‹ Gand & TournaiChapitre 7 sur 14 · O A N II · texte numérisé non relu

O A N II

rapporter les parties. Tl y a entre elles des différences de niveau considérables ; des voûtes se sont effondrées et la disposition des divers corps de logis est loin de s'accuser avec la précision voulue par un pan de mur ou une colonne. C'est donc arbitrairement que l'on dénomme « donjon a ou M chapelle », tel fragment mal défini.

Il y eut une cour basse et une cour haute : Sanderus indique leur emplacement. Le couloir, surmontant la porte d'entrée, forme une salie

de pur slyle roman, avec baie cruciforme et colonnettes géminées. Le donjon occupait le milieu delenceinte. Kn forme de carré long, sa masse, haute de trente mètres, ne mesurait pas moins de vingt-cinq mètres sur dix en superficie. L'appareil des murs atteste la date de leur construction, le X' siècle, sinon le ix', l'origine du château, rapportée à Baudouin Hras de l'er se trouvant ainsi confirmée. Philippe d'Alsace aurait renforcé le burg à son retour de Terre sainte, pour tenir en respect les Gantois.

Le donjon, à trois étages, à fenêtres rares et cintrées, se termine, dans l'estampe de Sanderus, par une plate-forme crénelée.

Des cimslructions souterraines, à colonnes trapues, à chapiteaux romans, peuvent être rapportées au xii° siècle. La •• chapelle » appuyée à l'ouest de l'enceinte, montre déjà des voûtes en ogive, alors que des colonnes romanes reçoivent leur retnmbée. lùi parfait étal de conservation

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•^ 4 •; ^ . -.^^'e romane d'un fort beau sU'le. Sa destination reste à définir. y. . >» ^.»^ extrémités s'appuie à une tour contenant un escalier dont ^ ,. -, ^ -f^i-.^e^ sub^iNtent.

, • ^, iu chemin de ronde, une vue intéressante sur une partie de .; . .^ Ken de curieux comme une promenade le long de ses créneaux. V *.' :'-a I.Jv^n populaire, très enracinée à Gand, veut qu*un passage >i.», .•■-,^.*i ai: relié le château à la campagne, permettant aux occupants . . >. . ,vier au besoin ou d'obtenir des secours. Cette tradition n'a été ,v •* '.V par aucune des découvertes résultant des travaux poursuivis

■>\»^ vL;*»structions.

'. i --.le de Bruge*^. qui nous fait face, conserve de jolies maisons ^•v" crn^"^ Fn la suivant jusqu'à la rue du Poivre, par la percée de celle-

T..e Haute, nou^ apercevons une série de façades du XV^lT siècle, de i^ ., i. UNe physionomie A Tangle de cette même rue, et de la rue du î\^^\rt\ unt* maison, datée de i^>44, par ses ancres, est un spécimen intéîx^xv^mt de Tèpo jue Le^ n" 6^), f>S et 70 sont dignes, également, d'inté- Tv^xxcr l'archéologue.

S'il nV»it trop pressé, l'artiste ou le curieux préférera faire un crochet à drv^iie, suivre les rues infiniment pittoresques du Pot-d'Ktain et d'Abraham. \<\ encore des constructions d'aspect caractéristique méritent de î'inléresscr. Il y a, notamment, le bel ensemble du Mont-de-Piété, rue dWbraham, érigé au XVII' siècle par le peintre-ingénieur Wenceslas i\»eberger, le promoteur de ces charitables institutions. Hikr I.EENT mex PHX AIKMKN* (XK'K SONDER INTKREST (ici, aux pauvres mêmes, l'on prête sans intérêt), dit l'inscription ancienne taillée au-dessus de la porte. Les armoiries de l'évêque Triest ne sont pas loin ; nul doute qu'on ne doive à la philanthropie du prélat ce secourable refuge.

Kn droite ligne, la rue d'Abraham nous mène à la « Cour du Prince » à pvMU^* mieux qu'un vestige. Tout se borne à un portique nouvellement restauré. C'est ici qu'à dater du XiV siècle, les souverains eurent leur résidence ; Charles Ouint y vit le jour. Au moyen âge on y tenait des lions. Albert DiJrer dessina l'un des fauves, avec la mention : Z,u Qeni^,

Nos pas nous ont conduit dans un milieu bizarre, imprévu, quelque diose comme une petite ville perdue dans la grande, le Béguinage désaffi'( té. Km|)reint toujours d'une atmosphère conventuelle, l'ensemble est exquis avec ses demeures basses, proprettes et riantes, tour à tour précédées d'un jardinet ou encloses, aux portes basses pourvues de heurtoirs.

1 (• .!• -^iii .i;»|' irtj' iit à la b.I>h"l!j'-«['J' iinjMTial»*. a Vienne

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On circule peu danse** quartier; c'est comme une nécropole, ayant sa place plantée d'arbres, son éjflise, — non, ses églises, — sa pompe banale et, aux confins de la cité bruyante, nous apparaissant comme un lieu de refuge et de méditation.

