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services rendus. Vous êtes de ceux sur lesquels il a le droit de compter, et moi aussi : cette double espérance me fait du bien et m'aide à supporter une absence que toute autre raison que le service public me rendrait hvs: cruelle.
A bientôt, toutefois, et croyez à tous mes sentiments d'amitié.
Léon Gambetta.
P. -S. — J'ai présenté vos hommages àMme Arnaud, qui a été très touchée, a parlé fort bien de vous. Je crois que vous voilà en très bon prédicament de ce côté.
Avez-vous vu le colonel Négrier ?
Paris, le 30 octobre 1882.
Mon cher père, je reviens de la campagne de Mme Arnaud, dans l'Yonne, un peu enrhumé, très reposé de corps et d'esprit, et prêt à reprendre le harnais parlementaire. Je suis chargé de t'envoyer les amitiés de tous mes hôtes qui te souhaitent une bonne santé et envient le climat sous lequel tu habites...
Je te recommande la discrétion sur mon projet de mariage l. Tu dois en avoir parlé à quelqu'un, car l'agence Havas a reçu de Nice une dépêche* dans laquelle on annonçait mon mariage; j'ai fait supprimer la dépêche ; mais évidemment on était informé là-bas et je ne m'explique pas bien comment, car tu es la seule personne à qui j'en aie parlé.
Je fais tous mes efforts pour décider mon amie à se
* Avec Mme Léonie Léon, dont il espérait avoir enfin vaincu la résolution de vivre dans l'ombre, volontairement effacée.
résoudre et je crois bien avoir fait quelques progrès, grâce surtout au récit que je lui ai fait de ta joie en apprenant pareille nouvelle; mais je n'ai pas encore triomphé de ses scrupules et de sa résistance : il faut donc des ménagements et surtout éviter la publicité.
Crois que je ne serai réellement heureux que le jour où je pourrai te dire que le consentement est obtenu : tu seras la première personne à qui je me ferai un devoir de l'annoncer.
En attendant cet heureux jour, que je presse de toutes mes forces, écris-moi le plus souvent que tu pourras; tes bonnes lettres, où respirent toute la sagesse et la délicatesse de ton àme, me font le plus grand bien. Si je ne réponds pas toujours exactement, ne te décourage pas et écris toujours.
Ménage ta santé et aime-moi comme je t'aime.
Je t'embrasse.
Ton fils dévoué,
Léon Gambitta.
t par cette confidence que nous terminons notre choix des lettres intimes de Léon Gambette ; nous avons, on le voit, publié celles ou il se montre dans toute la simplicité grandiose de son cœur. Le reliquaire de sa famille contient encore beaucoup de billets ei de pages ou brille surtout le généreux génie de sa bonté presque surhumaine ; mais les mains pieuses qui les feuillettent parfois referment discrètement
ici le livre ou rame du grand tribun, se racontant elle-même, éclaire encore, dans toute leur pureté désintéressée, les actes historiques de sa vie.
Cinq mois après sa mère, Gambette allait outrer dans le recueillement de la mort ,
Au plies fidèle de ses amis,