‹ GalvanothérapieChapitre 37 sur 64 · II. — EFFETS AIITIRHCIIATISIUOX · texte numérisé non relu

II. — EFFETS AIITIRHCIIATISIUOX

Si l'excitation des nerfs seositifs peut , par l'action réflexe, produire la diminution et la dilatation du calibre des taisseaux (p. 254), et si elle a une influence sur la sécrétion de la peau (p. 138), la théorie névropalhologique de l'origine des rhumatismes n'est ptaj^fouée de tout fondement. 11 est vrai que l'hypothèse suinmie-e^l la plus favorable à cettequestion, à savrâ, qu^une sécrétion répercutée ou retenue dans les humeurs (sang et lympne) provoque une dyscrasie dont les conséquences peuvent être limitées aux points sur lesquels l'agent nuisible a agi, ou bien encore peuvent se localiser danb les tissus qui, en raisoti de leur texture ou de leur composîtioD diimique^ sont plus susceptibles d'être frappés par l'altération ou la modification de ces humeurs. Par ces considérations, je tiens à prouver ma tendance favorite à la théorie huméro*par thologique des rhumatismes , celte manière de Toir, de nos

(4) Yoyes plus haut, p: 96.

300 EFFETS CATALTTIQUES

jours, compte parmi les médeôins peu de contradicteurs sérieux.

L'observation journalière nous montre que , dans des conditions diététiques convenables, notamment sous Finfluence d'une température élevée qui favorise la mutation de matières, la dyscrasie rhumatismale peut ne pas se développer ou s'étendre d'elle-même. Le grand nombre de remèdes qu'on reomtmande, comme devant toujours abréger la durée de la dyscrasie , prouve deux choses : ou qu'aucun de ces moyens n'agit contre la modification chimique des humeurs , ou que cette même modification, étant d'une nature très-diverse, doit céder à des moyens très-divers. Un nouvel agent anti rhumatismal doit donc, avant tout, répondre à cette question : Peutil être rangé dans la série des spécifiques , ou dans celle des altérants , ou bien encore dans cette série de moyens qui ne tendent qu'à guérir ou à modérer certains états consécutifs locaux de la dyscrasie?

Qu'on veuille se rappeler {p. 164) quelles espérances , au commencement de ce siècle, ont été fondées sur le courant galvanique en raison de ses qualités ékctrolytiqnes et ce qu'on attendait de cette modification cUÉÉpie de la masse des humeurs. Jusqu'à cette heure , att(5lia^ai( ne s'est produit qui eût permis d*annihiler cette espérance.4i faudrait, pour cela, introduire le courant dans le corps*, ne manière à ce que , dans un espace de temps qu'on pourrait calculer, une quantité notable de sang ou de lymphe pût être exposée à l'influence du courant Des expériences de ce genre ne peuvent être entreprises que dans les hôpitaux » et aussi longtemps qu'on ne les aura pas instituées, je me refuserai de répondre à la question de savoir si le courant électrique est en état de faire disparaître une dyscrasie quelconque , comme , par exemple, la dyscrasie rhumatismale ou arthritique.

Les expériences personnelles, entreprises dans l'espace de

DD COORANT COnSTAMT. 301

deux ans sur à peu près 150 malades, me semblent démontrer que le courant coDStaut , même appliqué localement sur des parties affectées, manifeste dans de certaines limites une faculté antidyscrasique contre le rhumatismot et surtout qu'il diminue la tendance aux récidives.

Le 12 octobre 1856, le docteur Rodepwald m'envoya GeorgesGûother(n<'201),&géde37ans,ouvrierdaDsuneu8ine i gaz. Ce malade souffire depuis six mois de douleurs rhumatismales, à la suite d'avoir eu les pieds mouillés. Il transpirait ordinairement de cette région, n'éprouvait jamais de froid aux pie^; mais actuellement ils sont toujours secs et glacés. 11 ressentit tout d'abord , étant couché , des douleurs déchirantes, accompagnées de contractures momentanées; plus tard, elles gagnèrent les reins ; tensicm dans l'abdomen, éclairs devant les yeux ; puis parfois , quand il était debout et qu'il parlait, ou lorsqu'il faisait certains mouvements, il éprouvait une faiUessa et un tremblement dans l'extrémité inférieure droite.Sooétats'était de beaucoup amélioré àla suite d'un trailement antirhumatispial, ù l'exception toutefois de la faiblesse et du tremblement de la cuisse droite, qui ont tellement augmenté dans ces dwmieii^mps qu'ils rendent le malade incapable de se livrer à aucun travail. La hanche entière se paralyse tous l'action de la marche. Déshabillé, on aperçoit tous les moscles de la cuisse pris d'uu tremblement ; cependant il dit n'épronver aucune douleur dans la jambe. Les douleurs des reins sont faibles ; il y a quelques jours que la tête était douloureuse au point que le malade tomba à la renverse, perdit connaissance pendant quelques instants sans éprouver cependant aucune convulsion. [U en avait éprouvé dans son enfance.) Comme ces quelques données paraissent l'indiquer, les symptômes avaient pris des caractères menaçants qui indiquaient que, non-seulement les nerfs de la cuisse étaient intéressés^ mais que la partie inférieure de la moelle était elle-

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même atteinte. Partant de ce point de Tue, je le soumis pendant quatre séances (les 12, 13, 14 et i 8 octobre) à l'action de courants constants v labiles de 25 à 30 éléments de Daniel! , qui firent en effet dbparaltre complètement tous les phénomènes morbides. Six moisaprà», j'a(^ispar'le docteur RodenwaldqueGûnther était resté délinéde Vaffection de laquelle il avait tant stnifiert « «t> que, ùéptiïs te temps , même dans la plus mauvaise saison^ il n'éprMTait pliis aucune tendance à des accès rhumatismaux; ^ >

Quelque temps ïiuparavant (te 8 «etobre 1856], le forgeron Perger, âgé de 39 ans, s'était présenté à ki consultation. Dépuis du grand nombre d'année» il souffre de rhumatismes qui, à chaquerchangemefil de température/ le forcent de s'arrêter dans ^n travail. En dernier lieu, il est entré trois fois à ThApital dans Tespace d^une année, et il y a peu de temps qu'il y fuit électrisé, au moyen d^un aj^reilide rotation, ayec un assez bon succès. Mais, sorti à peioé, les dèuleurs ont reparu ' dbns les reins; les extrémités inférieures, et il ne veut plus retourner à l^hospicey sa famille aya^ à cause de la profonde misère dans laquelle elle se ttcMe^ besoin de lui. Je le souniets, le 8, le 10 et le li octobiÉJi^!riif vigoureux traitements, qui suffirent pour le rétablir!^ t«i» promit toutefois de rerenir dès qu'il retomberait. Il se présenta, le 26 «y^tobre, pour quelques douleurs qui persistaient dans les épaules. Depuis lors il oessa ses visites, et d'autres malades me rapportèrent qu'il' se portait très^bien. Il reparut le 23 no?embre, pour une douleur qU'il ressentait dans le deltoïde, et qu'il a gagnée en sodevant un lourd fardeau. Je la fois immédiatement disparaître. Le 22 février 1857, nouvelle réapparition des douleurs* dans les épaules,' les reins et les extrémités inférieures. J^applique de suite un traitement énergique^ qui enlève ces douleurs; et ce ne fut que six mois après, le 25 juillet, que le malade vient me dire que, depuis tout ce temps, il a

DU COmiANT CONSTAITT. 303

pu travailler, même par les temps les plus affreux, et qu'aujourd'bDÎ il De ressrait plus qu'une faible douleur (le long du trajet des ueris radiaux et cubitaux], qu'une seule application do coiinuiit enlève instantauémenl. A partir'de cette époque, je n'ai plus t«tu ce malade.

EjB 9 octobre 1856, Edouard Vercressie, imprimear sur étoffe, ftgé de 51 ans, viot se faire soiguer pour nu rhumatÎBttM. C'était sa vieille mère, &gée de 74 ans, qui on Tadressait. J'avais traité et gaéri cette malade, le 6 août 1856, d'une paralysie rhumatismale de l'épaule, datant de huitana. Dans mon journal, j'y trouve consîgDée la petite note sui* vantft. éoite par un de mes assistants : u. Dorothée (V.), ftgée'de t\ ans, éprouve, depuis ttuit ans, une tension telle dans rartieulation scapalo-humérale droite, qu'elle ne peut pas âever complètement le bras, et n'y a cependant pas de contracture matt|uée. — 19 éléments de Daniell. — Courants stablles deminute en minute, appliqués de la manière ordimnre, par les muscles pectoraux, deltcAde antérieur, et la fosse sous-épineuse. » — Le fils me rapporte que sa mère a été parfaitement guérieiiftr cette seule séance. Il est affecté, depuis 1847, de doùlaurs ^umatismales vagues, qui récidivent loUTeat et qui f empêchent de travailler. Les doulenrs qu'il épanve actuellement dans les reins et les épaules t'ont forcé dé s'arrêter depuis huit semaines. Soulagement trèsmarqué à la suite de la première séance ; trois autres suffisent pour poOToir le rendre à ses travaux. Il me promit de revenir i la moindre apparition de nouvelles douleurs. Plus tard, je vis beanconp de malades, qui venaient adressés par lui.

Bn présencede telles observations (1), n'est-il pas permis

(l)Ce<obwrvatioiu, rendues d^& ti dilficiles dans la pratique polj- Glinique,iODtreiidneipIatdi(Bcileseiicore,eacequelesmédecUi3des •ociMi de leconn de quartier «mt obligés, ou plulfll autorisëa, k envoyer kHiA^tal tous les malades, chei lesquels les secours foumb

304 EFFBTS GATALYTIQUBS

de supposer que le courant constant a une certaine action antidyscrasique contre les rhumatismes, en détruisant dans les lieux de dépôt de la dyscrasie même les germes de son dé- Yeloppeméni? Cette simple remarque amènera tout naturellement tout praticien à se demander comment se comportera le courattt constant à regard du rhumatisme aigu fébrile. La pratiqua polyclinique ne peut guère donner sur ce point de données très-étendues, ce qui, pour le moment, rendra très-précieuses les quelques observations que nous allons faire suivre.

Jean S... (n"" 695) y huissier, âgé de 64 ans, petit, robuste et. gras (il a fait les guerres de 1813 à 1815), antérieurement toujours bien portant^ se présente le 22 avril 1858. Sa femme étant malade il y a peu de temps, il dut souvent se lever la nuit, prit froid, et il y a cinq jours ffit subitement affecté de douleurs dans Tépaule gauche, qui l'empêchèrent de lever le bras. Tout le bras et la main sont gonflés. Le moindre mouvement, comme pour s'habiller et se déshabiller, lui occasionne d'indescriptibles douleurs, quoicpe sa femme apporte dans cette légère opération tous Jes nénagemenls possibles. On provoque les mêmes douleurs y comprimant légèrement Tarticulation. S. . . peut à peine lever le bras jusqu'à 50 degrés. La seule flexion de Tavant-bras et de la main est d^'à trèsdouloureuse. Tous les muscles du bras sont durs, ceux de l'épaule sont très-sensibles à la pression, la peau du bras est tendue et œdématiée. La température de l'épaule estplus élevée; du reste, celle du côté est à l'état normal^ Pouls tranquille au moment de l'examen du malade (c'était le matin) ; mais, selon son dire, vers le soir, il éprouve des alternatives

par la polyclinique ne suf6sent pas pour rétablir instantanément la santé; les malades, en s'y refusant, perdent les secours que les caisses mutuelles fournissent à leurs familles. Je dois donc ici bien des remerciments aux médecins des sociétés qui m'6lit si puissaihment aidé dans mon entreprise.

DO GODKAin comrun. 30B

de froid et de chaud. Nuits sans sommeil, à caase des douleurs; le matin, les urines sont troubles, rouges, déposait uo sédiment briquelé ; selles normales ; appétit oàl; lâdgue sabumle. r»- Je loi bis passer parl'épaule quelques-itodrants stabiles (30 éléments de Osniell), qui proTOqueot sne forte éruption cutanée au péie positif {i). Les moQTemenls deviennent ^lus libres et moins douloureux. ; u-'.'

iBanil. — Toute la jvnmée d'hier s'est bien {taMé^ la fièvre habituelle est revenue le soir, et persiste' jAqne'dmiflti nuit ; die s'aeeompaffne de plut fortes tlouteurs r elle «e t6rraioeparnne forte transpiration. Anjourd'hni, ciependaDtj U y a du mieux. L'humérus, après la séance, peut' être Aevé, comme dans celle d'hier, jusqu'à la position horizontale ; la pre»ion sur l'articulation est à peine' douloureiase. Des courants labilea,- passant par le deltoïde, stmtplas efBcaces anjourd'hiri'qne les courants stabiles; un courant stabile,descéndantçendaoiune minute par le coraco-brachial, facilite de beaucoup te sonlèvement du bras.

24 avril. — Il n'y a pas eu de fièvre ; la nuit a été plus calme, les douleurs moindres; les urines dn malin sont moins foncées et moins troubles'; point de douleurs à là pressi<m de l'articulstion. Le malade peut élever son bras à la même hauteur qu'hier, mais il éprouve encore une tension , en exécutant ce mouvement, danslebhis et Tavant-bras. 30à 35 éléments dé'DànieQ, courants stabiles et alternatives polaires à travers le muscle deltoïde et la fosse sous-épineuse (2) rendent, à la vérité, les tnouvements plus libres; mais la tension, dans les muscles du bras et' de l'avant-bras, qui empêche encore le mouvement, ne disparaît qu'à la suite d'un traitement local ;

(!) Toifopltu l»°t> P- f^-

(t) Qoant à la méthode de f spi^callon, ]e renvoie k Feiposillon qvà va suivre.

9M BPPtn CATALTTIQtm

le malade peut s'habiller saos doulears et sans aucao seeoars.

25 ànë. -*- Poiot de fièvre. Dans le coarAnt de la nuit, légères doalenn dans l'épaule; mouvements presque complé- . teiBent libres ; légère tension dans le de! tende antérieur. Après aroû* subi l'inQuence de quelques courants stabilea, le malade se prétend complètement guéri.

' 3%<iuqil. — Le malade a bien dormi ; mouTements libres, nUMiti existe encore quelques douleurs, au bord inférieur du delt(»de, que je fais immédiatement disparaître. Le malade reprend ses occupations journalières, lesquelles il avait été obligé de quitter en prenant un congé. Huit jours après il revint me voir pour me remercier.

