I. — ACTIOH ANTITBAtJMATlQIlE
A. Inflammation traumalique. — J'ai déjà communiqué plus haut deux cas des plus instructifs où le courdut conslaBt
(!) Elearo-therapaiU»cheUitlheilungen(Detttscht Ktinik,iSn, n*n).
26S BFFBT8 GATALYtlQUES
s'est montré très-efficace dans l'arthrite traatnatique. Son action a été plus frappante encore dans on cas que je ne puis me refuser de citer.
Madame Caroline Zimmermann (n. 677], blanchisseuse, âgée de trente-six ans, femme très-laborieuse, vint à la consultation le 5 avril 1858 pour s'y faire traiter. Elle m'avait été adressée par sa mère^ madame Markgraf^que j*avais guérie au mois de décembre 1856, eu très-peu de temps par le courant constant, d'une inflammation rhumatismale aiguë deTarticulation scapulo-humérale droite, et par sa sœur, chez laquelle l'application du courant avait aussi enlevé des douleurs arthritiques dans les articulations des doigts. Il y a vingt ans qu'un lourd morceau de bois lui tomba sur le pied droit ; le traitement de Tafifection qui s^ensuivit dura sept mois. Il y a sept ans, qu'en faisant un faux pas, elle sentit pour la première fois son pied droit se renverser en dehors. Elle fut alitée pendant six semaines et traitée au moyen de ventouses, de sangsues et de frictions. Il y a trois ans, elle éprouva un nouveau malheur : le passage d'une roue sur ce même pied droit. Cinq semaines de traitement à 1* hôpital avant de pouvoir reprendre ses travaux.
Hier, 4 avril, elle tomba d'une table sur le pied droit. Elle sentit immédiatement son pied se renverser en dehors et éprouva une telle douleur dans le tarse, qu'il lui fut i(npossible de marcher.
Elle fit sans succès, jour et nuit, des fomentations d'eau froide, ne voulant pas se laisser appliquer des sangsues, parce qu'elle ne s'en était pas bien trouvée il y a sept ans. Elle fut obligée de venir chez moi en voiture, et pour monter mon escalier elle endura les plus atroces douleurs, pouvant à peine appuyer à terre le talon droit. Le dos du pied présente un fort gonflement pâteux, d*une couleur bleue rougeâtre, tout le côté interne du pied est douloureux à la moindre pression.
DU COUBANT COnSTANT. 263
Il est hors de doute qu'il existait dans cette régioo des tiraillemeuts des ligameole des os du larse et nue ioflamniatioD du fx'iriosle, avec eilraTasation saugnioe. L'élat était tellemeiil sérieux, que de prime abord je redoutai une gangrène consécutive. J'engageai donc la malade à se rendre à l'bApital, ne TOyant pas comment, dans un pareil état, elle pût venir me voir pour suivre un traitement. Sur ses instantes prières, je De pus me refuser de pratiquer un essai, pour la soulager.
La plante du pied étant très-épaisse, il me fallut y inbt>duire un couraot de 50 à €0 éléments de Daniel), jusqu'à ce qu'il se manifestât une sensation et une rougeur. En changeant souvent les points d'application, je pus continuer le Irailemeut pendant environ vingt-cinq minutes. Pendant ce laps de temps, la coloration bleue rouge&lre disparut, le gonQement pâteux diminua considérablement ainsi que la douleur, et la malade put un peu mieux appuyer son talon à terre. La chaleur du pied, augmentée par l'action du courant, dura jusqu'au soir, époque à laquelle une amélioration décisive s'établit ; nuit sans douleur, sommeil tranquille. Le lendemain malin, le mouvement est bien plus libre, les douleurs à la plante et au dos du pied sont moindres, surtoutaux points où les réophores se sont trouvés appliqués. La coloration de la peau est normale, tuméfaction diminuée, chaleur moindre. Je répète le traitement d'hier.
Le lendemain malin, la malade vient a pied de chez elle chez moi. U est vrai d'ajouter qu'eUe se servait d'une canne. Même -traitement. Repos le 8 avril, pour voir si l'amélioration se maihttendrait. Le 9, son étal ne laisse rien à désirer.
Le 9 et le 1 0. — Séances. — Le 1 1 , la malade marche sans claudi^lioD, n'éprouve de douleurs qu'à une forte pression, ou quand elle fait un pas. — Jusqu'au 14, une séance chaque jour. Les règles apparaissent plus abondamment que d'ordinaire. Dans l'intervalle, la malade avait repris ses travaux.
264 EFFETS (UTALTTIQUES
et De se présentait à ma consultatiou que de huit en hnit jours pour faire dispafaitre la suite de ses douleurs. U se produit cher cette mâaàa^ éîMemment à k suite de remploi prolongé de couiants stabiles, une pettbteur dans le pied, qui toutefois disparut à* la suite de courants kbiles, et que selon toute probabilité j'auase pu éviter si j'avais employé la précaution dont j*ai parlé plus haut, p* S60. Il 7 a peu de temps, la malade vint iiyo revoir pour èÉrfemercier des bons soins que je lui avais dOMés.
Je trouve consigné , dans mon journal de 1856, une observation analogue, époque où certes j*étais loin d^apprécier à leur juste valeur les effets catalytiques du courant. L'ouvrier Wand (n. 227), âgé de 38 ans, était tombé sur ses deux pieds le 18 février 1856 , d'une hauteur de 6 mètres. 11 éprouva une violente commotion dans les articulations tibio-tarsiennes et le dos, fut porté à sa demeure, et garda le lit pendant quelques semaines. Il ne* peut sortir qu'au bout de seize semaines, cependant jusque aujourd'hui (19 novembre 1856), il est incapable d'un travail forcé, parce qu'il lui est impossible de se tenir longtemps debout, ni d'aller loin, et qu'un fort gonflement des malléoles existe encore. Quoique alors, comme mon journal me l'indique, le mode de traitement fût encore très-défectueux, l'état du malade fut cependant tellement amélioré par cinq séances, qu'il put faire de longues courses, et porter de lourds fardeaux.
Les cas que je viens de citer et ceux mentionnés plus haut (p. 244-245) convaincront tout médecin que l'emploi exclusif du courant constant peut apporter un soulagement rapide dans les inflammations traumatiques, notamment dans celles des articulations. Us justifieront aussi la proposition gue j'ai émise il y a deux ans (1), que les eÔets du courant constant
)itêehe Klinik. 1857, n? iiO. (Voir aux notes.)
DU COURAKI CONSTAKT. 26S
« lui assureront un jour une place hoDorable dans les cli- « niques chirui^icales et dans les ambulances des armées. » Je dois ajouter, pour ne pas doDoec lieu à de trop vaines espérances, que les effets salutaires du courant dans les arthrites traumatiques sont moins prononcés ou nuls lorsque le] gonfleme&t subsiste déjà depaU un certain temps, et que selon toutes les aj^arences il s'est d^ produit un épaississement et un engorgement ou bien encore une carie du. tissu osseux ou cartilagineux.
II y a huit mois, j'ai traité pendant quelque temps une ouvrière, figée de 35 ans (n. 584}, qui m'avait été adressée par ledocteur Frenzel. 11 y a cinq ans, elle fit une chute sur la main droite. Depuis celte époque, elle porte un gonflement douloureux de toute l'articulation radio-carpienne droite, qui se complique encore par du rhomalisme, qu'on peut diagnostiquer par les douleurs articulaires vagues qui existent dans cette région, par son urine, et l'auscultation du cœur qui montre une hypertrophie de cet organe.
L'application du courant amène un soulagement immédiat, mais dès que la malade se livre à un travail un peu fatigant pour sa main. les douleurs reparaissent. M. le professeur Btasius, de Halle, m'envoya une dame, âgée de 36 ans, qui, il y a environ sept ans, se Inia le pied droit, et qui, il y a six ans, avait été affectée àTœplitz pendant trois mois d'une cariede la malléole interne. Quatre séances n'eurent aucun résultat favorable* ce à quoi l'on devait s'attendre, les symptômes existants indiquaient une alteration des faces articulaires. Cette dernière arconstance pourrait, pour ainsi dire, décider du pronostic dans la plupart des cas semblables, le défaut de vaisseaux, dans les faces articulaires, ne permettant plus à une action catalylique de se produire d'une manière décisive et favorable. C'est ce même défaut de vaisseaux qui est une des canses de l'opimàtreté des états inflammatoires qui allaquenl
Î66 imTS GAXALTTIQIIIS
si soaTent des portioDS de tissus tendineox el cartilagioeux. L'inflammatioD doit alors, pour parler vnc Vircbow, bientôt prendre on ctradm c paroidbymaleiB, » parce que Faiteration da tisso produite par une stase da sang antérieure ou existante eocore^ manque de moyens néccsBaires pour s*équilibrer, c'est-à-dire pour s'unir a nouteau aiec les liquides toujours afflu^itSy et toujours sains. Les ialerstices et les fins canalîcules qui se trouvent dans les tissas qui donnent de la gélatine (os, cartilage, ligaments, etc.) peuTenf, dans les conditions normales, suffire i entretenir cet équilibre, mais lorsqu'ils s'obturent une fois, il sera plus que difficile de les rourrir sous l'influence d'un courant de liquide endosmotique.
