LES " JARDIES
D'après une photographie.
fl. T, page 'J'61
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ScMiat qui soit une école de fçouverncmeiit, qui soit l'ami, le conseil de la Chambre des députés, « une Assemblée de contrôle, lion de conflit... ».
I*our réparer ses forces atteintes, il a (.-hcrcln'- une retraite près de Paris où il pm'sse <^oûter parfois le repos, près de la l'omme devenue indispensable à sa vie. Aux confins de Sèvres et de Ville-d'Avray, il a trcjuvé une humble demeure, celle tpi'avait habitée le secrétaire de lial/.ac, aux jardiis. Il commence à sentir l'infinie tristesse que donne parfois le spectacle des hommes; il lui faut maintenant les arbres qui ne j^iarlent pas, les ea,ux cpii doiinciit et, plus que jamais, la fenmie, le ^^rand philtre d'oubli. " Connue j'aime les plaisirs, nouveaux ))Our moi, de la solitude;, ce ^rand et bienfaisant silence, ces admirables retraites des bois, ces eaux calmes et endormies aux pieds des bruyères j)ari'umées, et surtout la volupté de se recueillir, de |-)i-nser et méditer à son aise, sans choc, sans railleries du dehors. Ce n'est pas à mon corjis, c'est à mon esprit que j'ai rendu la liberté, le calme, le repos réparateur. // (28 juillet 1878.) Et le 3 novembre, au retour de la campagne oratoire du Dauphiné : << J'avais retenu Testelin à diner. Il occupait ta place. Il a couronné le repas par un petit toast intime qui m'a été au c(ï;ur. II a vidé ini verie de vin du Cap à la f^loire de la belle hamadryade qui, sous les ombrajjjes de 'Ville-d'Avray, m'avait rendu à lasanié^ à l'avenir. //
Les Chambres se réunissent le 28 octobre. Débats irritants à propos des validations. L'ancien ministre de l'Intérieur, Fourtou, pour se défendre, attaque. Dufaure lance aux hommes du Seize Mai l'apostrophe célèbre : '< Vcnis qui me parle/ et qui me demandez ce que je représente, voulez-vous bien me dire quelle opinion vous représentez? Oui, il y a un parti sans nom!... » \Jx\i^ interruption de Gambetta provoque un duel au pisb^let, sans résultat, entre lui et lùjurtou.
Le 5 janvier 1879, élections sénatoriales, 82 sièges à pourvoir. 66 républicains sont élus, assurant aux gauches une majorité de 40 à 50 voix. La République est maîtresse dans les deux Assemblées.
Le 28 janvier, neuf commandants de corps d'armée, qui avaient dépassé hi durée légale de leur commandement, sont
relevés de leurs fonctions. Le maréchal n'en peut supporter davantage : par un sentiment de solidarité avec ses anciens compagnons d'arme*>, il donne sa démission. Immédiatement, Jules Grévy est élu à sa place. Waddington devient président du Conseil et garde le ministère des Affaires étrangères; Léon Say reste aux Finances, Freycinet aux Travaux Publics, Jules Ferry entre à l'Instruction publique (4 février 1879).
Waddington, savant, numismate, archéologue, membre de l'Académie des Inscriptions et Belles-Lettres, homme de cabinet, anglo-saxon d'esprit et de manières, paraissait avoir étudié plutôt l'histoire ancienne que l'histoire moderne; il savait l'une et l'autre et il allait le montrer bientôt. Mais il connaissait moins bien la Chambre et les difficultés de l'échiquier parlementaire.