Certains rhumatismes aigus se jugent souvent d'euxmêmes, vers le septième jour, par «ne espèce- de crise : on pourrait donc expliquer dans ce sens la fièvre suivie d'une forte transpiration, qui était survenue dans la nnit du 22 au 23 avril. 11 faut cependant remarquer que, dans les rhumatismes chroniques, Ig premier eflel du courant constant est d'ordinaire d'aggraver les douleurs, etquedans lecasdeS... les douleurs locales ne disparurent que pendant la durée du traitement. Je n'ai employé aucun médicament, et les phénomènes les plus essentiels disparurent, comme moa journal Tindique, dans l'espace de deux jours.

Voici une observation de rhumatisme musculaire aigu non fébrile :

Frédéric D... (n°71iî), aubergiste, âgé de 36 ans, avait eu occasion d'observer les effets rapides d'tm courant constant sur l'articulation radio-carpienne enflammée de son voisin, l'ouvrier GotlfriedSchuItzf. (Voy, plus liaul, p. 296.) lia éprouvé déjà plusieurs attaques rhumatismales, notamment des torUcolis. Aujourd'hui [7 mai 1858), il en souffre plus fortement depuis trois jours. Tout mouvement est impossible,

la t6te est obliquement tirée à droite, le trapèze, le splenius et les muscles du cou du côté droit sont durs comme du bois et très-douloureux à la pression. Pas de fièvre. Le malade.est tellement incapable d'agir, qu'il lui faut une personne pour le déshabiller. Un courant de 30 éléments de Daniell, traversant des réophores formés par des plaques de trois pouces de diamètre, et au moyen desquels opérant des mouvements alternatifs d'abaissement et de soulèvement, je produis des contractions labiles pendant cinq minutes, dans les mnsdes affectés, qui rétablissent complètement le libre mouvement du cou et de la tète du malade.

8 mai. -^ Le malade, d'après son dire, se trouvait hier après la séance « comme ressuscité, d La nuit a été tranquille ; il n'y a plus de douleurs qu'à l'origine du nerf grand auriculaire, et qu'au ganglion du deuxième nerf cervical. Les douleurs disparaissent par l'emploi d'un courant de 20 éléments, employé pendant trois minutes comme ci-dessus. Pendant cette application, les muscles se gonflent fortement; le malade retourne à ses occupations. Il ne revient, le 22 mai, que pour me remercier. Il n'accuse plus que quelques sensations désagréables dans l'épaule ; je les fais disparaître dans l'espace de quelques minutes. Depuis lors, le malade jouit d'une trèsbonne santé.

C!omme exemple de rhumatisme nerveux aigu guéri rapidement, je rapporterai le cas suivant :

Philippe Koch (n"" 324), tonnelier « âgé de 30 ans, se présente le 23 novembre 1856 à ma consultation. Il a souffert antérieurement de douleurs, tantôt à la jambe droite, tantôt à la jambe gauche. Hier il a pris froid dans une cave, et a subitement ressenti une violente douleur dans toute l'extrémité inférieure droite, depuis la hanche jusqu'aux orteils. Insomnie par suite de douleur^ , de chaleurs et de transpirations. Il marche péniblement en boitant et en n'appuyant sur le sol que

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sur la pointe des pieds. Un médecin consulté amt conseillé une application de douze Tentouses le long du trajet douloureux, qvand une de ses connaissances l'engagea à Tenir me' trouver. La pression sur le nerf sdatiqnCy près dà grand trocbanter, est trèsKlonloupeuse. Les douleurs s^irradient de cé']^kit^ suivant le trajet du nerf sciatique et du nerf péronierf jusqu^à la distribution de ce nerf sur le dos dutpied et des orteils^ Les plaÉrtes du malade indiquent, en outre, queie nerf cutuié antérieur externe {N. cutanem femoris anterior extemus) est întéresséy ce qui se produit souvent dans certains cas de sciatique. Des courants stabiles^ appliqués suivant le trajet de ce dernier nerf, ne procurant aucun soulageraenttfiu malade, je dirigé le courant le long du nerf sciatique lui-même jusqu'au creux poplité, et le soulagement se produit instantanément. La nuil est meilleure, mais ce n'est que le jour suivant, en dirigeant les courants sur le nerf péronier luimême que FaraélioratÎQB devient décisivCé Le malade peut dis lors se porter sur son pied et uMir^dier' sans éprouver aucune douleur. Le 25 novembre, Koch, tout en se déclarant trës-satisfeit, indique encore la malléole externe comme étant le siège d'une faible douleur, que je fais cesser aussitôt. Plusieurs mois après ^ le docteur Galewski me rapporte que le malade a toujours été très-bien portant depuis l'époque de son traiteraent.i

On remarquera que, dans ces cas, le courant constant a été employé dans des accès de rhumatisme récent fébrile v non pendant Faccès, mais pendant la rémission, et qu'en tout cas le caractère fâ^rile n*était pas très-développé. Dès que les phénomènes fébriles se montrent, le courant constant semble avoir une efficacité moindre, comme les deux i observations suivantes semblent le démontrer.

Dans un cas que je n'ai pu retrouver consigné dans mon journal, et sur le sort ultérieur duquel je ne puis malfaeureu-

DU GOURANT COEISTAIIT. 309

semmt rien dire, l'action du courant ne fut que passagèrement efficace» et je me souTiens que, malgré remploi de toi» les moyens connus, il se déyeloppa plus tard une sclérose de r<articulation scapulo - humérale , et par suite une pseadoaakylote.

• Le deuxième fait est celui du tourneur Pfeiffer (n** 533); âgé de 60 ans. 11 vint me consulter le 17 juin 1857, époque à laquelle je ne pensais pas employer sans adjuvants le coarani constant dans les rhumatismes aigus. Depuis quatorze ans, il Sûufifrait de douleurs rhumatismales dans l'épaule droite ; ces donleiirs s'aggravaient parfois à un tel point que le rhumatisme passait à l'état fébrile, et qu'il présentait en tout point un accès de ^utte. Depuis plusieurs jours il est très-souffrant et ne peut exécuter aucun mouvement. La pression sur toute la région articulaire est douloureuse. Les urines sont sédimenteu^eSy, forte fièvre le soir ; au moment de l'eaLamen , prak plein et agité, la température de la peau est plus élevée qu'à rét^tnormaK Je me trouvai alors à étudier en tous sens la valeur, des courants labiles, et, contrairement à mon habitude, je les employai sur l'épaule de ce malade. N'«n.obten«ït pas de résultat direct, je prescrivis un vomitif et une application d'une «angsue artificielle sur la face interne de la tète de Fhuniéms. -*- 19 juin. Le vomitif a soulagé le malade, mais la sangsue n'a pas amélioré l'état de Tarliculation. Un courant stiftile, fort et cuisant légèrement^ de 20 éléments, appliqué au moyen de réophores en plaques , pendant 2 à 3 minutes, pmlnsent « un excellent effet. » La pression sur Tartioulatkm est moins donlonreuse^ et le malade peut bien mieux éle* ver lie bras. Mais, dès qu'il le porte à une certaine hauteur, TOdegrés environ, il ressent une vive douleur, a la suite de laquelle le bras retombe ; douleur à Tacromion : j'ordonne d'y appliqua quelques sangsues^ 24 juÎDé -^ Les sangsues ont procuré un bon résultat La

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fiè?re a cédé à la suite d'une potion au nitrate de potasse ; des courant» stabiles de 20 éléments appliqués pendant 3 à 4 minutes dans différentes directions, font que le malade peut élever son bras jusqu'à la position verticale. — Moi-même ayant été alité pendant quelques jours, le traitement galvanique fut forcément suspendu. — Le 16 juillet le malade vint m'annoncer que son état s'était de beaucoup aggravé ; le bras est gonflé» le tissu cellulaire s*était induré, il en existait encore des traces ( j*ai lieu de croire que cette complication reconnaissait pour cause, un abus de frictions irritantes. ] Pendant 15 jours de fortes transpirations avaient eu lieu, à la suiie desquelles les urines étaient redevenues claires. Sur l'avis d'un médecin, le malade avait fait usage de frictions avec l'alcool camphré. A l'heure qu'il est les mouvements en tout sens sont plus libres, il existe encore une légère tension dans le deltoïde, le coraco-brachial, quelques courants stabiles en font justice. Le malade jouit depuis d'une excellente santé.

J'ai en outre traité depuis une série de rhumatismes qui, compliqués de fièvre, résistaient pendant plusieurs semaines. Dans des cas pareils, j'étais très-craintif dans l'application du courant, redoutant une métastase sur le cœur; aussi cessais-je immédiatement tout traitement dès que je n'obtenais pas d'effets curatifs immédiats. — C'est peut-être pour cette raison que dans cette question mon jugement pourrait paraître un peu partial. Je me crois cependant autorisé à ajouter que dans des rhumatismes de longue durée, dans ceux des articulations par exemple, compliqués d'un appareil fébrile, et de sédiments dans les urines, les effets du courant constant m'ont paru plus douteux que dans des cas récents, ou dans des cas anciens mais apéritiques. Dans certains cas même, j'ai observé une aggravation de l'état local et général, ce qui m'a toujours engagé à suspendre tout traitement galvanique et à recourir aux moyens médicaux connus. Il est vrai que j'ai aussi observé des

DU oooBAirr constant. 311

cas daoB lesquels TaggraTation n'a été que passagère, quoiqu'elle eût persisté pendant plusieurs jonrs, et qu'elle ait été suivie d'une amélioration notable. Mais comme presque toujours dans ces cas d'autres moyens ont été appliqués tant par moi que par d'autres confrères, je ne puis donc pas m'appuyer sur ces faits dans l'un ou dans l'autre sens. Ces remarques ne doivent nullement empêcher les médecins des hdpitaux d'appliquer le courant constant sur les membres affectés de rhumatismes, et même au milieu de la fièvre. Je suis même trèsrconvaincu que dans toutes les périodes et quel que soit son développement, par conséquent même dans le rhumatisme articulaire multipliét le courant constant, surtout dans son application stabile et non trop douloureux, employé soit seul, soit associé à d'autres moyens, pourra dans certaines limites, essentiellement contribuer à abréger la marche et la durée de la maladie.

En tout cas on obtiendrait déjà une certaine abréviation si, en faisant disparaître la fièvre qui enraye pour ainsi dire l'action complète du courant, on venait par ses effets à surmonter les troubles locaux stationnaires qui font le désespmr du médecin, et deviennent des causes d'infirmités pour le malade. Pour ma part j'obtiens par son application les meilleurs succès chez des malades qui ont souvent passé des semaines et des mois dans les différents hospices, et qui y ont perdu en partie la fièvre rhumatismale et le gonflement articulaire, mais chez lesquels persiste une sensibilité des articulations telle que le moindre courant d'air devient insuppcMrtaUe, et chez lesquels les membres sont raides, les muscles raccourcis et atrophiés. Il suffit en général de trw à six séances galvaniques, pour rendre aux muscles leur mollesse et leur volume normal, et pour faire disparaître ce reste d'ezsndats qui pourainsidire s'opposent à l'action des différents mouvements, ie crois même que, dans les hospices où Tap-

312 BFmS GATALTTItDBS

plioatioD des courants âwait trës^^àcilev la moitié du temps in- 4û|tlé cîépwMS suffirait.pour arréleD daoa son déwloppetnent c^(étai in^me qm ipowr les malades >paa¥iêàde?ieiit la principale^ AQuçca deleur indigence. J'aidéjà oitéplos haut (p. 352) ua ie^empte de ce genres j'en citecaî enooie «il) secpnd. .

. f fsédécie rSitoaoheirsk (&'' 7 li<^^ott¥rier ébéniste, se présente toSjmiiS^ à mon 4ispeiisaire;/ Avant Ja Noël il avait éléiaUeiotde gonflementsiiluiinattsaïauKdas articulations des dew g^oux. {/apyèsAYoir été traité pendant sept semaines à doipicile, )îl4i paaséi en dernier lieu 4iz semaines à l'hôpital, 0% jditral, il a.étéieKluii?epient traité par le >uitrate de potasse àjiHiAfa^ienr, eide lakûne) grasse à l'eitérieur* Les médecins tintants ayajeut en ootnei le plus insi^ surlatnécessité d'une tefupérature rtoujpi^rs égale même dans son Ut. A la suite de Ge« tmtement les gonfiements. articulAires disparurent à la vérité, mais les douleurs restèrent; et> lorsque le malade eut quitté J'iiftpîtal, il reconnut qu'il était leia d*étre guéri, et phu^ ençcûre^pijil était incapable de 4nwllei?« iLea extrémités in(Mettres. font faibles,. raides et fléchies^dansi les genoux pmpi^qpiakaoïeBA ^ les articttlaj^^ l'ascension

d^ escaliers et la station est très-difficile. Son corp» nu est l'imAge fidèle de la misère la plus . complète ; il existe un anaaigrissement notable! des extrémités (inférieures, surtout à geucbe ; on nç tnMive plus d'exsudatsdans^ l'articulation du gepou, naaisi Jes bouweainttqueuscis sur les côtés [et sous la rqtMle pamiasenfc «trtehgonfléas et sontrtirèsrdoulooreu^es à la pr^WSfOPf AsU bord interoe 4u tendm d'Achille et des muscles d^ j3Qi«Uçt dqflidWY jcôlé^^ oditranve destophus de la^rpsseur d'^ne noû^, très-doulouiieux> qui rendent lawa^che laborieuse, et qj^i lelcmle malade sont .tantôt ^^us pro^jioncéa adroite,, tar^dit plus pronqnqés à gauche (1). . ^

JUk traitement ; que jfinstitwal imimédiatement fut renda

(I) Cè» grôsseats mé paraissaieiit né poiivoit étHe ^ des ganglions

DU cooKAin GonsTAnr. 313

très-difficile, par cette circonatance que le malade >e troarait très4fltibli par le maigre régime de l'hApital, se plaignait et s't^itaità chaque Béance comme un enfant Le traitement des genoux, des articnlalioas tibio-tarsiennes et des muscles de la caisse et de ia jambe, commencé le 8 et le 9 mai, dans le bot ds foire disparaître les exsudais, soulagea le malade; nudsceluidulOimai, dirigé sur les grosseurs, qui diminuèraat et devinrent bien moinS' sensibles à la pression, procure on plus grand soulagement encore. Pendant les trois jours MÏvaiiia, ca furent les douleurs des g«ioax qui forcèrent le malade à continuer les plaintes ; maù, à la suite de la demiàre apidioatioDyle malade Tint me revoir , joyeux et très-reconnaissant, pouvant maintenant se livrer à ses travaux antérieurs.

