances pour arriver à un semblable résultat, à savair : disparition de la douleur à la pression, ramollissement des tumeurs, augmentation graduelle de volume et de solidité des muscles atrophiés du cou. La mensuration ne montra aucune diminution dans le volume du cou, le même effet se reproduisit au bras qui parut même avoiraugmenté de volume. Les accès de dyspnée, les râles, et tes palpitations, qu'on pouvait rapporter à une irritalioa dn nerf vague par les tumeurs et qui depuis longues années faisaient souffrir la malade, diminuèrent, et ce fut enfin on violent état catarrhal qui survint au printemps pendant le traitement, qui fit un peu rétrograder les avant^ee obtenus. A l'occasion de cette suspension du traitement, je fis l'observation inattendue que les tumeurs se ramollirent davantage, et qu'il se produisait dans ce fait un effet consécutif difficile à rapporter, soît au compte de l'électrolyse, soit au compte de la résorption. La même difficulté se présente qoant aux phénomènes cités plus haut et dont je parlerai bienlftt une seconde fois, à savoir qu'on peut observer dans les tumeurs au commencement, et même plusieurs Joars encore après lue séance, une augmentation de la température, •t qu'il fallait un intervalle plus long pour faire rétrograder cette température acquise au-dessous de celle qui existait précédemment (1).
(1) Dans la détermination de la température que je donne parfott tel, je M me guli pu & dessein servi du ttiermomètre, parce que
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Je ne crois pas nécessaire de donner ici plus de détails sur celte oliservalion dont le sujet est encore en ce moment en traitement, et dont l'amélioration continue. Je dirai aussi que cette observation seule ne m'a pas suffi pour me faire complètement comprendre les effets du courant qui sont ici en questioUy mais que ce n'est qu'un second cas qui, par sa simplicité, mérite d'être désigné comme devant faire époque dans l'histoire des effets thérapeutiques du courant. Michael Hartleib (n*" 647), tailleur, âgé de 36 ans, tomba le 2 mars par le Terglas sur la main droite, et se foula tellement Tarliculation radio-carpienne, qu'immédiatement après Faccident, il lui fut impossible de fléchir ou de fermer la main ; le malade ne put dormir cette nuit, malgré une application continue de fomentations froides. Un médecin, qu'il visita le lendemain matin, lui conseilla une application de sangsues, des cataplasmes glacés, des frictions roercurielles, et le congédia en le prévenant que, sans aucun doute, il ne pourrait reprendre ses travaux qu'au bout de plusieurs semaines. Un de mes malades l'engagea à venir me consulter. L'articulation radiocarpienne, notamment le dos du carpe, est tellement gonflée et douloureuse, qu'il m est impossible de pouvoir examiner si, dans cette région, il n'existe aucune fracture. Grande chaleur, doigts raides et gonflés. Familiarisé par le traitement des rhumatismes avec des conditions analogues, je fis passer immédiatement des courants labiles de 30 éléments de Daniell tant par la tumeur que par les muscles voisins, jusqu'à ce qu'il se produisit daos les muscles du dos de la main de faibles contractions momentanées labiles. Je continuai le traitement pendant environ cinq minutes ; le malade remarqua
mes expériences antérieures sur les oreilles de lapins m'ont fait voir que ces mensurations qu'on fait à la surface du corps^ sont incertaines^ à moins toutefois que les différences qu'on veut mesurer ne soient telles qu'on puisse les constater sans avoir recours au thermomètre.
DU COOKAin GOim-ART. 24S
de miaote ea minute que la tumeur et la raideur de sa main disparaissaient de plus en plus ; les mouvements de la main et des do^ se rétablirent à tel point que le malade pat, quoique avec difficulté, inscrire son nom dans mon journal. Lejonr saivant, 4 mars, il m'annonça avoir pu coudrequelqnes objets grossiers, mais qu'il éprouvait encore une certaine gène à se servir des ciseaux. Au dos dn carpe il existait encore quelques traces de gonflement. Le même traitement qu'hier fut appliqué, et le lendemain le malade m'assura être libre de toute incommodité. Le hasard voulut que bienUM j'eus occasion de connaître la valeur de ce traitement dans on cas analogue, quoique plus ancien. M. ieD'Hoefer, engagé par la lecture de mon article « sur les effeti euratif» éleetrolytiqitei s (1), dans lequel j'insiste sur les propriétés résoiitantes ducourant constant, m'envoya, le 23mar8,l'ouvrier Gottfried Scbnize, de t'usine Borsig, (n* 672).
Cet homme était tombé, il j avait trois mois, le jour de Noël, sur la mÙD droite, et avait eu une tuméfaction inflammatoire et douloureuse de l'articulation radio-carpienne et dn carpe, tuméfaction qui résista aux moyens ordinaires et l' empêcha de se livrer à ses travaux.