De fervents admirateurs de Gambetta, M, Joseph Reinach et M. Gabriel Hanotaux, par exemple, pensent que Grévy, en arrivant à la Présidence en 1879, aurait dû offrir le ministère à Gambetta, vrai chef de la majorité. Tous les panégyristes de Gambetta ne sont pas d'accord sur ce point : d'autres estiment, que, à ce moment, le Sénat n'étant pas d'accord avec la Chambre, Gambetta se serait usé inutilement en ces conflits. Lui-même, d'ailleurs, pensa que son heure n'était pas venue : il se présenta à la présidence de la Chambre et fut élu le 31 janvier, par 314 voix sur 405 votants. Il monta au fauteuil le 6 février. Vif éloge de Grévy : « Je succède au grand citoyen, à l'homme d'État que les suffrages des représentants du pays ont spontanément appelé à la Présidence de la République, oi!i le suivent l'irrésistible adhésion de la France, la fidélité inaltérable du Parlement et l'estime du monde. S'il est aujourd'hui le chef de la nation, il reste ici notre instituteur et notre modèle. ;y Puis, ces paroles qui marquent ce qui, dans sa pensée, doit être une étape décisive : « Nous devons tous, à l'heure actuelle, sentir que les gouvernements de combat ont fait leur temps. Notre République, enfin sortie victorieuse de la mêlée des partis, doit entrer dans la période organique et créatrice. »
En régime parlementaire, le président de l'Assemblée doit être indépendant des partis et du gouvernement. La condition de son autorité est à ce prix. Il parle, il agit au nom de
LA PRESIDENCE DE LA CHAMBRE
l'Assemblée tout entière. Cette conception de la présidence est la seule compatible avec l'existence et les droits d'un Cabinet responsable. Aux Etats-Unis, le système représentatif, où. les ministres ne font pas partie des Chambres et dépendent du Président de la République, a produit des conséquences différentes. Le pouvoir législatif, s'il ne s'organisait pas fortement, risquait d'être paralysé par l'exécutif; la concentration de l'action législative s'est opérée entre les mains du président de la Chambre des représentants, de celui qu'on appelle làbas le speaker. Il n'a de commun avec le speaker anglais que le nom. A l'origine, il pouvait proposer des bills, des résolutions et des amendements. Aujourd'hui encore, il n'est pas seulement le président des députés, il est, jusqu'à un certain point, leur chef. Il a parfois tenu en échec le Président des États-Unis. Un tel phénomène est lié à l'ensemble du système représentatif américain ; il est une conséquence extrême de la séparation des pouvoirs et dans la logique de la Constitution des États-Unis, qui veut qu'aucun pouvoir n'absorbe les autres et que l'État soit toujours retenu du côté où il penche. Le jour où l'équilibre des pouvoirs serait rompu, la République serait atteinte.
Il ne peut }'■ avoir aucune analogie entre la présidence de la Chambre des représentants aux États-Unis et la présidence des Assemblées françaises. Une présidence politique — j'entends par là colle d'un homme qui reste homme de parti au fauteuil — est, avec un chef d"État constitutionnel et un ministère responsable, un non-sens. Le jour où l'esprit de parti pénétrerait la magistrature présidentielle, le régime parlementaire serait vicié dans son principe.
Un président d'Assemblée doit suivre toutes les affaires essentielles; mais un président descendant à la tribune pour se mêler à la lutte des partis, pour appuyer ou combattre un gouvernement, pour lui imposer une politique ou pour le défendre, tout cela, au point de \Tie parlementaire, est anarchie pure : tâtonnements qui se pouvaient comprendre à la rigueur dans une République encore dans l'enfance et cherchant sa voie, mais désordre indigne d'une démocratie adulte. Il fallait que la République, cinq ans après le vote de la Constitution, fût déjà bien solide, pour résister à de pareilles entorses.
En France, à travers toutes nos révolutions et nos fréquents
changements de régime, nous avons eu des types de présidents plutôt qu'un type de présidence; nous avons eu plus d'un président de parti, voire de combat, ce qui montre que, pour le fonctionnement des institutions parlementaires, nous sommes en retard de plusieurs siècles sur les Anglais.
Dupin, à l'Assemblée législative, mena, du fauteuil, un combat quotidien contre la Montagne et facilita ainsi indirectement le coup d'État. De même que la faiblesse de Sauzet avait contribué à la chute de la monarchie de Juillet, l'humeur combative de Dupin contribua à la chute de la deuxième République.