Cette explication devrait nous amener i parler des inflammations articulaires rhumatismales, auxquelles on peut presque toujours appliquer ce que je viens de dire. Mais je me Tois forcé, dans le chapitre qui va suivre, de parler des autres états pathologiques, et chacun pourra voir, que malgré toutes les diflerences qu^on parait y rencontrer, il existe entre eux et les inflammations traumatiques une intime parenté thérapeutique. Je veux parler de quelques cas de sMuxaiiom et de paralysies traumatiques.
B. Subluxations. — Dans le cours de nos recherches nous aurons encore avec les luxations maints points de repères qui ne nous satisferont pas toujours; c^est ainsi qu*il nousarrivera quand nous traiterons des hémiplégiies et de certains états consécutifs aux gonflements articulaires et goitreux. Cependant, dans ce chapitre, je suis heureux de pouvoir communiquer un petit nombre d'observations favorables, qui nous font espérer plus de succès à l'avenir.
Dans mon premier travail sur les effets curatifs du courant constant (1), je parlai déjà d'un « tiraillement des muscles de
(1) Devtsche Klinik. 4B56, n^So.
DD COCBAM COSSTAKT. 267
l'épaule, » provenant d'une chute, qui par sa ptéseoce empêchait le mouvement libre du bras, et qui Tut enlevé dans l'espace d'une minute par le courant constant. Le sujet de celle observation était l'orfèvre Auguste Kuhfeld (II, n" 39], qui était venu à la consultation du 6 août 1856, pour s'y faire traiter d'un rhumatisme de l'épaule gaucbe. La veille, en prenant un bain d'eau de rivière, il tomba sur l'épaule droite, et quelques instants après il lui fut impossible de lever son bras. Lorsqu'il se présenta, le 8 août, il me priait de le délivrer de la paralysie de l'épaule droite. La position du bras m'indiquait clairement que j'avais affaire à une luxation partielle de la tête de l'humérus en arrière et en avant, et dont la réduction, que le malade eût pu lui-même opérer, était empêchée par un tiraillement de la capsule articulaire et par les muscles de l'épaule. Je cède au désir du malade en faisant passer quelques courants par l'articulation huméro-scapulaire. Le procès-verbal de cette séance a été tenu, je crois, par M. le docteur Schwan, j'y trouve consigné : 1° Un courant « de 18 éléments de Daniel!, des nerfs thoraciques antérieurs au nerf circonflexe, » pendant une minute. 2* Le même courant « (probablement descendant) dans le muscle deltoïde antérieur; n puis il y est dit : a Le malade peut soulever son bras à une certaine hauteur. » 3° Le même courant a (probablement descendant) dans le muscle deltoïde postérieur : h broi prittnte une mobilité normale. » Le 9 août, « la mobilité est la même, » et après un intervalle de 6 jours, le 15 août, a la mobilité à droite est presque normale, douleurs À l'élévation du bras, » douleurs qui disparurent par l'emploi de quelques courants. L'état de l'épaule droite ne demanda plus aucun traitement, comme nous le trouvons encore consigné dans notre journal à propos du traitement qui fut institué alors pour l'épaule gauche.
Après ce qui vient d'être dit pins haut, on trouvera pardon-
Î68 OrFKIS CATALTTIQCK
nable si à celle époque je d'osû pas eoeor» piétendie pobliquemeot, ce d<ml d'ailleun j^éUis convaiKB an fond, que j*tTais réussi a réduire dans Fespaoe d'une minnle, par le conranl conslanl, une Imaiion de rarticnblioa scapulo-humérale, qui, à h Térité, n*élaît pas coDsidérabk. HJËa eSeft, je me sonriens Irès-bîen qn*il n a blla qu'une minute pour rendre libre Farliculation, el que les séances ultérieures n'onl serri qu'à faire diqiaraîire les douleurs . el a fiMÛliter Facli- Tilé des muscles.)
Celle adicMi du couranl conslant ne me reYÎenl en mémoire qu'une seule fois; ce fui au mois de noTembre 1857, i l'occasion du cocher VoldLe, deNaudoff, près d^Arolse, que le docteur Freund d'Eschwegem*aYail adressé. Il y a six mois que cel iiommey en tombant de son siège et ayant gardé en mains les guides, fut entraîné par les cheTaux pendant quelques instants. La réduction de la luxation fut tentée par la traction des poulies, le malade ayant été chloroformé, mais celte opération échoua. Elle fut même, probablement à la suite d*un tiraillement des muscles et des nerfo, 8uifie.d*une plus grande rigidité de l'articulation, d'une paralysie complète du braS; de la main et des doigts, ce qui donna lieu à croire que ]Mur réiectridlé seule on obtiendrait une certaine amélioration. Au bout de trois séances, atec le courant constant, un soulagement s'opéra. Mais la tète de Thumérus, restant fortement enclavée au bord interne de la cavité glénoide, je le renvoyai à M. le professeur Langenbeck, afin qu'il le soumit à Taclion ides poulies; le malade cependant refusa obstinément de se soumettre de nouveau à ce genre de réduction. L'observation suivante me permet de douter si dans ce cas j'avais bien agi en cessant si brusquement le traitement.
Je recommande spécialement aux chirurgiens Tobservation de Fouvrier Gottrried Schutze, malade dont j'ai déjà parlé (p. 245). Son articulation radio-carpienne éteit à peine
on COCRAKT CONSTANT. 269
rétablie (il avait repris ses pénibles travaux au chemin de fer de Hambourg), quand il eut te malheur, le 27 juin 1858, eo voulant (avec le secours d'un autre ouvrier] placer une lourde traverse sur son épaule gauche, de se luxer l'articulation scapulo-humérale gauche, de manière à ce que le bras, immobile en tuut sens, resta dans la position dans laquelle le Tardeau l'avait placé, c'est-à-dire qu'il était pendant le long du corps, et que le coude était un pen plus en arrière, comme cela se produit dans la luiation sous-claviculaire partielle [luxcUio tub-elavieularis partialis).
Pendant 48 heures, d'ignorantes tentatives de réductions forent opérées sans succès sur lui; le 4 juin à midi, il vint chez moi pour réclamer mes soins. Son état présentait la plus grande analt^e avec celui du cocher Volcke, toute ma force et ma deilérilé ne suffirent pas pour changer la position de la t£le de Thamérus, fortement enclavée sur le bord antérieur de la cavité glénoîde. Je fis d'abord quelques essais avec le courant induit primaire, qui, comme je le montrerai dans les notes, augmente parfois Textensibilité des muscles; puis avec les courants induits secondaires, puis avec les courants constants, tant stabiles que labiles, ces derniers, tout en produisant un certain soulagement au malade, n'eurent aucune influence sur la position de la tête de rhuméms. Un examen pins approfondi des muscles de l'épaule me fit voir que, lorsque le malade tenait le bras tranquille, il n'existait nulle part dans cette région de contracture prononcée. Mais dès que le malade essayait de soulever le bras, tous les muscles parurent entrer uniformément dans une forte tension, et je vis d'nne manière évidente que les fibres du deltoïde, à cause de la rotation en dedans de l'humérus provenant de la laxalion, et par lenr déviation sur ce même os, devaient rester inactives dans tout essai de soulever le bras, si toutefois, au contraire, leur contraction n'aggravait pas encore cet état . J'étais près de faire
270 EFFETS CATALYTIQUIS
soumettre ce malade au chloroforme et à la réduction forcée, lorsqu'en présence de résultats obtenus par quelques expériences nouvelles que j'avais entreprises sur la valeur antiparalytique et antispasmodique des contractions momentanées musculaires provenant de l'entrée et de la sortie dn courant, me donnèrent l'idée d'employer ces contractions momentanées pour relâcher Tensemble des muscles de l'épaule. Dans ce but, je donnai à l'un des électrodes (large de deux pouces), au pôle cpivre une position fixe dans la fosse sous-claviculaire, remplie en partie par la tête de Thumérus ; j'augmentai aussi par quelques courants stabiles, d'une durée d'une demi-minute, l'excitabilité de tous les muscles de l'épaule l'un après Fautre ; je provoquai, par des applications alternatives de Fautre électrode, de seconde en seconde sur le muscle deltoïde postérieur, dans la fosse sus-épineuse, des contractions momentanées de tous les muscles de l'épaule, enjoignant toutefois au malade de soulever son bras pendant ces contractions, autant que faire se pouvait. Au bout d*une minutie à deux minutes, il se produisit, à la grande satisfaction du malade et de sa femme, un tel résultat subit, que la tète de l'humérus rentra dans Farticulation et que le malade put soulever son bras jusqu'à pouvoir former un angle de 40 degrés et plus même. Trois minutes après Fouverture de la séance, le malade put, quoique en éprouvant quelques douleurs dans l'articulation, soulever le bras à un tel point que la main arriva jusqu'au sommet de la tête. L'abaissement du bras s'opérait encore avec une certaine difficulté, et donnait naissance à un tremblement visible dans le deltoïde.