Toutes ces> communications, nous ayant donné une idée I»telabla des conditions dans lesquelles le courant constant dévelof^ son action efficace dans les rhumatismes, nous aroèpent donc, à cette heure, & parler de son mode Remploi, Ce sujet œ pourra pas encore être traité ici d*nne maniera aaiai complète que je l'eusse désiré, par la raison qu'il est à pdne possible de s'occuper d'an seul cas de rhumatisme sans

lymi^iaUqnes taméflés, quoique je ne sache poB qa'on ait obwrré des ganglloiiï lymphatiques dans cette région. Lonqu'en automne 1805, j«'(Unls (VDja la prébcc de la deuxième édition de rani Jf^moin tw PilÊCtriittim nMtodifuë, Berlin, 1 836) des recherches analomiqiiM sur letpointsdlmmergencedea nerb et des vaisseaux dans les muscles, je trosvd mi lecadavre d'une femme atteinte de scoliose, et morte phlhU stque.âsns les deux plis du coude, non-seulenMnt une position lont aasnnale de tous tes nerfs et de tous les vaisHauz, maiseacoreaalxHd inlome du tendoD du biceps quelques.corps gris- de la grosseur d'une nolHtt^ qtd, U'apite leur texture, araient la plus grande analogie avse lesgaa^ooslTmpbaliques. — n j a quelque temps, on mV DMwmM Jeane^Ùede 11 ans affectée d'une maladie seroftilense (arttrooHw) de l'articulation du coude droit avec ankjlose, cbes laquelle ea aeoUil également au bord du tendOD du biceps des grosseurs qal paralssaleot en tout semblables par leur volume et leur ooasMnee k celles que je Tiens de décrire.

314 EFFETS CATALTTIQOBS

être pour ainsi dire forcé de parler en même temps des effets antiparalytiques et antispasmodiques du courant, ce donl nous nous occuperons d'une façon plus détaillée dans les chapitres suivants. Je ne crois pas non plus que cela soit par pur hasard qu'à mon début je n*ai commencé à comprendre et à m'intéresser vivement au traitement méthodique des rhumatismes, que je ne fus pour ainsi dire, initié aux effets des courants par rapport à ces états pathologiques si divers, que lorsque je m'étais longtemps et préférablement occupé des paralysies et des spasmes locaux. Toutefois, j'essayerai cependant de résumer les points principaux des résultats, qu'on doit, avant tout, prendre en grande considération dans une question si délicate.

En premier lieu, il faut tout d*abord placer ce fait anatomo-pathologique, que les phénomènes locaux du rhumatisme consistent dans une inflammation et dans une exsudation, que Taffection soit localisée dans les articulations, dans les muscles ou dans les nerfs. Selon les propositions développées plus haut, les coui'ants slabiles ou continus, employés jusqu'à la production d'un effet visible du courant, doivent toujours former la base de tout le traitement ; la diversité dans leurs applications est principalement dépendante des états différents des vaisseaux, des nerfs et des muscles, qu'on ne peut pas éviter, ou qui demandent même de certaines applications particulières du courant, selon la part qu'ils prennent à la genèse de la maladie. On peut donc dire que le traitement consiste essentiellement dans l'application des courants stabiles, auxquels on ajoute comme adjuvants ou correctifs des oscillations ou des interruptions de courants, dans le seul but d'obtenir certains résultats particuliers et qui sont en partie d'un intérêt secondaire.

Quant à ce quia trait à l'emploi des interruptions de courants, il faut partir des points de vue suivants d'après mes

m GODHAin COHSrART. 315

pitopres enais et mes propres obserrations, points de vue dont chaque eipérimentatear compr^dra la difScullé. l'Ponries actKKw électrolytiques da coaranl, quoique sa dor^ emt plus importante ici que sa force, son actiou n'est cependant pas illimitée, et elle trouve dans la qualité des tissus vivants une limite qui, selon toute probabilité, consiste dans une polarisation inlenie des tissus eux-mêmes. Cette limite est d'autant jdm reculée qu'un tissu est plus dense et plus sec ; elle peut même être dépassée, c'est-à-dire qne h même vole de courait peut être utilisée i nouveau, pour l'obtention d'effets cataïytiques faTorables si on modifie de temps à autre cette polarisation intérieure. — 2* Comme je l'ai déjà si souvent répété pins haut, des interruptions à la fin de courants stabiles sont un très-bon moyen pour empêcher une trop grande augmentation de l'excitabilité de nerfs seositifs. Ce qui revient peuir être, eo y regardant de plus près, à l'opinion électrolytique que je viena de développer. — 3" L'observation suivante , et qui n'a pas encore été mentionnée jusqu'ici, me parait delà plus grande importance, çtitm muscle ou qu'un nerf moteur affaibli dans sa puissance fonctionnelle par une trop -longue action du courant stabile peut, par quelques interruptions de ee même courant {mais par peu seulement) , réacquérir sa puissance fonctionnelle perdue, fait qui pourrait ^alemmt se rattacher k une modification d'une polarisation intérieure poussée trop loin. — 4* Comme il résulte déjà d'un exemple cité plus haut, que par l'emploi de contractions momentanées, on a pu obtenir Ja réduction d'un os luxé, et comme encore leur emploi se confirmera plus tard dans certains états spasmodiques des muscles , l'interruption d'un courant atabile accompagnée de contractions momentanées sera un des plus poissants moyens pour triompher dje la tension musculaire; il faudra donc l'employer partout où l'on se cnrira fondé de rapporter à une contraction s^Hndiqne la

316 BFFnS GATALTTIQinBS

puissance foDctîonnelle troublée d^un muscle intéressé dans une inflammation rhumatbmale. Dans tous les cas de ce genre pour les raisons indiquées plus haut (p. 125), on trouvera ripterruption uAipolaire , plus efficace que ^interruption bipolaire^ c^est-à-dire« plus efficace que les alte^natiTes polaûres elles-mêmes.

En employant avec mesure les moyens que je viens de recommander, on observera en général que les interruptions n'occasionnent pas si facilement Tafiaiblissement des nerfs et des muscles. Mais comme on observe quelquefois cependant cet effet affaiblissant chez des individus maigres et affaiblis, ou lorsque la maladie a déjà persisté depuis longtemps, qoL bien encore dans de certaines conditions particulières dont jctparlerai plus tard ; et comme il s'agit toujours de faire sortir à la suite de chaque séance les muscles malades avec une puissance lonçtionneUe augmentée pour égaliser par l'activité volontaire normale des muscles, les troubles dans l'état des tissus provenant de la qatalyse, il eslnécessaire de connaître que le rétablissement d'un muscle troubl^ dans seji fonctions par des contractions momentanées peut, être obtenu par des courants stabUes Jt une force moindre que n'était celle qui avait produit cette même interruption, ou par le moyen à'actions labiles tnifircaurteSy ou même encore par tm courant plus fort.

Appliquons maintenant ce qui vient d'être ei^pliqué aux différentes espèces de rhumatismes; nous considérerons d'abord :

1/^ Le rhumatisme articulaire. Répondons avant tout, si auppinldevue électrothérapeutiqae il existe une différence entre une arthrite rhumatismale ou traumatique. il existe en effet des cas de rhumatismes chroniques lioiités à une ^ule articulation, notamment à rarticulation scapulo-hunférale dans lesquels il serait on ne peut plus difficile de trouver une différence essentielle avec une inflamqnation traumatique. La similitude est d'autant plus grande que dans les inflammations

DU conunr consTAHr. ai 7

b^unialiques prorenaot de subluxations , la partie aulérieure de la capsule'est le point le plus affeclii, ce qui a lieu ordinairement aussi dans le rhumaltsme. L'inflamoiation rbumatismale de la capsule ayant quelquefois une longue durée, il peut, à la Buîle d'un ramollissemeat de la capsule elle-même, se produire un élat eu tout semblable à une subluxation.

Dansd'autrescas, on a un point de repère pour le diagnostic et la ihérapeutique en ce que, dans le rhumatisme , l'inflammation et l'épaississement siègent de préférence dans cette portion de la capsule qui eOTironue racromiou, fait qui prédispose généralement à la pseudo-ankylose, qui se forme tout d'abord par un accroissement en avant du bord cartilagineux de c^te protubérance osseuse. Les ankyloses peuvent se produire par analogie dans toutes les articulalions du corps, même dan» les doigts, par ce seul fait que les bords des faces articulaires excavées s'accroissent et empêchent ainsi le mouvement deSos qm s'y articulent.

Dand les cas où cette prédisposition aux ankyloses existe, la dyscrasie rhumatismale offre une violence et une malignité toute particulière, sinon taie qualité particulièrt. Parmi lagraude quantité de cas de ce genre que j'ai eu occasioa ou d'observer ou de traiter, il s'en trouve un certain nombre qui s'expliquent les nus par les autres, et dans lesquels l'ankylose se produit dans quelques articulations homdogoes, on simultanément dans toutes tes articulations dA corps, avec une atrophie générale des muscles, sans qu'il existe des prodromes inflammatoires. Dans d'autres cas, je fus frappé par un état anémique, ou pluldt leucémique du sang, état qui, du reste, s'était déjà développé avant la mata^.

ie ne 'puis traiter ce sujet d'une manière plus ét«idue, sans Bonlever celte question , qui embarrassera longtemps encore les meilleurs pathologistes : si dans ses phénomènes et

318 VFFBT8 GATALTTfQim

ses conséquences rinQammation rhnniatisinale diffère de Tinflammation goutteuse? Je ne puis, en présence de cas que j*ai observés, décider cette grande question; mais je me permettrai cependant les remarques suivantes :

Il est un fait parfaitement reconnu, que, dans les formes bien nettes de la goutte articulaire, les épiphyses des os se gonflent; et, quand les phénomènes inflammatoires ont disparu, ces gonflements restent quelquefois pendant des années, même toute la vie, dans un état stationnaire. On sait également aussi que la goutte articulaire attaque préférablement le plus souvent, et dès le début, les articulations des dernières phalanges des extrémités. Le rhumatisme, au contraire, attaque de préférence les articulations qui sont plus voisines du tronc. G*est en vertu de cette raison que certains médecins considèrent comme goutteuse toute arthrite ou pseudo-ankylose qui se produit aux mains ou aux doigts ; ce qui évidemment est faux, car on peut voir journellement qu'à la suite dUnflammations des articulations plus grandes, par exemple l'articulation scapulo-humérale, dont le caractère rhumatismal est à peine douteux, il se joint souvent des états ankylotiques secondaires des doigts, qui disparaissent avec la fin de l'inflammation primitive, ou qui peuvent devenir complètement indépendantes et permanentes. ' Cesankyloses rhumatismales secondaires difièrent des ankyloses goutteuses des doigts, en ce qu'elles ne présentent point de gonflements épiphysaires, mais que les doigts malades sont simplement raides et inflexibles comme du bois, évidemment à la suite d'un état d'épaississement et d'endurcissement des capsules articulaires, ce qui est confirmé par le fait que parfois (p. 286) le courant constant, en traversant de semblables articulations digitales raides, les ramollit immédiatement, à un tel point que leur flexibilité se trouve rétablie. l' 11 est un fait que j'ai eu souvent occasion d'observer, et

DU COUKART CONnAIIT. 319

qui rend très-difficile l'appréciation des difiërences que j'ai fait ressortir plus haut : c'est que, dans les gonflements goutteux des 08 du métacarpe aux premières phalanges, les deux autres doigts peuvent présenter en outre l'état que je Tiens de décrire en pariant de l'ankylose. Si l'on veut poursuivre avec logique l'opinion que je viens d'émetlre, on pourra dire que de cas pathologiques pareils il se forme une combinaison du rhumatisme et de la goutte. Oo pourra aussi admettre qu'il est de la nature de beaucoup d'affections qui ont lieu au voisinage des articulations , d'amener consécutivement des pseudo-ankyloses. En eSet, nous avons vu plus haut (p. 287) que, dans un cas d'atrophie traumatique, il se produisit une ankylose des articulations des doigts, parce qu'on avait laissé en place, pendant plusieurs semaines, un appareil de l'avantbras qui gênait la circuiatioa (1).

Ces remarques ne peuvent qu'augmenter l'intérêt pour une '(^tservation que chaque médecin doit avoir faite dans le cours du traitement des affections rhumatismales articulaires, et qui se trouve très-peu relatée par les patbologistes : je veux parler de Vincomiance des pseudo-ankyloses secondaires, qn'<Hi remarque si souvent aux doigts, et desquelles je viens d'entretenir le lecteur. Des malades afiectés par cette maladie voua rapportent souvent qu'à de certains jours ou à de certaines heures leurs doigts sont mous et flexibles, qu'ib reviennent ensuite subitement à leur rigidité et leur inflexibilité habituelle. J'ai toujours noté dans mon journal les malades diez lesquels j'avab cherché à me convaincre de celte

(t) Je viens ireismiDer uoe dame qui m'a élé envoyée par M. le docteur HoDiann de Kragnroê (Norwége), qui est afTectée d'inflammationt rfaumalismaJes de l'épaule gauche avec atrophie du bras. Il y a quatre ans elle fit une chute, et immédiatement après il se déclara Don-teulement une paralysie de l'épaale, mais une raideur complète de tous les 'doigts.

320 SFFCT8 CATALTflQUB»

asseriioD. Si l!on considère tnaintenaot qu'un courant coustanti passant à traTers des doîgtsen -voie d'ankyloses^ rétaUit parfois instantanéncieiit leur flexibilité (quoiipe d^uue manière passagère), on se fortifiera dans' Topinion que Tétat "de sclérose des tissus gélatineux des articulations» parrenu à un haut degré, peut être guéri par des faits qui^.selon toutes tes apparences, ne font que modifieÉ- pWJ^dén^ent le mouvement des liquides dans 1^ régions affiectéès (1 ).

Une obsienrration que, dès le début de mes expériences galvaniques, j'ai été à même de faire très-souvent, et qui parait trè^-surprenante, est que des courants stabiles, passant par les muscles suivant la longueulr des organes, exerçaient une action très-favorable sur Tétat sclérotique des articulations situées au^essous d'eux. L'influence décisive de oss courants se traduisait principalement par les mouvements qu'on pouvait observer dàn^ les articulations lésées. J^avais tellement remarqué là production de ce fait, que j'ai été convaincu que cette manière d'appliquer le courant devait entrer plus tar^^ur une part essentielle dans le traitement méthodique desy^umatismes articulaires.

