‹ Garcia MorenoChapitre 59 sur 183 · Message de · texte numérisé non relu

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re ces frères et amis du gouvernement ave n si éloquente et si communicative, que ] k votée dans des termes assez désagréable nistère. <( La religion catholique étant la n ious les citoyens, la seule reconnue par 1 1, on ne peut sans inconséquence admetti de sociétés irréligieuses; cependant, comna ence ou connivence, on a laissé s'introduii ir des sociétés secrètes d'un caractère notoi iligieux, le congrès décrète la dissolution d( ^uniques et autres associations réprouvée il. »

de cette loi comme de toutes les autre 'initiative parlementaire. Usant de ses pré le gouvernement en appela au congre rmé. Dans Tintervalle des sessions, ses jour tentèrent les membres de la majorité comm<

de l'intolérance, des nouveaux Torquema ients de rallumer à TÉquateur les bûchen tion ; puis quand il crut l'opinion suffisam irée, le ministre remit la question sur l ndant que les sociétés visées n'avaient aucui rréligieux; et que, d'ailleurs, fussent-elleî éprouvées par l'Église, ni la constitution n )risaient le gouvernement à les dissoudre. La )érale consentit à se déjuger, et la loi resta

•olition du tribut indien, cette session de ne absolument stérile au point de vue légisement, elle exerça une immense influence car il fut désormais prouvé à tous, qu'après e peuple au plus bas degré de l'abjection, îment se trouvait impuissant à le relever.

novembre 1857.

L'instruction radicalement détruite, le trésor épuisé par le militarisme et la bureaucratie, les hommes du gouvernement livrés 'aux sociétés maçonniques jusqu'à prendre leur défense contre le congrès : il n'en fallait pas tant pour exciter le mépris et la colère contre les détenteurs exécrés du pouvoir. De plus, ce pouvoir absolu et despotique avait enfin devant lui une opposition résolue à le contrôler, à le renverser même, plutôt que de tolérer de nouveaux attentats contre la nation. Conduite par un homme de la trempe de Garcia Moreno, elle n'hésiterait pas à se mesurer avec le despote : Roblez en eut bientôt la preuve.

En dépit de ses affirmations emphatiques, les relations avec les puissances étrangères n'étaient ni « cordiales » ni « harmonieuses ». Depuis longtemps déjà une question litigieuse, relative aux frontières, tenait en agitation l'Equateur et le Pérou. En vue d'amortir sa dette extérieure, l'Equateur avait cédé à ses créanciers anglais et américains des terrains assez considérables dans la province orientale, terrains incultes, forêts vierges, contrées absolument improductives, que les émigrants coloniseraient à leur profit, mais dont l'État conservait le haut domaine. Le Pérou réclama contre cette aliénation d'un territoire qu'il prétendait injustement lui appartenir en vertu d'anciennes délimitations. A l'âpreté des revendications se joignait une antipathie profonde pour Urbina et Roblez, antipathie du reste parfaitement justifiée.

Le général Castilla, président du Pérou depuis 1856, avait refusé de se faire l'exécuteur des hautes œuvres d'Urbina contre Florès. Urbina voulait absolument fermer tous les ports d'Amérique à son ancien seigneur et maître, dont l'ombre seule lui donnait maintenant le cauchemar. Loin d'acquiescer à cet ostracisme, Castilla reçut Florès à Lima avec toutes sortes de démonstra-

tions d'amitié et lui accorda même une pension. Selon ses habitudes, Urbina se vengea bassement, favorisa des tentatives de révolution contre Castilla, dépouilla ou emprisonna même des nationaux du Pérou, enfin prodigua Tinsulte et Toutrage par ses scribes officiels à l'ambassadeur Cavero, qui de son côté révoltait les Équatoriens par sa hauteur et ses prétentions outrecuidantes. A la suite d'une correspondance diplomatique d'une nature très violente, Roblez rompit les négociations avec Cavero, et lui envoya ses passeports. Castilla répondit par un ultimatum dans lequel il exigeait la réadmission de l'ambassadeur outragé et menaçait en cas <le refus de bloquer immédiatement le port de Guayaquil.

Ceci se passait en octobre 1858, juste au moment où le congrès venait de retirer, sur les instances et doléances du gouvernement, la loi précédemment édictée contre les loges maçonniques. Dieu finit toujours par prendre en main sa cause et celle des nations opprimées : il intervient par la guerre qui purifie les peuples et balaie les tyrans. Les francs-maçons de l'Equateur eurent bientôt l'occasion de s'en convaincre.

