‹ Garcia MorenoChapitre 87 sur 183 · Fbid.y page · texte numérisé non relu

Fbid.y page

libéral ne put s'empêcher de jeter sa pierre à Tœuvre de Pie IX et de Garcia Moreno. Il demanda dans soq journal, « si cette convention, nécessaire jusqu'à un certain point pour abroger des dispositions injustes de la loi du patronat, répondait complètement aux espérances des législateurs de la Colombie et de l'Equateur, et donnait pleine satisfaction aux exigences et nécessités de rÉgliseretde l'État ^ ». Une chose certaine, c'est que le concordat ne répondait nullement aux vues de Borrero, car il entreprit tout de suite la critique de ses différents articles. Justement étonné de voir un catholique, son intime ami, son candidat à la vice-présidence, attaquer en public une loi de FÉtat et de l'Église, Garcia Moreno le supplia, pour éviter le scandale, de lui soumettre ses observations, s'engageant à présenter luimême un projet de réforme au Saint-Siège si, après mûr examen, des modifications lui paraissaient avantageuses. Mais le vent du libéralisme qui soufflait contre le président et menaçait même de l'emporter aux abîmes, avait tourné la tète et le cœur de Borrero. Il se sépara publiquement de son ancien ami pour ne point solidariser sa politique avec la sienne. Cela ne suffisait pas à sa grande àme : afin de donner à ce dissentiment tout l'éclat d'une rupture solennelle, il déclara renoncer à la vice-présidence, dont la majorité des électeurs venait de l'honorer, sous le prétexta que « la recommandation dont il avait été l'objet de la part du gouvernement pouvait être considérée comme un moyen de coaction, ce qui répugnait à ses principes sur la liberté électorale. » On trouva que ce Caton libéral avait des répugnances un peu tardives sur le chapitre de la candidature officielle, mais on s'attendit à des luttes violentes : cette volte-face d'un ami dévoué montra

Page 1