Plus haut, déjà, j'ai rapporté l'exemple du tailleur Wolske (p. 284] ; en voici un second :

M. de B... , lieutenant (n^ 361), âgé de 24 ans, vint me •ûtisult0r du lieu de sa garnison, le 28 décembre 1856. 11 y a trois ans, il était tombé sur le genou droit ; il s'en était suivi un gonflement qui D'avait pas persisté longtemps. Il y a en* viron neuf semaines, évidemment à la suite d'un fort refroidissement, il s'est déclaré un gonflement rhumatismal du même genou, qui, actuellement, n'est pas encore guéri,

(1) Je ne parle pas seulement de la circulation du sang et de la lymphe dans les Tsisseaux, mais aussi du mouvement des liquides dans les tissus eux-mêmes, qu'on a le droit de supposer, à cause de leurs continuels changements, combinés avec la nutrition .'

DU CODRANT CONSTANT. 321

malgré des émissions sanguines locales, des frictions, et une cure à l'eaa froide. La circonférence du genou, mesurée dti creux poplité, est de 17 pouces, tandis que la partie inférieure de h cuisse n'en présente que 15. To'nles les bourses muqueuses «mt gonOées, et dans leurs interstices il y a une lelte infiltration aqueuse, qu'au premier aspect ou croirait avoir affaire'à nue hydarthrow. La rotule se trouve dans sa position normale. Cependant oo trouve une tension et de la douleur au-dessous et sur les côtés de la rotule dès que le malade fait un mouvement du genou, et même lorsqu'il est debout. Il boite en marchant. Les muscles des Qécfabseurs sont dort et tendus ; le droit antérieur est très-aplati. Je fais passer par cette région des courants stabiles de 25 à 30 éléments de Daniell. qui produisent un visible gonflement du droit antérieur, et font disparaître immédiatement la tension dans l'articnlatioa du genou.

Le lendemain, le gonflement du genou a presque disparu, et on deuxième traitement, plus énergique, rend aux mouvements leur entière liberté ; mais plusieurs séances sont encore nécessaires pour arriver à faire disparaître conàptélemeut les douleurs qui existaient à c4té de la rotule.

L'explication de ces faits présente de grandes difficultés. L'augmentation de l'équivalent endosmotiqoe des muscles par le courant constant va-t-il jusqu'à exciter un flux de liquides qui dépasserait de beaucoup l'extrémité tendineuse du muscle? £n présence de semblables considérations, j'étais déjà fortement porté alors à supposer qu'une action sur les vaisseaux sanguins ou lymphatiques était mise enjeu. A l'heure qu'il est, je n'oserai soutenir que ce {iroblème est résolu ; mais, cependant, je vais au moins hiontrer par ua exemple de quelle manière il faudra instituer les expériences pour arriver à élucider cette question, si importante au pcini. de vue méthodologique.

322 EFFETS CATALTriQUES

Le 23 août 1858, madame Naa, ftgée de 54 ans (n« 698), 86 présenta chez moi. 11 y a trois mois qu'elle a été atteinte par un rhumatisme de l'épaule droite, qui a été traité et de beaucoup amélioré par une application de ventouses, des frictions d'onguent gris, et des bains sulfureux. Mais elle éprouve encore de violentes douleurs pendant la nuit. Cellesci siègent principalement à la face antérieure de la tête de rhumérus, et gênent tellement les mouvements du bras, qn'elte ne peut se livrer à aucun travaU domestique. D existe en outre une tuméfaction et une tension dans r indicateur et le médius de la main droite^ qui empêche la flexion. Je fais passer, séance tenante, par Tépaule, des courants tant stabiles que labiles, de 25 éléments de Daniell, qui développent des contractions momentanées et jprocurent immédiatement une plus grande liberté de mouvements ; mais les doigts restent tendus et gonflés, comme avant le premier traitement. Je fais alors passer par le» doigts eux-mêmes des courants stabiles de 30 éléments. Cette opération facilite, à la vérité, la fermeture de la main ; mais le mouvement des doigts devient bien plus dégagé dès que la malade exécute quelques mouvements dans l'articulation scapulo-humérale elle-même^ et principulement quand elle opère des mouvements d'élévation de Vantant-bras. Le jour suivant, je remarque que la main se ferme mieux, que les doigts ne sont presique plus gonflés, etc. (J'omets de citer ici la fin du traitement, parce qu'il n'a présenté aucun intérêt particulier.)

On ne peut certes pas admettre qu'une ou plusieurs contractions exercées par les muscles du bras peuvent par ellesmêmes développer une influence si subite et si immédiate siàr la rigidité des doigts. Il est donc plus aisé de se ranger à l'opinion /|ue les quelques mouvements qui ont été opérés dans laiton de Fépaule ont excité un fort afflux de liquides dans le creux axillaire, et que cette action, se propageant

DU CODRAirr COSSrAKT. 383

jusque dans les doigts, ; avait été pour ainsi dire préparée par le courant constant qui les avait préalablement traversés. Il est de toute impossibilité de délenniner si cet afflux de liquide s'opère par les vaisseaui lymphatiques ou les veines, ou si tous les deux genres de vaisseaux j concourent à la fois. Mais à l'on considère que les vaisseaux lymphatiques sont exclusivement chargés de la résoqition, et qu'ils forment dans les régions articulaires de larges plexus; si enfin, comme l'exemple décisif rapporté (p. 290) semble le démontrer, le courant constant a la faculté de provoquer la dilatation des vaisseaux lymphatiques, on aéra en droit de rattacher à ces mêmes vaisseaux cette action de mise en liberté dans le creux axîllaire des liquides en stase. Par conséquent, l'ac- ^on salutaire des courants qui suivent le trajet des muscles au-dessus d'une articulation ne dépend noo-seulement de l'augmentation d'une faculté endosmotique, et de l'augmentation d'une faculté de fonctions musculaires, mais encore d'une délivrance du flux de liquides existant dans les vaisseaux lymphatiques qui partent de cette même articulation.

Les différentes considérations dans lesquelles je viens d'entrer fourniront déjà de suffisants points de repèrepour établir le diagnostic diSërentiel et électro-thérapeutique des arthrites traumatiques et des arthrites rhumatismales. Pour être plus complet encore, je mentionnerai ta part qu'y prennent aussi les muscles.

U est vrai que moi-même j'ai rapporté (p. 278) ta cas dans lequel, après une lésion intéressant en majeure partie l'articnlation scapulo-humérale, il se développa, sans otigine rhumatismale évidente, des phénomènes inflammatoires dans le muscle biceps. Dans le rhumatisme chronique ct général, tous, on presque tous les musdes eovironnanls prennent part au travail inflammatoire. Plus je poursuis ce sujet, plus

324 EFFETS GATALimQUBS

aussi j'acquiers la conviction que c'est de cette circonstance que dépendent en grande partie les phénonièneè|Murétiques et la gi^ande tendance aux contractures et aux atrophies qui, daos beaucoup de cas, frappent les muscles ; et par conséquent, ce ne sont pas seulement les douleurs qui, comme on le sait, partent en général des parties tendineuses des capsuies articulaires, qui sont les seules causes morbides en jeu dans les différentes évolutions rhumatismales. , Je me Terrai forcé de revenir sur ce sujet en traitant des paralysies et des atrophies. Je me contenterai donc d'indiquer ici seulement les inflammations musculaires qui compliquent les rhumatismes articulaires, lorsqu'on vient à presser les faisceaux musculaires isolés, qui se traduisent par des douleurs et, d'après nos propres observations, ont une grande tendance à changer de place dans intérieur du muscle ou à quitter un muscle pour un autre. L'emploi méthodique du courant constant consiste donc :

. 1* A provoquer la catalyse dans l'intérieur de la partie tendineuse de l'articulation qui est frappée ou d'inflammation, ou d'exsudation, ou de sclérose ;

2^ A exciter ou à accélérer un flux de liquides par des actions qui agissent sur les vaisseaux qui se dirigent vers l'articulation ; '^

3* A enlever l'inflammation musculaire qui complique souvent Tarthrite;

4* A enlever les contractures secondaires des muscles, contractures entretenues par la douleur et les irritations inflammatoires;

5* A enlever enfin les états paralytiques et atrophiques qui affectent le^ muscles à la suite d'inflammations, d'inactivités ou de g^nes de la circulation.

11 ressort, donc des exemples déjà cités, et des indications générales émises, quelles sont les manières au moyen

LD coohant cohbtant- 3SS

desquelles on ipeut arriver à satisraire les exigences qui se montreik aous les plus diverses Tonnes. 11 nous reste encore à indiquer les modifications que doit subir l'emploi du courant, selon les difficultés périodiques de la maladie. .

Aux quelques exemptes d'arthrites rhumatismales rapportés déjà, je joindrai encore le cas suivant : Charles Zimmermaon (d*726], tailleur, Agé de 35 -ans, soufire, depuis de IftDgues annéeSj d'inOammations de rarticulatiou du coude droit. C'est à la suite de ces attaques, et par suite dn développemeat qu'a acquis l'olécràne, que depuis dix-huit mois l'exteDsion de l'avaot-bras se trouve limitée dans le coude. Ces différentes attaques ont été combattues par des uppliqatioiisde sangsues et des fricUoas.

Aujourd'hui, 14 mai iSoS, l'ioflammalion existe depuis troi8jour8;ellee8t très-vive, car toute l'articulation est gonflée ; la peau est chaude, tendue et luisante ; l'avant^bras est immobile et forme avec le bras presque un angle droit; la pression de l'articulation cause des douleurs iutolérahles. Je fus appoyer le coude sur une plaque de 3 pouces (p. 292), qui est vissée à la petite table (p. 51) et se trouve en comimn nication avec le pôle négatif ; le deuxième électrode, semblable au premier, est appliqué à la face externe, de sorte qu'un couranl, à peine douloureux, de 20 éléments de Daniell, ^t pendant environ cinq minutes, tandis que l'électrode positif change de place de minute en minute. A la fin de la séance, voyant disparaître la tension et l'œdème, je provoque alors dans les extrémités supérieures des extenseurs de ravant-bras et dans les lenninaisons inférieures des extenseurs du bras, quelques légères contractions momentanées labiles, à la suite desquelles l'extension et la flexion dans l'articulation du coude devint plus facile, et la diminution de la douleur très-sensible. Le jour suivant, le malade m'annonce que l'améliora-

326 ^ BFFEtS GATALTTIQÇBS

tioD s'est soutenue. Je constate que les mouTemeats «ont plus libres, et que la rougeur et la tension de la pew^Éjpl jpresque

effacées.

Mais trouTOnt l'articulation encore trèsHchaude, état que j'attribue à l'influence consécutive du courant, je remets la séance au lendemain. En effets le i6 mai, la tuméfaction et la chaleur ont presque complètement disparu ; l'amélioration a fait de sensiUei^ jirogrès dans la partie externe de Tarliculation, qui a été .presque eicUisivement soumise a l'action detf courants. Le malade accuse cependant encore des dou- Imrslanal^jÇ^idvur de t'articulatioa et à la face interne du ^itide la [flexion. Je fais pty^r, pendant six minutes^ des GQitrants semblables aux premierÉ^lpHCÔté dé' la flexion, vers le côté decl'extension. — Le 17 mai, même traitement. A ]sl cuite de cette séance, le malade se déclare lui-même guéri; ilyeut essayer de reprendre ses travaux. Le 19 mai, il revient cependant encore pour une légère gène qu'il éprouve dans l'articulation au momentde là flexion. J*y remédie en faisant passer par l'articulation, au mojeq de réophores en; plaques, des courants stabiles de 20 éléments de Daniell^ pendant quinze minutes. Le malade, à la suite de cette séance, est délivré de tous ses maux {1 ] .

Dans cet exemple, comme dans tous les cas de rhumatismes aigus dans lesquels j'avais obtenu des succès rapides, aucun traitement antérieur local n'avait été employé, c'est-àdire point de eangsues ni de frictions. Au contraire, dans les cas de rhumatismes aigus et subaigus dont j'ai parlé plus hayt (p. 361), cette ^édication avait été employée, et j'ai cru remarquer qiie l'action du courant constant n'avait pas produit d'aussi bons effets. Je ferai d'autant plus ressortir cette

(i) Je viens d'4ippretidre (18 juillet 1858) par un autre malade, que la guérisoo de Zimmermai^ s'est maintenue.

Dt CODlAItT CONSTANT. ■ 3î7

reroarqœf qu'elle se rapporte même aux rhumatismes in- Télérél, ol'^'U m'a toujours semblé avoir obtenu mes plus heureui réûiltats sur des malades qui n'avaient été soumis qu'à une médication interne, et chez lesquels ni enveloppe chaude ni sèche n'avait entouré les articulations affectées.

L'iode et le mercure me paraissent contraires, eu tant qu'ils diminuent l'excitabilité des tissus et les effets catalytiqnes du courant. Eu général, j'ai trouvé l'excitahilité plus augmentée à la suite de frictions balsamiques ou alcooliques (1). Si le couranl constant lui-même rencmtre duu qnriqaes cas une certaine résistance, là où d'aotres-moyeni ont déjà été employés, U est très-osé d'attribuer à cesmèmei moyens des effets qui levienneilt peut-être ou àta maladie ou au connut constant lui-même.

Ou peut avoir les mêmes doutes à l'égard d'une observation que je crois avoir faite, que, dans les phénomènes rhumatismanx qui présentent encore un caractère inQamma-

(1) D'après mes observalioDS, les moyens iateraes soat lirin d'itn indifférents pour les effats du courant. Ainsi, d'&prës mes recherches sur des hommes sains et malades, je me crois en droit de pouvoir dire qne les sels laxatifs diminuent généralemeot l'excitabilité des nerb et des muscles pour le courant. Le Tin, la bière et les eaux minérales tbmigineuses paraissent au contraire l'augmenter. Je traite en ce moment uo homme affecté de taies dortalù tAortiva, dont les nerfs présentaient il ; a quatre semaines encore UD haut degré d'abaissement d'ezpitabilité ; il avait bu dans cet intervalle tous les jours une Itonleille d'ean de Kissingen (Ragoui), et aujourd'hui, non -seulement son excitabilité, moù la facuUé de eonduetion det tUnu te Irouoe augmmti», car antérieurement, un courant de 2S à 30 éléments, prenant son point de départ dans la nuque, provoquait à peine une sensatioii de goût, tandis qu'à ceU« heure elle se développe dès qu'un électrode toucbe le sacrum; ce qui, comme nous l'avons vn p. 134, démontre la faculté de conduction des tissus la plus élevée, l'aurai d'aillenn occasion de revenir avec plus de détails sur ce sqjet, dans le chapitre' où je traiterai des paraljsiss et des spasmes

3i!8 • EPFBT8 CATALTTIQDES

toire, le courant cooslant a des effets bien pins prompts pendant la saison froide qqe pendant les chalMify ce qui porterait à CFoire qu*on pourrait* dans des cas conyenables, modérer ou régler les effets catalytiques en se servant du froid.

