LES SPASMES
La majeure partie de ce travail devant traiter des paralysies et des spasmes, il ne s'agira ici que d'expliquer quel est le degré d'utilité pratique de l'action catalytique du courant constant dans ces différents états pathologiques. Les paralysies faciales rhumatismales présentent un exemple des effets paralysants qu'une infiltration (infiltration évidemment .compliquée d'une altération des vaisseaux absorbants) du tissu conjonctif peut exercer sur les nerfs et les muscles.
Ne voulant pas traiter superficiellement ce sujet si intéressant au point de vue du diagnostic et de la thérapeutique, je
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me contenterai de dire ici que le traitement des paralysies faciales, entrepris au moyen du courant constant, selon les règles générales de. la catalyse, guérit ces affections dans un espace de temps très-limité et très-court, lorsque toutefois Tin* filtration n'intéresse que les nerfs et les muscles accessibles au courant. J'ajouterai de plus que ces paralysies, à tous les de* grés de leur développement, présentent la meilleure occasion de prouver la supériorité antiparalytique du courant constant sur le courant induit.
On observera, je crois, moins fréquemment qu'un trouble circulatoire dans les petits vaisseaux situés à la surface du corps, et par conséquent visibles, devienne une cause de paralysie (1), et permette de suivre les efiTets antihémosfatiques du courant, dont j'ai déjà parlé plus haut (p. 306). L'observation suivante, qui de prime abord parait peu intéressante, offre donc, sous ce point de vue, -une grande valeur expérimentale.
Le 10 juin 1858, se présente à ma consultation madame Âugusta Scholtz (n"" 752), âgée de soixante-dix ans, laitière. Cette femme souffre depuis douze ans, mais en particulier depuis trois ans, d'un engourdissement des pieds, consécutif à l'usage fréquent d*une chaufferette. L'engourdissenient s'é« tend de la plante des pieds jusqu'au-dessus des malléoles, et tourmente beaucoup la malade pendant la marche ; elle prétend aussi que cet état se complique d'une gène circulatoire et d*angoisses. Je croyais avoir affaire à un émoussement des fibres sensiti ves, provenant de la trop forte chaleur de la chaufferette ; et, partant de ce point de vue, je traitai cette maladie singulière et nouvelle pour moi, du 10 juin au 0 juillet, six fois avec des courants labiles constants forts, que je dirigeai sur les pieds, parce qu'un essai m'avait semblé prouver que
(4 ) Nous savons que roblitëratlon de gros vaissaux par des thrombus occasionne parfois des paralysies.
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les courants induits ne produisaient pas d'effet. Il est vrai que la malade avait éprouvé quelque amélioration; mais ses plaintes n'étaient pas en rapport avec la rapidité des efiets curatifs que je vois habituellement dans les anesthésies périphériques. Sur ces entrefaites, mon attention fut captivée par l'existence de grandes taches jaunâtres qui entouraient la partie inférieure des deux jambes^ et que j'avais regardées comme d'anciennes cicatrices d'ulcères, avec lesquelles elles avaient la plus grande similitude ; mais la malade m'assura que ces taches brunes s'étaient développées depuis douze ans, à la suite de l'emploi de la chaufferette, et que, depuis ce temps, l'engourdissement des pieds s'était également produit.
Dans les taches mêmes on ne voyait pas de veines, tandis qu'au-dessous et au-dessus on voyait une foule de veines variqueuses« serpentées^ comme on les rencontre si communément chez les femmes de cet âge. Il était évident que ces taches brunes n'étaient que des restes d'extravasations sanguines, provoquées par la trop grande chaleur, qui finalenient avait amené une oblitération des petits vaisseaux, et troublé la puissance fonctionnelle des nerfs cutanés. En leffet, l'engourdissement s'étend jusqu'à la circonférence de ces taches, et ce n'est que pendant la marche qu'elle l'éprouve jusqu'au mollet. Je dirige le traitement sur ces taches brunes ; elles pâlissent sous l'action répétée du courant, et se subdivisent en taches plus petites, pendant que simultanémenton voit apparaître dans leur circonférence de petites veines : en même temps, le sentiment et la force reviennent dans la jambe, et l'angoisse disparaît. Après sept séances, la malade me quitte, quoiqu'il existe encore beaucoup de taches brunes.
Le lecteur qui a suivi jusqu'ici avec attention mon travail sur les effets catalyliques du courant, aura, j'ose le croire, acquis la conviction que le courant constant est un moyen puissant, et, dans beaucoup de cas, le seul et unique qui
puisse amener la résorption d'exsudats et d'extravasats, et qui puisse aussi guérir les stases sanguines dans les vaisseaux «Ces résultats ne feront-ils pas supposer à tout médecin qu il pourrait y avoir des paralysies et des spasmes d/origines centrales, dans lesquels une action cataly tique du courant constant sur les organes centraux serait utile ? Et comme il n'est pas douteux qu'il n'existe dans Tencéphale et dans la moelle des inflammations chroniques, des exsudais, des stases et des extravasats, qui causent des paralysies et des spasmes, on ne peut que poser les questions suivantes :
l"" Est-il possible de déterminer le siège de ces états pathologiques avec la certitude qu'il faut pour pouvoir diriger l'action catalytique du courant sur lé siège même de Taffection ?
S"" GesdifGcultés locales, et surtout la résistance provenant des enveloppes osseuses des organes centraux, permettentelles au courant de développer une action thérapeutique efficace î
Une série d^observations, qui tous les jours augmentent encore^ me permettent, je crois, de répondre affirmativement à ces questions, pour ce qui regarde avant tout les maladies de la moelle épinière^ et d'exprimer l'espoir que j'arriverai à montrer par des exemples probants la possibilité d'exercer une action catalytique favorable sur les parties isolées de la moelle, d'où dépend la paralysie des extrémités de la vessie ou du rectum.
Je renvoie le lecteur au travail placé à la fin de cet ouvrage, sous ce titre : Du traitement du tabès dorsal is au moyen du courant constant. Parmi les malades qui, sans être nommés, s'y trouvent désignés, le cordonnier Bertbié (n"" 619) a repris soà travail : quoique la paralysie du rectum soit guérie et que sa marche paraisse normale et sûre, il vient se plaindre de temps à autre. Chez le deuxième malade, le lohnelier Block (n"* 640), il n'existe plus aucune trace de la paralysie de la
388 EFFETS GATALTTIQUE8
Je me souTiensencore d^avoir guéri un menuisier d^accès douloureux de la tête avec nausées, en faisant passer plusieurs courants par le grand auriculaire. Ce résultat me fit supposer que la migraine commune pourrait bien être une névralgie des nerfs d'Arnold , qui, du ganglion de Gasser, vont à la dure-mère.