On y a érigé, dans un petit square situé derrière le chevet de l'église un monument à la mémoire du poète Georges Rodenbach, le chantre de

Bruges et de la vie claustrale. Cette sculpture, sorte de tombeau, est de Georges Minne.

L'ami du pittoresque ne peut omettre de visiter ce charmant et très typique ensemble, dont, il faut le craindre, les nécessités urbaines auront bienli'it modifié l'aspect' Xous quittons cette Thébaïde pour gagner le boulevard et ne tardons pas à voir se dessiner le profil imposant du « Rabot ». lîn passant, saluons la statue d'un bienfaiteur de l'humanité

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souffrante, du fameux aliéniste Joseph (iuislain, monument érigé en 1887, Uuislain fut le promoteur d'un nouveau traitement des aliénés, soumis précédemment à de véritables tortures.

I.e Rabot, dans une situation particulièrement pittoresque, constitue un type précieux de l'architecture militaire au moyen âge. A cheval sur la I.iève, l'histoire nous le montre comme une redoute élevée par les (iantois à la suite de leur énergique résistance contre l'empereur Frédé-

ric m et son fils .Maximilien, roi des Romains, en 1488. Commandés par Adolphe de Clêves, les métiers et les bourgeois eurent raison des assiégeants,

La première pierre du Rabot fut posée en i^Xf), le i3juin, apprenonsnous ]ïar les plaques, aux bt-aux caractères gothiques, mavonnces dans les parois de l'éilifi'e.

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Quelque peu modifié en 181^10. le " Rabot » se compose de deux lours ronde^i, aux toits coniques très aigus, reliées par un corps de bâtiment i haut pijfiKm à j^radius. Il commande la I.iève et en pouvait barrer le cours au moyen de herses, tandis que ses embrasures tenaient en respect l'assaillant. L'ensemble est d'un effet décoratif peu ordinaire, surtout du

côté de la ville. Vers Textérieur, les tours sont fortement cnleirés. Il est question d'en dégager la base.

La passerelle de la Liève. dont la vue s'étend sur le Rabot, nous conduit vers le pittoresque et rustique quai Saint-Antoine. Au fond d'un jardin, on y voit encore le local des arquebusiers de Saint-Anloine, dont la façade porte les insignes avec la date 1615. En majeure partie, les maisons basses alignées le long de la chaussée étroite formant le quai, ne sont guère moins anciennes, A certaines heures, leurs pignons reflétés par les eaux de la Lirve offrent au peintre un motif exiejitionnellemcnt heureux.

I,e pint de l'Académie traversé, nous gagnons le Musée archéologique, situé dans le proche voisinage, rue I.^ngue-des-Pierres. L'ensemble est digne, à tous les titres, de la plus sérieuse attention Bien que disposé avec méthode, il semble bien à l'étroit dans l'ancienne et pourtant spacieuse église des Carmes. Sa composition est extrêmement variée; elle permet au visiteur de passer en revue toutes les époques, représentées par des séries remarquables. Celles, notamment, du fer forgé et de la céramique, forment, à elles seules, un millier de numéros, sur deux

mille environ inscrits au catalogue. Celui-ci, œuvre de M. Herman van Duyse. conservateur aujourd'hui défunt, est fort instructif. Il date malheureusement de i8t(6.

L'attention du visiteur peut être utilement dirigée vers quelques objets tout particulièrement remarquables, X' 628. Figurine en terreémailléede guerrier gantois, du xin' siècle, débris trouvés dans des fouilles du Marché du Vendredi, en 1HC14 ; autre fragment du même genre, trouvé en iSgg. I-a série des étendards comprend la bannière des Gantois au XVl' siècle. a%'ec la Pucelle emblématique de la cité n° 775I. X" 871, enseigne d'un chirurgien-barbier du xvii' siècle, où se voit le barbier rasant un mouton, sujet dont il existe une estampe ancienne: n" S75, ancien coffre aux privil(-^,'i*s dos métiers, diitant du XIV siècle et procédant du Beffroi.

J.a ville a, du reste, enrichi son musée de souvenirs précieux, de tout genre. C'est ici. notamment, que sous les n " looi à ino6 nous voyons

les précieux insignes des messagers de la Kourc de Gand, mènt-triers du Beffroi, pièces d'orfèvrerie remarquables du XV siècle, exécutées par Corneille de Bont, pourvues de leurs jolies gaines de cuir. Un prix énorme fui offert, il y a quelques années, d'un de ces objets, par un opulent collectionneur parisien. I-a masse de<< huissiers de la Keure, sous Philippe II, est, de même, un remarquable travail de ciselure ; le collier du doyen de la gilde des Arquebusiers, en or, décoré d'émaux translucides, morceau du XVii' siècle, d'un dessin admirable; un églomîsé