Je rapporterai cependant quelques cas de succès pendant remploi simultané d'autres moyens :

Madame Markgraf (n*" 337), ménagère, âgée de 60 ans, d^un aspect sain, souffre, depuis de longues années, de tiraillements dans les nriembres, surtout dans les épaules; antérieurement elle avait éprouvé des douleurs dans la tête ei'dans les y4ip. En 1849, Fétat de la tète s'améliora de beaucoup, à vit suite de bains russes; mais depuis cette époque les épaules s'entreprirent tout à fait. Depuis une année, elle est particulièrement affectée d*une violente douleur au bord de Pacromion droit, qui gène tellement Télévation du bras^ surtout le mouvement du bras en arrière, qu'elle fut obligée de négliger ses travaux d'intérieur. Dès le ipoindre travail, il se développe une faiblesse paralytique du bras, avec un fourmillement très-incommode dans les doigts défi deux mains ; elle souffre aussi de l'épaule gauche, et depuis longtemps il existe des gonflements articulaires des doigts. La tête de Thumérus, dans l'articulatioa de l'épaule droite, est visiblement gonflée ; elle fait saillie en dedans et se trouve être tres-^ouloureuse a la pression^ Quoique dans ce cas on ait pu supposer une disposition goutteuse (nous constaterons cette disposition plus tard, chez une fille de la malade), Finflammation actuelle (le rarticulatiôn de l'épaule^ qui, depuis peu, a augmenté, à la spite d*un refroidissement, paraît être d*une nature franchement rhumatismale. — Le 4 décembre 1856, je fis passer des courants stabiles de 20, 30, 35 éléments de Daniell par les muscles de Tépaùle ; ils produisirent peu d'effets. Des coi les

DU COUBANT CONSTANT. ^ 329

points douloureux eux-mêmes, c'est-à-dire par la tête de rhuméruSi sont plus efficaces. La malade peut joindre ses deux mains derrière son dos ; elle peut même nouer son tablier, ce qui lui était impossible avant ce traitement. Le 1 5 dé^ cembre^ voulant de nouveau rentrer en service, je lui conseillai de se faire poser quelques sangsues à la face interne de la tête de Thumérus (car à cette époque je ne pensais pas encore à agir sur Tinflammation directement par le courant^ que j'employai alors seulement pour faire disparaître les contractures soudaines des muscles).

Dans mon journal, je trouve une note du 8 décembre (1), qui porte que quatre sangsues, appliquées loco dolenti, ont beaucoup facilité la mobilité du bras ; mais il existe encore de la douleur et de la tension dans le deltoïde (peut-être aussi dans la bourse muqueuse sous-deltoïdienne et dans d'autres* musdes), de la faiblesse dans le bras, de sorte que quand la malade veut porter en avant sa main, préalablement {riacée sur son dos, elle est obligée de la traîner lentement le long de la hanche. Des courants stabiles descendants de 30 éléments de Daniell, passant par le muscle biceps, coraco*brachial, giiand pectoral, eto., réteblissent presque complètement ce mouvement, si modifié dans son évolution.

Le 9 décembre, le mouvement est devenu plus libre encore, le fourmillement des mains a disparu ; mais on trouve encore une tension au point d'extension du deltoïde à l'humérus. — Je fais passer des courants stabiles descendants de 30 éléments de Daniell par le deltoïde.

11 décembre. — La malade se plaint plus du bras gauche que du bras droit. Je traite par les courants stebiles les muscles tendus des deux côtés.

12 décembre. — Bras droit en bon état; à gauche,

(1) Je foppoie- qu'on a omis de noter quelques séances, du 4 au

8 déOMBOlPSa

330 ^BFFBTS GATALTTIQUBS

tensioDdans le deltoïde, quej'enlèye anssilAt. La malade se déclare parfaitement guérie, et se remet en ronfe (par un temps affreux). Tai appris, il y a peu de jours, par sa fille, affectée d'une arihritis nodosa^ que sa mère, depuis son traitement, n'a pas cessé de jouir d'une santé parfaite.

Madame Louise Schultz (n** 492), ftgée de 54 ans, se présente, le 11 mai 1857, à ma consultation. Depuis la Noël, elle est affectée d'une inflammation rhumatismale de l'articulation scapulo-bumérale droite. Des vésicatoires et un traitement électrique (continué pendant trois semaines) n'ont eu aucun effet. La douleur dans la tête de Thumérus l'empêche d'élever le bras et de le porter en arrière. La tête de l'humérus est douloureuse à la pression ; elle est un peu gonflée, le bord de l'acromionest également douloureux. Des courants de 30 éléments de Daniell en alternatives polaires, passant pendant quelques minutes par les muscles de l'épaule^ produisent un bon effet ; je prescris cependant une application d'une sangsue artificielle.

14 mai. — La sangsue produit pçu d'effet; l'état de la malade est peu amélioré. : — 25 éléments de Daniell (renversement alternatif des électrodes) 'développent des contractions labiles dans le deltoïde, qui paraissent efficaces pour l'élévation du bras (1). Frictions avec une pommade composée d'iodure de potassium et d'axonge.

15 mai. — La malade ne peut encore bien élever son bras. — 25 éléments de Daniell (renversement alternatif des électrodes), passant par le trapèze en tous sens, jusqu'à obtenir une vive rougeur de la peau, de là dans toute la fosse sousépineuse, et dans la partie supérieure du trapèze, font qu'immédiatement après cette opération la malade peut élever sou bras.

(1) Daus les obserTations où je n'indique pas la durée du traitement, il dure de deux à trois minutes.

DD CODRANT COHaTAITT. 331

16 oui.— <■ Les mouTemeofs en tous sens paraissent plas libres ; la douleur flxée au bord de l'acromion a disparu. La malade bit usage de la pommade prescrite ; mais eUe dît que ramélioratioo s'est déclarée immédiatement après la séance. Je répète le traitement d'hier, et le reste des douleurs disparaît.

Ce dernier cas nous montre combien sont efBcaces les conraots qui, par leur action, déreloppeat un grand afflui d'humeurs au-dessus de l'articulation affectée. J'ai déjà attiré plus haut l'attention du lecteur sur ce point. 11 est à même aussi de voir à cette heure de quelle inaniëre les « courants de r^Ktule, » que j'ai employés longtemps avec succès dans les inflammations rhumatismales de Tarticulatioa de l'épaule, d'après l'analogie des contractures paralytiques (p. 213), réptmdentponrla plupart des cas aux indications que j'ai plus tard exposées, en me fondant toutefois sur une analyse plus exactedes phénomènes morbides. En effet, des courants qui, de la fosse sous-claviculaire, descendent dans le grand pectoral et le muscle deltoïde antérieur (1), feront non-seulement

(1) J'ajouterai ici une observation anatomique dont j'ai omis de parler plut haut, en traitant des moufementi de l'épaule. Il y a qoelqwt anaéea, en poursuivant mes recherches sur les points d'unmeigrace des nerb dans les muscles, je trouvai sur le cadavre bien propcntionoé d'un (iHerand, que du cM gavche la couche stipërieure du ^noA pectoral passait par-dessus la région du cœur pour aller s'insérer au bord du sternum ; mais que les fibres de la couche profonde l'inséraient aui côtes, de manière à laisser libre entre la troî- ■ième et la sixième cdLe un espace trian^aire à cAté du glemnm, dont la forme et la position correspondaient à peu près à celles du cœur. A droite, la région correspondante des cAtes était recouverte par des insertions de fibres musculaires. Je n'ai plus eu occasion depuis d'eiaminer si cette asymétrie était plus ou moins normale. On pourrait presque le supposer, en ce que cette conformation des plans musculaires me parait si liée à la fonction du grand pectoral, qa'elle parait destinée, dans les efforts musculaires, A protéger contre tonte déformation le converele carlilagin^ux qui recouvre

332 IFFBT8 CATALYTIQUBS

disparailrela contracticNi de ce muscley mais exerceront encore une influence calalytiqoe sur la partie- antérieure de la* capsule articulaire, qui, en général, prend , comme on le sait, une grande part à rinflaflomation.

Un courant ascendant dans la fosse sous-épineuse excitera un afflux considérable de liquides au-dessus de rarticuialion ; des courants dirigés par le d^toîde postérieur augmenteront la puissance fonctionnelle de ce muscle. Le hasard, donc, a fourni, dans cette occasion, une véritable base physiologique à une combinaison purement empirique.

On peut à peine établir une distinction marquée entre le rhumatisme aigu et le rhumatisme chronique. Ce qu'on pourrait plutftt distinguer, ce serait, après le rhumatisme aigu, un rhuniatisme prolongé et un rhumatisme récidivant. Plus^ haut, déjà (p. 3ii), j*ai indiqué combien serait utile, dans leSc liôpttaux, l'emploi du courant constant pour abréger la durée des rhunaattsmes : un deuxième exemple jettera un plus grand jour* encore sur cette prpposition.

Madame Grunwald (n* 486), âgée de 53 ans, après s*étre exposée à un fort refroidissement, est réveillée, dans la nuit du 16 avril 1856, par une violente douleur d9.nçrépaulje,, le dos et le bras. L'avant- bras est fléchi, la douleur et la tension du biceps empêchent la malade de l'étendre, soit volontairement, soit avec le secours de l'autre main; de même il loi, est impossible de soulever le bras. Le médecin appelé con^ seille des applications de cataplasmes loco dolentiy des pilules de sublimé et d'o'pium. Ce traitement est fidèlement suivi pendant trois semaines. Les douleurs et la fièvre ont

cette partie du cœur. (Il faudrait avant tout examitier te grand pectoral des grimpeurs.) J'^ également été frappé parla circonstance que' beaucoup de personnes exécutent le mouvement d'élévation du hras plus loin à droite qu*à gauche, mouvement dans lequel' les fibres en grand pectoral sont intéressées.

DU COCRAKT CONSTANT. 333

diminué ; mais, le 4 mai, l'extension du bras n'est pds encore possible; insomnies complètes, à cause de fortes douleurs dans la partie externe de l'articulation sfeapulo-hnmérale, douleurs que la pression réyeille également. Il existait évidemment encore des restes d-une arthrite aiguë qui s^était étendue au biceps et qui avait été beaucoup améliorée par le temps et les moyens médicaux. La malade étant maigre et très-sensible, je fais passer un courant stabile descendant, de 10 éléments de Daniell seulement, par le muscle biceps, enf employant de larges réophores et en suivant la direction des fibres musculaires. Une minute après, la malade pouvait déjà étendre son bras. Le lendemain, la malade prétend avoir profondément dormi, ce qu'elle n'avait pas fait depuis l'invasion de sa maladie (évidemment à la suite de l'action somnifère du courant, efietsqui se traduisent très4iBicilement chez les personnes sensibles, et auxquelles on administre le courant à petites doses) . Elle accuse encore des douleurs dans l'épaule, et un examen plus approfondi naontre, en effet, que Télévation du bras est rendue trèsdifficile, eu apparence, par une contracture qui existe dans le muscle deltmde. Des courants stabiles de 20 éléments de Daniell (1) descendants dans le deltoïde antérieur pendant une demwninutev et ascendants dans le deltoïde postérieur pendant la même durée, un courant ascendant pendant une demi-4ninute dans la fosse sus-épineuse, font disparaître tous ces phénomènes. Huit jours après,- madame Grunwald vint me voir pour me remercier. '

Ce que j'ai désigné sous le nom de « contracture rhuma" HmuUe » doit trouver sa place dans ce paragraphe, parce qu'A s'agit, dans la plupart des cas, d'un reste de myostte et

(1) Quand je n'indique pas dans rooû journal la qualité des réophores, j'en emploie ordinairement en forme de boutons de 1 à 1/2 pouce àt éiamèure;

334 BFFBT8 CATALTTIQOBS

de raccourcissement musculaire, deyenus pour ainsi dire indépendants de Tétat morbide primitif, et compliquant ainsi une arthrite.

Le 9 août 1856, se présente à mon dkpensaire le maçon Wilhelm Bamann, ftgé de 36 ans (t. Il, n"" 82). Depuis six mois, il marche a^ec une canne, par suite d'un raccourcissement du psoas iliaque et des ^échisseurs de la cuisse gauche. Cet état s'est établi consécutivement à une inflammation rhumatismale du genou. — Dans mon journal se trouve noté que six applications de courants de 25 éléments de Daniell traversent la cuisse dans les muscles affectés l'un après l'autre, pendant six minutes; c'est-à-dire qu^ils sont ascendants à la face antérieure, et descendants à la face postérieure.de la cuisse.

12 août. — Même traitement dans la région inguinale. Depuis cette époque, le malade marche sans canne et sans boiter. Le 21 août, il n accuse plus qu'une douleur dans le creux poplité et suivant le trajet du nerf crural, douleur que je fis immédiatement disparaître. Six mois après, j*ai appris que la guérison s'était parfaitement maintenue.

Le 12 août 1856 se présente le serrurier Flamming (t. II, n^'O?), âgé de 22 ans. Depuis six mois il boit^ du pied gauche, « à la suite de douleurs dans Tartioulation ooxofémorale et fémoro-tibiale , avec contractures secondaires des muscles, d comme un de mes assistants Fa consigné avec beaucoup trop de laconisme dans mon journal.

De Texamen établi par les courants, je démontre aux personnes présentes que les contractures existent dans le biceps, le demi-membraneux, les adducteurs, même dans le gastrognémien, et, selon toute probabilité, dans les muscles poplités eux-mêmes. Deux séances (12 et 14 août) suffisent pour guérir ce malade.

Madaoie filathilde Sparberg (n"" 344), ftgée de 32 ans, vint

DU COCIART CONSTAirr. 335

en bdtant me consulter, le tO décembre 1856. Alitée pendant huit semaines poor une inflammation rhnmati8maie*'du genou gauche, elle fut guérie par l'emploi de Tentouses et de Tésicatoires. Depuis trois semaines elle peut marcher, mais à cause du raccourcissement des flédiisseurs eUe ne peut étendre la jambe, et mardie par conséquent en boitant Emploi sans aucun succès de frictions alcooliques et de pommades résolutiTes. Le muscle droit antérieur de la cuisse est fort aplati. Je fais passer par les fléchisseurs, en direction ascendante, et par les extenseurs, en direction descendante, des courants stabiles de 25 éléments pendant quelques minutes. La malade peut immédiatement après étendre la jambe et marcher sans difficulté. Le jour suivant, l'amélioration fait de rapides progrès. Je répète lé même traitement, pour faire disparaître entièrement le reste de cet état morbide.