Un autre cas dans lequel des symptômes analogues se présentèrent» me montra que le siège du mal pouvait provenir d'une névralgie de nerfs cervicaux plus profondément situés encore. Louis Schonerstedt (n"* 661), âgé de 28 anS| éprouvait, étant soldat et portant le sac, des douleurs dans la nuque et dans le dos. Depuis deux ans, les accès de céphalalgie débutent toujours par de violentes douleurs de la nuque ; de là elles gagnent V occiput et les angles externes des yewcy et se compliquent alors de dyspnée et de nausées. Les accès sont journaliers ; rarement ils laissent le malade huit, jours tranquille. Les variations atmosphériques sont sans influence sur la marche des accès. Point d*appétit: douleurs gastriques; langue chargée. Une pression sur les apophyses épineuses du cou et du dos est douloureuse. En tournant le cou, ou quand il soulève les épaules, le malade éprouve de la douleur, et entend un craquemeut dans cette région ; les muscles de la nuque sont lâches et atrophiés. J*eniploie immédiatement pendant trois minutes, sur le dos et la nuque, de forts courants labiles de 20 à 25 éléments de Daniell, afin de tonifier ces muscles, et de faire dissoudre la stase qui s'est formée, soit dans les ganglions spinaux, soit dans les méninges.
et qui depuis trois ans existent comme la conséquence de gonflements des bourses synoviales du genou gauche. Ce dernier cas était très-inléressant; le malade cessa immédiatement de boiter, quoique la tuméfaction pe sistâl encore; mais selon son dire elle ne l'incoramodait plus*
DO COITRAirr GONSTAirr. 389
Après la séance^ il se trouva immédiatement plus mal^ le lendemain bien mieux.
Un traitement analogue, mais plus énergique : 30 éléments de Daniell, pendant cinq minutes. Jusqu*au 21 mars» il n'y eut plus d'accès. Le mouvement de rots^tion du cou se fait sans douleurs et sans craquement ; les muscles sont plus gonflés* Même traitement. — 28 mars. Dans le courant de cette se* maine (le 23 mars), il n'y eut qu*un accès de douleurs, mais sans dyspnée et sans malaise. Même traitement.-^ 18 avril. Les douleurs dans la nuque sont rares et peu fortes ; mais le malade éprouve des douleurs d'estomac, accompagnées de manque d'appétit. Même traitement. Le malade promet de revenir à la consultation, dès que les accès reparaîtront.
6. Dans la plupart des névralgies du cou et du tronc, il me parait en général important de veiller aux ganglions spinaux.
Stachs, laboureur (n"* 615), âgé de trente-sept ans, se plaint de douleurs de l'estomac, le 17 janvier 1858. Il y a deux ans, il fut pris, après un refroidissement, d'une diarrhée qui fut guérie par l'emploi des opiacés, mais qui récidive très-fréquemment. Depuis ce temps, il est sujet à des accès de douleurs qui partent d'entre les épaules (de la quatrième et cinquième vertèbre), s'irradiant à gauche vers le mamelon et le creux de l'estomac, et qui apparaissent journellement vers midi, dès que le corps se refroidit^ et à l'occasion des moindres efforts. Les accès un peu plus forts se compliquent de malaises et de nausées.
Parfois les douleurs passent dans l'abdomen, et alors la région du thorax est libre.
Le' malade a essayé de tout, même de l'homœopathie : des émissions sanguines et des applications de vésicatoires sont restées sans résultat. Stachs se présenta alors à la consultation. Le traitement est dirigé principalement sur les ganglions spinaux des nerfs intercostaux correspon-
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dants (20 à 30 éléments de Danielli courants inconstants).
Dès la deuxième séance^le malade se trouva considérable* ment soulagé, en ce que les douleurs étaient plus rares et moins fortes^ et qu'elles avaient lieu sans malaise. Après la cinquième séance (le 21 mars), il m'annonça que les douleurs n'apparaissaient plus que tous les deux t>u trois jours, mais qu'en général elles étaient moins fortes, et n*occasionnaient plus aucun malaise, et elles lui permettent aujourd'hui de se livrer à ses occupations. Douze séances, jusqu*à la fin de mai, sufflrent pour faire disparaître tous les symptômes morbides. (Jen'ai pas employé, dans ce cas, les courants induits.)
J'ai traité par les courants constants une névralgie intercostale, remarquable par la violence de ses accès. Ce cas s'est présenté chez le jardinier Kulhmann, trente ans (n"" 516), le 30 et le 31 mai 1857.
Depuis quatre ans, il souffrait de douleurs dans la région des dernières fausses côtes gauches, douleurs qui se reproduisaient, même en été, par accès à chaque variation de température. Il est rare que Taccès ait une durée de plusieurs jours dans le cours d'une année, et qu'il se produisit quelques forts accès ; les accès plus courts sont plus fréquents, et le malade n*est guère un jour sans souffrir.
Les accès se développent sans frissons, chaleurs, ou de la transpiration, et sans altération visible des urines ; mais la uuit ils troublent le sommeil du malade. Un tel accès violent persiste depuis hier, 29 mai, et le malade désespéré vient me trouver à une heure avancée de la soirée, pour chercher du secours. J'applique immédiatement quelques courants douloureux de 40 éléments de Daniell , en direction descendante, d'un quart à une demi-minute de durée (durée totale du traitement, trois à quatre minutes), le long des nerfs intéressés, à partir de la colonne vertébrale^ jusqu'à h. ligne blanche ; ce qui procure au malade un ^ulagei &-
diat. Le sommeil est meilleur. Je répète le même traitement le 31 mai. Toutes les douleurs disparaissent, même lorsque le malade se baisse ou marche. Quinze jours après, le 14 juin, le malade vint me voir pour m'annoncer que, malgré le mauvais temps, les douleurs n'ont pas reparu» mais qu'il a éprouvé quelques légères sensations anormales dans les points antérieurement affectés. Même traitement. Six mois plus tard, le 13 novembre 1857, le malade me remercie par écrit, en ajoutant qu'à la vérité il n'était pas absolument libre de toute douleur, mais qu'il ne souffrait plus des accès si violents.
Le 10 février 1858, la mère de ce malade (n* 604) me confirme la guérison de son fils; elle-même souffre d'une arthrite rhumatismale. Cette observation rend vraisemblable que, dans les névralgies périodiques^ le traitement entrepris en plein paroxysme est celui qui promet le plus de succès.
7. La queue de cheval [cauda equina) peut aussi devenir le siège de névralgies rhumatismales, sans que la substance de la moelle soit intéressée. Parmi les malades que j'ai eu occasion d'observer et de traiter pour des a douleurs des reins » et des a troubles hémorrhoïdaux^ » j'en ai souvent vu qui, lors d'un examen plus attentif, se trouvaient être affectés de névralgies.
Un des exemples les plus évidents, que j'ai rencontrés dans ce genre, fut le cas de Henri-Joseph Perronet à Paris (cinquante-huit ans) , cordonnier, rue de la Grande-Truanderie, 33, qui est affecté depuis quatre mois d'atroces douleurs dans les reins, suivant le trajet des nerfs. Sa marche est tremblante, et le force à tenir la position courbée : à chaque faux pas, tout le corps est agité. On remarque au sacrum les traces d'un ancien vésicatoire qui avait été entretenu pendant des années. Celte cicatrice mesure 6 pouces en hauteur, et 12 pouces en largeur !
Trois séances, avec emploi de 15 à 20 éléments de Daniell,
40f EFPnra UTALTTIQIIIS
bruck, p. 386, Bculemeatà un degré plus élevé). Comme dans les autres organes, il n'y avait aucun trouble . apparent ni traces de fièvre ; je procédai immédiatemeot au traitenient galvanique, que j'avais si souvent employé dans des cas semblables : h savoir des courante stalùles de 10 éléments de Daniell, pendant quatre minutes, de la tempe droite à la tempe gauche. Pendant la séance^ la main dnùte devient froide comme de la glace, et La main gauche brûlante ; la moitié gauche du front se perle de gouttes de sueur. Je répète le traitement en dirigeant le courant en sens inverse, et alors la température des deux mains s'égalise, et la moitié droite du front commence aussi i transpirer. La douleur delà tempe est plus faible.
