‹ Garcia MorenoChapitre 164 sur 183 · Lettre à Sarrade, 25 mars · texte numérisé non relu

Lettre à Sarrade, 25 mars

hommes libres. « C'est là, dit-il, tout le secret de son catholicisme. Dévot par convenance, il se déclare partisan du Syllabus afin de commettre à son aise tous les crimes. Communier et fusiller, proscrire, flageller, confisquer : voilà les offrandes qui plaisent au Dieu des jésuites. Aveugle et implacable comme un tyran du moyen âge, Garcia Moreno marche audacieusement au but, sans s'arrêter devant n'importe quel obstacle. Conspirateur, il descend jusqu'au parjure et la trahison, foulant aux pieds honneur, religion, conscience, patrie. Vainqueur, il se laisse entraîner par sa passion, et sa vengeance ne connaît point de limites. Sa physionomie révèle la férocité de son caractère : ses yeux, comme ceux de l'oiseau de proie, cherchent des victimes; sous son regard, la patrie hébétée, affolée, n'a plus qu'une pensée, un cri, une volonté : la hache du bourreau. » Après avoir lu ce portrait, les. électeurs devaient évidemment conclure qu'un tel monstre mérite, non le fauteuil présidentiel, mais l'échafaud.

Un autre pamphlet, imprimé à Lima, fait l'histoire de l'Equateur pour montrer que ce vaillant pays a toujours su se débarrasser des monstres qui l'opprimaient. L'auteur termine par cet appel sauvage aux meurtriers : « La nation qui a exterminé tant de tyrans possède assez d'énergie pour s'affranchir du plus détestable despotisme. Que le féroce terroriste et ses complices tremblent devant la juste indignation du peuple souverain. Les jeunes gens, les foules n'ont pas besoin de chef pour les pousser au combat. Quand la souffrance arrive à un certain degré d'intensité, le martyr se lève seul et sans armes pour abattre l'oppresseur ^ »

L'impie Hontalvo publia la Dictature pet^pétuelle^ véritable tissu d'outrages et de blasphèmes. Garcia Mo-

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