Les exemples que je riens de donner sur les contractions consécutiTes à des arthrites chroniques suffir<mt pour le moment, dcTant reyenir à cette question, quand je traiterai des paralysies. Je parlerai, pour le moment, de Faction du cfiùr rant dans les « arthrites chroniques. » Gurlt, dans sesitetâafr (juables Contributions à Fanatomie et A la pathologie càm^ Dorées des articulations (1), a principalement insisté sur la listinction à établir entre la /tunettr blanche^ qui intéresse toutes les parties de Varticulaticm (par conséquent les épiphyses elles-mêmes), et le rhumatisme, dans lequel l'altà^ ti<m de la membrane synoviale se trouTO seule en jeu. Je ne puis nier que la nature de la terminaison de rioflanunaticm lans certains.tissus se trouve, pour ainsi dire, dépendante de xrtaines différences qui résident dans des dyscrasies.iuYétérées ; mais je crois qu'en rassemblant les symptômes observés lans plus de cinquante cas d'arthrite, j'arriverai à^ démon-

(I) Berlin, iS54, p. 75.

336 EFFBT8 CATALYTIQUB8

trer, pour ainsi dire^ les triAisiiions ^raduées^ depuis la simple inflammation de ia membrane synoviale jusqu'à la tumeur blanche la mieux cairactérisée. Je montrerai encore que la nature de Fexsudation qui se produit, parait dépendre de la nature de Farticulation frappée. C'est ainsi que les articulations du genou et les articulations tibio-tarsiennes éprou- Tent une certaine tendance à des exsudations aqueuses d'une part, et à de Tempâtement des bourses muqueuses de l'autre. Ces empâtements, tant qu'ils ne sont pas compliqués du gonflement des épiphyses, forment, pour ainsi dire, le degré le plus inférieur de la tumeur blanche. Au contraire, les articulations des hanches et toutes les extrémités supérieures paraissent avoir une plus grande tendance à cette pseudo-^nkylose mentionnée plus haut (p. 318), et, ce qui est pis encore, à ces altérations profondes de la membrane synoviale eUemême.

Ces indications nous montrent donc qu'au point de vue électro-thérapeutique, pour établir un pronostic certain, il ne nous faut pas chercher à différencier l'inflamniation aiguë de l'inflammation chronique, ni trop s'occuper de la durée delà maladie, mais qu'il faut s'attacher bien plus à rechercher le genre d'exsudation, et surtout l'espèce de dégénèressence de laquelle surtout dépend en grande partie le pronostic du traitement. Une arthrite peut parfois persister pendant des mois entiers sans entraîner des altérations notables ; dans ce cas surtout, quand il ne s'agit que de rétablir la circulation troublée des humeurs, le courant constant présentera des effets curatifs trë»-rapides ; mais lorsqu*il existera des altérations anatomiques profondes, l'emploi du courant rencontrera de grandes difficultés, et il faudira, de la part du médecin comme du malade, une grande résignation et une grande patience.

J'ai observé, en été 1856 (t. II, n"" 85), une tumeur blanche

DD CODKAin COmiAIIT. 337

ia genou qui ne datait que de trois mois. J'en avais entrepris le traitement, dans le seul but de faire disparaître lés doueurs et les contractures qui existaient dans les muscles de la cuisse, ie trouve consigné dans mon jouraal qu'en dirigeant les courauts sur les bourses muqueuses tuméfiées qui se roulaient autour de la rotule, j'obtenais une diminutioD noable de ces tumeurs. Ce traitement soulagea beaucoup le naïade, facilita la marche, à laquelle il s'exerçait assidâment Qus les jours, et à mon retour d'un voyage que j'avais entre- >ris, j'appris qu'il était inutile de poursuivre le traitement, 11 que le resie de l'affection s'était dissipée par elle-même.

Celte observation a dû m'écbapper, ou bien elle ne m'avaiV ■as paru trè^^vidente, car il m'est arrivé de renvoyer pluieurs malades atteints de tumeurs blanches coufirmées, et ont je n'ai pas voulu entreprendre le traitement. Plus tard Dcore, en soumettant à l'action du courant constant un as de tumeur blanche invétérée, je suis arrivé à me ctmaincre de son inefficacité quand l'afTeclion s'était étendue ux épiphyses. Celte opinion n'est en partie justifiée que ans les cas où tous les phénomènes inflammatoires ont disaru et que. tous les tissus sont complètement desséchés, our décider une semblable question, des expériences entrerises dans les grands centres hospitaliers sont tout à fait ndispensables. Pour moi, je puis dire que, dans le couant de cette année, j'ai obtenu, par l'emploi du galvaisme, d'excellents résultats dans quelques gonflements pftiva des articulations du genou et de l'articulation tibio-tarienne. A cette occasion, j'ai fait une observation qui nooiulement intéressera le lecteur au point de vue thérapeutique, nais encore au point de vue de la physique : c'est la préparaon que comporte avec lui le courant induit pour accélérer efficacité ultérieure du courant continu. Le sujet de cette observatbn est Rudolf Flacbs (n* 650),

338 EFFETS €ATALTTIQOES

âgé de 17 ans, qui me fut adressé, le 5 mars 1858, par le docteur Neidhardt» pour se faire traiter de gonflements douloureux et volumineux des articutetioDS tibio- tarsiennes. Cette afleciion datait de la Noël.

€e nialade^ debout, présenté l'aspect d'on individu atteint depieds'bots; cet aspect se fait surtout remarquer au pied gancbe, qui est fortement gonflé, pridcipalement à la partie internede l'articulation, et par une stibluxation spontanée du tibia, et qui représente presque là forme d'un pied valgus. On paît à peine sentir les os à travers les infiltrations- pâteuses qui existent aux deux pieds ; la pression de toute cette région est tièS'KlouloureQse ; la station debôiit et la marche sont imp^sibles; le mouvement dans leê articulations tibio-tarsiennes est ttès^imité, et celui des orteils est presque nul; en mardiant', le malade repose sur le sol la semelle du pied en plein^ mais il nàle peut détacher qu'en exécutant des mouvements anormamu Dans ce cas, detrès-lorts courants étaient indiqués. Us 5, 8>H[0,i2rl4, 15; 19, 21 mars, je fais agir sur ces parties 60 éléuiehts 4ef «Daniell ; je fais passer par la tumeur des couranfs en partie stabil^ et labilét, et je provoque des Cou tractions momentanées dans les muscles contractés. Déjà» à la suite des premières séances, on s'aperçoit que l'empire de la volonté sur les muscles malades est revenu, et à la fin de ms^rs }es pieds aTaiepV^réacquis leurs formes et leurs mouvements r6lativen[ient Normaux. Mais^ ce qui traîna le traitement en longueur, ce fut une douleur qui siégeait dans la profondeur.de rarticulation Ubio*tarsienne, et qui reparaissait chaque fois que le malade restait quelques instants debout. Cette douleur, en raison de l'examen anatomique, et surtout à cause de son inconstance, pouvait à peine être attribuée à une altération essentidle des tissus. J'av ais observé, dans l'intervalle de ces séances, que chez plusieurs autres malades le courant induit se montrait fdus efficace que le courant

DU COURAIfr CONSTANT. 339

constant dans certains cas de douleurs osseuses ou périostiques. Dans les premiers jours d'avril^ je fis donc passer à travc^ les ârticulâlions de Tifs^^ courante -induits, qui, à ht véfîtel, pfdeurèiwt'parfotér* tiu iinali^ Im^soulagenient im« taAàhti qài tëpëùâAït Âé Isé iotftetiair jftté toujiaurs ; et; selon |0 4fre 4ti lUatlââé' Ibi-thèteé,' ces ' éouranls seii&blaient avoir tHiriM ' AVffiBcadté - ^ué ' le» 'béôMMè ^^èstatits eux-mêmes. \n«£»ietk^miebt» âéjlf> j'ëiaib obëerVé)j(driVtdânft certaines drcei«tàtt€ë»; Pafjfiptt^t^fti'j^tfiSatlabl^ btiUtitot^ induits plaçait pooi^iàitlii-âii^ lés tisfsds dÀn9 tÉf état < te); que ki efTets teta- Ijli^iies dé^'courants iiodsfiints VéttidiïsËient â^nÛé mîâiiière plÉs ^satisfiaisënte/ J'ef^jpaèyai^Ànc stat>Wàclis, etsuccessireMêBi dHitôitvMÛ indUitt et des Mùrabt^ côâstants. En igtMuïf dé fo àkte.pfb^ |^ëD[dabf^lé"mois d'kiril, une sérié d^essais^^détat les ' résultats j^tîn^eM^^fre Résumés ÛÊm lespitopôàitlonérîsuiyAlëë? î-''»' • '>^'* .

i^ 11 est tf à^^titébx tjifte lesicbm^ls indkiils où les cou* *ants constantr(stabiles^^ou[ labfleB) iigisttdekit mieux liss m» jâe teaautres pour la dispar hioU de la- doulsfur .

i^MdiÀ*wné jiitttt<x>tiiS6f^tao<M^^ sur leur efSca- ;ité- simnlfàtaée; aussi 'it ^nl^atHrivail xfûfiéù faisant pai»er à raversfWtiieiilafioWi awib«yeb <fe largos técqjbofes, un con^ ra0t*ile<6d éléments éê TiéML^-^i ipiei^p^ leehanglmt de coUrdnts, je remplaij^iis cesicdurànis, toutes les ^ à 10 sêcoBh ie^i par dé Mtiê éùùéUùfÈh^iilky ilb^alrfjtait, dis^e, de faire §pA>ànreriid mieux^iensiblia kivimMUlidé.

. ?8*'LerfMètB'étai0nr êtfcoife ^plus' tmiidïés et plus soutenus, iiuand jé'n'lsfmplniyai qué lèiicodtàni^cOifetfttit, dont je changeaf la dtréiUah toutes les cinq' à ,dix'sacdnde)B. Toujours est-fl ^u'^pcès trente séàiices> ver^leSJQ'wHy te inalade se présenta somme guéri. •

'reusr occasion, bientôt ^'examiner, d^s un cas tout & fait semblable, la Tdeur du courant induit <Le 2d mai, se pré-

340 BPFBTS GATALTTIQUES

sente à la consultation le nommé Franz Hônniger (n"* 732), ouvrier ferblantier. Depuis sept semaines il est atteint d'un gonflement rhumatismal du genou et de l'articulation tibiotarsienne gauche. Il éprouva un certain soulagement par l'application de buns russes; mais l'amélioration ne fit pas de progrès. — Tumeur dure et douloureuse à la malléole interne ; le genou est roide, et les bourses muqueuses qui existent sous deux côtés de la rotule sont enflées. Marche rendue très-laborieuse, à cause de douleurs dans l'articulation tibio-tarsienne. Je fais passer par cette région un très-fort courant induit pendant dix minutes, au moyen de réophores en boutons (1). Le malade se loue beaucoup de reflet produit, il parait pouvoir mieux s'appuyer sur son pied ; mais le jour suivant il m'annonce que la douleur est revenue, qu'elle se fait surtout sentir pendant la marche au bord de la malléole interne. J'emploie comme ci-dessus, pendant quinze minutes, le courant induit. A cette séance^ la douleur ne disparait pas; mais en faisant agir, au moyen des mêmes réophores et sur les mêmes points, des courants stabiles de 40 à 50 éléments de Daniell pédant deux oiinutes environ, j*enlève complètement la douleur, et je rends la marche plus facile au malade. — 27 mai. Le malade a éprouvé, pendant toute la journée du 26^ une sensation de brûlure dans les points où le courant avait agi. Pendant la nuit, la tumeur malléolaire a disparu ; le malade n'accuse plus qu'une tension dans les mliscles de la cuisse, tension que je fais immédiatement disparaître par l'emploi de courants stabiles ascendants, et le renversement alternatif des réophores. — Emploi de 40 à 50 éléments de Daniell. — Le malade reprend son travail ; mais il me revient le 29 mai, en se plaignant de douleurs dans le genou. 11 existe encore du

(1) Quand je ne détermine pas le courant, je parle toujours d'un courant secondaire à interruptions rapides, venant d'un appareil à traîneau, qui marche au moyen de trois éléments de Daniell.

DO CODHAIIT CORSTAirr. 3ii

gonflement et de la douleur à la pression, dans la région des bourses muqueuses, et principalement aux points d'insertion du vaste externe et du vaste interne. Cet état morbide disparaît à la suite d'une séance prolongée : 20 à 30 éléments de Daniell, réopbores en plaques ; courants stabiles, et alternatives polaires pendant trois minutes. Après cette séance, le malade vient m'annoncer plusieurs jours après qu'il peut reprendre ses travaux, et qu'il est complètement délivré de toutes ses infirmités.

J'ai déjà rapporté plus haut (page 371) des exemples f exsudation aqueuse dans le voisinage de la rotule, dans les tourses muqueuses, et dans le tissu conjonctif . Je ne possède ]u'une observation d*épanchement aqueux dans la cavité même du genou, que je crois devoir relater ici.

M. Hans de K..., inspecteur du chemin dç fer d'Anhalt n*" 632), fut pris, au commencement de janvier 1858, à la luite de fatigues et d'un refroidissement subit, d*un gonflenent du genou droit, accompagné de fortes douleurs, de lèvre et de sueurs. Une application de ventouses, des friclions avec de l'onguent gris, de la pommade iodée, et enflh la compression directe du genou par des emplâtres iodés em- >loyés tour à tour jusqu'au delà de février, amendèrent cette iflection, et permirent au malade de marcber, quoique avec jne certaine difficulté. Quand il vint me consulter ce jour^là, je trouvai son état assez satisfaisant pour lui conseiller de contiluer le traitement prescrit par son médecin. Huit jours après, 1 revint pour me montrer son genou qui, selon toute apparence, à la suite d'un nouveau refroidissement, a empiré ; la récidive me paraît même en voie de progrès. La rotule est K>ulevée par le liquide épanché, et se trouve mnsi éloignée du émur de quelques pouces. Toutes les bourses muqueuses du roisinage de l'articulation sont gonflées ; tout mouvement est impossible, tant à cause de la tension produite par l'épanché-

342 BFFBT8 CATALTTIQOES

ment que par la tète mêxnç du tibi0r JU çircpnférence du genou droit présente 3 poupée^ de.p]i|s.q^ CQUe4u: genou gauche..