L'état de ce malade présentait la plus grande analt^ie avec celui de Harlleib, à l'exception toutefois que cet état était denan slationnaire.
Dans l'espace de huit jours, jusqu'au 1** avril, l'emploi esclosif du courant contiau constant mit ce malade en élat de gagea de nouveau sa vie comme terrassier, fendeur de bois, elc., etc. D ne vint plus tard àla consultation qu'une fins par semaine pour se foire guérir d'un reste d'inflammatioB et de gonflement des os du carpe et des éfHphyses de l'avanlbras, état qui rendait encore diffidie la flexion de l'articula-
(1) DmâiOU flMfc. 18S7, n* ».
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tioD'radicHcarpieoiie', ei qui Tempèdiait da iMuiier avec< force la pelle.
J'ai choiei à deeseiti oeQ eiemplee initknples et ai évidents parce que) je let cro» suffisants pour le^ moment, pour me jostiâer siy me basent sur ces obsenratiotts/ f ai rangé le cou* nmt constant dans la série des moyoïs imiipUogi$iique$. dette proposition doit paraîtra élvaii|^ .et paradoxale si Ton considère que le courant cOdstanti comme on t le sait, et comme je Tai maintes fins naentionné dans cet ouvrage, augmente la température et provaqpiftiift4tf flux «de sang dans las différentes parties du corps humain 4|u*il traverse.
Je prévois ici que le lecteur mp- demandera, que^ ne me coiiteii^tot pas seulement de lui raconter ces résultats qui aoDt en pleine bppositionavec lea<^inions reçues jusqu'ici, jei fiasse encore mon possible pour* l«i édairciret lui fiûre comprendre ces effets dp coaraùt constanl^ ne fûUseqiie d'une nMÉièrs approximative p«r> la voie pbjrsiologiqMi Heureusement, pour satisfaire jusqu'à * un œiitatn : point ce désir du lecteur, j'ai depuis longtemps^ notanment depuis les an* nées 1855 et 1856, pendant 'lesqoellesje Irisais um cours de pathologie expérimentale, réuni une sériai •d'observations qui sont appropriées à cette question^ B ne a^agit de rien moins que d^nne nouvelle détermiaaKon de la nature et de la genèse de Tinflammation. Il est étonnant qu'à notre époque si riche en travaux onicroscopiques* infrootuenx, il y ait eu si peu d'observateurs expérimentés quiaient fsit de cette belle question un nouvel objet d'études et de recheiches suivies. Il est vrai de dire que Ton ne manque ni de travaux ni
d'èypotbèses sur l'inflammationt
• Henle, se fondant sur ce ^firil q«é> dans lea parties enflam*
mées les vaisseaux sanguins sont dilatéB,' a émis l'opinion que cette dilatation était le fait essentiel de l'inflammation, et qu'elle provenait d'une surexcitation ties Heffi^^settsitifs.
DD COUUIR COUBTAHT. S47
Brûcke au coolraire attira l'altentioD des observateurs sur le rétrieiutmtnt des artères qui vont aux parties enflammées, rélrécissemeDt observé surtout sifr la palame de la grenouille quand on y développe une inflammation artificielle. Il crut devoir le rattacher à une irrilalion des nerfs senùtib, et le considérer cooinie étant le. phénomène le plus essentiel de l'inflammatioa. Virchow a émis l'hypothèse que t'inilammalion reposait sur une attraction anormale du sang de la part des tissus (1). En dernier lieu Snellen, sous les auspices de Donders. a fourni upe contribution importante à la doctrine de l'inflammation (2) en faisant, d'après ses expériences sur les oreilles de lapins, ressortir les différents points suivants :
1* Qu'en effet une irritation des nerfs seositifs provoquait d'abord par action réflexe un ritriciutmenl des vaisseaux dans la partie irritée, duquel procédait Gnalement une dt^ talion des vaisseaux ;
. 2* Que l'inflammation, dans tes parties dont les nerfs vasculaires o^it élécoupés, et dont les vaisseaux se trouvent par conséquent dans uu état de dUataliou, parcourait plus rapi- ' dément toutes ses phases ;
3* Que, malgré co fait, l'interruption des trajets nerveux seositifs n'avait pas une certaine influence sur la marche de l'inflammation (et de la suppuration) ;
4' Que l'altération delà cornée, qui, comme on le sait, a lien après la section du trijumeau, ne provient que d'influences traumatiques;
d' Que par conséquent le travail inflammatoire ne coosiate pas eesenttellement dans une modification de l'activiti des nerfs.
