Message de
sible à toutes les classes de la société, Garcia Moreno ne recula pas devant une conception plus grandiose, mais en apparence absolument chimérique : la création sur ces montagnes d'un enseignement supérieur, qui rivalisât avec celui des nations les plus en renom dans le monde scientifique. Son génie passionné pour les hautes sciences, joint au désir de former des professeurs capables de développer riustruction dans les collèges et les écoles, le pressait de couronner l'édifice. Pour ne point s'exposer aux ravages d'une science impie et corruptrice, il comprit que la religion devait présider à renseignement supérieur, plus encore qu'à celui des collèges et des écoles, aussi son premier acte, en reprenant le pouvoir, avait-il été de dissoudre Tantique université de Quito, trop peu initiée aux progrès modernes, mais en revanche très avancée dans les idées révolutionnaires. Sur ses ruines, il fonda une nouvelle université vraiment catholique et vraiment progressive. Selon les prescriptions du concordat et en vertu du Docele omnes gentes^j les évèques avaient la haute main sur l'enseignement. Les livres de religion et d'histoire sacrée devaient être désignés par eux, et les ouvrages littéraires ou scientifiques, revêtus de leur approbation. Quant aux professeurs, Garcia Moreno nommait des savants, mais avant tout des chrétiens, sur la doctrine desquels il pût compter. Au sommet des Facultés présidait la théologie de l'Ange de l'école, comme le soleil qui éclaire. tout l'enseignement. Avant que Léon XIII eût remis en honneur la Somme de saint Thomas, on discourait chez les dominicains de Quito sur cette thèse : « Pour extirper de notre société moderne les erreurs dont elle est infectée, rien de plus nécessaire, aujourd'hui, comme dans les siècles passés,