Craignant une récidive de la luxation, j'engageai le malade à revenir le soir. La libre mobilité s'était soutenue, mais la faiblesse des muscles avait persisté, ainsi qu'une douleur située à la partie interne de la tète de Fhumérus, et qui augmentait par la pression. Des courants labiles firent disparaître
DU COUHANT CONSTAHT. 271
en grande partie cet étal, et après avoir, le lendemaia matin, répété le même traitemeat, le malade put retourner immédiatement à ses travaux. Le il juin, le malade reTÎnt à la clinique se montrer tout à fait guéri.
Malgré nos recherches, nous ne pûmes découvrir aucune anomalie dans son épaule. Aussi l'articulation radio-carpienne droite [p. 245] n'est plus douloureuse, elle est si mobile que, de l'aveu du malade, il croit pouvoir désormais se passer de mes soins.
La valeur thérapeutique de cette observation est claire comme le jour. Je ne doute pas que dans ce cas la réduction forcée, dans l'état aneslhésique, n'eût aussi réussi, et que le malade n'eût pu de même reprendre ses travaux, parce que, selon toutes les apparences, chez lui il n'existait aucune déchirure de la capsule articulaire. Mais lorsque l'on considère tous les dangers de la réduction forcée , dangers qui sont généralement reconnus par tons les chirurgiens (1}, et ceux qui proviennent du fait même de l'anesthésie, on serait en droit de se demander si, dans toute luxation récente, il ne serait pas convenable d'essayer d'abord le courant constant , d'après ma méthode, avant de passer à d'autres moyens connus et admis. Il me parait très-vraisemblable que, dans les luxations incomplètes, le courant constant pourra se montrer principalement très-efficace. Mais, par contre, dans de certaines luxations complètes le relâchement passager des muscles, produit par les interruptions du courant et les contractions momentanées qui en dérivent, ne seront pas suffisants pour permettre an malade ou au médecin de réduire celte luxation. 11 est évident que l'empirisme et les médecins qui ont la ferme volonté d'apprendre à connaître la sphère d'action du courant con-
(i) Voyei Wemher's Handbuch der lUlgem. and spec. CkiTurgie, 18S7. Bd. 111, atith. 1, S. 78 ; Bonnet, Traité thérapeutique dus ntaladits nrticuloi're*. Paris, t833, ia-8, p. S74.
272 EFFETS CATALTnQOtS
stant, sont les seuls qui pourront assigner une limite certaine dans la question qui nous oecupe. RenTorseï F^xpérienoei c^est-a-dire essayes tout d'abord Tanesthésio; A le' succès ne couronne pas ras efforts, employés le icourafllt coÉstant. Je ne conseillerai cependant pas trop œ procédé, car j*ai, par devers moi, quelques obsenrations que je communiquerai plus tard, desquelles il j^rattrait résulter, que des muscles qu^on étend pendant ^alestbésie^ pour les délivrer d'une contracture, si Pexpérience n'aboutit pas, restent dans un état particulier de dureté et de rigidité^ qui les rend pour ainsi dire impropres à recevoir toute influenice électrique ultérieure.
Dans l'intérêt des chirurgiens^ qui seraient portés à répéter ces expériences, j^ajouterai encore quelques considérations qui se rapportent aux cas que je viens de citer. Parlons d'abord des conditions mécaniques de la mobilité normale dans Farticulatîon scapulo-bumérale. Les physiologistes , ainsi que les chirurgiens, sont loin d*ètre d'accord, sur l'ordpe de l'activité musculaire qui préside aux divers mouvements de cette articulation, notammait à «ne élévation complète vei^ticale. Duchenne(l) admet l'opinion très^lamble de prime abord, à savoir que l'élévation du bras jusqu'à 90^, c'est-àdire jusqu'à la position horizontale, a lieu par l'intermédiaire du deltcûde^ mais que l'élévation qui va plus loin est principalement produite par* kK portion inférieure du grand dentelé, qui met en mouvement Fomoplate, en éloignant l'angle inférieur de cet os de la colonne vertébrale, tandië que l'angle interne et supérieur est retenu dans sa position par la portion moyenne du trapèze. Ducbenne ajoute encore que le grand pectoral et le sous-épineux , prennent égaleinent part à l'élévation du bras, notamment quand il porte un poids, sans cependant rattacher d'une manière compréhensible cette dernière opinion à la première.
(1) De Vélectrisation localisée. Paris, 1855, in-8, p. 348.
DD COURiin COIUTAHT. t73
Mes observalione m'oat Tait voir que chez beaucoup de pcrsonoes, peut-être cbez toutes, l'élévation du bras qui d&* pend évideninient du deltoïde ne va en eSet que jusqu'à la position qu'on pourrait à peu près limiter comme étant la prolongation de l'épine de l'omoplate, mais que cette élevatiou~ portée à un degré plus haut, se produit eu vertu d'un mouvement de rotation qu'exécute l'omoplate au moyen du grand dentelé autour de son angle externe supérieur comme autour d'un aie (I); parce qu'un changement de position du bras poussé plus loin vis-à-vis de l'omoplate se trouve étra restreint d'une part par l'épaisseur du muscle deltoïde, d'autre part par l'acromion qui, dépassant en forme de toit la tète de l'humérus, ne permet pas à cet os un mouvement d'élévation plus prolongé. En établissant sur ce sujet un grand nombre d'études comparées, il m'a se;nblé que cet arrangement des deux os n'était pas l'expression d'une parfaite oi^nisaiion, et que chez les hommes dont les membres supérieur* prÂsentent une très-grande mobilité, la saillie de l'acromion ett moins développée, et placée de telle manière, que cet os n'empédie pas de former un angle quoiqueobtus et ouvert en haut et en dehors, angle que le bras porté dans son élévation la plus complète peut former avec l'épine de l'omof^te. Si maintenant les Sbres du deltoïde, les mojennes surtout,
(t) bepui« ce temps, j'ai eu l'occasioD de conslaler avec une plus granité pr^sion que le trapèze joue le rdie principal dans cette rotation, et que le grand dentelé avec tes rtiomboîdes ne serveni qu'h Hier l'omoplate, pendant cette rotation, dans sa position sur la surface du thorax. J'ai pu dûmontrer ce Tait dans des cas de paraljsie du denteM et du trapèze, oîi j'ai, moyennant l'emploi du courant constant, restitué l'action du trapèze, en laissant le dentela dans son état de paralysie. Je publierai ces observations avec de plus longs détaib, observations dont l'intiîrât est d'autant plus Vit que, d'après ma découverte, cette espèce de paralysie dépend d'une inflammation exsudative {neuritis nodosa) des nerfs moteurs de ces muscles. (20 man 1860.)