Au contraire, les débuts de la troisième furent marqués par une circonstance heureuse. Nous avons vu comment, sur les conseils de Thiers, Jules Grévy fut élu président de l'Assemblée nationale par les monarchistes en même temps que par les républicains. Grévy avait les vertus maîtresses du président : l'esprit clair, le sang-froid et l'équité. La consécration de ses adversaires politiques donna d'emblée à sa présidence une autorité incomparable. Non qu'un président élu par ses seuls partisans ne puisse atteindre au même degré d'équité; mais il est évidemment plus facile à un président de se montrer ferme à l'égard d'adversaires qui ont d'avance reconnu son autorité : mieux armé pour les tenir en respect, il est aussi plus fortement tenu de les respecter et de leur assurer la plénitude de leurs droits.
Gambetta présida la Chambre avec courtoisie, bienveillance et bonne humeur. Mais, au moment oi^i il montait au fauteuil, il était devenu le chef incontesté du parti républicain; dans l'opinion de ses amis, sa vraie place eût été au banc des ministres; lui seul eût pu retarder, sinon empêcher la dispersion des forces républicaines. Le fait est qu'il allait descendre plusieurs fois du fauteuil pour reparaître à la tribune et essayer, en des circonstances décisives, de diriger le parti. Les républicains, en le nommant, entendaient le désigner pour le pouvoir.
Or, faire d'une élection à la présidence d'une Assemblée une indication pour la présidence du Conseil, c'est là une pratique à laquelle on a pu recourir dans les premiers temps d'un régime, alors que les règles en étaient encore mal définies; mais en temps normal, c'est une pratique regret-
LA PRÉSIDENCE DE LA CHAMBRE
table, puisqu'elle rend fausse la situation du ministère, en faisant escompter son héritage et en le mettant à la merci de son successeur. L'influence que possède celui qui préside une Assemblée sur ceux qui en dépendent est déjà assez grande, pour qu'il ne soit pas incité par l'appât du pouvoir à l'exercer aux dépens de ceux qui gouvernent. A ce point de vue, la présidence du Sénat s'est toujours conformée aux vraies maximes parlementaires, tandis que la présidence de la Chambre d'abord s'en écartait.
D'ailleurs, les qualités et les vertus nécessaires à un président ne sont point celles d'un premier ministre. Elles sont même souvent le contraire. Tel, qui a la présence d'esprit au fauteuil, ne l'a pas à la tribune, et réciproquement. Ce sont deux choses entièrement différentes, qui veulent des dons particuliers. L'impétuosité, la fougue qui, à la tribune sont des forces, au iauteuil sont des faiblesses. Elles compromirent, sous la Restauration, la présidence du comte de Serre et elles servirent mieux Gambetta à la tribune qu'au fauteuil.