Députés et sénateurs avaient suivi avec attention les péripéties de cette longue négociation qui paraissait devoir se dénouer par une guerre avec le Pérou. Tout en blâmant les formes peu courtoises des diplomates équatoriens, ils s'accordaient à trouver injustes les revendications de Castilla. Aussi, quand Roblez réclama du congrès les pouvoirs extraordinaires nécessités par la situation, les représentants, sous la seule inspiration du patriotisme, rendirent un décret qui autorisait le gouvernement « à transporter le siège de l'État à Riobamba ou à Cuenca tout le temps que durerait le péril actuel, et de plus à contracter un emprunt de trois millions de piastres. » Toutefois, pour ne pas confier des pouvoirs illimités à des autocrates tels que Urbina

et Roblez, le congrès spécifia certaines restrictions, par exemple la défense de transférer la capitale à Guayaquil ou de conserver après la guerre les facultés exceptionnelles dont le gouvernement se trouvait momentanément investi.

Telles étaient les dispositions des représentants et Ton peut dire de tous les citoyens, quand Urbina quitta son gouvernement de Guayaquil et revint s'installer à Quito, pour exercer, au nom de son comparse, les pouvoirs dictatoriaux, je veux dire ses basses vengeances. Le recrutement des soldats s'opéra dune manière arbitraire et de façon à froisser toutes les populations. On décréta des emprunts forcés, dont la répartition injuste et souverainement déloyale excita de telles fureurs qu'il fallut mettre la troupe sur pied pour en opérer le recouvrement. Le gouvernement paraissait faire ses préparatifs de combat, non contre le Pérou, mais contre TÉquateur. Diverses nouvelles plus ou moins alarmantes circulaient dans la capitale ; on parlait ouvertement d'un coup d'État, de la dissolution des chambres, de la translation de la capitale à Guayaquil malgré le décret du congrès. Le gouvernement, disaient les officieux, avait les baïonnettes pour se soutenir : les délibérations de caserne l'emporteraient sur les radotages des députés. Enfin, un écho de Guayaquil acheva de bouleverser les têtes : on racontait qu'Urbina et Roblez traitaient de nouveau avec un agent des États-Unis de la cession des lies de Gallapagos contre une somme de trois millions de piastres. S'ils s'obstinaient à transférer le gouvernement à Guayaquil, cette mesure inconstitutionnelle au premier chef, absurde au point de vue de la défense, s'expliquait par la nécessité de fuir la capitale pour conclure ce honteux marché.

Sous le coup de l'émotion générale, le congrès se réunit d'office afin de conjurer le nouveau danger qui

menaçait le pays. Dans une séance des plus agitées, le sénatdélibérasur le retrait des pouvoirs extraordinaires, concédés au gouvernement, en alléguant pour motif que rimminence de la guerre avait disparu. « Le président, disait-on, ne semble pas croire à de prochaines hostilités ; au lieu de fortifier son armée, il venait de dissoudre et de désarmer la garde nationale de Quito. Urbina n*y croyait pas davantage : autrement il n'eût pas quitté Guayaquil, le vrai poste de combat, pour demeurer dans la capitale, où sa présence n'était nullement requise. » Garcia Moreno insista vivement sur la nécessité de dépouiller le gouvernement de pouvoirs facultatifs dont on abusait jusqu'à l'extrême licence ; il montra le despotisme relevant la tète, et le devoir, pour le congrès, de défendre la constitution menacée. Après une discussion des plus orageuses, l'assemblée se sépara sans rien conclure.

Le lendemain, le président intervint dans la délibération par un message où l'indignation était jouée à merveille. « 11 avait appris l'odieuse accusation qu'on avait colportée jusqu'au sein du Sénat. Lui, Roblez, vendre les lies de Gallapagos! Il fallait que les sénateurs eussent été bien peu maîtres de leurs impressions pour discuter sérieusement une pareille imposture, suspecter la loyauté d'un soldat de sa trempe, mettre tout l'Equateur en émoi, donner au Pérou le spectacle de divisions intestines au moment où il s'apprête à envahir le sol de la patrie. Quelle indignité! Évidemment l'horrible faction de Florès avait mis en avant cette infâme calomnie. Du reste, si le président consentait à se défendre, c'était moins pour venger son honneur outragé, que pour rejeter sur les sénateurs la responsabilité du décret par lequel ils allaient enlever au pouvoir le moyen Je sauver la patrie ^ . »

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