El Ecuador y los h échos
reno y est traité de tyran, de voleur et d'anthropophage. II l'accuse d'avoir provoqué des suicides en séquestrant au Bon-Pasteur les filles de mauvaise vie, se moque cyniquement de la consécration au Sacré-Cœur, et présente l'Equateur sous Garcia Moreno comme un vaste couvent d'idiots, au milieu duquel se dresse un échafaud en permanence. Chacune des pages de cette ignoble brochure est un appel à la haine, au poignard^ à l'assassinat, motivé par des calomnies si révoltantes qu'un ex-consul des États-Unis à l'Equateur * crut devoir les démentir. « Ces accusations, dit-il, feront sourire de pitié et de mépris ceux qui connaissent l'homme et son histoire. Ayant résidé à l'Equateur durant de longues années, parfaitement au courant de ce qui s'y est passé, je parle en parfaite connaissance de cause et je n'exagère pas en disant que Garcia Moreno me parait l'homme le plus illustre de l'Amérique du Sud. » Il prouve sa thèse par un magnifique tableau des œuvres de civilisation accomplies par « cet homme que ses ennemis se plaisaient à vilipender, et dont les actes sont tous les jours dénigrés avec la plus criante injustice. » Garcia Moreno, moins susceptible que cet étranger, supportait avec patience, je dirais presque avec joie, ce déchaînement de l'enfer. Écrivant à un ami sur les progrès matériels réalisés en ces derniers temps, il ajoute : « Pour comble de bonheur. Dieu a permis qu'il parût une brochure de Montalvo contre moi et contre les évoques, contre le clergé et l'Église catholique, dans laquelle, me dit-on, je suis qualifié de tyran et de voleur. J'ai des raisons de croire que cet opuscule, répandu à deux mille exemplaires, a été inspiré par la franc-maçonnerie. Mais encore une fois, grâces à Dieu, puisque j'y suis calomnié comme catholique. »