Pendant la nuit, fortes douleurs^etçhsileor û^commode dans le genou ; p^ de fièvre' marqi^^y -mais 1^ unnea sont fortement chargées et trouMée^; tendance am sueoirSt Depuis Veittploi de ronguent^ris^st^vei^r et goût/ métallique dans^ la bouche. J'hésitai ; à Mçopimeno^ un traitements galvanique, craignant qqe le mialade^ au.bput d^ quelques jours, .ne put plus venir chez moi ; mais il m'apprit lui-nijème que, d'après Tavis de plusieurs médecins qu'il Avait coosulté^, tous avaient assigné un temps plus ou moins )oog à la.durée de son aSoctioD ; selon les uns^ quelques mcÂ^ n^nie. : En pirésence de ces faits, je lui dépl^raji vofil^oir^bÛP ^is^ayer do le soulager, et abréger autant q^'il serait, en mon pouyoir ,sa maladie. Je commençai le traitpmi^qt Jç, iS f^viier, ep. faisant passer immédiatement suivant IjEi tr?jç^4ç^igi9nd9 troncs vasculaires, et le long des musc)^ droits, ^térieurs de ]a cuisse et le vaste esteme, pendant.(piviroqti;qi^.lpinut^, quelques aiurants stabiles et lahUes rougi^nt,:!^ jpieau, e| çx^itoat de$ contractions momentanée^, a6^ ^e^ pouvoir r^re. la circulatiouides Uquides plus libre au-dessuç de l'artiqqlatipn.

Ce traitement r^ta. ^q^ i.qfluencQ vij^ible sur. l'état du< genou; les douleurs ,i:epan;^eqt lanuit* Le 19 février, Je gonflement du genou , ^ moptra.plus den^, et.le^ mouvements dans l'articulation par iiireqt encore plu^ limita»' Je fis alors passera travers. le g^PQU, les pi^çcks .^a^ .^xl^rAQ ^t ivasilfe interne et leur voisinage, pen4antqir^q,)minutes environ, des courants de 40 élém^xfji^i 4^ Oftpi.cJil.^^ alternatives polaires, des réophores en p^aqjues. Lç^ n^uscles^se gonflent, et la peau rougit fortement. Pçjçi^ant tout le jour, le malade éprouva dans tout le genou une chaleur brûlante ; dans la nuit, il fut pris dans tout le genou d'une violente douleur pongitive et de senaatiims douloureuses consécutives, rappelant les interruptions

DU cooRAirr cokstant. 343

douloureuses des courants (page 138). I^e lendemain matin, le malade peut descendre sans aide de son lit, la tension et la douleur du genou ayant considérablement diminué. Le 20 fémer, je trouve le genou prejsqua aussi chaud qu*après la séance de la >eiUe ; h rougeur a dispiura, et la tuméfacliou est moindre. Je fais simplement passer quelques alternatives polaires, provenant de 40 éléments de Danielli par les muscles, îtje préviens le malad.e.quej^allais suspendre tout traitement pendant quarante-huit heures. Le 22, la modification qu'on remarque au genou est très-évidente ; la position de la rotule îst presque normale , la dilatation de la capsule par Tépan- :Iiement du liquide a considérablement diminué ; les mouvements du genou sont plus libres (dans la station debout» ils peuvent aller jusqu'à 150°). Le gonflement de la bourse mu- ]ueuse, au point de Finsertion du biceps» n'est plus si tendu, li si dur ; mais, par contre, on trouve tout autour du genou un bourrelet induré et très-large. La chaleur du genou affecté ast toujours plus élevée que celle du genou opposé, et Ton peut parfaitement s'assurer du gonflement épiphysaire..Aliernatives polaires provenant de 40 à 50 éléments de Daniell, pendant trois minutes, par les muscles vaste externe, vaste interne, droit antérieur» et pendant deux minutes, à travers le genou lui-même. — Le 24, la tumeur a diminué, la flexion du genou est plus libre et plus facile (elle va jusqu'à 130"") ; chaleur peu considérable ; point de difficulté à la marche ; le gonflement de la bourse muqueuse du biceps a disparu ; le bourrelet qui existe sous la rotule est bien plus aplati. Allernatives polaires, pendant trois minutes seulement, à travers le genou. Même traitement le 26 février, et les i*% 4, 10, 15 mars. Dès le 4 mars cependant, on ne trouve plus d'anomnlies dans la forme et la flexion du genou, et les trois dernières séances ne sont employées qu*à faire disparaître une douleur qui a son siège fixe au bord interne de la rotule.

344 BFFBTS CAfALTTIQUES

Quelques semaines plus tard^ le malade me quilte, ayant été euvoyéi pour remplir ses fooèltons, dans une autre station.

Quoique le courant constant m'ait fourni maintes preuves difficiles de son action catalytique, j'avoue cependant que l'obserration rapportée ci-dessus m'a moi-même fort étonné, et je ne sais si^ dans ce cas, on n'eût pas eu affaire à une guérison spontanée. Ces doutes ne seront écartés de mon esprit que .quand d'autres expérimentateurs auront obtenu les mêmes résultats. Jusqu'ici Je n*ai pu rencontrer une semblable occasion. Il est très-<lifficile de déterminer si, dans des cas semblables, les coûtants induits eussent été efficaces ; mais on peut toujours les essayer quand il n'existe pas de cortège inflammatoire. Il faudra alors se servir de larges plaques entourées d'épônges, afin d'arriver à une rubéfaction de toute la peau du genou. On ne pourra produire cet effet que lorsqu'on aura produit une excitation des vaisseaux telle, qu'à la suite de leur rétrécissement, premier effet du courant induit sur ce genre de tissus, on obtiendra leur dilatation secondaire, qui sera poussée aussi loin que possible (1) ; mais comme cette dilatation sera nécessairement très-peu uniforme (déjà en raison de la différence des résistances que présente chaque vaisseau selon sa position), je crains bien qu'on n'arrivera pas à produire des effets cataly tiques suffisants. En tout cas, pour arriver à de tels buts, le courant magnéto-électrique (par son action électrolytique plus forte, page 225) doit être préféré au courant électro-magnétique, par cette raison que Duchenne aussi fait ressortir, comme un de ses principaux défauts, qu'il rougit plus facilement la peau, c'est-à-dire qu'il dilate plus

(1) Tout récemment, j'ai observé que lors de remploi de courants constants stabiles, la peau peut également dans certaines circonstances présenter au pôle zinc une pftlear cadavérique (selon toute appa-

facilement et plus rapidement les vaisseaux que le courant électro-magnétique lui-même (1).

rence par suite du rétrécissement du calibre des vaisseaux). J'aurai occasion de revenir plus tard sur la valeur physiologique et thérapeutique de ce fait.

(1) Connaissant depuis longtemps l'excellent livre de Froriep {Beohachtungen U6er die Heilwirkung der Electricitàt, Erstes Heft : Die rheumaîische Schwiele, Berlin, 1843), dont j*ai déjà mentionné (p. 225) les éloges que cet auteur s'est acquis par remploi de courants électriques dans le traitement des paralysies, je n'ai pourtant remarqué que pendant l'impression de ce livre, que c'est à Froriep aussi que revient le mérite d'avoir le premier employé des courants électriques dans le traitement des arthrites rhumatismales. Les cas de rhumatismes articulaires aigus, subaigus et chroniques, dans lesquels cet auteur a reconnu l'efficacité des courants magnéto-électriques (voy. Ouv. cité, p. 28-38), ne permettent plus de douter, je crois, que dans certains cas, au moyen d'un appareil de rotation, on peut faire disparaître non-seulement des douleurs, mais encore des gonflements articulaires, non d*une manière aussi brillante qu'avec le courant constant, mais toujours avec plus de facilité que si l'on emploie les courants électro-magnétiques. En faveur de cette opinion milite aussi la circonstance que Froriep connaissait parfaitement la valeur antiphlogistique du courant électrique, il ajoute lui-môme, en rapportant une cure heureuse d'une arthrite rhumatismale subaiguë (Ouv. cité, p. 35), a qu'il est d*un intérêt tout particulier de voir comment des phénomènes qui expriment complètement le caractère de l'inflammation rhumatismale, comment ces phénomènes disparaissent rapidement et complètement sous l'influence de l'irritation électrique, et qu*en même temps il se produit dans le tissu conjonctif une résorption de Texsudat qui s'y était développé. » Autant que je sache, cette importante remarque est passée presque inaperçue, par la raison peut-être qu'elle ne présentait aucun lien avec des faits thérapeutiques, et surtout physiologiques, et peut-être aussi parce que Froriep lui-même, dans la préface de son livre, prétend que le choix de courants électriques dans des buts médicaux n'est qu'une question de commodité. Lesélectrisateurs ultérieurs laissèrent tomber l'opinion de Froriep parce qu'ils se servaient pour la plupart d'appareils électro-magnétiques, qui produisent ou peu ou point du tout les effets annoncés par cet auteur. Le docteur Moritz Mayer est le seul qui rapporte dans son travail les observations de Froriep (Die Electrici-

346 EFFET» iCA?4di»9r|;iQDBS

Ge n'est pas, comnMnous l'anons 4^^ dU» t'^exsudatiop seule qui aggrave rarihrite rhumatisiQale)<D|ais>bieArb7pertrophie et la dégénérescence des tissus, princifialement les altérations de la membrane synoviale. De ce que le courant peut être trèsefficace pour te pteraiei? genre, d'altéra,tion, U ne Veosuit.pas qu'il puisse le devenir aussi pour le dernier genre. Pour qu'une dégénérescence djscrasique se redresse/ s|efface^ s'enleva comme, par exemple, uoe; djfsçrasie sypiiijitiqye |^ dissipe^ la première condition semble ét»eque les humeurs soient infectées patt uû virus (mercurevou nn virus syphilitique récent) (1).

tàt in ihrerAfM)endun§aufpt^kti$6keiitdià^^ 1854, pj 138).

Dans un petit chapitre intitulé : Die EMUrMtàl in EranJcàdtéi, welcheëuf^nomaHm der Se oder lEœcretion ierti^^'il désigne les rhumatismes de la peau^ du < tissu cènjoîiciif, des muscles^ des inflammatiops rhumalismale^ chrôfaiques du périoste et des articula^ tions (d*après Froriep) des gonflenients •deà' ganglions lymphatiques, des tophms goutteux, raménorrfaéey la dysménorrhée, et rome dure (d'après* d'autres «uileùrs), cohime des maîladies dans lesquelles IMlectricit4 8*e8t montrée très-iitile, quoique après un âmi^oi prolongé et pénihle, parce que « d'une port éU« excite l'actiTité des vaisseaux lymphatiques, et que d'un, autre c6téette pW)irioqu6 des oontractious dans les capillaires, afugmentant ainsi la tonicité des vaisseaux; p il cite comme exemple le fait très-intéressant du docteur Cahen, qui est parvenu, en employant pendant six mois les efiëts d'un appareil d*in- «Juction, à enlever la douleur: el'^des gonflements goutteux des articulations de la main et des doigts; '— Ge qui vient d'être conraouniqué ici convaincra peut-être les n^ëdecins qu'il peut exister certes bien des moyens pour arriver à de certains 'buts,/ niais qu'il faut avant tout les appuyer parles raisons scientifiques»; ^

(1) D'après la découverte remaïquàble d'AuKias Turenne de Pari$, découverte qui a d'abord été confirmée par Sperino de Turin, (Voy.<Z)f la syphilisationet de la coniàgéon des dccideMs éeebndaire^de la syphi' lis, Gommunicatioiis à l'Académie de médeciile, Paris, t853),maisqui ne parait destinée àêtré connue dans toute âi valeur que parW.Boedc de ChrisUania, on guérit complètement une syphilis secondaire et tertiaire, en vaccinant les malades avec du pus d'un ulcère syphilitique primitif. Si ce Aitt est confirmé, et je suis loin d'en douter d'après les commuDications orales que M. Boeck m'a lui-même faites, il

%v cooKAirr constakt. 347

On a Yainement espéré, en thérapeutiquey que Fiode^tle soufre Tiendraient à triomplier des dégénérescences rbumhtismaies des tissus. Le courant constant 'Sérait-^-il destiné à combler cette lacune? 11 serait téméraire de demander aujourd'hui an courant que, partant d'un point malade^ il étepde ses effets cataly tiques sur des points éloignés. De même encore, deyant les difficultés qu-on éprouve à déterminer sur le rivant le point de démarcation de ' rexsudaticn eh de la «dégénérescence, la seconde question que Fon peut adresser au courant et qui peut se résumer, à* savoir, si dans lés limites qu'il citwnscrit il peut éveiller et fortifier la tendance régénératrice des noc^ yesiUJi tissus [nisiiS' Pêformativus) 'y toutes ces questions resteront certes encore longtemps sans réponse.

Ce qui toutefois me parait prouvé, c'est l'utilité incdntestable du courant constant dans les arthrites où ^lon toute probabilité il eiùste déjà certaines dégénérescences de tiséos.

Pour l'articulation iPcapullo-humérale notamment, où se développe plus fréquemment que dans les autres articulations une inflammatieii'cHronique,oâpeut admettre une altératidn de la membrane synoviale (excroissances villeu^^ , cotfnues par les travaux de Rôkitansky) (l),'lors(^ue des douleurs se produisent, non-seulement à l'élévation et à l'abaistement du bras, mais lorsque, en opérant ces mouvements^ on entend dansl'arliculatk)n*dès crépitationsi-et qu'on perçoit des soubresauts musculaires, de manière à ce que, dans le mouvement d'abaissenfient du bras surtout, les fibres du del-

s'ouvre de nouveau un vaste champ à la thérapeutique expérhnentale. Et si à cette heure on peut déjà émettre une hypothèse pour relier celte découverte à des faits connus, on peut la raUacher à celle des ferments^ sur lesquels M. le docteur Moritz Traube^ de RaUbor^ vient de publier récemment des vues et des applications si étendues et si fertiles (Théorie der Fermmiunrkungen. Berlin^ 1858). (1) Spec. path. Anat. 1844. Bd. 11, p. 335.

348 EFFETS CATALTTIQDE^

toîde paraissent se trouYerdans un ya-et-vient vibratoire.