20 avril. Cette nuit, la douleur n'a pas récidivé. W. a dormi tranquillement pour la première fois depuis huit jours. La douleur vient de réapparaître bous l'influence solaire. Aujourd'hui, le malade a éprouvé de'la tendance à tomber en avant. Je répète le traitement d'hier pendant opiatre minutes, et je traite rarticuIatioandî^caqHaiDe gauche poidant cinq minutes, en y excitant «n moyen de larges réopbores (trois pouces de diamètre) et en les renversant, des contractions (30 éléments de Daniell).
22 avril. Sommeil bon, point de tendance à tomber en avant, calé droit tranquille, le cAté gauche se trouve mieux soumis à la volonté du malade. Point de douleurs dans la têle, ni dans l'articulation radio-carpienne gauche. Je traite l'encéphale' et Vœil pendant trois minutes au moyen de courants stabiles de 8 éltoients de Daniell.
23 avril. Le larmoiement a presque disparu ; la conjonctive est moins injectée. Je soumets à cinq séances pareilles fèmainde jusqu'au 29 avril, en traitant la léte, tantôt le bras ettantôt la jambe gauche, pour calmer, si cela peut se faire,
aussi le tremblement du côté gauche. Je ne réussis pas et renvoie le malade après huit séances^ lorsque les douleurs dans les tempes et les yeux, les phénomène^ de la paralysie agitante à droite, et les tendances à tomber ont complétemmt disparu (1).
Dans le prochain trayait^ je serai en état de prouver^ par des expériences thérapeutiques, que la paralysie agitante ne procède pas toujours de l'encéphale, mais qu'elle provient aussi, dans certains cas, de la moelle, et qu*alors il n*y a pas tendance à tomber.
Peu de temps après le 14 mai, M. le docteur Lehfeld m'envoya le négociant David Scheer (n"" 722), figé de soixantetrois ans. Il y a trois ans, ce malade ressentit dans le pied gauche du spasme et de l'engourdissement , qui s'étendirent peu à peu jusqu'au bras gauche et à la tête. En six mois, tout le côté fut tellement insensible, que le malade ne sentait pas les piqûres d'épingle , même quand ces piqûres provoquaient un écoulement sanguin. Depuis deux ans^ il ressent des douleurs dans la moitié gauche de la tête, dans la tempe principalement, et des accès de syncope qui se reproduisent plusieurs fois dans la journée. Ces accès ont une durée d'une demi-minute et plus; ils se compliquent d'un mouvement qui semble lancer en avant le bras ou la jambe gauche (ces deux mouvements n'ont jamais lieu simultanément). Depuis peu, l'œil gauche se trouve lui-même entrepris ; forte injection de la conjonctive , principalement celle de la paupière supérieure^ douleur cuisante et photophobie. Depuis six mois, il y a parfois un engourdissement et un spasme dans le bras
(1) Après la troisième séance l'odorat réapparaît, le malade Tavait perdu il y a six ans, à la suite d'un enchifrènement^de telle sorte qu'il ne sentait pas mêmerammoniaque.Il fut très-étonnë de pouvoir distinguer l'odeur de la vioieUe.
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droit. Le malade n'a aucune consdence de la partie gauche de son corps, il lui semble qu'il ne vit que d'un c6lé.
M. le docteur Weber, de Leipzig, a fiiit sur lui des expériences pour s'assurer s'il peut, les yeui étant fermés, distinguer une différence dans des poids qui lui sont soumis dans les deux mains. Le résultat est négatif : le malade ne peut se rendre compte si c'est un poids d'une livre ou de six livres qu'on lui met dans la main gauche. (Ce qu'on est convenu d'appeler le sentiment musculaire n'est donc probablement, dans ce cas aussi, que l'expression des fonctions des fibres sensitives des tissus qui environnent les muscles, ce que Ritter a déjà supposé à une époque où l'on ne connaissait pas encore le théorème de Bail.) Le mouvement du bras gauche est faible, lourd et tremblant ; il y a tendance à des contractures du côté des fléchisseurs, et tendance à fermer la main, comme daus V hémiplégie spasmodique double. Lorsque le malade essaie d'ouvrir la main et d*étendre les doigts, il s'y produit un mouvement de tremblement et vacillement qui se termine par la flexion même de la main et des doigts. Quoique S. ne sente rien au bras gauche quand on le pince fortement, un courant de 40 éléments de Daniell (insupportable pour moi) y produit, au bout de quelques secondes, une sensation légère qui n'augmente pas, et aux points sur lesquels les réophores ont été appliqués, il éprouve peu après une sensation que le malade compare comme si on lui avait fortement pincé la peau, c'est-à-dire que le courant réveille passagèrement la sensation dans le point de son application ! Durant une de ces expériences, le malade est pris d*un accès de spasme dans le bras gauche, avec mouvement de projection en avant de ce même bras, accès qui se termine par une syncope d'une demi-minute.
Pour le traitement de ce cas, je me plaçai a%|)i^tilè UMb abstraction faite des modifications soustraites au c
DO cooiAm coNSTAirr. 40S
l'octioD tbérapeutiqae du coarant, qu'il j avait une stase dans la partie antérieure de l'béiniBphère gauche de l'encéphale, et je dirigeai dooc le traitement sur l'encéphale et sur l'œil, tout comme cbei le précédent malade. Le traitement des membres fut suspeadn, parce qu'il oie semblait ne denûr produire aucun résultat permanent.
Les trois premières séances, qui farent dirigées sur la Idte, donnèrent la faculté au malade de pouvoir mieux étendre la main et calmèrent le tremblement. Après la troisième séance, le malade fut pris, dans la rae, d'un loog et violent accès qui ne fut plus suivi d'un second pendant les douze jours que le malade séjourna à Berlin. HaiSj comme antérieurement aussi il s'était quelquefois écoulé entre les accès on ioter^ valle de huit jours, je ne puis attribuer! à ce temps d'arrêt aucune laleor. Toutefois, ce fut l'amélioration de la céphalalgie, la guérieoQ de l'opfathalmie congestive, et une plus grande tranquillité du bras gauche, dans lequel le plus léger attouchement provoquait une sensation qui cependant était moins prononcée quand on venait à piquer celte région. La tendance à tomber du cAté gauche te trouvait aussi diminuée. (Les moyens pécuniaires de ce malade ne lui ont pas permis on plus long séjour à Berlin.) Jusqu'ici, je n'ai pas pu trouver dans la littérature médicale un cas semblable, et ja me permettrai donc de le désigner, jusqu'à nouvel ordre, sons le nom d'hémiiepsù.
Le cas suivant, qui, sous d'autres rapports, se ra|^roehe le plus du cas de Roeenbruck (p. 386), mérite d'être cité ici, parce que, dans les spasmes du oialade dont il s'agit, il existait des alternatives ipairoodùines entre l'extrémité supérieure et Teitrémilé infiiienre, qui semUaient indiquer one disposîlion correspuridante normale dans les centres moteurs d'un grand hémisphère.