Ce modèle du président parlementaire, Jules Grévy l'avait réalisé à l'Assemblée nationale, puis à la Chambre, Il arrivait à la Présidence de la République à soixante et onze ans. Par un de ces paradoxes si fréquents dans l'histoire et particulièrement dans la nôtre, il devenait le gardien d'une Constitution dont il n'avait pas voulu, qu'il avait combattue de toutes ses forces, demeuré obstinément fidèle à l'idée de son amendement de 1848, qui avait fait sa réputation : une Assemblée unique, avec un président du Conseil des ministres chargé du pouvoir exécutif et révocable à toute heure. Plus tard, Grévy avait reparu au Corps législatif. Il avait refusé de faire partie du gouvernement de la Défense, ne concevant qu'un gouvernement légal. Grand bourgeois, il était aussi un grand lettré, savait par cœur Horace et Racine et les récitait, comme Gambetta faisait pour Rabelais et pour Mirabeau. Lorsque mon père me présenta à lui, à TÉlysée — je venais d'entrer à la Chambre, — il se mit en frais de coquetterie littéraire et, après avoir parlé avec éloquence d'Hugo, de Lamartine, de Musset, de Vigny, il nous récita, d'un trait, les cent cinquante vers des Etoiles, des Secondes Méditations . }c crus m'apcrcevoir que, dans son culte pour Lamartine, qui n'était pas encore
tout à fait sorti de son injuste disgrâce, il entrait quelque agacement contre la popularité un peu grosse qui se mêlait alors à la gloire d'Hugo; mais on sentait à la façon dont il disait ces vers, que le vieux juriste, l'orateur serré et lucide aimait dans Lamartine juste le contraire de ce que tant de gens y avaient vu, ces touches de réalité précises et vivantes, cette line lumière que le ciel de Milly a\'ait mise dans les yeux et dans l'âme du jeune poète et qu'il comparait à celle de l'Attique. En même temps que grand lettré, Grévy était grand juriste, et aussi, quand il allait à Mont-sous-Vaudrey, adroit chasseur et paysan madré, sachant la \'aleur des terres, des hommes et des tn:us; éloquence froide, lapidaire, où tous les mots portaient; dialectique puissante et fine; circonspect, réservé, galant et grave; économe aussi; tout en savante bonhomie, en réser\'e et en grisaille : frappant contraste avec Gambetta, âme populaire, cœur vibrant, généreux, parole véhémente. Le montagnard jurassien n'aimait pas, au fond, l'homme de la mer ensoleillée. Il le trouvait trop bruyant, trop exubérant. L'homme en dedans n'aimait pas l'homme en dehors. Cette flamme lui fatiguait les yeux; cette popularité formidable l'obsédait. Il avait été mis au courant des projets d'entrevue avec Bismarck et les trouvait risqués. Et puis, Gambetta voulait une majorité compacte, unie et, à la tête de cette majorité, un pouvoir fort, et lui-même à la tête de ce pouvoir, pour une grande action intérieure et extérieure : or, Grévy n'aimait guère l'action, il redoutait les aventures; il voyait tout sous l'angle de la politique intérieure; il préférait, après les secousses et les lièvres, un train de vie, des hommes et des ministères de tout repos. Il fut le Président d'une France convalescente. (Voir son entretien avec Scheurer-Kestner sur l'Alsace en juillet 1871, Publications de la Société Gambetta.) Après la mort de Gambetta, sa science juridique et son sang-froid rendirent à la France un service éminent, lors de l'incident Schnaebelé.
La jolie amie du tribun, blottie sous les ombrages des Jardies, qui, tout à l'heure ne goûtait pas autiint que lui le discours de Bismarck, ne trouva pas non plus très heureuse l'élection à la présidence de la Chambre. Pour lui, ce ne sera qu"un détour, puisque Grévy ne \'cut pas l'appeler au pouvoir;
LA PRESIDENCE DE LA CHAMBRE
mais est-il bien sûr que ce ne sera pas une impasse? Et est-ce bien là son afïaire? Il écrit à la nymphe, pour la rassurer : « Il me semble qu'à distance, tu juges sévèrement, amèrement, les faits accomplis; ta tendresse te trouble la vue »; je voudrais ^K t'expliquer les raisons de se réjouir, et la preuve
que j'ai choisi la bonne part, la part supérieure Je suis
désormais sorti de la campagne terrible des huit ans; la position est à nous; je vais pouvoir passer au deuxième programme, l'action extérieure et, me tenant au-dessus et en dehors des partis, choisir mon heure, ma voie, mes moyens — » Ainsi, la présidence était, à ses yeux, un poste d'écoute et d'attente, une préface : « Je vais pouvoir passer à l'action extérieure » ; « je vais pouvoir choisir mon heure ». Mais ce n'était pas lui qui était le maître de l'heure !
