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DÉPARTEMENT

Arrondissement

MAIRIE DE SÈVRES DE Versulles-

Du premier janvier 1883, à deux heures de relevée. Acte de décès de Léon-Michel Gambetta, âgé de quarante-quatre ans, député de Paris, né à Cahors (Lot) le deux avril mil huit cent trente-huit, décédé hier à minuit en son domicile, à Sèvres, rue du Chemin- Vert, n° 14 ; fils de Joseph Gambetta, âgé de soixante-dix-huit ans l, propriétaire, demeurant à Nice (Alpes-Maritimes), et de Orazie Massabie, son épouse, décédée ; — le défunt célibataire. Les témoins ont été messieurs Eugène-Antoine-Marcellin Pellet, âgé de trente-trois ans, député du Gard, demeurant à Paris, rue de Babylone, n° 57, et Emmanuel Arène, âgé de vingt-sept ans, député de la Corse, demeurant à Paris, rue de la Bruyère, n° 36, tous deux amis du défunt. — Lesquels ont signé avec nous, adjoint au maire, faisant par délégation les fonctions d'officier de l'état civil, après lecture faite et le décès constaté par nous, soussigné.

Ont signé au registre : Marcellin Pellet, Emm. Arène, Mathieu, adjoint.

Les obsèques nationales de Gambetta furent — on s'en souvient toujours, parce qu'aucune autre cérémonie funèbre, dans le passé et dans la suite, n'a revêtu un caractère plus grandiose et plus poignant — la manifestation publique du deuil de toute la France patriote, sans distinction de partis.

Pourquoi le père de Gambetta, immobilisé à Nice par la vieillesse et la douleur, s'obstina-t-il à réclamer le corps de son fils, contre le vœu universel qui voulait lui élever, à Paris, un tombeau définitif? — C'est ce que nous avons le

1 Erreur : il avait dix ans de moins.

devoir de dire ici. au nom du vieillard disparu et de sa famille survivante.

Citons, d'abord, quelques-unes de ces dépêches innombrables qui vinrent, à Nice, adjurer Joseph Gambetta de laisser ériger dans la capitale la sépulture du glorieux tribun :

Gambetta père, Nice.

Ville-d'Avray, 2 janvier 1883, 2 h. 45 s.

Les obsèques nationales auront lieu à Paris, vendredi, à midi. L'invitation définitive est absolument réservée à votre décision.

Léris.

Au même.

Paris, 3 janvier, 9 h. 20 m.

Les obsèques sont remises à samedi matin, dix heures, afin de permettre à la population de Paris d'honorer votre enfant, dont la dépouille mortelle est en ce moment déposée au Palais-Bourbon.

Léris.

M** Léris, chez Gambetta père, Nice.

Yiiir-<r.\\ ray, 3 Janvier, 2 h. 20 s.

rleçu ta dépêche. Le dépôt au Père-Lachaise n'étant que

provisoire, je ferai partir le corps pour Nice à la date qui

era fixée par père.

Liait.

(.■niii.çthi jx-re, Nice.

Paris, 9 Jam 1er, 8 b. i.'i s.

Permettez-moi de joindre mes instantes prières à celles • (in «roui ont été adressées pour obtenir que les restes de

votre fils soient momentanément déposés dans le caveau de la ville de Paris. La solennité des funérailles perdrait de sa grandeur à la précipitation du transport. 11 sera toujours possible de prendre des dispositions définitives en rapport avec votre volonté. Prière 'de répondre télégraphiquement.

Léonie Léon.

Gambeita père, Nice.

Paris, 3 janvier, 3 h. 15 s.

Au nom de tous les meilleurs amis de votre illustre fils, nous vous supplions de consentir à une inhumation provisoire à Paris. Une nouvelle solennité aurait lieu ensuite suivant votre désir. Nous vous prions instamment d'envoyer ce soir une dépêche à Spuller, 2, rue Favart.

Paul Bert.

Spuller, 2, rue Favart, Paris.

— Ma résolution est inébranlable. Je veux que le corps de mon fils, après la cérémonie nationale qui peut néanmoins avoir lieu au Père-Lachaise, me soit rendu pour qu'il repose auprès de sa tante et de sa mère. Je préviendrai, demain matin, mon gendre'Léris à ce sujet et je lui fixerai ultérieurement le jour de départ du corps.

Gambetta père.

Léris, les Jardies, Ville-d'Avray.

— Je me suis mis en rapport avec le préfet pour régler toutes les questions de détail, concernant les obsèques et le transport de mon cher fils. Je suis en tout point parfaitement d'accord avec lui. Le préfet adresse à l'instant un télégramme au ministre de l'intérieur, lui faisant connaître mes intentions. Allez à la place Beauvau ou écrivez au ministre : il vous donnera des détails.

Gambetta père.

»l 1000 a Q kMMTTJ l'iiRK.

398 GAM13ETTA PAR GAMUKTTA

A Gambetta père, Nice.

Monsieur, je comprends et je partage vos sentiments. Votre douleur est incomparable, et je m'y associe. Mais songez à la mémoire de Léon Gambetta : laissez votre fils à Paris; il le mérite comme homme illustre. Je vous serre la main.

Victor Hugo.

3 janvier 1883.

Gambetta père, Nice.

Paris, 4 janvier, 6 h. 10 s.

Reçu dépêche; vu le ministre1. Vos volontés vont être exécutées. Je vous ferai connaître les heures de départ et d'arrivée à Nice pour mardi au plus tard, dès qu'elles seront fixées. Comptez sur moi.

Léris.

A Madame Juliette Adam.

CHAMBRE DES DÉPUTÉS pariS) le 5 janvjer 1883

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