Maximilicn K [n° 749), âgé de onze ans, m'est envoyé
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le 8 juillet 1858 par M. de Graefe, Ao mois de novembre 1857, ce malade ayait été atteint de scarlatine^ et, pendant la période de desquamation, il fut pris^ d'une déuleur Jans la tempe gauche et dans le front; cette déuleiir. siégeait dans 1: intérieur dé la tète, et se compliquait en outre d'un mbnrement spasmodique de la paupière inférieure. Les douleurs çééèrent à une application de sangsues et è d'autres nloyens, mais le mouyement conyulsif de la paupière persista. Depuis trois à quatre semaines, il s*est joint à cet état une doideur cuisante dans l'intérieur du globe oculaire et dans l'angle externe de la cavité oculaire vers la région de la glande lacrymale, ce qui engagea son médecin traitant, M. Lehfeld^ à envoyer ce malade à M. de Graefe. Des frictions avec de la pommade de belladone et des vésicatoires derrière l'oreille firent disparaître cette affection ; mais, à la cessation du traitement^ il y eut récidive. Les contractions spas modiques intéressent exclusivement la paupière inférieure, principalement son angle interne, et se reproduisent si fréquemment qu'il y a rare» meiit un intervalle de quelques secondes. Dans la tempe et le front, au-dessus de l'œil gauche^ le malade épix)uve toujours encore une sensation obtuse mais désagréable^ à la suite de laquelle il ferme spasmodiquement son œil; il lui semble avoir un corps étranger dans cet organe. Pour le traitement, je partis d'abord du point de vue que, selon toutes les apparences, il existait une stase dans la partie antérieure de l'hémisphère gauche de Tencéphale.
Le résultat confirma cette manière de voir, en tant que les douleurs et les mouvements spasmodiquçs de la paupière cessèrent Cette rémission ne fut cependant que passagère, jusqu'à ce qu'enfin je dirigeasse le traitement sur la paupière elle-même. Selon le mode d'emploi du courant, il yêut, dans le résultat, de très-grandes oscillations. An bout de qubne séances, le 25 juin, je parvins à faire' disparaître complète-
DU COURAlfT COHSTAlfr. 407
ment les contractioDS spasmodiques. (L'amélioratiofa arait déjà fait de grands progrès, Icnrsque le malade prit quelques bains froids de rivière qui semblaient lui être nuisibles.) Le 27 juin, les contractions spasmodiques s'arrêtèrent complètement, et le même jour il se produisit un Tiolent spasme dans les muscles de l'épaule gauche. J'appris alors que, depuis cette scaHatine, le malade ayait éprouvé dans cette région une légère sensation spasmodique, laquelle, ne Tincommodant, il n'avait prêté aucune attention. Après avoir fait déshabiller le malade, j'assistai à un spectade vraiment intéressant H* il se produit une contraction du grand pectoral et du deltoïde antérieur qui tire le bras aintâ que l'omoplate en avants lorsque l'omoplate s'éloigne de la colonne vertébrale et de la cage thoradque. L'angulaire de l'omoplate et la partie supérieure du trapèse paraissent se raccourcir un peu pendant cette contraction ; ou 2"* le spasme a lieu dans le biceps seul, ce qui fait exécuter à l'avant-bras un mouvement de flexion de 40 degrés; ou S"" le spasme a lieu dans le triceps, et le bras se trouve en extension, ou enfin 4"* il s'y produit une combinaison des mouvements spasmodiques énumérés sous les chiffres 1 et 2.
Tous ces phénomènes se produisent dans une succession alternative, de sorte que les musdes pris de spasme pwsisteiit pendant plusieurs secondes dans leurs contractions. Il faut remarquer que les antagonistes se relftchent véritablemrat, ce qui est mis hors de doute par l'état des rhomboMes pendant la contraction du musde grand pectoral. (M. de Graefe a TU le malade dans cet état, et^ d'accord avec moi, il pensip^ que, dans eet état de spasçae, on ne peut invoquer une cause hystérique on uœ simulation, parce qu'une combinaison aussi monstrueuse de mouvements ne peut être exécutée volontairepaé|it|Nvr personne.)
in Jiini.,fJDepiiis hier le malade remarque également des spasmes dans la oûsa, pins meoMiit dans kkponlion assise
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que dans la marchey où ce spasme se produit à chaque pas. Le spasme intéresse le muscle droit aniérieury le couturier et parfois aussi le vaste iqterne, qui forment sous la peau des bourrelets musculaires isolés, durs et saillants qu'il est de toute impossibilité de produire volontairement. La contraction dans répaule est presque continue , de sorte que la tète de Thumérus semble être luxée et que Tomoplat^ est fort éloignée de la cage thoracique. Le spasme de P épaule et celui de la cuisse ne se produisent pas simultanément^ mais toujours alternativement. Le traitement que je fais suivre au malade devant être discuté plus tard, quand j'exposerai ma méthode^ au traitement des spasmes locaux, je me bornerai à dire ici qu un traitement local des membres ne produisit aucun résultat et que le traitement de Tencépbale auquel j'eus alors recours partit de ce point de vue que la stase devait avoir changé de siège, soit à la suite des bains froids, soit à la suite du traitement galvanique qui consistait en partie en courants labiles et en courants induits.
En efiet le traitement de Tencéphale moyennant des courants constants exerce une inQuence salutaire sur le spasme de répaule et de la jambe. Dans la cinquième séance le premier disparut même complètement ; le spasme de la cuisse conserva un rhythme plus rare et ne céda qu'à un traitement local, qui n'eut d'effet durable qu'à la suite de la huitième séance (7 juillet] (1).
(i) Antérieurement déjà j'ai observé et traité deux fois un semblable spasme périodique dans le droit antérieur de la cuisse. En premier lieu chez madame Emilie Gûnther (n« 28), âgée de 58 ans, au mois de juillet 1856, où ce spasme provenait d'un reste d'hcmiplégie double; en second lieu, chez madame Dorothée Mundt(n<» 543), âgée de 57 ans, de Neubaldensleben, près Magdebourg. Dans ce second cas, le spasme du droit antérieur de la cuisse était un phénomène tout à fait isolé et se compliquait à son summum d'intensité de violentes douleurs. Dans ces deux cas, le traitement des nerfs et des
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Après la disparition des contraclions et des spasmes, le malade accusant encore une sensation obtuse dans la tempe gauche, je terminai le traitement par une application de quelques sangsues loco dolenti.
Dans les trois avant-dernières séances j'avais employé des courants induits , et comme ils ne modifiaient pas notablement rétat du malade, j'eus recours dans la dernière séance (avant le début du spasme dans les extrémités), à des courants constants labiles qui firent disparaître les contractions momentanées de la paupière. U est difficile de déterminer si quelque valeur peut être accordée à cette circonstance. Pourtant le cas suivant est remarquable à cause des certaines circonstances semblables dans lesquelles la malade se trouvait.
M"* L... (n. 678)^37 ans, mère de cinq enfants, me fut envoyée le 7 avril 1858, par M. de Graefe, pour la guérir d*un blépharospasme.
U y a longtemps elle avait été atteinte de tumeurs hémorrhoidales qu'elle avait fait disparaître par l'usage des bains de siège froids ; depuis lors la menstruation fut irrégulière, gastralgies, boule hystér^fue. U y a sept ans, après une couche, violent chagrin, puis violentes céphalalgies, humeurs noires. Ces accidents se renouvelèrent après la dernière couche, il y a trois ans, sans qu'elle en parlât à un médecin. Souvent elle éprouva après toutes ces manifestations des sensations subites de coups dans les jambes, surtout an genou gauche, et elle vit apparaître dans jes deux jambes des taches rondes, bleues , de deux pouces de diamètre qui disparurent ^en se modifiant de couleur en peu de jours. Depuis deux ans des doulêon, déchirantes dans tous les membres, les pieds et priacipileinent dans la tète. Son médecin la traite par
mosclas an mofen des coarants ttabiles n'eut aneim rteiltat. Je ne connaiinis puidon d'autres modes d*emploi du courant.