(1) BondBueft iSm* jpee. PdtAOIoji^. Bd. I, p. 07. (3) ilfvMti. f^dùMiànâittAm BeUrigeiar Satar-md OOkmde, vm Dooderi. undBerlin. 18S7. Bd. I, Hea 3, p. 206-230.
i48 Wmn CATALTTIQUBS
Les expériences pratiquées par moi-même depuis de longues années sur la queue du têtard m'ayaient fourni la conviction que les phénomènes qu'on provoque en touchant cette partie avec des acides ou de forts alcalis, et qu*on nomme inflammatùm^ ne proviennent que d*une action chimique sur les parois des vaisseaux capillaires et sur les cellules sanguines colorées et incolores; notamment d'engorgements produits par les cellules sanguines qui se gonflent et qui changent de forme. Ce ne fut que pendant les années 1855 et 1856 que j'ai trouvé ce même résultat sur l'aile de la chauvesouris et sur la palame de la grenouille adulte, animaux qui ont acquis le monopole de fournir le matériel microscopique pour les théories de l'inflammation. L'expérience ne peut jamais être faite, quels que soient les appareils dont on se sert, et quelles que soient les vis rembourrées qu'on emploie pour fixer les orteils et les palames de la grenouille sans que cet animal éproui^e des douleurs. Finalement je doute si la manière de la fixer la plus brutale en apparence n*est pas encore la meilleure à cause de là promptitude de son exécution : à savoir perforation d'un morceau de carton, ou d*une
attelle en bois mince, aux endroits convenables pour fixer par des liens en anses la grenouille sur le ventre, excision d*une ouverture assez grande pour pouvoir examiner une partie des palames par transparence, après avoir préalablement fixé les orteils aux bords de l'ouverture par de courtes et très-fortes épingles. En attachant les grenouilles de cette manière on évite certains forts vaisseaux qui longent les orteils, et Ton verra bientôt que les troubles occasionnés par cette lésion n'ont presque aucune influence sur le cours du sang dans la palame même, et notamment sur les modifications qu'on y provoquera par des applications chimiques ou mécaniques. On se servira avec beaucoup d'avantage dans ces recherches d'un petit microscope de Schiek, pour pouvoir examiner la
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circulalioD enliëre à un faible grossissenient (15 à 20 en diamètre) avant de passer à l'examen de parties isolées de la surface de la palame à un grossissement plus fort {250 en diamètre). Une Taul cependant pas pousser trop loin ce(te recherche préalable, parce que déjà la simple action d'étaler les vaiiseanx et l'éTaporatioa de ta peau, le choc du cœur étant bible, suffisent pour provoquer des stases.
Une goutted'acîde acétiqueou d'unesolution ammoniacale, appliquée avec un fin pinceau sousie microscope sur la partie transparente préalablement examinée d'une portion de la flarface capillaire de la palame, fera immédiatement pâlir cette partie humectée. Un examen avec un plus fort grossissement dévoilera instantanément la raison de ce phénomène. Le liquide caustique traverse l'épiderme, le tissu coojnnctif, les capillaires, et arrive aux cellules sanguines auxquelles il entive la matière colorante. Les cellnles sanguines décolorées, dans lesquelles le noyau est fortement inarqné, poursuivent leur chemin, un peu plus racornies, et sont remplacées par d'autres qui subissent le même effet. Le blasma du sang se trouve ainsi, au point louché par le caustique, saturé de matières colorantes, et ta coloration pâleantérieurement est remplacée bientôt par un aspect rosé. Pendant ce temps, selon toute probabilité à lasuitede l'effet chimique produit, la propriété caustique dn liquide appliqué parle pinceau a diminué jusqu'àuncertain degré; les cellules sanguines colorées, que la circulation amène maintenant, ne subissent plus qu'une décoloration incomplète, mais bien un gonflement analogue à celui des oellales sanguiqes libres qu'on traite par des solutions ditnées d'acides ou d'alcalis, ainsi que le savent très-bien tous ceox qai s'occupent d'histologie. L'état lisse des parois internes des capillaires a po ètredétruitparsuitedel'imbibitionde l'acide, el IflB cellules sanguines blanches qni, comme on le sait, se it danslacoucbedePoiseoille, Irouventde U difficulté
à avancer. Elles 8*agglutiiient aux parois ^asoiriaîras, oomme si oUes avaient exsudé une matière glqtiiieiise qui s^alla^ cberait à ces mêmes parois ; qu'on ajoute eocçi^ la stagnation des celloles rouges^gonSées, et la drqulatioiiJBe trouvera bientôt interrompue dans : un petit œntte GapiUûre* Dès que ce fait a eu lieu, il ne peut plus être question dHin entraînement de la malière canistique dans la masse sanguine^ mais seulement à^um diffusion de cette: même matière dans les parties voisines. . Les cellule aanguinie9> qi|^ la circulation amèpe subissent, sous l'infl^encQ de cette diffîision, le même gonflament et la. mènie ftagnatioii :. il y> a échange de, matière colorante entre les cellule stagnantes» le point cmtral dei la stfignation, qui auparavant était, rosé», devient d'un rouge (bncéy et «il déviant si difficile de distinguer les cellules sanguines .comprimées dans les