flamand de 1513, représentant sainte Catherine dans un bel ornement d'architecture; un autre spécimen du même genre datant du xV siècle, représente la Trinité. Des tapisseries magnifiques sont signées van den Heke. Une cotte de héraut d'armes, au blason de l'Empire, du xvi' siècle, selon le catalogue, mais moins ancien, pensons nous. Ravissant médaillon de cire de Laurent du Bois, a'I. 48, 1581. Divers curieux costumes locaux; dans le nombre, un masque de femme, en cuir bouilli, datant du xvi' siècle, trouvé dan^ un puits à la Cour du Prince ; un second masque, en velours noir, du XVll' siècle, pièce de conviction provenant du greffe du Conseil de Flandre! De splendides bassins liturgiques en cuivre, portant des gravures et datant du XlV siècle, trouvés dans le lit du Bas-Escaut. Au centre. Dieu le père ; à l'entour, des tètes nimbées. D'admirables plaques tombales de cuivre gravé. N" njoo, celle de Guillaume de Wenemar, silhouette profondément entaillée, dont les creux

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simt rehausses (iV-mail noir, donc, un véritable nielle Le personnage, tué en 1,^25, dans un combat, est représenté de grandeur naturelle, nu-tètc, armé de toutes pièces, tenant 1 eru émailtê à ses armes, et l'épée haute, avec <fs mots gravés sur la lame : hombunl diidiiin nprobi nu- ccrnerr iiiuliiin. (Toujours, les méchants ont frémi de me voir nue.) A tous égards, une œuvre de premier ordre.

\on moins belle, la plaque de Marguerite de Brune, épouse du pré-

cédeni, n" lyii. également gravée et niellée. La dame élève les mains jointes en prière.

I-c n* njoi), pla<iue tombale, en cuivre doré et niellé, de l'abbé mitre Léonard Bette, miirt en l'io;. travail des plus distingués portant la signature : /./T"!-/-/ iiin l''-;hiiii un- t'ccit Mci-liliniif. Cette plaijue ne pèse pas moins de cent kilos.

Dans la classe des meubles il en est d'absolument remarquables, le n" 'i22 notamment, daté de n-io, ayant servi à la cimservation des anliives de la c<)rporation des marchands de vin. Le cabinet en style rncaille. n" 'iH. est une o'uvre exceptionnelle. Oeux figurines en bois, d escriiu.urs, datant du XIV siècle, proviennent de IVglise Saint-Jacqu--s ; nous les reproduirons, l-'ne immense chaussure offerte, remplie

d'or, au conseil de Flandre, en 1783, par la corporation des Savetiers, est une pièce intéressante. Il y a, en outre, quelques tableaux d intérêt historique réel. L'un (n" 1895), signé P, Ileelant, rappelle la légende gantoise du fils bourreau de son père, qu'on voit figurée dans Sanderus, sur le pont dit « de la Décollation ». Un père et son fils ayant encouru la peine capitale, le magistrat offrit de faire grâco à celui des deux qui pro-

céderait au supplice de l'autre. Le fils ayant, sur les instances du père, consenti à se faire l'exécuteur, l'épée se rompit entre ses mains au moment où allait s'accomplir cet acte sacrilège. — X" 1SS4, J. B. van Volxsom : Joyeuse entrée. i> Gand, de l'empereur Charles VI et son inaugiiriition au iiiarelié du Vendredi. Peinture des plus intéressantes, ayant autrefois orné la salle des lûats à l'Ilôti-I de Ville. L'empereur est représenté par le marquis de Prié, son Gouverneur (îénéral aux l'ays-llas, dont visage ne dément pas la dureté que lui reproche l'histoire

Kn sortant du musée archénlogique, à gauche, par la ruelle des 'lonneticrs dont il formi' l'angle, nous avons, du même côté, un porche donnant accès à l'ancien cloilre du couvent dis Carmes chaussés, immeuble

devint, au xiT siècle, une sorte de Bastille, précaution d'un pouvoir ombrageux contre la fièvre d'émancipation de la grande commune qui eut l'honneur d*étre Téternel champion de la liberté, au centre du pays le plus libre du monde. »

A le considérer sous son aspect actuel, le Château est en quelque sorte une résurrection. Au nord et à Touest ses puissantes substructions sont baignées par les eaux de la Liève. On peut le mieux en embrasser l'ensemble de la rue de la Monnaie, ou du fond de la ruelle dite le Petit Gewat, passé le pont de la Décollation.

Sans autre communication avec l'extérieur qu'un passage voûté, son enceinte est formée de vingt-sept tours semi-circulaires, raccordées par un mur, crénelé comme elles. Ces tours, à proprement parler des échauguetles, reposent sur des contreforts, circonstance à laquelle la forteresse a dû de pouvoir braver l'assaut du plus redoutable des ennemis : le temps.

Les travaux de restauration, intelligemment menés par M. Dewaele, en ont, jusqu'à ce jour, respecté la ph^'sionomie primitive. Deux tours octogones, reliées par un étage, défendent la porte romane surmontée d'un cartel quadrilobé avec l'inscription :

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