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les bains sulfureux, croyant avoir affaire à une affection goutteuse héréditaire.
Les affusions froides sur la tète sent faites dans le bain. Après une telle ablution, il se produit l^itement des con^ tractiotns momentanées dains les paiÉpières gaudies, pub dans les paupières droiles, parfois aussi dans la fece avec de violentés douleurs dans la tête, principalement au sommet, mais aussi sur Pos malaire gaùcfae, en un mot sur tontes les pairties où Teàtt froide avait découlé. La malade sent que les àtcès de douleurs précèdent les contractions momentanées qui pour quelques secondes ferment Poeil, plus souvent le gauche que lé droit. La céphalalgie est plus forte par accès, la nuit principalement. En outre la malade éprouve dés douleurs pulsatives dans toute la tète lorsqu'elle gravit un escalier, lorsqu'elle boit des liqueurs chaudes, lorsqu'elle parle, lit ou réfléchit, elle en éprouve même au moindre bruit : point de palpitations de cœur. Tout ce cortège morbide est plus prononcé à répoque des règles.
La pression sur la tète, surtout au sommet, est doidourense ; alopécie depuis deux ans. J'avais affaire en tout cas à une inflammation rhumatismale du péricràne provoquée par l'eau froide. J'appliquai immédiatement des courants constants stabiles sur les parties de la tète dénudées de cheveux, ce qui procura un soulagement rapide et réduisit à un faible degré, dans l'espace de peu de jours, les contractions des paupières, fait que M. de Graefe a eu occasion de constater par lui-même. Après la huitième séance, réapparition des règles sans augmentation de la céphalalgie. Du 21 avril au 2 mai, en deux« séances, je traitai les parties douloureuses de la tète et de l'os malaire (non pas les paupières) avec un atnendement progressif : les contractions cessèrent presque complètement et les douleurs devinrent très-modérées. La gastralgie et la boule hystérique disparurent. Après un refroidissement il sur^
DU GOURAlfT GONSTAlfT. 411
Tint une pleurésie que le médecin ordinaire traita et guérit en quinse jours par des sangsues, etc., etc., sans que Fétat de la tète s'aggraTftt. Le 17 mai, séance ordinaire» application du courant constant. Dans Tintervalle j'avais obtenu de bons résultats chez d'autres malades en faisant passer par les tempes de faibles courants induits, notanmient chez le &biicant de cigares Negedank (n"* 694), pour une douleur violente intra-crftnienne de nature riiumatismale selon toute probabilité. J'appliquai donc à M** L..., le 18 mai, un tel courant induit sur le sommet de la tête. 11 y eut un résultitt immédiat salutaire, mais dans l'après-midi, la malade fut prise subitement d' un accès de céphalalgie et de spasme oculaire tel qu'elle ne l'avait éprouvé depuis longtemps. EUé envoya chez moi, mais je lui fis répondre de venir me trouver ; des courants constants, appliqués comme antérieurement sur le sommet de la tète, calmèrent immédiatement les douleurs et lés contractt(ms spasmodiques. MaSs comme aux époques menstruelles suivantes le cortège morbide reparut, j|é suspendis le traitement galvanique, et à la recommandatiim de son médecin ordinaire, la malade prit Peau artifideUe de Garlsbad, et actuellement elle se trouve à Tœplit^. Ce cas', dont je rapporterai en temps et lieii la marche ultérieure, rend vraisemblable que dans le traitement de stases de l'edcéphale ou de ses enveloppes (qui existent probablement chez M^ L...), au moyen de courante lalnles et principalement de courants induits, il faut être prudent, par la rûson que ces cooranis peuvient provoquer un rétrécissement inégd des . vaisseaux; surtout lorsque les parois vasculaires ont acqufe une plus grande excitabilité, par l'emploi antérieur de cou^ rants ooDstaniB.
J'ai fait ressortir l'avant-deroier cas nra-seulement parce qu^il montre que des spasmes alternatifs des membres dépendent d'InUalioni des grands hémisiAères, mais parce que je
412 EFFETS CATALTTIQI»
cherchais Toccasion d'annoncer un fait que j^étudie depuis longtemps et qui dans ce cas s'est pleinement confirmé , à savoir : que V interruption d'un courant constant embrassant un nerf musculaire, sa direction j sa force et sa durée se trouvant être dans des conditions convenables, peut avoir ^ plus qu'aucune autre action du courant, la faculté de surmonter le spasme dun muscle dépendant de ce nerf Mais dans ce cas, comme dans beaucoup d autres, il m'avait semblé probable que r effet antispasmodique du courant en général et de l'interruption du courant en particulier n'était pas seulement un effet périphérique, se limitant aux nerfs et aux muscles, mais bien que partant de la périphérie, soit par la voie des nerfs ou d autres tissus conducteurs^ il s'étendait aux organes centraux, dont Tétat anormal devient justement la cause de ce spasme. Pour expliquer cette manière de voir, je relaterai encore le cas suivant :
Madame Rosalie L... de Inowraclaw (n. 760), âgée de 25 ans, mère de trois enfants, me fut adressée, le 22 juin 1858, par M. le docteur Barschall. Il y a un an, après ses dernières couches, elle ressentit, à la suite d'un refroidissement et d'un violent accès de colère, dit-elle^ des points dans la partie gauche de la tête, elle y prêta cependant peu d'attention. U y a six mois, à la suite d'une contrariété, elle fut prise d'accidents cataleptiques, qui au début se répétèrent toutes les demi-heures, puis tous les quarts d heure, depuis peu toutes les cinq minutes, même toutes les minutes et qui durent de quelques secondes à une minute. L'accès consiste dans la chute subite du corps vers le côté où d'après les lois de la pesanteur il doit tomber. Dans la position assise, l'accès revêt donc la forme d'un sommeil subit, et les membres, lorsqu'ils sont soutenus par une chaise, par exemple, conservent leur position ; mais dès qu'on touche une partie quelconque du corps et qu'on cherche à changer la position des membres, les extrémités supé-
DU GOmURT G01I8TA1IT. 413
rieures et inférieures, les mains et les doigts sont pris d'une tensicm tonique spasmodique, qu'aucune force ne peut yaincre. Les médecins qui lui ayaient antérieurement donné leurs soins ayaient désigné ces états sous le oom de coniractures ; mais M. le docteur Barschall fit obsenrer ayec raison qu'il n'y ayait là que des mouyeroenis réflexes, parce que les doigts pendaient relâchés lorsqu'on n'y touchait pas, mais que, par amtre, les muscles des doigts entraient en une tension croissante dès qu'on touchait les doigts ou qu'on cherchait à les étendre. Le spasme réflexe tonique apparaît également lorsqu'on essaie d'ouyrir les paupières ou la bouche de la malade. Il apparaît même lorsque la malade tient, au moment de l'accès, un yerre à la main ; cette main serre alors conynlsiyement le yerre, et le conserye ainsi jusqu'à la fin de l'accès. La terminaison des accès a lieu toujours par la projection en dehors des bras et par l'ouyerture subite de la main, c'estpàdire, par un choc pareil à un choc gahanique intéressant les extenseurs. Les accès qui la prennent pendant le sommeil se terminent de la même manière, et la malade se réyeille. Je n'ai pas l'intention de traiter longuement id le diagnostic et la thérapie de ce cas, qui à cette heure se trouye encore en traitement, et dont Famélioration est progressiye. Je ne citerai que le fait, que les altematiyes de bien et de mal de cette maladie m'ont fourni souyent Toccasion de constater que des interruptions souvent répétées de courants constants qui parcourent les trajets nerveux des bras en direction descendantèf ont la propriété défaire disparaître ou ^le diminuer le spasme réflexe tonique^ non-seulemeni dans les membres traversés par le courant, mais encore uniformément dans tous les membres de la malade, tandis que des courants labiles et stabiles restent sans efiets (i).