oapillairas par la pression du ocBur, que pendant une certainorépoque ona pucmiit qu'elles s'étaient fondues ensemble. Ut où. raceumulation a été res* treiqte aux capillaires, les limites de cette stagnation qui s'étend et qui est unie sont fournies par 1^ arlèfes et lea, veî* nés environnantes, qui permettent une retraite aux nouvelles cellules quiarrivent,,avant queces^mâmes.oelliijbs, restant un plus long temps dans les voies obstruées, ne soient à leur tour retenues dans le cercle de la diffn^ion, et de la stagnation. Dans cet état de choses, il ne peut manquer qu'il se produise» à la limite du domaine de l!inflammation dans les vaisseaux, des courants de retour qui ont, parfois une direction , opposée, jusqu'à ce que le hasard vienne donner, la. prédominance à l'une ou l'autre de ces directions» et dirige dans un vaisseau voisin quelconque les cellule sanguines qui se itrouvent être dans un ya*et-vient continuel. U peutméiue y avoir un retour en sens inverse du courant, même dans des vaisseaux qui antérieurementv loorsque la circulation était normale, se comportaient comme des artèrea. Ua ralentissement de la
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circulatkm dans les voies qui .sont frappées d'une manière immédiate par. ces courants, qui arrivent l'un sur l'autre en sens îDTerse, en est la conséquence, et pax osUre il se produit une accélération de la circulation en dehors de la sphère de la stagnation, où les résultantes de toutes les forces d'impmlsion, poussées dans des voies étrangères et s'annihilant an partie, a^ssenten commun avec les forces normales, pour établir, une circulation supplémentaire plusactiv», c'est-àdire où la rapidité dans les voies circulatoires non lésées s'ac- ÇEott au fur età mesure. que le lit du courant capillaire se réitrécil. Dana les artères qui condujaenLau. centre capillaire (dutrué, la pression latérale liée à des éléments contractiles s^accrolt, soit comme conséquence de la pression augmentée d'un^ ro^nifire anormale du cœur^ soit à la suite d'une irritation nerveuse exercée par. le point « anflammi, » et occasiOBn«aiun le rétrécissement des artères queBriicke a fait tant iiessortir comme étant un point capital. On comprend •usai que tous ces phénomènes doivent varier selon l'état, la propriété et la saturation des agentsctiimiques qui produisent cetleatagnation, mais, que doua, toutes les circonstances, la nodiftcationdes ceUules sanguines, du blasma, et des parois capiUaîrM sont les causes primordiales de l'inflammahon iocale.
Lorsqu'on emploie un acide dilué ou une solution ammo- ]ÙMalei les capillaires nepftliasentpascommeîlaété dit plus haut, c'«str-à-dire, il n'y a pas. de déeoloratioB complète dw oellDle« sanguines, mais il y a immédiatement un gonflement des çellulee sanguines qui obstruent tes lumières des vaisieaux. U se passe dans ce cas le réealtal bizarre que, par Fttaploide caustiques dilués, les phénomènes in flammatoiree parusaeot se produire un peu plus rapidement que quand on se sert d»cauBliquefl dans un état complet de saturatiCHi. Dès ^M l'on a {tonrsiùvi aintiles phénomàne? de la maiù^ in-
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diqnée, il ne sera pas difficile de comprendre les modifications qoi ont lieu lorsqu'on emploie, par exemple^ des acides minéraux et des solutions de chlorure de sodium.
En comparant ces divers états atec des lésions mécaniques, on Toit de suite qu'une de ces lésions déjà citées plus haut suffit pour produire ces efiTets. Car lorsque, avec la pointe d'une pince très-fine, l'on presse légèrement sur la palame, de manière à interrompre la cireulation dans quelques capillaireSy on produit, presque avec la rapidité de la foudre, et sans obtenir les phénomènes précurseurs qui s'observent lors de l'emploi des agents chimiques, une stagnation des cellules sanguines qui arrÎTeuty puis une obstruction d'un centre capillaire par des cellules capillaires fortement pressées les unes contre les autres, c'est-à-dire, on produit une inflammation. Prenant en considération la circonstance que, si l'on vient à interrompre simplement la circulation par une pression exercée de temps à autre sur la veine, on développe à la vérité un arrêt passager des cellules sanguines dans les capillaires, mais non une stagnation plus étendue ; on est arrivé à distinguer depuis Emniert « une irritation inflammatoire'» devant provenir d'une action particulière et pour ainsi dire mystique. Maison ne s'est donc pas aperçu que les conditions des deux expériences difièrent complètement, et qu'elles ne peuvent supporter aucune comparaison.
Dans l'un des cas, il n'existe qu'un simple empêchement de la cireulation ; les cellules sanguines restent à peu près soumises à des influences normales ; le blasma et les parois capillaires ne sont pas lésés ; dans l'autre, au contraire , il y a altération et destruction des parois capillaires, s'il n'y a pas aussi altération de la cellule et du blasma, et de plus un affluent par la vif à tergo de nouvelles cellules que fournit la paroi contractile de l'artère, même lorsqu'elle est liée.
