‹ Garcia MorenoChapitre 94 sur 183 · Voir El Con-eo del Ecuador, 2î) décembre · texte numérisé non relu

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jours encore avec cette espérance d'une suspension d'arnies, pénétra dans Tintérieur du pays, et finalement le 25 décembre exigea la remise d'ibarra, sous promesse de signer dans cette ville un traité d'alliance. Sans soupçonner le nouveau piège qu'on lui tendait, Florès conclut un armistice jusqu'au 1" janvier, et vint campera Otavalo pendant que Mosquera prenait, avec ses troupes, possession d'Ibarra.

Or, à l'heure où il signait cet armistice, ce fourbe émérite, d'accord avec les frères et amis, travaillait à révolutionner la province dans laquelle il avait pénétre par ses machinations frauduleuses. En correspondance suivie avec Urbina, il savait parfaitement qu'une conspiration, ourdie par les principaux complices de ce traître, attendait, pour éclater, le jour de l'invasion. De fait, le 28 décembre, un groupe d'urbinîstes ayant à leur tête Espinel, Endara, Carthagena, Vêlez, Molineros, et autres révolutionnaires du même acabit, rédigèrent contre Garcia Moreno un pronunciamento en règle, dont les considérants étaient empruntés à l'insultant manifeste de Mosquera. Ils déclaraient le gouvernement déchu, Urbina chef suprême, et s'appuyaient pour faire triompher leur cause, sur « Tépée victorieuse du vaillant Mosquera, le plus illustre des fils de Bolivar ^ » Heureusement, dans toutes les localités où ils se présentèrent, le peuple, fidèle à son jchef, les reçut avec indignation. A Quinche, poursuivis comme des criminels, ils n'eurent que le temps de s'enfuir pour ne pas être massacrés. Enfin, chassés de partout, réduits à se cacher, ils tombèrent dans les mains du gouvernement qui les livra aux juges.

Déçu de ce côté, le libérateur Mosquera prit son parti en brave. Le 30 décembre, il signa sans conditions ^ Pinsaqui un traité qui stipula le rétablissement de la 1. Lottre d'Urbina à Mosquera, 16 janvier 1864.

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paix et de Tamitié entre les deux pays. Accouru au Carchi, « avec sa vieille garde, victorieuse en mille combats, » pour délivrer l'Equateur de « l'oppression théocratique », Texcommunié s'en retourna comme il était venu, laissant à Cuaspud trois ou quatre cents cadavres. Le vieux loup n'avait plus l'envie de courir de nouvelles aventures, car il écrivit trois jours après à son estimable ami, le traître Urbina, une lettre de véritable agneau :

« Au débuf des hostilités, je vous pressai de venir à mon quartier général pour combattre en qualité de chef du parti libéral de TÉquateur avec vos frères les libéraux de Colombie. Mais les circonstances sont bien changées, et j'ai le devoir de vous en avertir. Après la bataille de Cuaspud, nous avons conclu une paix honorable pour les deux peuples, qui ne me permet plus de continuer les hostilités contre l'Equateur. En ma qualité d'ami, de républicain, et même d'Américain, si j'ai un conseil à vous donner, c'est de vous réconcilier avec vos ennemis. Tant que dureront nos divisions, les républiques américaines ne feront aucun progrès et finiront par succomber sous les périls qui les menacent. Mettons un terme à des calamités qui durent depuis un demisiècle. Ne voyez du reste dans mes paroles qu'une nouvelle preuve de mon amitié pour vous. »

Urbina y vit, au contraire, une amère raillerie, d'autant plus que le fourbe avait expédié des copies de sa lettre à divers personnages de Quito, entre autres à Garcia Moreno comme un témoignage authentique de ses bonnes intentions. Furieux de cette volte-face, à laquelle il était loin de s'attendre. Urbina répondit à son agii Mosquera « que ses manifestes contre Garcia Moreno ne faisaient point pressentir le traité de Pinsaqui ; que, sans doute, avant de signer un pacte d'alliance avec Thomme « du protectorat français » et de « l'oppres-

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sion théocratique », il avait des preuves de son repei et de sa conversion; mais que pour lui, doutant à ] droit de cette conversion, il ne se réconcilierait jam en dépit des bons conseils de Mosquera, avec le tyran sa patrie, et Tennemi de FAmérique M » En cela moins il tint parole.

Quant à Mosquera, laissant en paix TÉquateur continua d'emprisonner et de fusiller ses adversa jusqu'au jour où les malheureux Colombiens, poui à bout, le condamnèrent à l'exil. Naturellement il dirigea vers Lima où l'attendait son ami Urbina peine réunis, ces deux conspirateurs émérites s'ol gèrent par un traité en forme à renverser le gouver ment de l'Equateur pour soumettre ce pays au joug la Révolution. Ce pacte secret, dont la presse colo bienne révéla cependant l'existence, tomba dans mains de Garcia Moreno par un hasard que Mosqu ne pouvait soupçonner. Aussi quand il lui fut permis rentrer en Colombie, ne craignit-il pas de demander président dont il avait juré la ruine si, le cas échéa il Tautoriserait à s'arrêter quelques jours dans la boi ville de Guayaquil. Il reçut de Garcia Moreno cette ponse d'un laconisme très expressif : « Si vous met le pied sur un point quelconque du territoire de l'Éqi teur et qu'on puisse vous y saisir, je ne réponds po des conséquences. » Mosquera comprit qu'il y allait sa tète, et gagna le Cauca par un autre chemin.

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