né
m^ié^ Pliant Ji rikiilM àm hmjmqii'i la pontioQ hmiwmàuUg leur pbs conpbl lan— ciwwnenl. il est éridni qB% ne panent cxereer «ae iilMMe eonidérable sur «le âéfalim qiâ n phB loin, cl es enatoiiit les moseies d^ repaie, k bns ctad lièi-âefé, m ¥ern CB dfe^ ffolemeot k Irtpw et les miadei ikoHiliQUeB sont tendus ^ noeoaras a6n de fixer le sqnelelte 4e Pépnde; mais eneore qpe Iras les nrasdes inaerés à rinlniémSy le grand pectoral, le floas-^Nnem, en partie aussi le grand et le petit rond, même le grand dorsal, se tiuuient plaoés dans le même état. En comparant donc nos obsenrations pathologîqaes etthérapentiqoes des parai jsies de l'épaole entre elles, je crois pooynir émettre, sor rélévation oomplèle do bras, PopniioQ suivante, et rattadieroetleâéfation a trois moawments: i*fixation d'abord de Tomoplale par le grand dentelé antérieor, et le grand pectoral d'tmcôté, de l'antre par les mosdes riiombaito et trapœ, et aussi le muscle éléraleor de Fangle de Tomoplate, de plus racoomtâsaement du ddtoide qai produit râéfation du bras jusqu'à la portion boriaontale. l*Ptaisil s'opère au moyen du sus-épineux une espèce de hnation subite de rhuméms en bas, luxatiou par laquelle l'humérus forme aireé l'épine de l'omoplate un angle obtus ouTert en haut, pendant que simultanément tous les muscles de la poitrine et de l'omoplate qui s'insèrent à rhuméms restent dans un état de relâchement pour ne pas opposer une résistance au muscle sus-épineux. 3* Dès que cette luxation de la tête de rhuméms s'est opérée, toutes les fibres du grand pectoral et des autres muscles nommés plus haut qui paraissent tendus dans TéléTationla plus complète du bras, si toutefois la portion de ces fibres les y autorise, s'emparent de l'bnméms pour le retenir dans cette nouvelle position qui constitue presque une luxation. Ces muscles prennent à cette dernière action des parts différentes, selon que fe bras tendu
DU COtlRAHT COItSTART. S75
et élevé reste dans le plan de l'omoplate, ou qu'il s'en éloigne soit en avant soit en arrière ; ils se relèvent donc presque les uns les autres comi^étement dans cette fixation de l'humérus, dès que le bras tendu opère par la circumduction un mouvement qui figure dans l'espace un cône dont la base peut ai parUe servir de mesure au mouvement que l'acromion permet à l'humérus d'opérer. En considérant ainsi cet ensemble de phénomènes, on voil que la rotation de l'omoplate autour d'un axe quelconque dans le but d'élever l'humérus ne peut être regardée que comme un secours fortuit, appelé à compléter les défectuosités provenant de la disposition anatomique de l'acromion, parfois aussi de la faiblesse des muscles destinés à élever le bras.
U m'a paru nécessaire de ramener à sa juste valeur la part que prend le grand dentelé dans l'élévation du bras,^ parce qu'en présence des opinions qui ont cours aujourd'hui, il serait à craindre que quelques médecins, en «xagérant.cette part, n'arrivent, lorsqu'ils auront à trailer les vices de l'articulation de l'épaule, à laisser détourner leur atleolioD de la véritable cause de la maladie. Quel que soit le changement de position de l'os, il faudra toujours avoir en vue la reproduction de contractions momentanées simultanément dans tous les muscles de l'épaule et de la poitrine qui s'insèrent à l'humérus, et il faudra surtout provoquer les plus fortes contractions dans ceux dont il paraîtra vraisemblable que leur relâchement facilitera de plus la réduction soit au médecin, soit au malade.
Puisque je parle ici de contractions momentanées, on pourrait croire que, dans ces cas, les courants induits seraient indiqué*, et que des secousses d'inductions seraient tout aussi efficaces que des secousses d'ouverture et de fermeture du courant constant, pour produire dans les luxations récentes le relâchemmt des muscles. Mon eipérience m'a tout d'à-
271 JVPKT8 CATAtTTlOUES
bord démontré quHIft ne produisent pas i cet efiTet lorsqu'ils se succèdent rapidement. 11 est vrai qu'avec» tout appareil d'induction on obtient à volonté des secousses aussi rares que possible, ayant à la main le marteau de Nçef, à chaque ouverture ou fermeture de la chaîne, mais Texpérience montrera bientôt qu'il faut ppur provoquer dans de grands muscles des contractions momentanées convenables, des spirales d'induction d'une très-grande force, et qu'alors ces contractioiis sont très-douloureuses, tandis que Ton reconnaîtra bientôt que par le courant constant, même d'une faible force, on , provoquera des contractions momentanées d'ouverture et de fermeture, parce que, appliquant d'abord des courants stabiles, on pourra porter l'excitabilité du muscle au point que toute interruption produira, et presque sans douleur, une vive contraction momentanée (p. 88). '
On pourra toujours, dans les cas appropriés, et si l'on n'a pas à sa disposition des courants constants, faire un essai avec des secousses d'induction à intervalles éloignés d'après la manièrâ^ie j'ai désignée |4us haut.
C. Paralysies traumatiques. — Je nomme ainsi deux états morbides très-différents quant à leur nature. L'un se rattache immédiatement aux lésions des articulations , aux entorses, aux luxations incomplètes; ils proviennent essentiellement de y la persistance de l'inflammation ou des suites immédiates de
la lésion. Le second se rapporte aux paralysies qui reconnaissent pour cause un tiraillement, une contusion ou des déchirures de nerfs.
A la suite de lésions articulaires qui ne produisent cependant pas d'importantes difformités, la paralysie peut exister d'abord comme symptôme de l'inflammation ou encore comme résidu morbide indépendant, alors que déjà Tinflam^ 'mation a disparu. JedoQo^ai quelques exemples de chacune '^^^ de ces deux espèces. ^
DU COURANT CONSTAHT. t77
Uq ouvrier d'une fabrique d'indieime de Berlin (n' 645) se foula en traTaillant, dans les premiers jours de décembre 1857, l'articulation scapulo-humérale droite ; la douleur fut si vive dans l'épaule droite qu'elle ne lui permit pas d'élever son bras. Le médecin crut avoir affaire à un rhumatisme, et, sans examiner l'épaule, lui ordonna pendant trois semaines toutes espèces de frictions ; au bout de ce temps, il s'adressa à un autre confrère pour l'électriser d'après la méthode de Duchenne. Le malade fut soumis pendant trois nouvelles semaines à l'action de forts courants induibi, qui, selon son propre dire, aggravèrent les douleurs nocturnes. Un de mes malades l'eng^ea le 28 février à venir me consulter. L'élévation et surtout l'abaissement du bras étaient très-difficiles et très-douloureux ; ces divers mouvements donnaient lieu à des craquements dans l'articulation. Le malade ne pouvait soulever une chaise qu'en appliquant le coude sur la banche. En avant et en arrière la capsule articulaire est trèsdouloureuse à la pression. Quelques traitements par des courants constants labiles procurèrent bientôt au malade un grand soulagement.
Comme on ne pouvait pas attendre de résultat immédiat, et que, selon toute apparence, il existait un rel&chement on même une déchirure de la face antérieure de la capsule, je renvoyai le malade au commencement de mars. Dans cet inlervalle, j'avais encore observé les effets favorables du courant dans les subluxations anciennes. Je fis donc revenir le malade le 1" juin, son état n'avait pas varié depuis le mois de mars.
A partir de cette époque, de huit en huit jours, je le traitai avec un iiuccès de plus en plus favorable, en partie par des cooraDts stalnles dirigés sur l'articulation, et en partie en excitant au moyen de courants labiles les muscles afToiblis et amaigris de l'épaule. La nudité de l'articulation et la force des muscles, ainsi que la diminution de la douleur,
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sont éTÎdents ; on perçoit encore sentemart quelques craquements à FéléTatiott du bras; cet état est selon toute apparence lié à la sclérose de la capsule, mais dès qu'on opère ce mou- Tement, le malade n'éprouTe plus de douleurs. Ce craquement ne s'entend plus lorsque le malade abaisse le bras, le malade peut travailler sans difficulté. L'état pathologique avancé qui existe dans Tarticulation, ne permet guère d'espérer un rétablissement complet, c'est-à-dire, un état qui permette au malade de soulever un poids avec le bras étendu (1).
Dans ce cas, l'action du courant induit , loin d'avoir été utile, a même été très-défavorable. Duchenne lui-même, comme nous le dirons bientôt, a remarqué que lorsqu^on applique de forts courants induits sur les muscles, on y produit un degré d'excitation telle, que des phénomènes inflammatoires peuvent se produire.
