Congrès de 1824, Loi du patronat ecclésiastique
mer les évèques, curés, chanoines, et aatres dignitaires ecclésiastiques, jusqu'aux prêtres sacristains et vicaires forains; à lui de donner VExequatur aux bulles pontificales et aux constitutions des réguliers, ou d'en interdire la publication si ces pièces lui paraissaient attentatoires aux droits de l'État. Ajoutez à cela la mainmise du pouvoir civil sur les biens ecclésiastiques, Tappel comme d'abus contre les évêques, le jugement des clercs par les tribunaux ordinaires, et vous aurez Tinféodation complète de l'Église à l'État. En somme, le pouvoir civil se substituait au pape, et se décernait même des attributions plus étendues que celles du pape. L'Église laisse aux évêques la liberté de réunir des conciles provinciaux quand bon leur semble, et de nommer des vicaires généraux^ comme elle abandonne aux communautés religieuses le soin de désigner leurs supérieurs : le gouvernement, lui, intervenait dans toutes les questions, jusqu'à exiger des évêques la présentation des décrets rendus en visite pastorale, pour les réformer ou les anduler selon son bon plaisir.
Au fond, c'était un essai d'Église nationale. Les papes maintinrent leurs droits par certaines réserves dont faisaient mention les bulles d'institution canonique expédiées aux évêques nouveaux ; ceux-ci se montrèrent généralement dignes, grâce à la miséricordieuse bonté du Dieu qui voulut sauver la religion dans ces contrées; mais la situation n'en était pas moins schismatique et désastreuse pour la discipline et les mœurs. Avec des gouvernements qui laissaient les évêchés * vacants pendant un demi-siècle afin d'en toucher les revenus, et nommaient leurs créatures à toutes les fonctions de bénéfices, faut-il s'étonner de voir reparaître les prêtres
1. L'évôché de Guayaquil resta vacant plusieurs années; celui de Cuenca de 1805 à 1818.
courtisans et les scandales du siècle de fer? Pendant que les vrais catholiques soupiraient après le jour de la délivrance et que les curés consciencieux, inquiets sur la validité de leur élection, refusaient de prendre possession de leurs bénéfices avant d'avoir obtenu la sanction du souverain pontife, la force de l'habitude, l'ascendant des doctrines libérales, et la dégénérescence morale façonnaient à la servitude un grand nombre d'ecclésiastiques, au point de les attacher à cette maudite loi du patronat, source de leurs malheurs, Hélas! n'avons-nous pas vu en France les fanatiques partisans des quatre articles rompre des lances en faveur des libertés gallicanes! Quant aux laïques, imbus généralement des théories modernes prèchées par les universités, les légistes et les gouvernements sécularisés de tous les pays, ils vantaient la loi du patronat comme Fapplication la plus complète de leur dogme fondamental : la suprématie de l'État sur l'Église.
Ce dogme maçonnique , Garcia Moreno l'avait en horreur. Chrétien, il gémissait de voir l'Église, la reine du monde, courbée comme une esclave aux pieds du pouvoir civil; homme d'État, il comptait sur cette diyine institutrice des peuples pour régénérer son pays : mais comment pourrait-elle remplir sa mièsion, si on ne la relevait de son impuissance et de son abjection?. Comprenant pourquoi, « Dieu n'aime rien tant que la liberté de son Église * » il résolut de briser des chaînes qui paraissaient rivées pour jamais. C'est dans ce but qu'il avait sollicité du congrès . l'autorisation de consclure un concordat avec le Saint-Siège. Sans développer toutes ses vues à cet égard, son Mémoire aux députés les laisse cependant pressentir. « Pour que l'influence religieuse^ disait-il, s'exerce avec tous ses avantages