0) M. Schoeolelntya las accès la Si JnlD, la fellle delà première
4 1 4 SFFII^ GATâLTTIQI»
Je n'ai pas l'intention d'aitribaer une signification antispasmodique absolue à Tint^rruption 4li COdlluat, mais je voulais annQniC0r^préalaèfeme9U fm ^4e? néme ^pie daftisies hésnipléffi^ et les parapU§iés le cour ont siabile et labUeprodtdt des effets centripètes^ de^ même on'obstrve cet effet dms les tpasmes centrausç lorsgt/an emploie Finterruptiein du courœstt. Le trajet m^nreox estnil ilans cef . cas Tîntèlviâdiîaire essentiel et exclusif (s'agit^il^ dans r«ii des cas, de la transun»* sion d'un état él^cti^toniqoe, et dans l'autre oas^ de la transnMssiw de roscillaUonnégatiyede courant?) ou a4ron afiEEuure simpleipent à des effets de courants dérités sûr les organes centraMX? Ce sont là des questions que la voie thérapeutique pourrarseule résoudre jusqu'à un certain point. Mais en tout cap ces indications suffiront ipour montrer quelles difficultés prâqentent.les études « sur les spasmes et les paralysies» que Dous publierons dans le deuxième volume de ce travail.
Appendice sur les effets cbi courant constant dans les affeo tions des organes des sens.
;, Je ne terminerai pas ce vohmie sans rétracter en partie les doutes que j'ai omis sur les données; datant du commence^ ment de ce siècle, sur les efiets curatife du courant dans les affections des nerfs de l'ouïe et de la vue. Ces données étaient en tout cas exagérées. L*obllgeance de M. de Graefe m'a cependant fourni l'occasion de me convaincre que le courant
séance ; quatre jours après^ il revit la malade lorsque déjà les accès étaient moins fréquents^ et que les membres étaient redevenus mous et flexibles pendant les accès. A l'époque des règles y les accès redevinrent plus fréquents et les membres plus raides. En même temps il y eut une fièvre quotidienne redoublée qui fut guérie en huit jours par le sulfate de quinine. En reprenant le traitement galvanique^ les membres perdent progressivement leur raideur de haut en bas. Ce fait démontre que le spasme réflexe tonique ne dépend pas des nerfs cutanés^ mais bien des nerfs articulaires. Je reviendrai souvent plus tard sur la valeur de ces nerfs quant au tonus des muscles.
reDfl d'excellents sen^ices dans certaines affections de l'œil dans lesquelles on ne peut pas douter quMl n'existe des altérations de la rétine, comme dans la photophobie idiopathique, dans certains cas de nystagmus et de myopie et dans les états consécutifs de la rétinite. Je m'abstiendrai d'entrer à ce sujet dans de longs détails, enjprésence de l'intention qu'a M. de Graefe de publier ses observations, qui, comme je l'espère, seront sous peu de plus en plus nombreuses.
Dans la dureté de l'ouïe j'ai également obtenu^ par l'emploi du courant, quelques résultats surprenants, dont cependant la valeur est, à l'époque qu'il est, encore amoindrie par les difficultés que le diagnostic de cet état pathologique présente (1).
(1) Je mentionnerai encore que des médecins Scandinaves ont attiré mon attention sur les applications du courant constant qui ont été faites par MM. Gnueli et de Willebrand. Dans les applications de la galvanocaustique trouvée par Grusell, et ai brillamment perfectionnée par M. Middeldorpf, le courant n'est pas en rapport avec les tissus eux-mêmes, mais simplement avec le iil de platine qu'il rougit, et qui agit de son côté sur les tissus. Il existe donc une différence profonde entre la Galvanocaustique et rÉlectrothérapie, en ce que cette dernière s'occupe de l'action électroly tique du courant sur Tétat moléculaire des tissus. Crusell a toutefois employé le courant galvanique dans le traitement des taches de la cornée et des tumeurs, et WUlebrand s'en est servi pour guérir des rétrécissements de l'urètre. Quoique mes travaux aient une toute autre direction, je ne manquerai cependant pas de publier quelques données historiques dès que je pourrai puiser aux sources littéraires qui jusqu'à ce jour me font encore défaut. Toutefois, en terminant, je répéterai encore que c'est au commencement de ce siècle qu'il faut rapporter les premières applications catalytiques du courant, comme je l'ai déjà démontré dans la partie historique de mon Introduction.
AWENDICE.
DE l'emploi des GOUEANTS GALVANIQUES DANS LE TRAITEKENT DES
PARALYSIES ET DES CONTRACTURES (i).
Dans la séance du 28 mars 1856^ H. Remak fit une communication sur l'emploi des courants galvaniques dans le traitement des paralysies et des contractures. Résumant d'abord les travaux et les observations depuis Volta, il dénîontra, par des expériences pratiquées sur un homme, les idées qu'il avait émises dans son travail « De Vélectrisaticn méthodique des muscles paralysés » (2* édition^ 4856). Il résulte de ces expériences qu'un courant induit faible^ qui^ lors de son application^ suivant le trajet des fibres musculaires^ ne provoque point ou à peine une contraction^ en développe une complète dès qu'il est introduit dans le muscle par le point d'immergence de son nerf.
H. Remak indique d'abord la marche qu'il suit dans ses expériences, pour examiner sur des muscles sains et malades les effets du courant continu, du courant interrompu, et du courant induit.
A l'occasion de ces expériences^ dont les résultats seront publiés plus tard, M. Remak a fait construire par MM. Simens et Halske quelques appareils^ dont il a pu constater l'utilité. Il fait passer ces appareils sous les yeux de la Société^ en expliquant leurs effets sur les muscles de l'homme :
V Un appareil à rouages^ qui peut interrompre n'importe quel courant soixante-trois fois (et au-dessous) dans une seconde.
(!) Extrait des Procès-verbaux de la Société de Hufeland^ du 28 mars i856.
TRAITEMENT DES PARALYSIES ET DES CONTRACTURES. il 7
2* Un compteur de C4>urants électriques, construit sur le modèle d'un cadran télégraphique. Ce compteur permet d'interrompre, dans une seconde, de quatre à soixante fois le courant, et de déterminer très-exactement le nombre des interruptions.
3"" Un appareil à extra-courant, dont Tinterrupteur est établi de manière à ce que l'opérateur est mattre de la fréquence et du rhythme des interruptions et des effets divers qui en dépendent. Cette régularité de l'appareil n'a pas encore été obtenue jusqu'à ce jour.
4^ Un changeur de courant» qui, dès la fermeture de la chatne sur le corps, donne une plus parfaite détermination de la direction du courant dans le corps, et permet de changer facilement cette direction.
H. Remak fait ressortir et démontre par des observations que, dans l'excitabilité si variée que présentent les nerfs moteurs et sensitifs dans les membres paralysés, ii faut que le praticien ait à sa disposition différents moyens d'interruptions et d'inductions, afin de pouvoir provoquer de fortes contractions, et rétablir l'excitabilité diminuée des nerfs, sans incommoder les nerfis sensitifs, et sans fatiguer les muscles.