A cette occasion, j'ai par moi-même confirmé une observa-
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tion d'Emmert , observation que les auteurs ont à peine osé tneDliooner et qui est, qu'à la lumière solaire, la circulation du sang s'opère avec une plus grande rapidité dans les capillaires. La (tiCTérence en est tellement frappante que, saus menaoralioD, tout observateur doit immédiatement s'en apercevoir. U est vrai que l'on ne s'aperçoit pas si facilemenl de la condition qui provoque ce phénomène, à savoir que les cellules blanches et rondes qui, en voyageant si lentement le long des parois vascutaîres , alourdissent tant la circulation, s'attachent moins Tacilement à la paroi vasculaire sous l'influence de fa chaleur qui réflécbitsur la palame la lumière solaire recueillie par un miroir concave, mais que ces cellules blanches et rondes restent lisses, fermes et mobiles , n'avançant seulement qu'autant que leur pesanteur spécifique détermine cette émigration plus faible.
La question de savoir si cet effet de la chaleur est limité aux cellules mêmes , ou bien s'il provient de ce que la solution albumineuse et fibrineu» qut représente le blasma subit cette mâme influence de la chaleur, doit encore aujourd'hui rester indécise et irrésolue. 11 faut encore aussi laisser à l'état de problème à résoudre cette seconde question, si la dilatation des vaisseaux artériels et veineux est simultanée, ce que, à une température plus élevée, on serait en droit d'attendre.
En toDl cas, il existe une coïncidence remarquable sous le rapport pratique dans le fait suivant. En provoquant une inflammaUon locale chez des grenouilles qui sont affamées oa anémiques et qui présentent par conséquent un excédant considérable de cellules blanches, j'observai un cercle inflammatoire plus grand que chez ceux de ces animaux qui ne se trouvaient pas dans ces mêmes conditions (1).
(1) Je ne comprends pas aujourd'hui pourquoi Beonet et Vircbow revendiquent, ctucun de son c6lé, avec une si grande Tivacilé, la priOTÎti sur la question de la leucoCTlémie, et de Ja leucémie,
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Si à ces obserralions nous comparoas ce gne les expériences deSnelIen^ faites sous la direction de Donders/ont montré : à savoir querinflammation dans Toref )le 'duiapin parcourt plus rapidement ^ses phaids* lorsque, à ta suited^une section du nerf sympalbique, lesTaisseauxsânguinrsèiitdilailésv'et que chcE l'bomme les eflfetsantiphlogistiques de Peau froide se montrent de lafnaniëre lapkis éridente," lorsque^par des fe^ mentations froides on ft produit «m réchaulTement^eia partie enflammée, il faudra bien avouer que déjà de nos jours nous possédons un matériel tri^ vélMoineut pour Facquit de quelques nouvelles notions pins ^ctes, s«r les causes de Torigine et de révolution de Ti nflammatfon, et même pourrons* nous ajouter sur les efi^ du courant «oonstant (i).
lorsque^ déjà en 1841 jusqu'en 184S (iMîo. Venim-ZeUg, 1841, n* 26. Sitxungsher. der Versamml der NeUurfoneher in BrauMehwêig, de Tannée 1841) *, j'ai montré qu'à la suite d'émtoions sanguines faites 9iur des mammifères et sur des hommes, à mesure que le nombre des cellules rouges diminue, celui des cellules blanches augmente. (l)Pendant le cours de Timpressionde cet ouvrage j*ai pris connaissance d'un nouveau travail très-important enlrepiu à nnsUgation de DonderS' [Uniirsuehungên Ûbêr BlatbêWêgung uni SUmsù, von 9r. W..:Guaoing.in Arehiv. f, 4. hoUànd. BeUrà§Ê jfwr iVicrtur-«. Hèilkwide, v. Dondersu. Berlin, Bd. I, Heft 4). Gunning, il est vrai, se range à ropinion de Gallenfels et Snellen, d'après lesquels Tirritation des nerfii sensitifs produit finalement une dilatation des vaisseaux. ; mais il n'y voit pas et avec raison une confirmation de la théorie de Henle d'après laquelle la dilatation s'étendrait également aiix vaisseaux capillaires qui ne sont aucunement contractiles. 11 Mt ressoriir que la dilatation des vaisseaux ne diminue la rapidité du courant que l(M*squ'elle n'a lieu que dans une partie du xaisseau, et non pas lorsque le vaisseau isst dilaté uniformément jusqu'au point où il s'anastomose à un vaisseau voisin, et lorsque l'afflux du sang n'est pas troublé. Après avoir critiqué les théories de Brûcke, Spiess, Yirchow et d'autres auteurs encore, il s'arrête à Topinion que c'est dans les vaisseaux capillaires qu'il faut rechercher les points essentids de l'inflammation. 11 explique la cause delà couche dePoiseufiUe,
* Gomp. mes reelierebct diagnoitiqiici et ptlhogédqMi iattitaéet daot It CSaiqM de SehcBoleiM, 1845, p. 98-134.