Le 14 juillet 1879, avait lieu la première revue de l'armée reconstituée. Il écrit aux Jardies : « J'ai senti remuer au fond de mon âme mes plus ambitieuses et mes plus sacrées espérances et ces grands desseins dont je ne peux m'abstraire aussitôt que je suis en présence de nos jeunes régiments. Je suis revenu de là le cœur gonflé des plus fortifiantes pensées. Au retour, j'ai retrouvé mon grand peuple de Paris et j'ai reçu de lui des acclamations enthousiastes, délirantes, que je n'accepte, en vérité, que comme un moyen d'atteindre le but patriotique que je me suis tixé, jamais comme une flatterie personnelle. J'en reviens toujours meilleur, plus fort, plus confiant. »
Toujours l'optimisme, non sans quelques pointes gasconnes, mais le patriotisme ardent, la passion pour l'armée, les espoirs sacrés, le suprême dessein, inflexible. Ah! comment a-t-on pu dire que son cœur avait changé, que son idéal n'était plus le même? Il ne cesse de porter en son cœur cette ambition qu'il ne peut pas avouer ou qu'il ne peut avouer qu'en la voilant par l'idée du droit.
Le 27 novembre, les Chambres s'installent à Paris. Dès lors, au Palais-Bourbon, il accueille tous ceux qui, dans le pays, se distinguent, soldats et diplomates, écrivains, financiers, industriels, commerçants; il les charme; il les écoute aussi, car ce grand parleur sait écouter, et il aime le talent chez les autres. Il ne cesse de s'instruire. Il a des corres-
pondants partout. Il déjeune avec le prince de Galles. Il dîne avec Renan. A ce moment, Concourt note ce propos d'un homme politique : les seules salles à manger à Paris où viennent les hommes d'État de l'étranger et dont les maîtres de maison tirent une force et une puissance extraordinaires sont celles de Girardin et de Gambetta; les déjeuners de Gambetta , dont les invitations « happent /> tout homme de marque, expliquent sa popularité en Europe; c'est ainsi qu'il est entré en relations intimes avec les membres des Parlements d'Angleterre, d'Italie, de Hongrie, de Grèce
Il est en coquetterie avec les artistes et il parle lui-même en artiste au monument de Corot. Il séduit les hommes de lettres, même les plus réfractaires, même ceux qui affectent un beau dédain de la politique, comme si l'action n'était pas le premier des arts! Flaubert, intime de George Sand, qui, en 1870, s'était montrée passionnément hostile au gouvernement de Tours et de Bordeaux, écrit : « Gambetta (puisque vous me demandez mon opinon sur ledit sieur) m'a paru, au premier abord, grotesque, puis raisonnable, puis agréable et finalement charmant (le mot n'est pas trop fort) ; nous avons causé seul à seul pendant vingt minutes et nous nous connaissons comme si nous nous étions vus cent fois. Ce qui me plaît en lui, c'est qu'il ne donne dans aucun poncif, et je le crois humain. » (Toujours la même gradation.) Alphonse Daudet, qui avait fait sur la défense en province un article fort sévère, déclare qu'il le retranche de ses livres, et écrit des pages, pleines d'émotion et de grâce, après sa rencontre avec Gambetta sous les ombrages de Ville-d'Avra}^ : « Gambetta, je le constatai avec joie, lisait tout, voyait tout, demeurait expert connaisseur et fin lettré. Ce furent cinq heures délicieuses.... » (Les Débuts d'un homme de lettres.)
Il était aimable, et le succès rend plus aimable encore. Mais tout le monde, autour de lui, ne subissait pas à un égal degré cette fascination. D'autres résistaient à sa bonne grâce. On lui reprochait de peser sur les gouvernants : comment auraitil pu en être autrement? Ses amis s'impatientaient; ils se considéraient comme sacrifiés. Ils accusaient Grévy de manquer à la règle parlementaire, en ne confiant pas le pouvoir au vrai chef de la majorité. Des clientèles se formaient à côté, des
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hommes nouveaux arrivaient et passaient sur le corps des plus anciens et des plus gradés : malaise, désordre.
Le 27 décembre, le Cabinet Waddington, divisé, impuissant, et qui n'avait paru vivre que dans l'ombre du président de la Chambre, donnait sa démission.
p. tlEScrtANËL — Gambetta. 16