CHAPITRE VIT
Traitement :
En effet, au point de vue pratique, il importe moins de diagnostiquer la nature de la lésion que l'existence même d’une lésion localisée et si l’on réfléchit aux suites rapides et funestes qu'entrainent toutes ces affections aiguës, il est logique de recourir de bonne heure au seul moyen d'exploration directe que nous ayons à notre disposition, la laparotomie exploratrice. +
Elle doit être précoce et large. Il y à là une ques- ‘tion d'urgence qui ne saurait se discuter. Mais encore convient-il de poser d'emblée le diagnostic du siège. Si l’on hésitait, il y aurait lieu de pratiquer une incision médiane et d'aller toujours et d’abord au cæcum et à l’appendice avant d'explorer les auires segments du tube.digestif (estomac, duodénum, intestin grêle, colon pelvien).
Mais le plus souvent le diagnostic de siège est fait
mu. x
et l'on pourra se contenter d’une large incision latérale dans la fosse iliaque droite, centrée à peu près sur l’épine iliaque antéro-supérieure. ‘mais descendant cependant assez bas vers l’arcade crurale.
Sortir le cæcum avec précaution en même temps que l’on extériorise toute la région iléo-cæcale après avoir pris-soin de garnir la lèvre interne de lincision pour protéger la grande cavité abdominale.
Il s'échappe peu de liquide du péritoine. Parfois cependant on peut d'emblée rencontrer la présence de parcelles stercorales, signe évident de la perforation. ;
L'appendice, dans la majorité des observations est sain, libre et normal. On explore alors le cæcum sans oublier de l’examiner sous toutes ses faces étant donné la possibilité de perforations de la face postérieure.
En présence d’une plaque de gangrène, on doit essayer de l’enfouir si elle n’est pas trop large et si les tissus environnants ont une solidité suffisante. On fera de même pour une perforation. Quand la surface à enfouir est trop vaste ou que les tissus sont sans consistance, si l’état général le permet, on peut essayer d’une résection iléo-cæcale, intervention idéale, mais dont le pronostic opératoire est forcément beaucoup plus grave. Si létat général est trop touché, on peut essayer l’extériorisation de fa région cæcale malade. Il en résultera une fistule cæcale que l’on traitera secondairement.
Dans tous les cas, il convient de drainer.
Enfin, il sera bon d'associer au traitement chirurgical un adjuvant sérothérapique sous forme de sérum antigangreneux à haute dose dans la plaie opératoire et les tissus pariétaux.
Nous avons dit que, dans le cas où l’on aurait affaire à un dysentérique ancien présentant des phénomènes coliques très accentués qui fassent craindre une complication grave, il convenait de faire un traitement à l’'émétine qui seul pourrait peutêtre permeltre d’enrayer le processus inflammatoire ou infectieux générateur de gangrène et de per-
foration du cæcum.
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