Des foulures d'articulations et les tiraillements musculaires qui en sont les conséquences peuvent également entraîner des phàiomènes spasmodiques.
M. le docteur Lehfeld m'adressa pour être soigné, un fabricant de bougies, Salomon Aron, de Neustadt, près Tilsit (n"" 733). 11 y a six mois, cet homme en soulevant une lourde bassine avec la main gauche, sentit immédiatement une forte douleur dans le t^don du biceps et dans l'articulation scapulo-humérale, douleur qui persi3te encore aujourd'hui. Le
(1) A l'occasion d'une coaununicaUon que j*ai faite, il y a peu de temps, dans une société médicale sur les cas nombreux des subluxations anciennes traitées avec succès par le courant constant, certams chirurgiens très-distingués, tout en reconnaissant les heureux effets du courant constant dans le traitement des lésions musculaires et des exsudations douloureuses, qui se développent dans ce genre de luxations, ont donc des doutes sérieux sur TefOcacilé que pouixait avoir le courant dans les cas oii la subluxation existe encore. Je ne peux que renvoyer à l'observation citée plus tiaut et à d'autres que \ j'ai recueillies depuis ce temps. (Berlin, 20 mars 1860.)
DD CODRAUT CONSTAin. t79
muscle biceps est contracture d'une façon permanente, le moindre attoDcfaemcnt du tendon, lorsqu'on élève le bras ou qu'on l« porte eo arrière, occasionne des douleurs que le malade dépeint comme étant très-vives. Lorsqu'il passe nn babit il souffire le martyre, parce que la douleur, le spasme et la rigidité s'étendent à tout le bras, et s'irradient même jusqu'à la nuque. L'eiamen des parties affectées confirme en tous points CCS données. Uoe légère pression eiercée sur le tendon du biceps provoque dans ce muscle un spasme tonique, qui se transforme bienlôt en un tremblement du triceps ; l'élévation du bras est à peine possible jusqu'à la position horizontale; eu outre on trouve une faiblesse du deltoïde amaigri, tension et douleur dans toute l'articulation de l'épaule. Les médedns qui, jusqu'à ce jour, l'avaient traité, avaient tous diagnostiqoé un rhumatisme, et par ccnséquent tous les moyens usités en pareil cas, même les bains sulfureux, avaient été appliqués, mais sans en obtenir le moindre succès. Selon toutes les apparences, il existait dans ce cas une forme de subluxatîoo qui pourrait être désignée, d'après Bonnet, comme une entorse, et rapportée à un déplacement d'un tendon (connu dans le cas que Bonnet (ouvrage cité, p. 564) a rapporté d'a|xi> W. Cooper (1), et qui à l'état récent fut traité par Cooper par des fcHuentations émollientes. De forts courants slabiles passant parles muscles provoquent lespasme, de faibles courants au contraire le calment, l'emptoi bardt de courants labiles rendit la liberté en tous sens aux divers mouvements du membre. Desconrants induits dirigée dans le même sens produisirent plutAt un effet nuisible. Ce ne fut qu'à la sixième séance, que je réussis en excitant des contractions momentanées an moyen de trente éléments de Daoiell, et après l'emploi préalaMe de courants stabiles, que je finis par me rendre complâ-
(1) Mj/Ctmia rtformata. LondoD, 1694, p. 14».
t90 IFFBT8 CAtALTrtQVn
tetnant mdtre des spasmes des masdes. Dix autares séances complétèrent tellement raméiioratiooy qu'elle se maintint et que le malade put travailler sanséprouTer aucune douleur.
Je pourrais encore citer, en compulsant dans mon journal, de nombreux exemples de parèses anciennes et douloui^uses consécutives à des lésions articulaires, dans lesquelles le courant constant s'est montté efficace en fort peu de temps, tandis que l'emploi de courants .induits a produit peu ou point de résultats faTorables. Ne Youlant pas trop abuser de la'patience du lecteurf je ne puis cependant pas m'empôdier de rapporter encore ici apdes exemfdes les plus frappants de l'efficacité thérapeûlique du courant constant.
La 6 août <1856, vint à ma consultation le sieur Joseph Wanke (n*! 35)> ancien maître d'hôtel, âgé de 65 ans. 11 y a dix ans, il fit une chute sur l'épaute droite ; depuis cette époque, il ressent à chaque élévation du bras de fortes douleurs dans l'articulation scapulo^^huméFale ; il y a faiblesse et trem* blemcgt qui«ffre une certaine persistoice , même' lors de TabaisiBment du bras. Je lui fis passer pendanlcinq minutes, selon la méthode usitée en pareil cas^ par tous les muscles de l'épaule des courants stabiles de vingt-deux éléments. « Le malade se sent soulagé et soulève plus fortement sans trembler le bras ; v> mais comme il existe encore à la pression une douleur de toute la capsule articulaire, je l'engage à s'y faire poser des ventouses, ne pensant pas encore a cette époque faire intervenir le courant dans le traitement des inflammations. Mon journal n'indique pas que ce malade soit revenu, mais j'appris plus tard^ par le médecin d'abord^ pms par la propre fille du malade qui venait me voir pour se faire traiter elle-même, que son père, sans Remploi d'autres moyens et rien qu'à la suite de cette^ seule séance, avait complètement recouvré le libre usage de son bras. 11 est évident que, dans ce cas, la faible stase qui existait encore dans les vaisseaux
DO œURANl COKSTAKT. Ï81
sajagaim avait été enlevée par l'actÏTité mueculùre que les courants avaient de nouveau développée.
On voit donc que dans les états morbides mentionnés en dernier lieu, qui souvent sont composés d'inflammation, de paralysie et de ^[tasmes, les eSels catalytiques, anti-paralytiques et antispasmodiques du courant se montrent dans lear réunion la plus complète, et d'une manière si déàaivc, qne la dégénérescence de la capsule articulaire seule parait être l'unique (d)Btacle qui s'oppose à leur action. Je ne trouve mentionné aucun exemple de ce genre dans mon journal, antre que celui qui a rapport à un des malades que j'ai eu occasion de traiter par les courants constants, au mois de septembre 1856, à Paris, et qui se trouve être le concierge du célèbre et trop regretté aoologiste Charles-Lucien Bonaparte, prince de Canino. C'était un homme Agé qui, il y a de.longues années, avait fait une chute à la suite de laquelle il lui était resté i}ue paralysie de l'épaule droitcr de manière à ce qu'il pût à peine soulever son bras jusqu'à former un angle de dO degrés. En présence de M. Pasquier, je fis passer des courants stabiles dans les musdes de l'épaule qui rétabliaaent immédiatement la mobilité, mais le lendemain elle était redevenue plus difûcile. Celte récidive reconnaissait pour cause, selon toutes les apparences, use sclérose de la capsule articulaire vers les bords de l'acromion, et quoique je réussisse à rendre une seconde fois la mobilité à l'arliculation, il n'était pas douteux qu'une pseudo-ankylose était ei>f oie déformation.
