‹ Gangrène et perforation du CecumChapitre 11 sur 48 · CHAPITRE Ill · texte numérisé non relu

CHAPITRE Ill

Pathogénie

Quels sont ces processus pathologiques et dans quelle mesure peuvent-ils retentir sur la paroi cæcale, jusqu'à y produire une ulcération qui sera l'origine de gangrène et de perforation. De nombreuses explications en furent données.

Nous pouvons ranger en 4 groupes les théories émises |

Pour les uns (Th. Anger, Combes), on pourrait faire jouer un rôle destructeur au suc gastrique jusque dans le cæcum. C'est la TréoR1iE PEPTIQUE qui, appliquée au gros intestin, est irrationnelle. Celui-ci est totalement différent de l'estomac et si l'on à pu dire que le cæcum était un second ventricule digestif, ce n’est pas à l’homme mais à certaines espèces animales que peut s'appliquer cette affirmation.

Pour d’autres, il y aurait une origine névrotrophi-

que, simple hypothèse d'ailleurs, qui n’est confirmée par aucune démonstration directe.

Virchow fit adopter, en Allemagne, la théorie des troubles circulatoires locaux, d'après lui, l’ulcère se rait dû à l’oblitération des troncs artériels à la suite d'infection des tuniques vasculaires, de dilatation anévrismatique, ou d'arrêt d’embolies.

Dans les cas où l'on a signalé une oblitération artérielle comme cause d’ulcère gangréneux circonscrit, les lésions ne rappellent point ce que l’on a coutume de trouver dans la perforation gangréneuse dont nous nous occupons. Il y a là, en effet, une hyperhémie intense de la muqueuse avec infiltration et hémorragie diffuse de toute la paroï et presque toujours il s’agit là d'une gangrène étendue non point à un segment circonscrit, mais, au contraire, à une grande étendue d’intestin, parfois un mètre.

Des expériences de Kohn, de Lebert, ont montré que certaines altérations limitées de la paroi étaient dues à l’oblitération des petits vaisseaux de la sousmuqueuse, oblitération ramusculaire. IL est vraisemblable dé penser que ces altérations d’artérioles sont secondaires à un processus infectieux et ne sont pas primitives.

Enfin, l’inflammation (théorie de Broussais, Cruveilhier) serait la cause première des troubles constatés.

Mais pourquoi, ainsi que Cruveilhier lui-même le faisait remarquer, cette inflammation resterait-elle

toujours localisée, circonscrite en un point, laissant î les autres points de l'organe absolument normaux. M. Letullè, à cette théorie d’inflammation directe, a substitué l'idée d’une inflammation de la paror muqueuse par voie vasculaire, il s'agirait ainsi d’une véritable embolie septique au niveau de la termi-

naison des artérioles intestinales.

Contrôlée dans certains cas, cette théorie, dans beaucoup d’autres circonstances, n’a pu être vérifiée.

Pour Gandy, les ulcérations. cæcales seraient dues

+ à une toxinémie ; celle-ci, née en un point quelcon-

que de l'organisme, se répandtait par voie sanguine et causerait à distance, dans les organes, une lésion destructive et ulcérative.

Trois ordres de toxinémies ‘pourraient être envisagés :, #

1° Les unes dues à l’apport de principes nuisibles, étrangers à l’inflammation (principes minéraux, mercure, plomb, arsenic, ptomaïnes, alcool, etc.).

2° Les toxinémies dues aux produits des agents pathogènes.

3° Les toxinémies dues aux auto-intoxications.

Dans toutes il y aurait des lésions ulcératives, débutant par la nécrose hémorragique avec localisation élective sur le tube digestif ; d’ailleurs ces lésions peuvent avoir un processus chronique au lieu du processus perforant, gangréneux que nous signalons.

Telles sont les théories pathogéniques mises en

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