OBSERVATION XVII
Typhlité aiguë primitive (Stercorale) par M. P. Sick, Deuische Zeitschrift f. Chirurgie, LXX.
I s'agit d’une femme de 58 ans, grosse, grasse, prise brusquement de frisson, de fièvre avec douleur dans la fosse iliaque droite. Après une courte accalmie la température remonte à 39,8 en même temps que l’on note une grave altération de
l’état général. On procède à l'intervention d’urgence au 6° jour ; dans la région iléo-cæcale on sentait une résistance nelle large comme la main. Le diagnostic porté était celui de pérityphlite avec abcès circonscrit.
Pourtant sous l’anesthésie la paroi détendue n'offrait pas de signes de fluctuation.
Incision au-dessus de l’arcade. Infiltration légère des masses musculo-aponévrotiques, mais le péritoine n'est pas épaissi, il est transparent et laisse voir les anses grêles sous-jacentes et sous le doigt on perçoit la tumeur non fluctuante dont la sensation est celle d’une masse molle qui se laisse pétrir.
A l’incision du péritoine on trouve de fines adhérences. On amène l’appendice, il est libre, normal ; c’est le cæcum que l’on sentait, il est très mobile.
Sur la paroi antérieure, en bas, on trouve un soulèvement en ampoule de la tunique séreuse, gros comme un pois. À ce niveau la paroi est amincie et transparente. Il s’agit d’une plaque ulcéreuse. Dans le voisinage on trouve quelques points suspects d'apparence analogue: On enfouit sous un surjet séreux la zone qui menace perforation, on ne touche pas à l’appendice. Fermeture incomplète, tamponnement.
Après quelques nouveaux accès fébriles et plusieurs débécles fécales, la guérison survient.
I s'agissait donc d’une typhlite grave avec intervention nécessaire comme dans l’appendicite proprement dite.
OBSERVATION XVIII Ulcération du côlon et du cæcum.
A. Parker, St-Bartholomew’s Hosp. Reports, 1887, v. 2350 D: 218: RE Emma H..., 49 ans, tombe de voiture le 14 août 1887. Elle entre à l'hôpital le 16 pour contusions de la face et de la cuis-
se droite, et douleurs abdominales. Pas d’antécédents abdominaux. Etat général grave ; la malade constipée pendant 6 jours à la suite de son accident, a des vomissements continuels, verdâtres et aqueux. |
Le 0, débäcle intestinale, sans doute provoquée par un purgalif, selles nauséabondes, diarrhée ; les vomissements cessent ; la fièvre, la diarrhée persistent, pas d'albumine.
Le 28 aoûl, on perçoit, au niveau de l'angle colique droit, un empâtement diffus, la malade est faible, la température normale. Peu à peu se développe une tumeur de plus en plus considérable, au niveau de la plexure hépatique du côion.
Affaiblissement graduel, selles irrégulières, abondantes, de couleur foncée, nauséabondes, en diarrhée.
Le 20 septembre, toux, expectoralion pneumonique, râles crépitants fins aux deux bases. La diarrhée et la cachexie progressent ; mort le 20 octobre.
‘Autopsie. — Thorax : Cœur et péricarde sains. Plèvres normales. Poumon droit : base hépatisée, suppuration disséminée. Poumon gauche :\bronchopneumonie généralisée ; les bronches sont pleines de pus. ee
Abdomen : Péritonite chronique généralisée ; les anses intestinales adhèrent partout entre elles. Autour du cæcum el du côlon ascendant, on ‘trouve une collection de malières fécales el de pus qui s'étend en haut jusqu'au diaphragme, passant en avant du foie. Le pus et les fèces sont contenus
par des adhérences. Au fond du cæcum, en un point opposé
son insertion péritonéale, on trouve un ulcère circulaire bords mousses, arrondis, qui a perforé l'intestin et ne présente aucun signe d'évolution récente.
Il est aussi grand qu'une pièce de trois pence. Dans le côlon ascendant, à sa paroi antérieure, à 3 pouces du cæcum, on trouve un second ulcère similaire deux fois plus grand que celui du cæcum. Pas de signes de fièvre typhoïde, de dysenterie, ni de tuberculose.
Les intestins sont très mous et en putréfaction.
Le rein droit est atrophié congénitalement : il à la taille d'un rein de bébé ; par contre, le gauche a le double des dimensicns normales. Les autres viscères abdominaux sont normaux.