A cette occasion, il mentionne aussi les avantages du changeur de courant, qui permettent (au moyen des alternatives de Volta] d'augmenter Texcitabilité d'un nerf, et de le rendre plus sensible à l'action de faibles courants.
M. Remak a fait un énergique usage du changeur de courants, dans le but de faire disparaître des contractures liées à des états paralytiques.
D'abord il a trouvé qu'une excitation exclusive des nerfs musculaires et des muscles antagonistiques aggravait l'état de leurs contractures, au lieu de l'améliorer.
On sait (et H. Remak l'a également constaté sur l'homme sain) qu'il existe par rapport à Texcilabilité, mise en présence de différentes directions de courants (alternatives de Ritter), une inégalité entre les nerfs des fléchisseurs (nerfs médian et cubital} et les nerfs des extenseurs (nerf radiai).
En dix jours, M. Remak, utilisant cette inégalité de l'excitabilité, a calmé chez un homme de soixante ans, hémiplégique depuis cinq ans, une contracture des fléchisseurs de la main et des doigts, en faisant passer par les nerfs des fléchisseurs et des ex-
418 APPEin>ICB.
tenseurs un courant induit, interrompu quinze fois par secondes, et changeant de direction à chaque seconde.
Pendant ce traitement, l'état normal d'excitabilité des branches du nerf radiai était parfaitement revenu.
Il a fallu, par contre, seiie Jours de plus pour rétablir pendant quelque temps Texcitabilité^ complètement abolie dans le nerf radial lui-même. Pendant le traitement, la chaleur du bras se rétablit, et l'œdème disparut.
H. Remak prouve, par cet exemple, combien une excitation seulement a locale » des muscles, c'est-à-^ire des branches nerveuses, est peu utile dans tous les cas où VexcUabilité des troncs nerveux est abolie.
D'un autre côté, on comprend pourquoi on peut obtenir, au moyen de la faradisation localisée, des effets curatifs dans les cas où, comme cela a lieu notamment d'après les observations de H. Remak dans les paralysies saturnines, l'excitabilité des troncs nerveux, quoique diminuée, n'est pas tout à fait abolie, tandis que celle des branches a plus ou moins disparu. Dans un cas d'atrophie musculaire progressive, H. Remak a trouvé les troncs nerveux moins susceptibles d'être excités que les branches. 11 faut, dans chaque cas, déterminer l'état de l'excitabilité du tronc et des branches nerveux, et tâcher de rétablir l'excitabilité tantôt dans une direction centrale, tantôt dans une direction périphérique.
CONTRIBUTION NOUVELLE A LA THÉRAPEUTIQUE PHYSIOLOGIQUE DES PARALYSIES ET DES CONTRACTURES (1).
A. De Vaction excitante du courant galvanique constant, -^ Depuis six mois, je suis occupé à déterminer les conditions embrouillées d'une expérience faite sur l'homme, et dont j'ai communiqué quelques nouvelles idées dans l'appendice de la deuxième édition de mon travail « sur l'électrisation méthodique des muscles paralysés. s> Dans les premiers résultats obtenus, j'in-
(i) Deutsche Klinik, 1856, n* 35.
THÂRAPBirriQUE DBS PARALYSIES ET DES CONTRACTURES. ^19
dique la circonstance que le courant continu augmente Texcitabilité dans les nerfs moteurs comme dans les nerfs sensitifs^ en tant que cette excitabilité se traduit par une contraction momentanée d'ouverture des muscles^ qui sont animés par le nerf traversé par le courant. J'ai trouvé^ de plus^ que la contractilitê d'un muscle, qui apparaît lorsqu'on fait agir sur lui un courant induit, est augmentée par l'application d'un courant constant d'une certaine force et d'une certaine durée.
Une des plus simples expériences dans ce sens est la suivante. Au moyen d'un faible extra-courant introduit par le nerf, on examine la contraction d'un muscle^ par exemple le biceps ; puis on fait passer par la môme voie, par le nerf et le muscle, pendant quinze à soixante secondes, un courant continu de 20 à 25 éléments de Daniell. Si on examine maintenant à nouveau la contraclilité du muscle, comme on l'a fait antérieurement, on constatera que cette faculté est tellement augmentée, que, par exemple, un courant induit qui, avant le passage du courant continu, n'avait provoqué qu'un léger raccourcissement du muscle, produit actuellement le soulèvement complet de l'avant-ôras.
B. Des alternatives de Ritter. — Il y a quelque temps (1), j'ai désigné sous le nom d'alternatives de Ritter un phénomène décrit par J. W. Ritter dans ces dernières années.
Ritter avait observé que les extenseurs et les fléchisseurs de la cuisse d'une grenouille, se trouvant à de certains degrés d'excitabilité, se comportaient d'une manière diffj^rente à l'égard des deux directions d'un courant galvanique continu ; c'est-à-dire que le courant descendant, passant par tous les nerfs, ne provoquait des contractions momentanées de fermeture que dans les extenseurs, tandis que le courant ascendant n'en provoquait que dans les fléchisseurs. PfaiT s'étant immédiatement prononcé contre ces propositions, à la vérité trop extrêmes, on ne les a plus, depuis cette époque, jugées dignes d'être examinées.
Dans le cours de mes expériences galvaniques, j'ai trouvé qu'il se produisait chez l'homme également des phénomènes qui cor-
(1) Cétait à roccasion d'une communication faite à la Société de Hofeland, sur l'emploi de courants galvaniques pour le traitement de contractures et de paralysies. (Voyez page 416:)
420 APPOIDICB.
respoadaient à ce qu'avait observé Ritter ; qu'ainsi, par exemple» un courant continu, passant par le nerf radial et médian, provoquait, selon l'une ou l'autre des deux directions, des contractions musculaires de fermeture plus for^ que dans les extenseurs, et que le même phénomène se reproduisait dans les fléchisseurs, en changeant la direction du courant.
J'ai cependant bientôt trouvé que des alternatives semblables se produisent sur les troncs nerveux dirigés dans le même sens. Ainsi, par exemple, le nerf médian et le cubital ; dans les branches d'un seul tronc, par exemple, dans la branche qui va d'un côté au long supinateur, et de l'autre côté dans les branches qui vont aux autres extenseurs. Les alternatives se produisent aussi dans les branches sensitives des troncs nerveux, où elles ont en général lieu dans le même sens que celles qui se développent dans les branches motrices ; quelquefois elles vont dans un sens opposé, de manière à ce qu'une direction de courant agisse simultanément sur les branches motrices d'un tronc nerveux, et sur les branches sensitives d'un autre.
A l'occasion de la communication citée plus haut, j'ai déjà indiqué comment j'ai utilisé ces alternatives de Ritter pour enlever une contracture des fléchisseurs de la main, dans un cas d'hémiplégie qui m'avait été envoyé par M. Sachse, médecin-major à Spandau.
C. De rinfluence du courant induit sur V extensibilité musculaire» — En 1845, Edouard Weber a conclu de ses expériences sur les muscles de la grenouille que, pendant leur activité, ces muscles deviennent plus extensibles, ou que leur élasticité diminue. Déjà, à l'occasion du malade qui m'avait été présenté par le docteur Sachse, j'ai supposé que l'extensibilité des fléchisseurs, augmentée par le courant induit (les extenseurs étant simultanément excités), avait pris une certaine part au résultat obtenu. Cette supposition se trouva contirmée par deux observations faites depuis lors.