Il existe des parèses chroniques, priDdpalement des musdes de l'épaule droite qui sont liées à des états inflammatoires de l'articalalion, et dans lesquelles ou arrive à peine, soit par l'aiiamnèse, soit par les symptdmes existants, à diagnostiquer ■ûiement, si ces états sont d'origine purement treumatiqu4t oa bien encore, si des, gwmn riwgutisqaales pe sont pas
g»jeii.,u.eii!MBiWWPjmirwiqwbAiJ>iftihi tiwto*^^"
2Bt BFnrrS CATALTTIQirÉi
aussi de Tatrophie musculaire, surtout du deltoïde, difficulté ou impossibilité d'éloTer le bras plus haut, jusqu'à la position horizontale, ou à porter les mains sur le dos; ce dernier mouvement surtout occasionne de yiolentes dodeurs, et une tension dans la partie antérieure de la capirule articulaire, la pression sur toute cette région est également douloureuse. •^— Le malade dit, qu*à la vérité, il s*e8t fatigué aVant le début du mal, mais qu'il croit aussi à la possibilité d'un refroidissement. Dans ce cas, il est trte-împortant d*examiner l'état général et notamment les urines. Lorsqu'il y a tendance à des douleurs vagues, erratiques, et qu'il se formedans l'urine des dépôts d'acide urique, il est probable que, dans ce cas, il existe une dyscrasie rhumatismale, et il faudra traiter et considérer ces états comme il sera indiqué plus bas pour le rhumatisme articulaire. Mais lorsqu*oti ne trouve ancien signe d'une affection rhumatismale, on peint immédiatement commencer le traitement local, et mon expérience me p^met de premstiquer quf I dans presque tous ces cas, le traitement sera suivi d'un plein Succès. Le traitement consiste d'abord dans l'emploi de courants stabiles qui ne doivent pas être trop douloureux, et qu'on fait passer pendant plusieurs minutes (jusqu'à 10), au moyen de lai^ boutons humides par la capsule articulaire enflammée, et surtout par les parties qui à la pression sont très-douloureuses. En répétant journellement ce traitement, il peut arriver qu'au début il se produise une augmentation des douleurs; dans ce cas, on suspendra le traitement pendant unoudeuxjours, jusqu'à ce que l'articulatioti soit revenue à sa température normale. Il faudra toujours suivre cette règle là où l'inflammation prédomine. Mais lorsque les phénomènes de la paralysie ou de l'atrophie sont prédominants, il faudra appliquer l'un des électrodes sur la partie douloureuse de la capsule, et provoquer au moyen de l'autre électrode des contractions momentanées labOes dans les muscles af-
faiblis. Od peut, comme d'aillears je viens de le montrer dans cet exemple d'une parèse articulaire traumatiqne ancienne, négliger tout à fait Finflammation de Farticulation, lorsqu'elle n'est pas très-forte, et commencer immédiatement par des courants stabiles, ou mieux encore par des courants labiles, à augmenter la puissance fonctionnelle des muscles dont l'activité, qui ordinairement se rétablit bientôt, suffit pour égaliser de faibles troubles circulatoires. Dans les cas où cette dernière circonstance ne se produit pas, la guérison de la parèse et de la contracture, qui peut la compliquer, ne sera que passagère; il faudra n'avoir alors en vue que TinflanimatioQ articulaire, attendre qu'elle «oit amendée à un point tel qu'elle ne s'oppose en aucune façon à une excitation soutenue et durable des muscles. Mais lorsque l'inflammation articulaire, peut-être à la suite d'une irritation spéciale, partant des nerfs de l'articulation et des tendons, se complique d'une contracture spasmodique des muëcles, comme cela se trouve expliqué dans un exemple cité plus baut, on arrivera alon facilement et le plus rapidement au but en provoquant des contractions momentanées, après avoir toutefois employé d'abord les courants siabiles. En agissant ainsi, on observera raraniant un cas où l'emploi mesuré et réfléchi du courant ne sera pas en état de procurer au malade le plus grand soulagemast possible. Malgré ces faits, lorsqu'une entièra guérison doit être obtenue par ce traitement, il demandera parfois une grande patience de la part du médecin comme du malade, d'autant plus que, la maladie étant ancienne, le malade, est bon d*état de garantir son membre affecté de diverses influences de la saison dans laquelle oa se trouve, ou de la fatigue à laquelle il est soumis. Nous montrerons plus tard que le pronostic du traitement serait tout difiérent si tout d'abord on n'épuisait pas l'arsenal thérapeutique, avant d*ar iroir reconn au courant galvanique, et si dès le dâmt de
IBl EPPBT8 CATALTTIQimS
Pafiection on employait le courant, on Terrait^ j*ose même le prétendre, se développer rarement on point ces états parétiqnes inflammatoires, qui osent pour ained dire Fexistence de ceux qui en sont atteints.
Ici se présente tout naturellement cette question^ jusqu'à quel point on peut dans ces cas employer le courant induit. Sur JOBj ni Duchenne ni ses adhérents ne fournissent aucune donnée précise ; il paraîtrait même, d*après les remarques dtées plus haut, que le courant induit serait plutôt nuisible qu'utile. 11 me semble cependant que ce fait ne peut s'appliquer qu'à l'emploi par trop énergique du pinceau métaly<pie qui, d'après les indications de Duchenne, doit être employé à cause ce du trouble de sensibilité ^ qui existe.
Mes expériences me permettent de supposer que des médecins qui n*ont pas à leur disposition des courants constants, procuraient à leurs malades une guérison sinon rapide et complète, du mcnns un notable soulagement des douleurs en fûaant passer journellement pendant eoTiron dix minutes des eourants induits très-peu forts par Tarticulation enflammée, en se servant de réophoreq très-làr^ (de 2 à 3 pouces) enveloppés d'épongés ou de linges humides, sans chercher toutefois à provoquer des contractions musculaires. Je ne dois pas omettre d'ajouter qu'il m'a paru quelquefois utile, lors mène de l'applicatiou du courant constant, d'employer de temps à autre de la manière indiquée les courants induits, dans le but de déprimer l'excitabilité des nerfs augmentée outre mesure.
L'exposition des faits, tels que je les ai donnés jusqu'ici, parait démontrer que l'inflammation traumalique, la parèse et l'atrophie secondaires qui se développent à là suite de cette jpflammation sont des états intimement liés entre eux, et me permettra encore d'ajouter quelques mots sur les paralysies traumatiques prises dans un sens plus restreint.
DU COURANT CORSTART. 28K
2" Paralysies consécutives à des lésions des nerfs et des muscles. DucheoDe a traité ce sujet (1).' Il dit lui-même que ce chapitre «sera, je crois, l'un des plus importants « de ceux que j'ai à publier sur la valenr de la faradisation « localisée appliquée à la thérapeutique, n Gomme premier exemple, il cile celui d'un tailleur, figé de 25 ans, entré à l'Hàtel-Dieu le 3 février 1850 pour une luxation scapnlo> bumérale. Elle fut réduite par l'anesthésie au moyen du chloroforme, une paralysie de presque tous les muscles do bras en fut la suîle, quoique l'intégrité des nerfs senmtifs fût romplèle. Le bras seul, à la faveur du grand pectoral, pouvait être ramené en avant, mais l'élévation était complète-' ment empêchée. En l'espace d'un mois, le volume du membre diminua peu à peu, les muscles s'émacièrent, malgré un traitement électrique qu'on entreprit alors. La plupart des muscles sont insensibles à l'excitaUon faradique, et le mouvement volontaire ne se rétablit que dans ceux qui, comme le muscle deltoïde, sont encore sensibles à l'excitation électrique. Le traitement dut bientAt étce suspendu à cause de violentes douleurs dam le bras : quand elles furent dissipées, les muscles du bras et le long supinateur étaient presque aussi développés que ceux du c6té sain, sans cependant que les plus forts courants pussent y provoquer une contraction. Le même phénomène se produisit pour les muscles de l'avant-bras. Le traitement de ce malade n'était pas encore terminé en février 1852, c^esi-k-dite deux aTis après Paccident. Duchenne est convaincu que, s'il avait été continué, il eût été suivi sans aucon doute d'un succès complet. Comme on pourrait sopposrr que l'amélioration à cause de la longueur du traitement ait été spontanée, Duchenne ajoute [p. 643) « qne la faradisation ne « peat donner la vie à des muscles privés de l'action nerveuse,
(1) De Vélectriiation localise, p. 632.
Î86 BFFKn GATALTnQIItt
* et que 80n îaQuence n'a pu apparaître qoe loncjDe les nerfs «ont permis à l'influx neireaz d'arriver libremeot jusqu'à eux. » Duchenoe obserre (p. 644] que dans tee paralysies Iraumatiques des nerfs, qui sont modifiées par la faradisaiion locale, la cootractilité électrique ne se rétablît pas, même lorsque les foDctioud noriiiales des muscles se sont rétablies ; d'où l'on pourrait conclure que Tacle de raccoaicisseoient musculaire n'est pas nécessaire pour obtenir par le courant induit des effets que d'ordinaire on attribue à son action.
