Don Salvator Donoso, curé del Espiritu Santo, Chili
autre homme pour l'assassiner. » De fait, aucune insulte, aucun blasphème ne se mêla aux hymnes de louange. Le Freeman^ de New- York, publia les résolutions suivantes, prises par l'association de Saint-Michel : « Considérant que le président de TÉquateur vécut et mourut en confesseur de la foi catholique; qu'avant de succomber sous les coups de la franc-maçonnerie, cette peste des républiques américaines, il se recommanda au souverain pontife, implorant sa bénédiction à l'effet d'obtenir la grâce de verser son sang pour la foi catholique ; enfin, qu'il mourut de la mort héroïque ambitionnée par lui, victime de son glorieux attachement pour l'ÉgUse : l'association de Saint-Michel, brûlant de rendre les plus grands honneurs à cet illustre martyr de la foi, sans anticiper sur les droits de notre mère la sainte Église, décide qu'elle célébrera chaque année le glorieux anniversaire du 6 août par une messe solennelle à laquelle assisteront les membres de la société. L'intention sera de demander à Dieu, par l'intercession du défunt, que son héroïsme pénètre les cœurs des catholiques d'un bout de l'Amérique à l'autre. »
L'ancien monde, pourtant si blasé sur les révolutions et les assassinats, se réveilla de sa torpeur en apprenant la mort de Garcia Moreno. L'Europe tressaillit comme l'Amérique à la pensée qu'un homme avait pu, de nos jours, sacrifier sa vie pour défendre les droits de Dieu et de son Église. Les journaux catholiques d'Espagne, d'Angleterre, d'Allemagne, d'Italie célébrèrent à l'envi les œuvres et la gloire de Garcia Moreno, son intrépide défense du pouvoir temporel, la mort plus intrépide encore du héros-martyr. Un Espagnol, Rosello, publia sous la dictée de son cœur et de sa foi Le MaHyr de rÉquateur, œuvre de poésie et d'éloquence destinée à mettre en lumière l'action civilisatrice et les mérveil-
leuses vertus du défunt. En Allemagne et en Suisse, des compositions dramatiques initièrent les foules aux épisodes de sa vie, aux scènes émouvan|;es de sa mort, aux nobles sentiments de son cœur. Mais c'est surtout en France, où le caractère chevaleresque de Garcia Moreno avait de longue date passionné les âmes restées chrétiennes, que l'impression de sa mort fut plus vivement ressentie. Des obsèques solennelles furent célébrées à Saint-Sulpice, au milieu des notabilités civiles et ecclésiastiques. L'orateur de Notre-Dame* de Paris, prêchant sur le naturalisme et sa haine des droits de Dieu, signala le meurtre de Quito : « Regardez, dit-il à ses auditeurs, les deux pôles du monde moderne. •A Rome, voici un pape qui proclame les droits de Dieu ; sur le Pacifique, un grand chrétien qui en fait la règle de son gouvernement. Pie IX est prisonnier au Vatican, et le chrétien tombe baigné dans son sang, sous le couteau d'un infâme assassin. Reconnaissez le juste de ce siècle : Garcia Moreno! » Plusieurs mois durant, les journaux catholiques, les Semaines Religieuses entretinrent leurs lecteurs des œuvres et des vertus du président de rÉquateur, revenant toujours à cette conclusion déjà formulée en Amérique : « Il faut compulser l'histoire de la souveraineté et du martyre pour rencontrer une figure aussi héroïque et aussi sublime. A l'Église seule de consacrer le martyre et le miracle par sa décision suprême, mais nous pouvons espérer que le sépulcre où sont déposés les restes immortels de Garcia Moreno deviendra un sépulcre glorieux. La postérité verra briller comme un astre au firmament de son Église celui que Dieu a fait grand aux yeux de ses contemporains-. » Nous ne pouvons rappeler les hommages rendus par