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On peni donc se représenter qne t'efiel local antiphlogistiqne du courant constant consiste Don-seulement dans une dilalationdesTaisseaux sanguins et lympbatiqiieB,mais encore, selon l'analogie des effets produits sur les muscles (p. 130], dans une augmentation des facultés endosmotiques des parois 'deraisseanx capillaires et des cellules sanguines qui ont été enlevées à la circulation, et par ce fait, ont été racornies.
Ces observations ne peuvent manquer d'éloigner toute crainte qne Temploî d'un moyen si calorifique et si dilatateur des vaisseaux, comme setrouveétre le courant constant quand on l'emploie dans des buts antipblogîstiqoes, ne vienne à manquer d'une base pbysiologique.
An contraire, l'exposition qne j'en ai faite, contribuera
c'eit-à-dlre de es phénomène codou, à savoir que les cellules incolores roulent le long des parois vaaculairet nolamment d&ns les utèrei, lorsque la rapidité du courant san^in est plus forte; Il explique, dis-j6, la cause de cette couche par la circonstance que de la paroi vuculaire vers l'aie, la rapidité dii courant diminue d'une manière progressive, et que les globules sanguins rouges ont une pesanteur spécifique plus grande et ime autre foroie (ctiei les grenouilles aussi). Cunning a également observé dans la pal&rae des jeunes gre- QODilleBoftelleti sont plus Tives, 14 jours aprfes la section de tous les nerfï et desbrancbesqui B'yTeDdenl,lesconlractions rhjthmiquei observées par Schiff sur les artères de l'oreille du lapin. Ce fait prouve en effet que tans l'intermédiaire des organes centraux l'onde sanguine a une înflueDce immédiate sur la contraction de la paroi vasculaire. H décrit d'une manière qui concorde avec celle de Wharton Jones l'effet d'une irritation et d'une lésion mécanique des vaisseaux. En disant rayonqer la chaleur d'un fer rouge ou en appliquant de l'eau chaude à 40* * sur la palame de la grenouille, Cunniug vit Augmenter la rapidité du courant sanguin. 11 explique cette augmentatiop par « viu c»kétton diminuée det partiel conttitutives du tmg, » Quoiqu'il s'y attendit, il n'a pas observé une dilatation des vaisseaux. En ^pUqaant de l'eau chaude à 90° ', les tissus et les vaisseaux fit la palame se recroquevillèrent ; il y eut stase sanguine, puis mortification de la peau. L'ioQuence du froid [glace à &•) était moins vlsijitle. U communique encore dans son Iravail une série de recherches faites par lulsnr lagenèsedela > stase, * soit qu'on la provoque par des acides.
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peut-être essentiellemeol à fortifier oertaiuf points de vue pour le mode d*empIoî du courant. Gomme, sous rinfluence d'un efiTet en apparence stabile, on observe la dilatation des vaisseaux qui se traduit par la rougeur de la peau, il faudra prendre en considération 9 pour arriver au but électrolytique, moins la force du courant que sa durée. Quant à'h durée du courant, on aura à se tenir dans d'autres limites que dans celles qui proviennent de Tengourdissementdes nerfs sensitifs frappés par le courant pendant un espace de temps plus long et mentionné plus haut (p. 94). Quant à la direction du courant, on peut partir de ce point de vue , qu'un transport de liquide a lieu du pôle positif au pôle négatif (p. 99-100); par conséquent, il faudra appliquer Félectrode négatif sur le point enflammé, et Télectrode positif aussi près que possible de ce même point, ou bien encore sur une partie saine quelconque, sur des vaisseaux afférents,' sur un muscle, s'il est nécessaire de donner par des contractions momentanées labiles ou par des mouvements volontaires à ce même muscle une augmentation de volume ou de puissance fonctionnelle (p. 120).
Par contre on se verra forcé de renverser la direction du courant, si l'inflammation est accompagnée de phénomènes d*exsudation aqueuse ; de plus, il faudra prendre aussi en
des alcalis^ des sels, soit par d'autres moyens « irritantg. » Après a^oir successivement appliqué tous ces moyens^ il ne lui a jamais été donne d'observer une modification immédiate dans le calibre des artères, mais bien « une stase immédiate, » Il croit que ce fait bien établi réfute ces théories de Brûcke et de Henle. Il a ot>servé (p. 34 i^ ouv. cit.)^ comme Weber l'avait déjà fait^ qu^après l'emploi diacides concentrés « tout le système capillaire » est vide au bout de quelques minutes, et que les artères mêmes paraissent aussi présenter cette particularité. Cunning n'a pas observé la cause de ce phénomène que j'ai décrit plus liaut (la décoloration des cellules sanguines par les acides) ; cependant il est généralement portée comme Wharton Jones, à rapporter à un travail endosmotique les influences des agents chimiques.