Duchenne rapporte oacore plusieurs cas de paralysies traumatiques compliquées en partie d'atrophies, dans lesquelles le courant induit a encore une acIÛHi plus ou moins favorable. Après une lésion du plexus brachial, il y eut paralysie et atrophie de tout le bras. Cet état fut amélioré par la faradisatioit en quatorze séances. Le courant induit se montra encore utile dans une paralysie alropbique de la main, à la suite d'une contusion du nerf cubital, de même que pour une paralysie alropliique du deltoïde et du long supinateur par cause traumatique. Duchenne (p. 632) rapporte l'obserîation d'une paralysie atrophiqiie du membre supérieur survenue tout à coup pendant le sommeil, et dans laquelle la laradisation resta insuflisante ; mais, par contre, le prolo-lodure de mercure se montra très-utile (probablement pour causes syl^ilitiques). Plusieurs exemples d'atrophie et de paralysies provenant de contusions ou de lésions des nerfs sont encore cités, dans lesquels la faradïsation s'est montrée très-utile; ntais certes, le cas le plus intéressant, est celui d'Alberi Masset (p. 658) auquel on a joint des figures présentant les différentes attitudes du bras malade. Duchenne n'obtint sa guérison qu'en persévérant pendant deux ans dans l'emploi des courants induits. Pour la partie méthodique, Duchenne veut (1)
[ (<) De i'èlectrisalion loçaliiét. Paris, tSGS,
DU COURANT CORSIAIIT. 267
(p. 702] que plus uu muscle est atrophié, et sa contractilité diminuée, plus il doit être longtemps soumis à Vescilalion électrique, plus le courant dirigé sur lui doit être inlense et les intermittences rapides. Hais lorsqu'on voit la seDsibililé s'exalter, il est prudent de n'agir qu'à intermittences éloignées et aTec un courant nrodéré, et même d'éloigner les séances sous peine de provoquer des névralgies difSciles à réprimer, et quelquefois même des phénomènes inOammatoirea. Pour éviter la fatigue ou la courbature électrique, il faut passer rapidemeut sur les muscles, et donner rarement à chaque muscle plus d'une minute de traitement. En mojenne uu traitement pour amener la guérison est de deux à trois mois.
Je n'ai pas eu occasion encore de Irailor des cas aussi nombreux et si avancés de paralysies atrophiques traumatiques (I). Cependant j'ai lieu de croire que les observations dont je vais drainer un court résumé, me pemtetlroot de dire que dans ces états morbides, les effets du courant constant laissent bien loin en arriére ceux produits par les courants induits.
Geoi^ K... (n° 148], ê^ de 13 ans, fils d'un employé à L..., demeurant chez ses parents à Berlin, tomba au mois d'octobre sur la main gauche, se cassa le cubitus, et selon tous les symptômes se luxa le radius dans l'articulalion radio-carpienoe. Le médecin ordinaire de la maison appliqua sans le secours du chloroforme un appareil de papier mouillé qu'on laissa en place pendant cinq semaines, mais qu'il fallut fendre en présence de la tuméfaction et de la suppuration qui s'étaient développées dans cette région. La suppuration ayant cédé au bout de quatre semaines, en soulevant l'appareil on
(I) Depuis 18S8, j'ai traite, par le courant couslant, un plus grand nombre de pualjties traumatiques, qui ne ferviront qu'à affirmer les résuHati que je vais exposer.
288 ÈPFf^ts CAriumt^CEê
trouTe : la main en pronation et en' flexion par suite de la torsion de Tarticfiitation iTldWNarpienne; le» doigts fléchis en crampons, raides, inflexibles à cause de Tànkylose de Particulation moyenne : on avait négligé, en appliquant Tappareil, de donner aux doigts i]iiè|^tioD convehable, et par contre empêché la circulation tie s'y produire. Les dernières phalanges et la paume de la main étaient insensibles, selon toute apparence, à cause de la lési<Ai du nerf médian qui avait en lieu au point où la suppuration S^étâit établie.
Il y a trois mois, le nialadé se iMrûb la face dorsale des phalanges moyennes des diiMgts insensibles, et aujourd'hui (26 avril 1857), jour de l^afi^aa, les plaies ne sont pas encore guéries. Le mouvement de Farliculation radio-carpienne et dans les doigts est tout à fait htnpôsiible; toute cette région est raide comme du bois, ]eà doigts ée peuvent s'éloigner les uns desautres, ils sont recourbés en grififes vers la paume de la main» et toni à fait inflexibles. Paralysie atrophique complète de tous les muscles de Fàvant-bras^ en tout semblable à ce qui se passe dans la dernière période de ratrophie progressive. Douleurs vives dans l'articulation radio-carpienne provenant encore de l'appareil ; de forts et douloureux courants induits ou coiistants ne parviennent pas à produire des contractions dans les muscles paralysés.
A l'époque où ce malade vint me consulter, le mode d'emploi du courant constant dans les paralysies et les atrophies n'avait pas encore dépassé, pour moi, les courants stabiles; j'étais alors très-occupé à rechercher la valeur antiparalytique des alternatives polaires. (Ce ne fut que le mois suivant que je trouvai à employer les courants labiles), moins encore à cette époque avais-je porté mon attention et mes études sur les effets caialy tiques du courant qui étaient si bien indiqués dans ce cas, à cause de l'état inflammatoire dans lequel se trouvaient les différentes articulations. Le seul et unique but que
j*avais en vue, était d'obtenir la guérison de cette paralysie atrophique par Temploi de courants stabiles. Cette situation rend donc d'autant plus remarquables les effets du courant constant, que je vais les donner tels qu*ils sont consignés dans mon journal. Dès la première séance* j'y trouve inscrit :
« Trente éléments de Daniell, courant descendant, stabile « par les fléchisseurs pendant plusieurs minutes. Un courant ' il de quarante à cinquante éléments de Daniell par la main « (alternatives polaires) rend la mobilité un peu possible à l'ar- « ticulation radio-carpienne et aux doigts. Trente à quarante <c alternatives polaires par les extrémités des doigts et de la « main permettent une légère extension de la main dans a l'articulation radio-carpienne.
a 27 avril. La mobilité obtenue dans la séance d'hier a <K persisté. La sensation est revenue dans la paume de la a main. Même traitement que ci-dessus. Très-bons effets « sur le mouvement de tous les muscles du carpe.
a 29 avril. Lé malade est allé, sur ma demande, visiter « hier son médecin ordinaire pour lui montrer l'améliora- « tion de la main ; il n'eut pas le courage de lui avouer qu'il « se faisait soigner par moi. Il permet à ce praticien de l'éleca triser et de pratiquer l'extension de la main au moyen de « poids (1). A la suite de cette manipulation, la main dece vint enflée et la mobilité disparut. L'amélioration se rétablit a immédiatement en répétant mon premier traitement. M. le « docteur Tillner de Saint-Pétersbourg assistait à cette séance, a 30 avril. L'amélioration d'hier continue, elle augmente « même aujourd'hui. Les mouvements des doigts deviennent a pluslibreSé « 1*' mai. L'amélioration a persisté, de nouveaux mouve-
(1) J*étai8 probablement la cause innocente de ce traitement^ par mon travail, qui venait de paraître sur les effets des courants induits sur l'extensibilité musculaire.
REMAI. 19
290 IFPBTS CATALTTIQUBS
« ments en tous sens apparaissent dans le ponce, le petit doigt, «t etc., etc.
« 4 mai. Uti bain dé ^nains^ çaivank^e de 30 à 40 élé- « ments de Daniell pendant dix minutes (durée des autres « séances}; fourmilleiimt dans la main h lèng des lignes «d^unidn dés électredié» baignés dUis PeÂd ; il y a un léger « réiftéhément iMMcutèire, mais èâ sômtïte, on trouve moins « d^eflets visibles qùé qusitid'lës côtii^nls a(gissent immédia- <c tement su^ les mUëclés.^ n
<c 5 mai; DéèdouranCs JpafffiaxA'pâr là main, principalement « par les itîuscléS inté^rti^tit lèmbricaui^ rendent les « doigts plus mobiles. Lë^ douleurs des os dii nùiétÀcarpe pence dant que les doigts agissent, i^minuètit.^On peut ouvrir les «t^dd^' au point d*f Voir* lëut'' face pàlihaire, et le malade ù peut déjà avec ses dôi^bVéîhis saisie léi ttiièns et les pin- «■cer.i* -■ •^"■' "''!