Le docteur Bergson m'adressa une malade âgée de vingtquatre ans, qui eut, il y a deux ans, pendant ses couches, une attaque d'apoplexie, et depuis lors elle est affectée d'une paralysie du bras droit, compliquée d'une contracture non réductible des fléchisseui's de la main et des doigts. Je fais passer un cou-
TnbUPBCITIQUB DES PARALY8U» ET DBS COIITIUCTURES. 4SI
rant indoit par les fléchisseurs de l'avant-bras. Durant l'action de ce courant, on pouvait immédiatement et facilement ouvrir la main^et cette malade vit avec étonnement la paume de sa main, que depuis deux ans elle n'avait pu voir que très-rarement, parce que la contracture ne disparaissait que pendant le sommeil et pendant certaines émotions violentes. H. Bergson, son médecin, assistait à cette séance. Le relâchement des fléchisseurs perrâta jusqu'au jour suivant. Je reproduisis alors cette contracture, en fermant la main de la malade, et en lui enjoignant de diriger sur les fléchisseurs la faible volonté qu'elle pouvait encore exercer sur ces muscles. Dès ce moment, nouvelle impossibilité d'ouvrir la main. Je fis alors passer le courant uniquement par le tronc du nerf médian. L'extensibilité des fléchisseurs se trouva alors être bien plus grande que lors de la première séance ; elle fut si complète, que je pus malaxer la main comme de la cire, mouv(Mr tous les doigts dans tous les sens, et donner à la main la forme normale.
Les alternatives de Ritter, employées sur les branches du nerf radial et médian, produisirent alors une contraction des plus complètes des extenseurs, ce qu'auparavant on n'avait jamais pu obtenir. Depuis ce temps, la contracture des fléchisseurs peut être produite par l'excitation exclusive du nerf radial.
Le docteur Ascherson m'amena un malade affecté depuis une année de spasme dans le domaine du nerf accessoire. Cette affection a déjà produit la contracture du sterno-mastoîdien et du trapèze. Le malade peut facilement porter la tète du côté sain, dès que je fais passer un courant induit par le nerf accessoire du côté malade. Il est remarquable que l'excitabilité des muscles raccourcis est moindre que celle des muscles du même nom du côté sain.
Dans un cas de caput obstipum, que H. Langenbeck a guéri par l'opération, je n'ai pu constater avant l'opération, dans le muscle raccourci, aucune trace d'excitabilité.
Ces observations renferment des points de vue qui certes peuvent nous conduire à pouvoir résoudre un jour, par l'emploi des courants électriques, les contractures des muscles. Pour cela, il faut pouvoir augmenter Textensibilité du muscle raccourci, au moyen d'un courant induit agissant sur le tronc nerveux, et pendant ce temps établir une traction sur le muscle, ou bien faire
contracter les muscles antagonistes^ soit par la volonté da malade^ soit par une excitation électrique.
Vu la grande variété des causes qui donnent lieu aux contractures, on ne peut pas encore dire au juste quelles seront les contractures sur lesquelles ce procédé aura une influence durable. Ce procédé mérite en tout cas d'attirer l'attention des chirurgiens et des orthopédistes^ parce qu'il est peut-être appelé à remplacer dans certains cas le chloroforme. En effets d'après une communication orale de H. Langenbeck^ toutes les contractures ne sont pas toujours réductibles par cet agent anesthésique.
D. De Vexcitabilité des nerfs de muscles paralysés dans les paralysies centrales. — Hitter le premier a établi que les troncs nerveux séparés des organes centraux perdent d'abord leur excitabilité à leur bout central^ et que cette disparition est progressive du bout central au bout périphérique. Claude Bernard (i) ayant découvert que chez les grenouilles tuées par le curare l'excitabilité des nerfs moteurs disparaît immédiatement^ tandis que l'excitabilité musculaire persiste, j'ai consigné à la fin de mon travail a sur Télectrisation méthodique » la supposition que des cas analogues pourraient se produire chez l'homme malade. En effet, j'ai déjà fait ressortir, à l'occasion d'une communication citée plus haut, que chez le malade du docteur Sachse, âgé de soixante ans, affecté d'une hémiplégie consécutive à une apoplexie cérébrale, les troncs nerveux n'étaient nullement excitables; tandis que les branches, et plus encore les muscles, présentaient une excitabilité qui augmentait de jour en jour, sous l'influence du courant induit.
Cette observation, dont la valeur thérapeutique ressort d'ellemême, a été conïplétement confirmée chez la malade du docteur Bergson, affectée depuis deux ans d'hémiplégie apoplectique. Chez cette malade, les troncs nerveux sont inexcitables; ils le sont moins que les branches, et le nerf médian est plus excitable que le nerf radial. Cette manière de se comportercorrespond aux fonctions des nerfs, puisque chez cette femme la volonté n'a qu'une minime influence sur les fléchisseurs, et qu'elle n'en a pas du
(1) Leçons sur les effets des substances toxiques et médicamenteuses. Paris, 1857.
THÉftAPEUTlQUE DES PA1ALT8II8 ET DBS CONTRACTURES. 4Î3
tout sur les extenseurs : aussi peut-on, dans ce dernier cas, rétablir plus facilement et plus rapidement que dans le pren^er^ Texcitabilité des nerfs et des nmscles.
£. Des mouvements réflexes ioniques, et des alternatives centrales. — Je ne donnerai ici qu'une simple indication^ dont l'emploi thérapeutique restera encore à déterminer dans des cas convenables. On peut chez certaines personnes, au moyen d'un courant provenant d'uge batterie et passant à travers un nerf cutané du bras, provoquer des contractions toniques combinées, c'est-à-dire des contractions continues de groupes musculaires qui sont animés par le tronc du nerf cutané excité, ou par un autre tronc nerveux du même membre.
Le rameau superficiel du nerf radial qui longe l'artère radiale est un des nerfs les plus propres à ces expériences.
En faisant passer par le rameau superficiel un courant, et quand les individus sont choisis pour cette expérience, on provoque dans des groupes musculaires une contraction qui peu à peu augmente, et qui chez certaines personnes produit l'extension, chez d'autres la flexion de la main et des doigts. Cette contraction persiste aussi longtemps que le courant passe par le nerf cutané. En changeant la direction du courant, l'extension ou la flexion augmente ; et là où l'extension continuera pendant une certaine direction, la flexion reprendra dans une autre. Dans peu de cas, ce changement de la direction du courant produisit alternativement la pronation et la supination.
Ces expériences semblent démontrer que ces alternatives sont centrales d'origine, et qu'elles ne se rattachent pas seulement aux courants dérivés, comme on pourrait Tadmellre de prime abord.
Les mouvements réflexes toniques n'apparaissent en général que lorsqu'il se produit une douleur violente dans le nerf; cependant cette douleur peut exister sans mouvement, et ce mouvement se développer sans douleur notable. Les effets sont presque constants, à des époques différentes, pour chaque individu.
Il est des personnes chez lesquelles ces effets moteurs n'ayant pas lieu pendant l'excitation des nerfs cutanés, on peut les produire sans douleur notable, en agissant sur les troncs nerveux^ et provoquer ainsi toute cette série d'alternatives que j'ai mentf dans l'appendice de mon travail sur l'électrisation aiél
Je me vois forcé de me réserver pour plus lard uni
ff
424 AFPnfDICB.
plus développée |de des expériences^ qui semblent promettre un nouvel avenir à la thérapeutique électrique des maladies des nerfs (1).
0£ LA aSSOLUnON DE CONTRACTURES PARALYTIQUES AU MOYEN DU