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coDsidéralioD la nature de l'inûammalioD, sachant que le pôle pOBJIif déprime l'excitabilité des nerfs, et que le pôle négatif au^meols cette même excitabilité (p. 99). S'ily a sthéoiede la partie, il faudra appliquer le pAle positif ; s'il y a torpeur, . le pôle négatif exclusivement ou allernativement sur cette putie qui a bewin de l'influence calalylique du courant.
Il ne faut pas perdre de vue que le problème dont nous BOUS occupons ici est (anl soil peu obscurci par l'obserîalion qoe Golding Bird a faite depuis longtemps (Pogg. Ann. 1837. Bd. X, S. 308], et qui, récemment (1), aété de nouveau mise m lumière et confirmée par Wittich, qui cite aussi Willebrand d'Helsingfors comme garant.
Golding Bird a montré que de l'albumine contenue dans des solutions alcalines ou acides se coagule, dans les premières au pôle positif, dans les secondes au pôle négatif. De Wittich a trouvé la sensibilité des solutions albumineuses si grande à l'égard des courants, qu'il se produit encore des dépôts dansles liquides,quaaddéjàlachaleuret l'acide nilriquen'ont plus rien lait déooQTrîr. Ce fait seul explique l'absence de dépôts albamineuxaux électrodes, alors que l'on fait passer un courant à travers an sérum clair (de sang de lapin), quoiqu'il s'y produise un fort développement de gaz. Mais nentralise-t-on ce semm sanguin gin a une forte réaction aicalme, il suffira d'y tremper les électrodes pour qu'inslaotanément de l'albomine se dépose au pUe positif. Cette expérience éloigne la crainte que Voa pourrait avoir de voir se produire lor l'homme, vivant, par l'eflel du courant, la coagulation do sang.
Cependant U taut encore laisser indécis, pour ce qui a rapport à l'homme vivant, un deuxième résultat obtenu par de
(I) Joumat fiir pnMUehe Chemie, von Erdmann vnd Werthir 1858, B4. 73. Heai, S. 18-10.
258 EFFETS CATALTTIQUBS
Wittich, et communiqué par Ludwig au congrès des naturalistes allemands, à Vienne, en 1856. Ce résultat est le suivant : « On met dans un vase séparé (par un écran poreux) , a d'un côté de Talbumine, de l'autre de Teau distillée, et Ton « fait simultanément agir un courant galvani^iie. La diffu- « sion de Talbumine dans Teau distillée subit déjà une modi- « fication essentielle par la circonstance que le courant d'eau <K ne se dirige pas nécessairement Ters la solution albnmia neuse du médium moins dense au médium plus dense, mais a qu'il se dirige toujours vers le pôle négatif, c'est-à-dire dans « de certaines circonstances du médium plus dense vers le « médium moins dense. »
. Il suf6t d'indiquer ces expériences pour prouver dans quelles relations intimes l'emploi thérapeutique du courant doit rester avec des expériences qui, jusqu'à ce jour, permettaient à peine une réalisation physiologique. Pour le moment, on fera peut-être bien, dans tous les cas où il n'existe pas un cas particulier et pressant d'abandonner la règle, d'employer d'abord comme pôle catalysant le pôle positif, et de ne changer la direction du courant que lorsque l'on aura parfaitement reconnu l'inefficacité de ce pôle. Dans toutes les conditions il faudra changer de minute en minute l'application du pôle négatif, qui est plus douloureux et qui agit plus fortement sur la peau, mais on ne changera le pôle positif que quand il sera employé comme pôle indifférent. On comprendra aussi que la disparition de la douleur ou la résolution de la tumeur locale, ou bien le rétablissement des mouvements empêchés par cette douleur ou cette tumeur, c'est-à-dire en un mot le succès thérapeutique immédiat, devra toujours se mesurer par l'extension (en durée et en force) quMl faudra donner au courant.
. Mes expériences m'ont démontré que lorsqu'il n'existe au- ^ erreur de diagnostic ou d'indication, chaque séance
DU COUBANI CONSTANT, 2S9
doit produire une amélioration immédiate , quoique souvent elle ne soit que passagère.
On eût pu développer à la rigueur théoriquement toutes ces propositions. Mais ilen est autrement de celle question, à savoir si l'aclMm du courant doit être aussi slabile ou labik que possible. On serait en droit d'attendre de l'emploi de courants labiles de plus favorables effets, à cause du cbangonent de polarisation qui se trouve lié à de fortes oscillatious.