L&s autres efflsts obtéiltii plèndaiik lés ^x alkti^ës séances ja8(}ù'aa43itiki^tiesè{Muvéiitpa« coniiignés dans mon journal. Màii'jè tne nàj^jpelle qfné, ihalgi^ i6èttë 'ràjiide amélioratioti,]è tcOiiseiUàilàu mdàde' ^d'aller (liotivér^^^^ chirurgien que je lui nommaii, afin dtelaissiér faire àtl nnoyén de Tanesthésie Téxteûsiôn forcée des doigts, et dé revenir me voir plus tard. Le malade réntï'à' dans tin hôpital dé province qu'il quitta il y a peti de témps^ a prèsJjue guéH: »
En présence die la teùteut* des effets du cotisant induit, Dudienné se voit souvent ôbl^ de conserver certains doutes, et de se dèâiaftder st, dàtis déscas settiblétblé^, les rèsultafs obtenus doivent se rapporter^ à là coûtinufation pttolôngée du traitement; car nous avons pu le voir, les effets favorables ne se développent ({He quelque temps après là fahidisation. Mais de pareils doutes ne peuvent s'élever quant au courant constant. L'observateur assiste, pour ainsi dire, heure par heure, jour par jour, à la disparition des gonflements articulaires, et
DU CODKART GOMBTAKT. 291
au réveil des mftBaes musculaires atrophiées. Le muscle paralysé ne réobtient non-seulement l'excitabilité h l'égard du courant, mais encore il se: trouve de nouveau replacé sous l'empire de la volonté, à toutefois il'n'y a pas interruption dans le trajet nerveux, et si le courant n'a d'autres effets k produire que d'éloigner certains exsudais pesant sur le nerf ou d'augmenter la faculté endosmoiique.des muselés qui a été diminuée par le long manque d'activité et le défaut d'innervation.
Dans l'exemple cité en deniier lieu, le résultat a été amoindri par la déformation des os, l'action du courant a été plus utile dieila malade citée plus haut [p. 290), cbea laquelle coa- Bécutivement à des tumeurs dans les fléchissures de l'avantbras droit, il;existait une atrophie complète des extenseurs et de tous les muscles de la paume de la main. 11 ne suffisait pas pour donner aux muscles atrophiés une plus grande obéissance à la volonté, un plus grand vdome et une puissance foodioanelle plus forte pour délivrer la tumeur des douleurs et de la tension seulement, il fallait de plus encore développer une action immédiate sur les muscles eux-mêmes. On atteignit ce but pour les extenseurs de l'avant-bras en employant le moyen suivant. L'un des deux électrodes qui devaÎMit produire les phénomènes catalytiques dans les tumeur» était appliqué sur les extenseurs pour augmenter ii la fin de l'influaice stabile, par des contractions labiles, le volume et la force des muscles. Les muscles de la main exigèrent aussi on semblable traitement, dont l'effet se manifesta surtout par la hberté. progressive de tous les mouvements, et par l'aptitude croissante de la main au travail.
Je puis citer plusieurs cas de paralysies trauAaatiqnes qui, n'ajant pas encore entraîné à leur si)ite une atrophie complète de la r^ion lésée, ont été guéris par l'emploi exclusif du courant conatant, et cela en quelques séances. Le plus ancien de
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ces cas est celui de Charles S..., menuisier, âgé de 39 ans, qui Tint à ma consultation le 3 août 1856. Quatre jours auparavanty dans une rixe avec des agents de la police, il fut appréhendé au corps, eut les deux bras garrottés par une corde qui détermina une trës-Tive constricUon des membres. Depuis cette époque, il éprouve un engourdissement et une parèse dans les deux bras. Les phénomènes sont plus développés à droite, notamment sur le trajet du nerf radial, qui, selon toute apparence» avait été fortement serré contre Thumérus par le lien constricteur. Les plus forts courants dirigés dans le domaine du nerf paralysé ne sont pas sentis et ne sont guère plus efficaces quand je les fais passer par le muscle. Le jour suivant cependant, en employant les courants stabiles sur le lieu même de la striction, je rétablis la faculté de conduction des nerfs. Je répète le même traitement le 5 août, à la suite duquel le malade peut fléchir et étendre la main quand les doigts sont écartés.
Le 25 octobre 1856, l'ébéniste Nawratki de Alt-Landsberg (n"" 248), me fut adressé par M. le docteur Fock, assistant de Langenbeck. Se trouvant assis il y a environ trois semaines, sa jambe gauche s'engourdit, et, lorsqu'il voulut marcher, son pied se tourna en dedans. Depuis ce temps, l'engourdissement sur le dos du pied et la faiblesse des muscles animés par le nerf péronier persistent à un tel point que le malade ne peut étendre ni les doigts de pied, ni le pied lui-même dans l'articulation tibio-tarsienne, et que, par conséquent, il éprouve de très-grandes difficultés dans la marche. Les notes abrégées de mon journal portent que des courants stabiles passant parle nerf sciatique, les branches du poplité, et surtout le nerf péronier, soulagèrent à la vérité le malade au bout de deux séances (25 et 26 novembre); mais, comme le résultat n'avait pas été définitif, le malade voulut quitter Berlin pour rentrer chez lui afin de se disposer à pouvoir
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séjoarner un plus long espace de temps dans Dotre TÎIte.
Le 20 fénier 1858, j'appris par la belle-sœur de ce malade, qui vint me consulter pour sa fille, qu'à son retour à la maison une amélîoraiion si considérable et si progressive s'établit, qu*il ne crut pas devoir interrompre ses travaux pour venir de nouveau se faire traiter chez moi.
Dee observations faites plus tard m'ont pleinement convaincu qne, dans les paralysie^ qui proviennent de l'engonrdissementdes membres, des courants stabiles agissant dans le domaine des nerfs comprimés, n'ont qu'une action curative trè»-lente, tandis qne de forts couranb labiles, accompagnés même de qudques interruptions, et appliqués de la même manière qne les premiers, amenaient nne guérison rapide en provoquant des contractions momentanées et des wntractions toniqaei. Un exemple de ce genre est fourni par le menuiner TiU (n- 579). Le 13 mai 1857. ce malade fut atteint d'une apofdexie cMbraie avec hémiplégie consécutive gmtche. 11 passa qnel<pie temps à l'hôpital, où il fut atteint d'une paralyùe paseagère de li jambe droite, causée selon tonte appa* rence par une compression du nerf Kiatique. Plus tard, au m<ns d'août, pendant le sommeil, il fui pris d'une paralysie du nerf cnbital, lésion sur laquelle il fixa peu son attention à l'époque (7 octobre 1857) où il vint me trouver pour son hémipl^pe ; mais, dès te 22 novembre, le malade me fit observer que tons les doigts de la main droite se trouvaient fléchis (par la ccmtractnre des fléchisseurs), et que sa main maigrissait à vue d'œil. Une application de courants stabiles resta sans eOel, et il me fallut employer (le 25 novembre) d'énergiqnes courants labiles provenant de Wjusqn'à 50 éléments de Daniell.le long du trajet des nerfs cubital, médian, radial et dans la région du coude, pour permettre au malade l'eitension de tous les doigts. Je pus bienlfit reprendre (le S décemlwe) le traitement de l'hémiplégie gauche; mais je
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fus obligé de le suspendre pendant (jnelque temps pour diverses raisons. Le malade, à sod rétotir à mon dispensaire, H 21 irars 1858, se set^ait parfaitettient: de sa main droite. II nous parait inutile d'appeler l'attention sur la valeur de cette observation au point de vue dû diagnostic, car, dans les paralysies centrales, on est très-faciilement porté à regarder toute nouvdie paralysie survenant dans un muscle comme une nouvelle conséquence de Teitension du trouble cen- Iral.
Je citerai encore le cas de paralysie traumatique suivant. Bertba Graetzel (n'' 313), servante^ ftgée de vingt-trois ans» se fit saigner, il y a deux ans, au dos du pied pour cause d'aménorrhée. Dans cette opération de petite chirurgie, on intéressa une branche du nerf cutané kiteme dorsal qui, comme on le sait, sqU le trajet du tendon du fen^ extenseur du grand orteil. Depuis cette époque^ ir^ ieii une faiblesse âtec un engourdissement de la face àntérietare externe de là jambe jusqu'à la petite cicatrice ; les orteils, au contraire, sont complètement sains. Dans la inarche, la pointé du pied tombe en avant et la malade se heurte coillre les pierres ; tumeur douloureuse sur le dos du pied provenant^ selon toute apparence, d'un exsudât dans la gaine des tendons; tension dans le mollel ; le pied est froid et la pointe se trouve toujours en dedans. Dans la première séance (15 itoNrenibre), je dirige le long du trajet des nerfs intéressés, en alteroiant la direction par de rares intermittences, jusqu'i la tumeur du dos du pied, pendant environ 6 à B minutes, de forts courants stabiles provenant de 50 à 60 éléments de Daniell. A la fin de ladite séance, 11 se produit une modification, surtout durable, des parties lésées. Huit jouira après (22 noven^bre), la malade m'annonce qu'elle éprouve moins dé douleur et que la marche est moins pénible. 'La pointe du pied tombe moins, il est plus chaud, et la tumeur du dos du pied, ainsi que la tension