Un exemple fera mieux comprendre cet état, ainsi que Faction du courant constant :

Madame veuve Caroline Streicham (n"" 64), 60 ans, ouvrière, se présente à ma consultation, le 24 février 1848. Depuis dix-huit mois, elle souffre de douleurs atroces dans répaule gauche ; elle en rapporte la cause àFhabitude qu'elle a de croiser^ pendant son sommeil, les bras au-dessus de sa tête, et que peut-être à la suite de cette position elle a gagné un refroidissement. Depuis trois mois, beaucoup de remèdes ont été employés sans avoir eu de succès ; au contraire^ les douleurs, d'une part, et les difficultés dans les mouvements, n'ont fait qu'augmenter. Depuis six semaines environ, elle ne peut plus guère élever le bras que jusqu'à 45 degrés, par suite d'une forte douleur, et surtout d'une certaine résistance dans l'articulation ; dans l'abaissement, les douleurs sont encore plus vives. Elle croit à une luxation. En effet, la position de la tète semblerait indiquer une subluxation en avant ; il existe une grande sensibilité à la pression à la partie antérieure de la capsule articulaire^ le long du tendon de la longue portion du biceps ; mais cette douleur est très-vive aussi au bord de l'acromion^ où, selon toutes les apparences, il se développe une sclérose de la capsule. Gomme semblent le prouver leur amaigrissement et surtout la rigidité, la partie supérieure du biceps, du coraco-brachial, et la partie moyenne du deltoïde située sur la bourse sous-deltoïde, ont dû évidemment participer aux conséquences de l'inflammation et à l'exagération de la sensibilité. Insomnie complète, à cause des douleurs ; la malade ne trouve aucune position convenable pour le repos de son bras. Je fais immédiatement quelques essais préliminaires, pour m'assurer la part que prennent les différents muscles dans ce trouble des mouvements, trouble qui, selon toute probabilité^ provenait d'un état inflammatoire, compli-

[ué en partie d'hypertrophie, et surtout d'usure des tissus, ^'état présent indiquait donc la marche fatale ^ers la pseudomkylose. — 30 éléments de Daniell, réophores en plaques, dtematives polaires, de secondes en secondes (1), renversenent des réophores pendant deux minutes» ne produisent ucun effet sensible sur l'élévation du bras. Des courants sta- )iles descendants, de 30 éléments, dans le coraco-bracbial et e biceps, facilitent par contre Télévation; et, en faisant agir les courants labiles sur tous les muscles environnant l'artilulation, on s'aperçoit de leur efficacité en tant que la malade, pioique éprouvant de fortes douleurs, peut complètement ilever le bras. Mais lorsque, dans cet acte de l'élévation, le )ras est arrivé à presque 90 degrés^ évidemment dès que l'hunérus a butté pour ainsi dire contre le bord sclérotisé de Ta- Tomion, le bras retombe subitement. Ce fait seul parait lémontrer que, dans cette afieclion, les muscles n'ont été inéressés que secondairement. Je n'entrerai pas ici dans tous es détails consignés dans mon journal, desquels il résulte [n'en quatorze jours, jusqu'au 8 mars (en tout six séances), 'action ordinaire catalysante du courant, développée sur la :apsule enflammée elle-même, tantôt sur la partie interne, antôt sur la partie acromiale, permirent à la malade de passer es nuits sans éprouver aucune douleur, et rendirent les mouvements libres en tout sens à l'articulation. Les 10, 13, 18 mars^ séances. Repos de huit jours ; a car

(1) C'est-à-dire alternatives polaires dans lesquelles les réophores sont éloignés de secondes en secondes, de manière à provoquer une i^ntraction momentanée, liée à des oscillations considérables de :ourant8. A la suite d'une semblable contraction, il se produit ordilairement dans les muscles dont le niveau de leur puissance fonctionlelle n'a pas baissé, une augmentation de cette puissance, et leur ^paississement musculaire. Pour déplus amples détails, je renvoie au chapitre des Paralysies.

350 EFFETS CATJkLTnQUIS

(( rarticulatîon parait deTenir plus lisse, et le tremblement du « deltokle deYÎent de pli» en plus faible. mn\ \ Entre |e 15 man^eile 2f yia odakde penise K<rrer à certains traTaux assea pénibles^ en qpronvant toutefois encore des doolears ebsnrtoot qnelqse gène dans les^imM^rements. Je contînae lèiraitemeat le 30 nkaos^ 10, 13, i6, SSIaml, 3, 8, 21, 26,^27^ 20 mai, 1^, 5^ ii^ilO! joitiiJL'iaipélioration étant ani^éeenttfiai à un trèsrhautdegra^ je rifolus d'employer six séances à desiexpérienee»OQmpa(nitti«safec le courant induit. L^tésattaleni jest trà»^variablti: tmtié fent sûrement FétalilePfiàioàiisei'derepnpIoiantérieiir du courant constant; il seinbie ^{uelri progrès en mieux .ne sont pas très-notables.

Lès séaneeiB suivantes^ fsprisesa'osc le coui;ant galvanique, procurèrent patT'Contrs one àiDélioràtion'si snarquée et si rapide à pna malade, qèi'eUe jugeai dès «letteiépoque ne plus avoir besoid déiinon mmislèrei ^l^ldMâssetlient du> bras, il se prodnitèoGOUe iîb traiiblement'fibrUlairedan»leideltoîde, i^énoraètao qui: semblerait iniiqiliec )qn'iLi existe. encore quelques iqégalHéS' sQîe les sa|ta)cesarti6ulaîrqs^i^r «contre^ la sclérose deîUioapsiji^cfuiexisUilfiao bOrdidetFaoromion, et par conséquent le danger de la pseudo-aokyl^seya complètement disparu. J'ai choisi cet exsempl6,'iu|i,Dlison<de ce que toutes les parties de Timsige morbide sY> trouvent pour ainsi dire réunies, peut-être pas avec.des caractères parfaitement tranchés, maispar^4uejidans leur, développémeut même, une certaine uniformité harmonique a pour ainsi dire présidé.

Dans d'autres cas, on rencontrera des parties articulaires isolées àtfeiiites aveb tkné plus'^ndé violence. Je traite aétuëllemonjl ; la, f emncie. WUke. (n%, < S3) , qui m'a .été envoyée par M/ le docteur Niedti Chez cette dacne^«niprésence des phénomèdér qui' existent, il était permis de apposer une profonde d||^oéf^(^ipce |4u tendon cle k longue portion du biceps. Une application persévérante du courant continu a œlevé à

DU COURANT CONSTANT. 35i

cette malade en grande partie cette crainte si légitime, et aujourd'hui on peut regarder la guérison comme assurée.

S'il est nécessaire de bien connaître l'anatomie patbologkiqe^il ne faut pas non plus se'Iarsser décourager par les résultats qn^on trouve dans te^ dissections ; le médecin qui se trouve appelé à traiter les paralytiques ne doit pas si facilement supposer un étsrt incm^'âble, surtout s'il n*y est pas forcé pour une longue expérience, ou si des essais entrepris sans opinion préconçue ont pour (linsi dire fixé d'avance MN»îugement. L'opiniâtreté avec laquelle des tissus dégénérés vivent. dans leur nouvel état est telle, qu'on doit s'estimer Irès^beureux d'arriver par nne pratique compliquée et difficile I les faire rentrer dans leur état prmiitif Ot normal.

L'articulation coxo^fémorale, lorsqu'elle '- devient le siège fune inflammation rhumatismale cbroniqne, présente aussi certaines particolarités anatomiqué». Quoique ici on 06 soit pas toujours en droit d'appeler cette inflammation «ciinflammation goutteuse, x» la dégénéreseenœ des tissus s'attaque inexorablém^t à la téledut fémur (peut-6tre faut-il rapporter ::ette tendance à une manière partiGulièred'élre des vaisseaux aourrioiers de Tes). L'ostéoporose, ainsi nommée par Rokitahsky, produit un trouble plus funeste encore du mouvement', dès que sa durée est pluâ longue^ et qu'elle passe à l'état de sdérote ou bien encore à Vétat d'usure des cartilages. Dabs les "hospices seuls, les praticiens pôùrirônt déterminer l'action dii courant constant, dès le début de cette maladie si perfide. Tout ce qui va suivre devra porur* ainsi dire engager les expériiûentateurs dans cette voie ^ ils renc6i!itreront toujours avec sûreté des résultais favorables.

La résolution de contraèturés' secondaires, consécutives à des arthrites aiguës guéries, m'a de tout temps amené des malades chez lesquels des psfeudo^ankyloses rigides et inflexibles s'étaient déjà formées : aussi ces états se trouvaient à

352 EFFETS GATALTT1Q€B8

peine accessibles à Faction du courant, toute trace d'inflammation ayant disparu. .h

bans des cas semblables, je cherchai surtout à augmenta chez ces malades la puissance foncticmnelle des musclQ3y qui presque toujours étaient simultanéo^ent affaiblis dans tout le membre. (Je parlerai principalement de ces essais dans le chapitre àh je traiterai dçs paralysies, en recherchant de quelle manière se comportdiit sur des muscles affaiblis, lorsque surtout des obstacles mécaniques empêchent ces muscles de développer leur activité, les différents effets du courant constant.) De là il advint donc que j'eus occasion de traiter quelques cas dans lesquels l'inflammation articulaire n^avait pas encore cédé, et où par çonséqWDt l'emploi du courant se trouvait encore être ix^qué. Parmi les cas les plus instructifs, je iipporterai le suivant :

Augpste Benb^ek (n"" 582), domestique, âgé de 26 ans, fuivl^int, au mois de mars, de douleurs dans Tarticulation coxo- fémorale ^ucbr; bientôt elles disparurent, pour reiMiiâtre avec plua de violence dans la hanche droite. Le malade fut soigné par plusieurs médecins j divers traitenàents furent tentés ; mais la difficulté dans les mouvements et la claudication augmentèrent à un tel point, que le nialade se vit forcé d'entrer dans un hôpitej,dans le couhmt de l'été de 1 857. U y fut souBdif^ plusieurs traitements infructueux, et en dernier lieu à uoe cautérisation transcurrente au fer rouge. Ce

traitement, loin d'améliorer son état, l'aggrava à un tel point, qu'i} demanda son exeat et vii^fberçber des secours dans une clinique particulière, où il fu^ soumis à l'iode, tant à Tiotérieur qu'en applications locales; mais^ voyant qu'à la suite de l'emploi prolongé de ce médicament| i^une amélioration ne se produisait, il s'adressa à moi, le 15 octobre 1857. Il existe un gonflement de la tête du fémur>, peut-être même une dilatation simultanée du bord de la cavité articulaire* c

Lorsque le malade est debout, et que dans cette position il cherche à placer son pied droit sur les bâtons d'une chaise, ce mouyement est non-seulement très-douloureux dans toute h région de Tos, mais encore impossible ; il ne peut se baisser qu'en portant en arrière le pied droit, ni croiser le pied droit sur le gauche ; et, dans le décubitus dorsal, il lui est impossible de ramener la cuisse droite aussi près du yentre que la cuisse gauche. Il boite en marchant, tout en éprouvant de fortes douleurs dans Tarticulation ; ces douleurs se reproduisent ayec une grande Tiolence pendant la nuit. A partir du sacro-lombaire, tous les muscles de la cuisse jusqu'aux orteils se trouvent dans une contraction anormale ; ils sont en partie aplatis et atrophiés, surtout les fessiers^ qui sont flasques et pendants, et sur lesquels se distinguent encore parfaitement les cicatrices provenant du cautère actuel. Dans la région inguinale, les ganglions lymphatiques sont gonflés. (Le nialade fait remonter leur tuméfaction à Tépocpie où la cautérfaation transcurrente a été appliquée.) — La première séance procure déjà un grand soulagement quant aul douleurs qui résultent de la marche. — Pendant cinq minutes, à travers la hanche, courants stabiles de 25 éléments de Daniell, réophores en forme de plaques de 3 pouces de diamètre. — Le traitement des muscles, le 16 et le 21 octobre^ agit bien ; mais ce qui paraît réussir le plus est une très-simple application du courant sur Tarticulation elle-même. J'ai toujours obtenu de cette manière d'agir, en la modifiant toutefois selon les cas particuliers, de très-bons résultats. Je pliai un essuie-mains humide, de façon à ce qu'il correspondit à peu près à la circonférence de la fesse malade ; entre les plis de cette serviette, j'introduisis une plaque de cuivre de 4 pouces carrés : cette plaque se trouvait en communication métallique avec le pôle positif de la chaînée Le malade s'étant assis sur la région malade, j'appliquai le deuxième réophore, qui était aussi large

AEHAE. 98

354 EFFETS CATALÏTIQUES

que possible, aiiernativement sur les ganglions inguinaux, sur le grand trochanter, ou sur le muscla qui me paraissait avoir, à cause de son état de contraction ou d*atrophie, le plus besoin d'une action particulière du courant. En somme, j V Tais institué un traitement en fout semblable à celui que j'ai rapporté pour Texemple cité page 292yavec cette différence que l'intensité d'application du courant était dix fois plus forte. La force du courant était telle (20 à 25 éléments de Daniell), qu'elle produisait une vive sensation, mais pourtant pas par trop douloureuse. A chaque séance, j*obtenais un soulagement immédiat : une seule fois, après le 25 octobre, il se développa une recrudescence dans l'articulation, ce qui m'obligea d'interrompre tout traiteooient pendant trois jours. Le malade, après ce court laps de temps, présenta une amélioration des plus décisives ; les nuits furent calmes, la marche plus facile, et les mouvements tellement libres, que Benbenek put élever son pied sans difficulté sur le bâton d'une chaise. Douze séances avaient été employées, jusqu'au 31 octobre. A CBtte époque déjà, le malade pouvait faire de longues courses, et n'en ressentait que quelques douleurs passagères. Le 4 et le 6 novembre, je repris le même traitement ; je ne lui cachai pas alors qu'il n'était plus en ma puissance de le guérir de sa dégénérescence osseuse. Quelques chirurgiens très-expérimentés lui ayant aussi affirmé l'incurabinté de son état, il revint me voir cinq mois après, le 26 mars 1858, pour m'annoncer qu'il cherchait à se placer comme domestique. La marche était devenue plus facile, mais il restait affeclé d'une légère claudication ; dej^uis le 27 octobre 1857, la mo» bililé de Tarticulation n'avait pas augmenté, comme je m'en suis assuré en lui faisant porter le pied sur une chaise. J'employai Benbenek pendant quelque temps dans ma maison, pour des travaux intérieurs, et lorsqu'il y a peu de temps il me quitta pour suivre une famille à la campagne, il

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