‹ Garcia MorenoChapitre 13 sur 183 · Viedesainl Turibe^ pardom Bérengior, p · texte numérisé non relu

Viedesainl Turibe^ pardom Bérengior, p

saintes, des prêtres héroïques, des missionnaires toujours en quête d'une àme à sauver, des religieux comme le B. Martin de Porrez, et le B. Pierre Claver, s'installant au lit des pestiférés; des vierges arrivées au sommet de la perfection, comme sainte Rose de Lima et cette bienheureuse Marianne de Jésus que ses contemporains surnommèrent le lys de Quito.

C'est ainsi que, fidèles à leur mission divine, les monarques espagnols firent du Nouveaux-Monde la terre de la Sainte-Croix, Tierra de Sanla Cruz^ comme on l'ap-^ pelait au XVr siècle. Ces peuples conquis par leur épée, ils les ont dotés de la vraie foi et de la vraie civilisation; et cette foi, nous en verrons bien souvent la preuve, ils l'ont tellement ancrée dans les cœurs, qu'il semble impossible de l'en arracher. Pourquoi faut-il qu'après ce juste hommage rendu aux rois d'Espagne, les premiers colonisateurs du monde S nous soyons obligé de signaler la grande faute qui prépara la ruine de ces admirables colonies, le plus beau fleuron de leur couronne?

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RÉGÀLISME ET RÉGICIDE.

Au siècle dernier, dans l'odieux dessein de fomenter l'insurrection et de ruiner le catholicisme aux colonies,

1. - Il y a une grande différence entre les colonies fondées par les Français, les Portugais, les Espagnols, et celles formées par les Anglais et les Américains des États-Unis. Les trois premiers l>euples ont laissé pai'tout des germes abondants de catholicisme et de civilisation, tandis que, si los Anglais et les Américains se retiraient de leurs possessions, il ne resterait après eux que des ruines dans un désert et la nuit dans l'erreur. » (Manning, Discours prononcé à Mill-Hill, 1869.) Avis à nos modernes colonisateurs de l'Algérie, du Tonkin, et de Madagascar.

les encyclopédistes accablèrent d'anathèmes les monarques espagnols qu'ils accusaient d'avoir tyrannisé pendant trois siècles les indiens et les colons du Nouveau-Monde. Et Ton trouve encore aujourd'hui des catholiques qui, sur la foi de ces faux humanitaires, nous parlent sérieusement des « trois siècles d'esclavage ».

Admettons qu'aux jours troublés de la conquête, des chercheurs d'or, venus en Amérique à la suite de ces chercheurs d'àmes dont nous veûons de rappeler les dévouements sublimes, se soient déshonorés par des actes de barbarie, ainsi que le prouvent les protestations immortelles bien qu'un peu déclamatoires du dominicain Las Casas : est-il juste de faire retomber sur les rois d'Espagne ou sur la nation espagnole la responsabilité de ces méfaits individuels? L'histoire vraie démontre, au contraire, par des faits irrécusables que Ferdinand et Isabelle, Charles-Quint et Philippe II, ont employé toute leur puissance à sauvegarder la liberté et le bien-être des indigènes. Qu'on lise dans le recueil des lois espagnoles les règlements contenus sous le titre de Bon traitement des Indiens ^ , et l'on verra que ces dispositions ont été dictées par un amour profond de l'humaaité et de la justice. Pour assurer le respect et l'observation de ces lois, les rois catholiques créèrent un protectorat spécial des indiens, protectorat dont furent investis les Frères-Prêcheurs, qui toujours s'étaient montrés les ardents défenseurs des opprimés. Quant aux exacteurs et aux malfaiteurs, il les punirent autant que le permirent Téloignement et retendue des provinces conquises.

S'ils ont autorisé les répartitions ou distributions de travailleurs entre les colons, c'est que, dit le protestant

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