‹ Garcia MorenoChapitre 157 sur 183 · El Nacionaly 18 janvier · texte numérisé non relu

El Nacionaly 18 janvier

Europe, ne fit écho au grand justicier. Du reste, il ne se faisait aucune illusion sur le résultat de sa démarche : « Je n'espère pas, écrit-il à un ami, que les républiques sœurs répondent à notre invitation de protester contre la sacrilège et mille fois infâme occupation des États pontificaux. Par cette invitation, d'ailleurs, je n'ai eu en vue que d'accomplir mon devoir de catholique et de donner à notre protestation la plus grande publicité possible. La Colombie m'a remis une réponse négative en termes modérés ; Costa-Rica, une réponse également négative en termes insolents; la Bolivie m'a fait dire avec une grande courtoisie qu'elle prendrait mon projet en considération; quant au Chili, au Pérou, et aux autres États, ils n'ont pas même daigné m'adresser un accusé de réception. Après tout, qu'importe? Dieu n'a besoin ni de nous, ni de rien, pour accomplir sa promesse, et il l'accomplira en dépit de l'enfer et de ses satellites francs-maçons qui, par le moyen des gouvernants, sont plus ou moins les maîtres de l'Amérique & l'excep* tion de notre patrie. »

Si les rois et les présidents de république firent la sourde oreille, l'effet de cette protestation fut immense sur les peuples. A l'Equateur, elle provoqua une grande manifestation nationale, à laquelle s'associèrent tous les dignitaires de l'ordre civil, militaire et judiciaire. Dans de magnifiques adresses au délégat apostolique, tout le peuple disait comme les habitants de Quito :

« Nous ne pouvons rien contre ces odieux attentats, mais nous les réprouvons, nous les condamnons de tout notre cœur, et nous demandons au Dieu des nations et des armées d'abréger ces temps de tribulation, en rendant au chef de l'Église sa liberté et son indépendance. »

Après avoir flétri la spoliation, l'adresse du clergé en appelait « aux souverains de cette Europe qu'on appelle

civilisée, à ces puissants qui gouvernent des millions de catholiques dont le bonheur est intimement lié à rindépendance du chef de l'Église. Comment, disait-eUe, le pontife romain peut-il être indépendant et sujet d'un roi, d'un roi qui depuis dix ans opprime TÉglise et foale aux pieds ses saintes lois? Il nous parait impossible que vous approuviez Timmoral et monstrueux principe que le fort a toujpurs droit et que Tindépendance des peuples n'est qu'une affaire de coups de canon. Nous voulons croire, avec l'Écriture, que vous êtes assis sur un trône de justice et qu'un éclair de vos yeux dissipera les méchants ^ » Ainsi, sous la puissante impulsion de son chef, r Equateur se levait comme un seul homme pour flétrir l'iniquité triomphante et consoler le prisonnier du Vatican.

Le monde catholique applaudit également à la noble protestation du président, dès lors regardé comme un héros. « L'Equateur, disait un journal de Bogota, ne serait rien sans Garcia Horeno, et cet homme illustre, malgré son génie, ne serait rien lui-même sans son intrépide défense de TÉglise romaine. Honneur et gloire à celui qiii a osé dire : un peuple catholique ne peut renier socialement Jésus-Christ! En le voyant protester officiellement contre la plus grande injustice des temps modernes, l'usurpation sacrilège des États pontificaux, quelques-uns riaient de cet acte; mais bientôt sa voix retentissait dans le monde entier, éveillant partout des échos assez puissants pour faire trembler les spoliateurs. Cet homme a sauvé l'honneur de notre siècle , et, dans le nimbe de gloire qui le couronne, on oublie la faiblesse de la nation qui a pris pour elle de parler pour toutes 2. » Un journal espagnol, La CruZy fit ressortir

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