Mais il n'en est pas ainsi, soit que les courants labiles agissent d'une autre manière sur les vaisseaux, c'est-à-dire qu'ils les dilatent moins uniformément, soit que toutes les substances gélatineuses qui, au fond, sont le siège de toutes les iaflammalions, et, par conséquent aussi, les parois vasculaires pei^ dent par les oscillations du courant de leurs facultés endosmotiques, comme nous l'indiquons plus loin dans les noies (sur les effets thérapeutiques éleclrolyUques) et à la fin de l'ouvrage, pour le tissu musculaire frappé par des courants indnils.
L'expérience semble au contraire démontrer que les courants stabiles sont plus utiles lorsqu'il s'agit de ramollir dn tissu conjonctif qui est en voie de s'indurer, et que les courants labiles conviennent plus lorsqu'il s'agit de faire résorber des exsudais mous ou liquides.
Quant aux buts calaljtiques, on ne peut guère encore aujourd'hui élablir des données certaines sur la valeur du changement de courants et sur l'emploi de directions alternantes. On peut supposer, ce que d'ailleurs l'expérience semble confinner, que l'augmentation de rexcitabilité des nerfs par des courants dirigés dans un certain sens, et la dilatation simultanée des vaisseaux sanguins, produisent dans les parties frappées par des courants ayant une longue durée, un état d'b^-^ peresihéue, élai qui peul devenir, par une pression augmentée
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du sang, une nouveUe source de douleur, parce que les tissus n*ODt pas de tendance à revenir imfràliateinent à leur état normal. Quoique l'observation m'ait mMigné que ces effets consécutifs qui paraissent aggraver en appai^enoe Fétat du malade, eoréalité, sont les meilleurs moyMI^ pour mener à bonne fin la catalyse commencée, je ne passerai cependant pas sous silence que Von peut atofr à compter avec cette hyperesthésie, si à la fin de Tactioil cataljtique, on dé^ prime de nouveau l'excitabilité par quelques alternatives de Volta qu'on produit danà le changeur de courant métallique, on mieux encore en fermant simplement la chaîne dans le changeur de courant. U est toutefois bien entendu que des changements de courants trop souvent répétés' doivent exercer une influence notable sur la marche de l'électrolyse, parce que d'une part ils modifient la polarisation des' tissus, et que d'autre part ils produisent aux p6tes une f^union de matières qui viennent d'être éliminées (p. 91), et qu^ainsi ils font avorter en partie le véritable but de Faction catalyttque.
Cette proposition nous conduit à examiner la valeur catalytique des coûtants induits, c'est<-à-dire des courants qui sont souvent interrompus, et qui changent souvent de direction. Gomme dans les courants magnéto-électriques la durée de la densité se trouve être dans un état d'oscillation plus longue, etque Tinterruption est plus rare, que dans les courants électro-magnétiques, l'efficacité électrolytique, en tant qu'elle se traduit par le voltamètre» sera plus ^ande dans les premiers que dans les derniers. Ce fait cependant n'épuise pas la propriété électrolytique du courant induit. Il fautplutôt admettre, comme Poggendorf le premier l'a développé, qu'aux pôles il y a simultanément une réunion de l'oxygène et de l'hydrogène, c'est-à-dire formation d'eau, quoique la décomposition de l'eau s'y forme aussi. On ne peut encore aujourd'hui prédise jusqu'à quel point ce processus peut être admis pour les
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tissus aaimaux, mais on peu! loulefois supposer qu'une action analc^e s'y passe (p. 91). On ne pent donc pas dire seulement que la faculté électroljtiqDe du courant induit dépasse celle du courant constant, mais il esl bon d' ajouter qu'elle est d'une tout autre espèce (1), on peut même s'attendre à ce que , dans certains cas où le courant constant ne répondrait pas k toutes les exigences de la catalyse, on puisse avoir recours, pour combler cetle lacune, au courant induit. J'ai cherché, aTec tout le soin possible, des cas semblables, et je ne puis que répéter ici, ce que j'ai d'ailleurs dit plus haut, que-dans tous les cas où l'on observe des modifications visibles ou sensibles des parties malades, la prédominance du courant coQslaut sur le conraul induit est bin d'être douteuse, que même, par exemple dans les inflammations des parties molles qui entourent les articula tiens, le courant induit parait agir directement d'une manière nuisible, mais que par contre il est des cas de douleurs rhumatismales on goutteuses, uo- (amment lorsqu'elles siègent dans les os ou dans le périoste, où l'excitabilité augmentée des nerfs, peut-être aussi l'état anormal des tissus, disparaît tout aussi bien, sinon mieux par l'emploi de courants induits, que par des interruptions de courants constants. Dans ces cas, l'emploi préalable du connut induit rend l'action du courant constant plus prompte. Il est impossible d'entrer dans plus de détails sur l'application da courant constant dans des buts catalyliques, il est temps de commencer à décrire les états patholt^iques dans lesquels cetle action a sa valeur, et de faire ressortir les ré- Bollats que j'y ai obtenus.